‹ La Croatie et la Confēdēration italienneChapitre 76 sur 101 · Taschrn-AImanach f. d. Jahr 1826, p · texte numérisé non relu

Taschrn-AImanach f. d. Jahr 1826, p

l'inviolabilité des traités

Certes, cet historien impartial n'a pas même pensé à attribuer la brusque retraite des Tartares aux préparatifs des Allemands, ni à leur prétendue bravoure (Tapferkeil) contre un ennemi invisible; et son jugement, à cet égard, aurait été nettement formulé selon les conclusions de notre thèse, s'il eût pu se servir des monuments historiques dont nous disposons aujourd'hui et que nous allons produire.

Page 21. Note 4. Nous passerons simplement sous silence tout ce que les Croates ont fait de glorieux en luttant contre les barbares , en aidant en Hongrie, aux termes de leur pacte fondamental, leur roi contre ses plus cruels ennemis, et nous renverrons les lecteurs au récit historique des écrivains étrangers, nommément à ceux du D r H. Meynert 1 et de Fessier. Bornons-nous donc à suivre les événements qui ont eu lieu sur le sol croate, et qui ont été exclusivement accomplis par la nation croate à l'époque où le roi de Hongrie et de Croatie, Bêla IV, totalement battu par les Tartares, en Hongrie, abandonné de ses Magyares * comme de tout le monde chrétien 3 , vint chercher un asile salutaire chez une nation à laquelle, sans doute, il ne pensait même pas, dans ses journées de bonheur, et où il n'espérait peut-être pas trouver une si noble assistance.

Et pourtant, la Providence et la vérité éternelle justement ont voulu que cet auguste roi , témoin oculaire d'événements aussi intéressants

t. L. c.,p. 191-5. Plus explicite encore est Fessier dans son ouvrage souvent mentionné, Th. II, p. 520-510.

2. Fessier, bien que Hongrois, justement indigné du procédé de la nalion magyare à cette cruelle époquw, trace de la manière suivante la conduite de son pays envers son roi et envers soi-même :

a Die Geschichten der Reiche, dit-il, liefern kein zweites Deispiel so schrecklicher Iieslrafnng eines Volkes, welebes, seinen redlieh yesinnten Kœnig, cnpin ihw das Vat!Rland, treulos VERLASSEND, im heftigsten Sttrm und Drange ihn mit anisserster Anstrengung sciner Krafl iu unterstûtzrn sieh gkweigert hatte. Uud dmnoch ward hernach von eben diesrtn Volke aith diess einhg auf ihm aufgestellte Deispiel nur zu oft wieder vergessen. Darum musste es in der Folge noch zweymal, am Vorabende d«s Martinifestes bei Warna (10/11 1444) und am Johaun des T*ufers Enthanptungstage bei Mohàcs (29/8 1526) wierderholet werden.»

3. Nous connaissons, par le témoignage de l'historien allemand, Dr H. Meynert, l'infâme conduite de l'empereur allemand Frédéric II, à cette funeste époque pour toute la civilisation et la chrétienté. Au lieu de veuir en aide an roi de Hongrie et de Croatie, il le fit prisonnier et le dépouilla de tous ses insignes royaux, avant de lui rendre la liberté. Au lien de se préparer à combattre les Tartares, en société des autres puissances chrétiennes, il se préparait à combattre la pauvre Italie, qui serait devenue le théâtre des pins cruelles dévastations, si le dévouement sans bornes de la nation croate pour la chrétienté n'eût délivré l'occident civilisé d'un pareil fléau.

APPENDICE. 191

pour toute l'Europe, attestât le grand fait de la nation croate, que l'histoire appréciera un jour tout autrement qu'elle ne le fait aujourd'hui, au mépris de la vérité et de l'équité internationales. Les nombreux privilèges, donations, diplômes accordés par ce roi en récompense des sacrifices inouïs que les Croates avaient fait pour lui, témoigneront éternellement que Grvbnik fut le tombeau de la barbarie tartare. Avant de les reproduire, nous citerons des témoignages allemands qui attesteront Y empressement sans bornes et le dévouement des Croates envers ce monarque.

