LES CROATES EN FACE DE LA MAISON DE HABSBOURG
• ... Gtim igitur tanta sint fidelitatum Vestrarom ad notitiam lotius fere orbi* ehrittiani io nos, augu*tis$imamque domum nostram mérita, eaque a SvCCiiLls... qand servilii et devolionis notlrai ifi/ui/tt patriam, foRTUNAs,
LIBER OS , SANGUINE!! Ct VITAM... propapands
et armorum et sceptrorum nngtrornm felicitaji... cooatum et opéra contribnistis... > Diploma Leopoldi l, Jmperatoris Romani et Régit Croatiae.
Après avoir vu ce que le droit public de la nation croate, fondé sur les diplômes et les conventions les plus authentiques, devrait être, et ce qu'il est en réalité, dans l'amalgame des États courbés aujourd'hui sous le sceptre de fer de la maison d'Autriche, on se demandera peut-être si les Croates ont donné un prétexte ou un droit quelconque à la famille de Hapsbourg-Lorraine de sévir contre eux avec tant de cruauté.
Il nous importe de prévenir une pareille objection, parce
l'inviolabilité des traités.
que la cour de Vienne trouve toujours des prétextes soi-disant légaux pour couvrir ses plus monstrueuses iniquités. C'est ainsi qu'elle a essayé de justifier, par la révolution de 18^8, et par toutes les révolutions précédentes, les injustifiables violences que l'Autriche exerce envers la Hongrie.
Mais, quand une société civile s'insurge dans son propre intérieur, en foulant aux pieds les lois préexistantes, s'il existe, entre le chef suprême de l'État et cette société révoltée, des conventions stipulées dans le but de maintenir de part et d'autre l'observation permanente de ces mêmes lois, une révolution échéant, le devoir le plus impérieux du chef de l'État n'est-il point de les défendre contre toutes les attaques révolutionnaires, afin que les faits accomplis ne soient pas la négation accomplie du droit?
Or, telle était précisément la situation de la maison d'Autriche à l'égard de la nation magyare. Le roi se trouvait obligé par serment de protéger, d'observer et de faire observer l'ensemble des lois qui formaient la constitution du pays, et qui servaient de liens entre sa personne royale et cette société civile. Des que la révolution se trouvait étouffée, son premier devoir, son devoir le plus sacré , était donc , en vertu de ce même serment, de rétablir le signe des lois antérieures, sous peine de devenir parjure à la face du monde ; car aucun article de la constitution hongroise ne l'autorisait à faire ce qu'elle a fait, c'est-à-dire à priver les Magyares de leur droit public et de leur indépendance.
La conduite de l'Autriche envers la Hongrie devait prouver une fois de plus qu'elle ne tient nullement à la considération morale de l'Europe.
Quoi qu'il en soit, bien au contraire de la Hongrie, à aucune époque la Croatie n'a donné un prétexte quelconque à la maison d'Autriche de violer ni de détruire son droit public et son indépendance, puisqu'elle n'a jamais, pour cause de révolution ou pour toute autre cause, commis la moindre infi-
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délité nationale ou politique envers son chef suprême de la famille de Hapsbourg-Lorraine, librement élue et proclamée. En effet, depuis l'élection primitive du roi Ferdinand 1 er jusqu'à l'archiduc d'Autriche actuellement régnant, jamais les Croates n'ont accompli aucun acte de nature à compromettre leur propre État dans ses relations juridiques avec la dynastie élue, c'est-à-dire aucun acte révolutionnaire, pas même en 18^8 et 18J|9, alors que la révolution triomphait successivement à Vienne, en Hongrie et en Italie, et que l'Allemagne, opérant sa révolte morale contre l'Autriche, au moment où elle ne pouvait plus éviter le formidable choc des nationalités qu'elle opprime sans cesse, considérait sa ruine comme positive au milieu de cette dissolution universelle.
