‹ La Croatie et la Confēdēration italienneChapitre 58 sur 101 · Voir plus haut le chapitre n de la môme partie · texte numérisé non relu

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2. Les soldats autrichiens, d'un régiment italien, firent du 29 juillet 1845 une des journées les plus sanglantes et les plus abominables de notre histoire. Et pourtant les Croates massacres au milieu de l'exercice de leurs

l'inviolabilité des traités. M3

Les élections, interrompues d'une manière aussi terrible qu'exécrable, ne s'achevèrent pas légalement. La Croatie perdit à cette époque-là son ban (magyare) , auteur et fauteur de ces crimes politiques : aussi n'eut-elle rien de plus pressé que d'en élire un choisi dans la nation, au mois de mars 18/|8, afin de prévenir le retour d'une semblable catastrophe. Le banat fut déféré à Jclaçic, qui entra sur-le-champ en possession de sa haute magistrature. Quelque temps après, une diète nationale se réunissait dans la capitale (Agrain), sur la convocation du roi et sous la présidence du ban (l\ juin I8/18). La nation croate, ainsi légalement assemblée, se déclara libre, indépendante et souveraine à l'égard de la nation magyare, tout en manifestant le désir de lui rester unie par les liens de l'amitié*. Pour terminer le différend qui divisait les deux peuples et parvenir à une réconciliation nécessaire, la diète croate nomma une députation (art. 19-20) chargée de se rendre à Vienne, où une députation hongroise devait se rendre également ; et Jean, archiduc d'Autriche, devait remplir, entre ces deux États ennemis, le noble rôle de médiateur.

Malheureusement une question d'amour-propre surexcita les haines qu'il s'agissait d'amortir. Le ban Jelaçiç, président de la députation croate, refusa de faire le premier pas vers le comte Battyâny, président de la députation hongroise; et ce dernier ne fit pas la moindre avance au premier. Dès ce moment, il devint impossible de s'entendre. On aurait pu avoir la paix, mais on préféra la guerre. En conséquence, le ban Jelaçiç franchit la Drave avec ses Croates, le 11 septembre, en s'enfonçant jusqu'au cœur de la Hongrie ; une première rencontre eut lieu à Velencc (village distant de quelques lieues de Bude-Pesth, capitale de la Hongrie) ; elle resta indécise, et les partis signèrent un armistice de trois jours. Une révolution

droits constitutionnels, sont loin d'imputer à la nation italienne un aussi farouche procédé.

i. Art. Il de la diète nationale de l'an 1848.

134 l'inviolabilité des traités.

venait d'éclater à Vienne. Le ban, craignant d'être pris entre les deux feux des ennemis 1 , se précipita sur Vienne; les Magyares le poursuivirent bientôt, même sur le sol allemand.

Jelaçiç leur' livra une bataille à Schwechat, où les Magyares furent mis en pleine déroute. Elle mit fin, pour toujours, aux rivalités et aux inimitiés de ces deux nations que les Autrichiens exploitaient depuis trop longtemps. Plus tard, Yarmée croate fut dissoute sous les murs de Vienne, par la maison d'Autriche qu'elle venait de sauver. Schwechat sera éternellement pour les Croates et pour les Magyares un triste monument de leurs haines internationales! La nation croate n'eut recours aux armes que lorsque toutes les tentatives faites entre les parties intéressées, pour amener une solution pacifique de la question hongrois-croate, eurent échoué.

Mais rentrons en Croatie et voyons ce qui s'y passe. La nation, considérant depuis des siècles sa propre dietc comme l'unique palladium des libertés publiques et de son indépendance, la proclama, légalement et légitimement convoquée en 18/j8, et désira qu'elle restât « permanante, » jusqu'à ce que le roi, Ferdinand V, en confirmât et ratifiât toutes les décisions d létales qui lui étaient déjà soumises. En effet, les membres de cette assemblée, agissant en vertu de l'article 11 de la même dietc, | avaient envoyé à Ferdinand V, roi de Croatie, une députation chargée de lui remettre une représentation des vieux du pays et de lui demander un acte de son autorité royale par lequel il confirmerait et ratifierait toutes les résolutions de la diète 8 .

Pleine de confiance dans la loyauté de la maison de Hapsbourg-Lorraine, la nation croate espérait que son monarque

1. Bien que cette version ait beaucoup de vraisemblance, cependant une autre parait être plus vraisemblable encore. Il paraîtrait que Jelaçiç, plus soldat autrichien que ban de la Croatie, se portait précipitamment au secours de la perfidie allemande. Cet homme, sacrifié plus tard par V Autriche . ne s'aperçut qu'alors de ce qu'il avait fait de sa nation et de lui-même !

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