Fessier en parle de la manière suivante :

« Als Khajuk iiber die Drawe setste, war Bela schon in Dalmatien: dort fand er treue Anliœnglichkeit und TiijETiGEN Beïstand. Die Grafen Junk, Hudina, Martin Pousha und Martin Dragosh unterstutzten ihn mit Geld und Wafpendienst. Die Herren Ferdinand und Bartholomœus Frankopaniy Herren auf der Insel Veglia, borgten ihm Gold-

Und SlLBERGESCHIRR, EDELSTEINE , BAAKES GeLD 20,000 MARK , Und

rUsteten fur ihn Kriegsvolk aus zu Wasser und zu Lande. Die Kœniginn mit zahlreichem Gefolge von edlen Frauen, trauernden Witlwen seit dem Tage am Sajo, wohnten auf der Burg Clissa ! . »

Après avoir parlé de Yhéroïque et opiniâtre défense des forteresses croates par les Croates eux-mêmes, il ajoute au sujet de la délivrance de Clissa et de Traiv :

« Eben so vergeblich war ihr Zug vor Traw, \vo sie (les Mongoles) vom Lande zu ihrem grossem Mrger sehen mussten, wieBela sich mit den Seinigen einschiflte. .. DieStadt einzunehmen versweifelte Khajuk... und auch die drohendex Aufforderungen zu freiwilliger Uebergabevon dem Befehlshaber Stepiian Siiubiç mit Verrachtung waren zurtickgewiesen worden. Voll Verdrusses iiber den erfolglosen Heerzug, fuhrte er seine Horden durch Bosnien und Serbien bei Ragusa vorbei, iiber Cattaro und Drivasto nach Buigarien... (Bon Dieu! quelle terrible confusion géographique!) um sich wieder mit Batu-Khan zu vereinigen 2 . »

Nonobstant cette héroïque résistance des Croates dont, en sa qualité de Hongrois, il ignoretoutes les conséquences historiques, Fessier fait éloigner Khajuk, qui était dégoûté de la bravoure croate, et le

1. Gesch. d. Ung., etc I. Th., S. 54<) et seq<j. 1. Id., I. c,

ramène en Asie auprès de Batu-Khah. En admettant môme cette version, il reste incontestablement vrai que V héroïsme croate contraignit Khajuk de s'éloigner de l'Europe, et non les préparatifs des Allemands. Fessier, après avoir éloigné les Tartares de cette façon , reconnaît une autre vérité, savoir : que ce furent les Croates qui reconduisirent Bêla en Hongrie; et que, seulement après cette apparition nationale des Croates en Hongrie, ayant le roi à leur tète, les cœurs des Magyares se raffermirent au même temps que la nation qui se reconstitua en un État civil et politique 1 .

Même en convenant de tout cela, Fessier ne finit pas son chapitre relatif aux Tartares sans calomnier les Croates, qui venaientde sauver sa patrie et sa nation. Cet historien ne craint pas de soutenir que Khajuk, chef des Tartares, ne put satisfaire à sa soif de sang en Croatie, parce que toute la population des villes et des villages s'était cachée sur des montagnes et dans des forêts inaccessibles*.

Nons allons le démentir historiquement et authentiquemenl, et rétablir la vérité dans toute sa nudité , en démontrant que toute la nation croate, concentrée aux bords de l'Adriatique, a contribué à l'anéantissement des barbares, en luttant par terre et par mer pour atteindre ce but de la civilisation.

Et d'abord, quant à la concentration delà nation croate sur les bords de l'Adriatique, voici le témoignage authentique et oculaire de l'historien de son temps, Thomas, archidiacre de Spalato :

a Itaque antoquam Dravi fluvii gurgitem transmearent (les Mongoles), Uex persentiens eorura adventum, relictis stotionibus Zagrabiensium, cum omni comitatu suo ad mare descendit... Erant autem in Comitatu Régis multi Ecclesiarum Prœlali, p'ures Principes et Barones, reliquum vero vulgus utriusque sbxis et a état i s PENE INNUME- RABILE ERAT 3 ... »

1. • Als aber anch der Kœnig in Begleitnng der Magnatcn, der Johanniter Ritter, der Grafcn Frankopani, vieler Dalmalischer I/nren und einer betr-echtlichen Mannscjufj-... in Ungarn eingexogen war... • C'est alors que la Hongrie commençait i respirer. Ibid., I. c.

2. • Der ilim (Béla) nicbjagende Khajuk konnte in Slawonien und Croatien derMordlu*t seines Volkes wenig Defriedigung verschaffen. Slœdte utid Dœrfer voaren leer, die Einwoliner zwiseften unzig*ngljchen Bergklueften, in Hokhlen und in W^ldern verborgen... « L. c, p. 541 et seqq.

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