L'heure de sa chute semblait avoir sonné ; les Italiens et les Hongrois y travaillaient de tous leurs efforts, tandis que les Allemands réunis à Francfort s'écriaient : « L'empire d'Autriche ne peut plus exister. Il ne peut plus résister à la fois au double principe de la souveraineté du peuple et du droit de nationalité. Donc il n'existe plus. Ce n'est plus qu'une question de temps : l'homme d'État éclairé doit savoir devancer le temps \» Mais les Croates, fidèles au rôle ingrat qu'ils étaient constamment obligés de remplir pendant trois siècles consécutifs, sauvèrent leur dynastie régnante et la maison de Hapsbourg- Lorraine, en ces jours terribles où elles n'auraient pu trouver d'autres sauveurs.
Nous disons que la nation croate a toujours défendu la maison d'Autriche contre les divers agresseurs dont elle redoutait les atteintes. Pour le prouver, puisqu'il en est besoin, nous produirons les témoignages de ses rois les plus illustres de la maison de Hapsbourg-Lorraine. Et d'abord, combattre les Turcs, c'était défendre l'Autriche, qui aurait été immè-
1. M. Francis Lacombe, Histoire de la Monarchie en Europe, tom. IV, Cliap. xxxv, pag. 424-23.
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(licitement envahie, si les Croates n'avaient pu contenir les flots de leurs perpétuelles invasions. Puis, lorsque les Magyares se furent alliés aux Turcs pour attaquer l'Autriche, les Croates la soutinrent et contre les uns et contre les autres. Après l'élection de Ferdinand I er , ils rejetèrent les offres des Vénitiens et des Turcs pour rester inviolablement fidèles à leur dynastie ; et la diète nationale de 1527 en fit part au roi dans un document mémorable 1 . Aussi le noble dévouement de nos ancêtres fut-il dignement récompensé par les ancêtres de François-Joseph; car la maison de Hapsbourg-Lorraine étonna le monde par une reconnaissance pieuse avant de l'étonner par une sacrilège ingratitude.
Passons sous silence l'expédition de Némethy, en Croatie, qui venait, au nom de son maître, Bochkay, punir les Croates de n'avoir pas voulu faire cause commune avec les Magyares contre la maison de Hapsbourg-Lorraine, et qui, au lieu de combattre, s'en revint après avoir honteusement traité*. Nous avons hâte d'arriver aux règnes de Léopold, et de Joseph I er , son successeur, qui marquent l'époque la plus critique de
t. Voir plus haut, page 84, note 1.
2. « Am linken Ufer der Drawe mahnte Némethy den Ban Croatiens Johann Drashkoviç mit den Landsassen seiner Provinz an der wieder herrlich emporsteigenden Freyheitdes ungrischen Volkes Theil zu nehmen,und zur vOlliger Vernichtung des deutschen Joches sich mit ihm zu vereinigen; er werde ehestens vor ihm erscheinen, als Freund dem gehorchenden, dern widkrspenstigen als schrecklicher Feind. Allein Drashkoviç war weder zu berûcken, noch zu erschrecken ; statt aller Antwort, liess er das rechte Ufer der Drawe von Wojniç bis Ludbreg... mit bewàhrtem Waffenvolke stark besetzen, und Néhetht wagtb es nicht dièse Mauer durchzobrechen. Von den Folgen des wider ihn gerichieten Heerzuges... bewahrte ibn (Némethy) des liathyany Leichtglàubigkeit (l'histoire nous dit «connivence»)- Als die Croaten schon bis 10,000 M. stark schlagfertig standen, und fur raschen Angriffdos... Némethy stimmten, trug Batbyany auf Friedensunterhandiungen an, weil ihn seinec Freunde unter Némethy 's Fahne von dessen Bereitwilligkeit dazu versichert hatten... Le résultat en fut : « ... Wurde so lange botschaftet , hin- und hergesandt, bis Némethy mit Mannschaft, GescuOtz,Gep/eck und Beute ûber den R;tab auf dem AûcÀzt^e in Sicherheit war. » Bien circonspect, mais peu généreux et brave !
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l'histoire de la maison de Hapsbourg. En effet, serrée de près par les Magyares et par les Turcs, il s'en fallut de bien peu qu'elle ne succombât sous les coups de ces deux terribles alliés, qui ne se proposaient qu'un seul but : sa destruction immédiate. Un grand nombre de pièces diplomatiques, émanant toutes soit de Léopold I« r , soit de Joseph I er , nous montrent l'héroïsme que la nation croate déploya, dans ces circonstances mémorables et désastreuses, tant pour sa dynastie régnante que pour la chrétienté 1 .
Comme les Hongrois, toujours rebelles, disaient hautement que les Croates allaient prendre leur parti ; et comme le sultan prenait au sérieux ces bruits qui ne pouvaient avoir aucune consistance, le roi Léopold, sachant la constante fidélité de la nation croate, la pria de lui exprimer, par écrit, ses sentiments de dévouement en faveur de la dynastie.
« Leopoldus Dei gratia.... Croatiae Rex, etc. »
« Révérende, honorabiles.... fidèles nobis dilecti. Relatum
1 . Leopoldus Dei gratia electus Romanorum Imperator semper augustus, ac Germ., Hung., Boheni., Croatiae, etc. Rex, etc.
« Révérende, Honorabiles, etc., fidèles nobis dilecti. Demissa postulatavestra, quae nobis medio... Ablegatorum... vestrorum tum scripto, tum vero verbaliter repraesentata esse voluistis,clementer intelleximus. Sperabamus quidem, post sedatos aliquantisper in Hungaria motus... paterna consolatione aridere...; verura subitaneus qui pnevaluit rumor, praedictos inquiétas Rebelles... facta repentina et improvisa ex Transylvania éruptions... Cum autera in repentinis eius modi casibus, varia eaque Ecbegia et perutilia ante hoc semper vos pr^stitisse servitia bénigne becobdemur et alioquin etiam ad feliciorem armorum nostrorum progressum gentis VESTBiE eqditatus tum a fortitudine, tum vero agilitate celeberrimus, opprime sit necessarius qui vel sola fama magnum procul dnbio hostibus incuteret terrorem... Quare fldelitates vestras harum série bénigne hortandas esse duximus et requirendas... (il prit le secours de la cavalerie)... et prono erga nos, regem vestrum... affectu, nunc dum nécessitas monet, avitam et martialem a gloriosis prœdecessoribus vestris radicaliter acceptam virtutem et claritatem rcsumere, ac labobantibus Nostris et Reipublic* Christian^ rebcs gratanter... Subvenibi adnitamini, quo fidelitas vestra saepuis testata ampliorem eftloreat in gloriam... (Le roi promet de récompenser ces nobles sacrifices de la nation croate. François-Joseph a tenu parole!) Datum Viennae die 16 M. Octobris, A. D. 1672*. — Leopoldus m. p. »
152 l'inviolabilité des traites.
est Majestati Nostraî, spargi non solum in Porta Ottornanica, verum etiam pênes perfidos rebelles in super. Reg. Nostri Hungariœ partibus, omnes in codem Regno Noslro Croatix dictis rebellibus.... adhœrere voluissc, velle etiam de pr^esenti, si nimirum optatam Turcarum habuerint assistent iam ; unde vos quoque omnes et singulos inaudito exemplo contra nos concitatos esse...
«Ideo nos bisce nefariis, permciosisque MOLiMiisiBus...obviare, falsasque illas impressiones elicere volentes, Vos liarum série bénigne requirendos esse duximus.... quatenus.. avitvE ac illibata: Vestra? erga Nos fidelitalis de qua licet unquam mentem nostram dubitalio subire potiierit contestationem (quo demum in prjElibata Porta Ottomamca, ne videlicet eadem bujuscemodi fictis relationibus innixa.... praîrepetito Regno Hungariafi, nobisque pariter ac toti christianitati damnosas moliatur machinationes produci exhiberique valeat) scriptotenus transmittere velitis — Datum... Viennaîdie 5M.januaril673.Leopoldus m. p. Reverendo, etc.... Regnorum Dalmatite, Croatie, Slavonia? universis Statibus et Ordinibus. »
Les Croates, allant bien au delà de leurs propres obligations envers la dynastie régnante, vont combattre même en Hongrie les ennemis de leur roi. Voici le témoignage auguste de Léopold à cet égard :
« Leopoldus, etc.... Révérende, Honorabiles, etc.... »
« Cum prxsens omnino id exigal nécessitas, ut succimscs e medio vestri ad partes Regni Nostri Hungariœ super iores contra nefarios destinatus rebelles citra... moram... admaturetur et cum reliqus illarum partium (Croatie) confiniarhs militibus nostris eundem in tinem deputatis quantotius promoveatur. »
Ensuite Léopold désire savoir le nombre des troupes auxiliaires que l'État croate doit lui envoyer à l'effet de réduire la Hongrie. Datum.... Vienna... die 8. M. Augusti, 167£|. Leopoldus m. p.
l'inviolabilité des traités. 4o3
Les Croates répondirent noblement à cette demande royale qui fut contresignée par un Hongrois. Léopold le reconnaît lui-même dans l'acte diplomatique suivant :
« Leopoldus divina favente clementia electus Homanorum Imperator semper Augustus. »
« Spectabiles , Magnifia et fidèles dilecti. »
« Illibatam et coxtinuam Inclyti Regni Croatie fidem et ordinum
HORUM INTEMERATAM pi'O V6 CHRISTIAN A TU END A CONSTANTIAM et
Nostri gloriosi probaverunt pr/EDEcessores nosque ipsi hoc prae-
cipue exulcerato tempore gratanter EXPERIMUR GRATULAMUR
proinde Nobis de tam fidis et jlramenti atque obligationis naturalis tam tenacibus subditis. Vobis auteiTi ob Vestram pcr 0MN1S aetalis memoriam IN TOTO CHRISTIANO ORBE depredicandam constantiam... » Le roi, déclarant que les puissances chrétiennes ont promis de le secourir contre les Turcs, espère que les Croates combattront « pro Austriacis et regni nostri croatici terris ... Datum Passavii die 26 julii 1683. Leopoldus m. p. »
A l'époque où presque toute la Hongrie s'est alliée aux Turcs, la nation croate n'a pas oublié les obligations qu'elle avait contractées envers l'Autriche.
« Leopoldus divina favente clementia, etc.
(( Notum erit hostiles Turcarum et Tartarorum copias (dévastant toute la Hongrie et l'Autriche)... usque ad moenia civitatis Viennensis pénétrasse....
« Nunciatur, omnes ferme paucis exceptis, in regno hungarj*: manus dédisse (ils se sont soumis aux barbares) atque ad Contrariant declinare partent. »
« Nos autem continuo fidelitatis et erga nos, domtmque ncstram austriacam devotionis studio quo prœdecessores vestri claruerunt... totiusque regni croati/e constantia Confici bénigne speramus hoc periculoso et turbulento tempore ex AMORE ETIAM KEL1GION1S » una cum Magnatibus aliisque statibus Regni, nullatenus A NOBIS RECESSUROS... aliorum infidelium obtrectatione spreta et non curala.... Facietis in eo officium avito
454 l'inviolabilité des traités.
vestro nomini conveniens et simul nobis totique christianitati proficuum, cedetquoquc in Vestri laudem et memoriam IMMOR- TALEM... »
Le monarque espère que les armées des chrétiens emporteront par « vestramque cooperationem... <( Dabantur in civitate Passaviensi die 21 M. Julii 1683. — Leopoldus m. p. »
Un prince régnant de la maison d'Autriche supplie la nation croate , « ex amore etiam religionis , » d'accourir à son secours dans un moment d'anxiété suprême où toutes ses destinées se trouvent compromises en même temps que celles du monde civilisé.
La nation croate ne resta sourde à ce cri de désespoir que poussait un prince chrétien. Elle marcha sur les pas de son ban au secours du roi de la Croatie, de la maison d'Autriche et de la chrétienté.
« Leopoldus divina favente clementia, etc.. »
« Spectabilis ac Magnifiée, etc. (Cette lettre est adressée au ban de Croatie Erdœdy.)
« Perccpimus perbenigno animo Cœsareo Regioque ex litteris tuis responsoriis de 29 M. julii ex castris ad rippam dravi ad nos datis zelum et constantiam firmitatemque devotionis et fide-
LITATIS TUJE GENTISQUE TECUM CROATICE CONTESTATAM PER TOT ACTUS IN PR.CSENTIBUS RERUM URGENTIIS ET CALAM1TAT1BUS. .. ))
Ici le roi expose ses propres plans stratégiques, afin que l'armée croate puisse agir de concert avec ses troupes.
« Dabantur Passavii die 7 M. Augusti 1683... Leopoldus m. p. »
Vacte diplomatique suivant est encore plus important que ceux que nous venons de mentionner; car le roi de Croatie, jaloux de récompenser le dévouement de la nation croate, réincorpore en vertu de cet acte, «jure postliminii », au territoire du royaume de Croatie, toutes les contrées reconquises, par l'héroïsme croate , entre l'Unna, la Save et la Kulpa :
l'inviolabilité des traités. *55 a Lcopoldus, etc.
« Reverendi, Honorabiles, Spectabiles et Fidèles nobis diecti.
« Caesarci , Regiique muneris Nostri Majestas eam sibi antiquissimam semper esse voluit curam : ut, quaemadmodum passim nobis divina favente Clementia subjectorum Regnorum et Provinciarum, ita eorum pilepiumis Âmpliationi stabilique felicitatis cursui consilium omne omncmque industriam impendere adnitcremur, quorum grandiora erga nos. augustissimamque Domum Nostram mérita, sanctior ffdes, constantiorque devotio
PERGLORIOSE SU M MIS BELLORUM *IQUE AC PACIS MOMENT1S COIttprobata
facinora longe lateque commendantur.
<( Cum igitur tant a sint fidelitatum vestrarum AD NOTITIAM TOTIUS FERE ORBIS CHRISTIANI in nos, AUGUSTISSIMAM- QUE DOMUM NOSTRAM MERITA EAQUE A sœculis quod servit» et devotionis nostra? intuitu PATRIAM, FORTUNAS, LIBEROS, SANGUINEM ET VITAM alias quidem semper.... dum propagande et armorum et sceptrorum nostrorum felicitati
OMNEM QUOQUE AD IMMORT ALEM NOMIMS VESTRI GLORIAM COnatUHl
et opéra contribuistis....
(Caeteris exmissis.)
Mais il faut en finir avec les notes. Le public européen saura apprécier la portée de cet acte diplomatique en le comparant avec le perfide « Kaiscrlichcs Patent vom 31 december 1851...»
« Dabantur in civitate nostra Viennensi die 10 mensis julii A. 1773 Leopoldus m. p. Eugcnius a Sabaudia m. p. »
La nation croate sera éternellement fière de ce que ce noble témoignage a été contre- signé par un héros, le prince Eugène de Savoie !
La terrible révolution Magyare, qui éclata sous Ràkoczy II,
456 l'inviolabilité des traités.
empêcha l'accomplissement des promesses faites par cet acte diplomatique. Le roi s'en excuse en ces termes : « Leopoldus, etc....
« Reverendi, Honorabiles, etc.... Fidèles dilecti.
« Relatum mihi est a Cancellaria aulica rebcllantium Hun- (jarorum pessima intentio, et perversum studium, quo Perduelles Rakoczyani asseclaî... Vos Inclytos Rcgnorun Dalmatia\ Croatie et Slavoniaj Status et Ordines.... Sub pvistinx libertatis recuperandx prxlextu... in idem llagitium traliere... Et quam nobili e converso, constanti et imperterrito semper anirno....
SUBSECUT1S MINIS et INCENDHS AC DEVASTATIOMBUS F0RT1TER HUCISQUE
restiteritis, verum et qaa fuie, qitibus viribus et quo rerum felici successu mm in rcpulendis dilionibus meis inferioris austrle op, m tuleritis, et non minus rebellem factioncm e patria vestra ejeceritis, quam eandein in phopria sua patria nudato Chalibe ultum juveritis. Equidem CONSTANTI AM banc, fidem hanc et
DEV0TI0NE.M IN REGEM VeStTUm VIRTUTI VESTRA ACCEPTA M ferilllUS...
indeque singularem meam et totius imperialis, REGLËQUjE STYR-
PIS in me, NATIONEM VESTRAM et patriam GRATIAM et pro-
pensionem meruere.... Datum Vienne die 5 Julii 170/j. Leopoldus
m. p. Reverendis, etc.... Universis statibus et ordinibus Dal- i
matiai, Croatie et Slavonia? Regnorum Nostrum fidelibus nobis
dilectis. »
Joseph 7 cr , le successeur de Léopold I er , tint une conduite non moins honorable envers la nation croate.
« Joscphus divina favente Clementia electus Romanorum Imperator, etc.
« Reverendi, Honorabiles, etc.... Fidèles Nobis dilecti. Dum benigna recordatîone revolvimus , qua illibata fidelitate, candore ammi, et alacri promptitudine status et ordines Regni nostri ilereditarii Croatie, in omnibus priorum temporum pehiculosissimis HEVOLUTioMBus pro augustissima DOMO Nostra SE ET SLA impenderint, et non tantum contra communem Christian itatis hostem cum multa profusione sanglinis strenue semper decer-
l'inviolabilité des traités.
Io7
tantes, plurima generosi pectoris specimina exhibuerint, verum etiam nefariosHungarUe tnmuUus semper abhorrentes refrectaria seditione nunquam se contaminarint, certe sine speciali et afoundanti voluptate aninii ha?c memorare possumus.... Dabantur in civitate Nostra Viennae Austriai die 26 M. Maji A. 1706. Josephus m. p.
« Reverendis, Honorabilibus, etc..., universis Statibus et Ordinibus Daim. Croat. et Slavonia? Regnorum nostrorum fidelibus nobis delictis. »
Charles III glorifia la constante fidélité des Croates dans l'acte diplomatique par lequel il confirma l'acceptation de la Pragmatique Sanction , que la diète nationale croate avait décrétée.
On sait que, de tous les États soumis, d'une manière ou d'une autre, à la domination de la maison de Hapsbourg, la nation croate adopta la première cette loi fondamentale , qui appelait à la succession monarchique la branche féminine, jusqu'alors exclue du trône. Certes, les successeurs de Marie-Thérèse n'auraient jamais dû l'oublier, surtout en présence des services permanents que les Croates rendaient à leur dynastie. Mais il leur appartenait de souiller la noble devise de la maison d'Autriche : Recta tueri, qui résumait tous les devoirs moraux des véritables souverains; de fouler aux pieds les lois traditionnelles et fondamentales qui consacraient les droits positifs de leurs peuples; de se faire eux-mêmes révolutionnaires, sous prétexte de vaincre la révolution et d'offrir ainsi leur propre ingratitude et leur propre parjure à l'admiration du monde civilisé!