‹ La Croatie et la Confēdēration italienneChapitre 86 sur 101 · LES PROPRIÉTÉS TERRITORIALES CROATES VBRS L* OUEST · texte numérisé non relu

LES PROPRIÉTÉS TERRITORIALES CROATES VBRS L* OUEST

• Divide et vinces. »

Austria.

Les possessions territoriales qui ont été arrachées au territoire de la Croatie par les archiducs d'Autriche, en leur qualité d'empereurs germaniques, furent d'abord incorporées ou immédiatement ou médiatement à l'empire romain, et, plus tard, elles furent soumises, par les iniques traités de Vienne, à la Confédération allemande, au plus grand détriment et préjudice de la propriété nationale des Croates. Ces territoires volés sont : une partie de l'Istrie, avec le cercle de Gorica ; les districts de Bistrica, Koçevje, Çernovlje incorporés à la Carniolie et par celle-ci à la Confédération germanique ; les anciens comtés croates de Cilli et de Zagorje, c'est-à-dire le territoire situé entre la Save, la Mure et le Sulm, qui fut incorporé à la Styrie et par celle-ci à la Confédération allemande.

Toute l'Istrie et le cercle ( Kreis ) de Gorica sont incontestablement une partie intégrante, primitive, naturelle et exclusive du territoire du royaume de la Croatie; quiconque prétend avoir des droits sur eux, ne peut les baser que sur Yimmoralité internationale, et ne saurait alléguer aucun autre titre que le vol et fa rapine; car le mode de l'acquisition prétendue est le résultat de la violence et du parjure des archiducs d'Autriche, agissant en leur qualité de rois de Croatie.

APPENDICE

L'empereur romain oriental, Constantin Porphyrogénète, qui pouvait et qui voulait dire la vérité à l'égard d'une nation étrangère à son empire, nous a clairement tracé les propriétés des Croates dal ma tiens et l'étendue de la Croatie baptisée dans l'ouest. Puisque tous les monuments historiques antérieurs viennent à l'appui de ce témoignage impartial, on est obligé de l'accepter comme irrécusable et authentique.

Nous passons sous silence d'autres témoignages : celui du souverain pontife Grégoire le Grand, celui de Paulus Diaconus et de beaucoup d'autres qui prouvent irréfutablement que les premiers flots de la nation croate, se dirigeant vers le Sud de l'Europe, s'étaient emparé déjà du territoire en question, et même d'une grande partie du FriouV; mais comme, après cette primitive occupation et acquisition nationale, les Longobards et enfin les Avares s'emparèrent de ces territoires croates, nous ne nous arrêterons qu'aux témoignages ayant pour but de démontrer l'acquisition légale et juste faite par la nation croate à la suite des anéantissements consécutifs de ces barbares au nord de la Pannonie, et plus tard au sud de l'Europe en Pannonie, Illyricum et en Dalmatie.

Il est presque superflu de dire ici qu'une occupation primitive, juste et honnête peut seule être l'origine des propriétés territoriales d'une nation, puisque tous les changements ultérieurs, tant que cette nation existe physiquement, n'altèrent en rien la propriété nationale qui est imprescriptible: aussi doit-on envisager ces changements, faits malgré les propriétaires, comme de simples envahissements et rapines internationales, lesquels ne sauraient donner aucun titre juste et légal à l'envahisseur.

Le récit de Const. Porphyrogénète , relatif aux propriétés territoriales de la nation croate, doit être envisagé sous ce double point de vue ; savoir : en ce qui concerne l'acquisition primitive et naturelle ; et en ce qui concerne la division politique de la Croatie baptisée 9 après l'apparition des Serbes, nos confrères, dans les propriétés territoriales des Croates. Nous ne traiterons, dans ce chapitre, que cette dernière question, parce que nous nous proposons de traiter la première dans le cha-

1. Voir les preuves mentionnées pag. 6, uote 2, et pag. 7, note 1. De ces témoignages latins il résulte non moins incontestablement que t'Istrie ne fit jamais partie de l'Italie, et qu'elle fut toujours nue contrée distincte et séparée de cette péninsule, comme nous le prouverons mieux encore en son lieu et place.

2. La Croatie païenne a été moius connue de Const. Porphyrog. ; elle s'étendait de l'Albanie turque à Zeniina, tout le long de l'Adriatique.

l'inviolabilité des traités.

pitre suivant, où il s'agira des propriétés territoriales croates vers l'Est.

D'après les monuments historiques, toute l'Istrie et Gorica étaient et sont imprescripttblement partie intégrante des propriétés territoriales du royaume de Croatie. Constantin Porphyrogénète, en traçant les frontières de la Croatie dalmatienne baptisée, s'exprime en ces termes :

« A. Zentina autem fluvio Ciirobatia ( baptisée, dont il parle ) incipit (à son temps), bxtenditurque, versus mare, ad Istrle usque con- PINIA sive Albunum urbem; versus montana\ aliquatenus etiam supra Istrle thema excurrit*... » De plus,

En énumérant les Zsupanies des Croates dalmaliens> il désigne, entre autres, la Zsupanie « neoèVra » ( Pesenta) en croate Pazina, au cœur de l'Istrie, dont Albona était la ville la plus reculée, et que Constantin Porphyrogénète connaissait parfaitement.

De ce témoignage, il résulte incontestablement :

4* Que la Croatie baptisée s'étendait au temps de Const. Porphyrogénète du fleuve Zentina jusqu'aux confins de l'Istrie (ad Istriae usque confinia); par conséquent, vers le sud (versus mare), toute l'Istrie était partie intégrante de la Croatie baptisée ; on l'appelait « Chrobatia » chez les Grecs; Croatie chez les Français; Hrvatska chez les Croates.

2° Que l'auguste témoin, voulant lever tout doute à l'égard de cette expression: « ad Istriœ usque confinia », s'est cru obligé d'ajouter expressément « sive Albunum urbem » ; c'est-à-dire jusqu'à la ville Albunum; la ville la plus reculée vers le sud à cette époque-là.

3° Que, puisque la ville d' Albunum est située ai* delà des Alpes Uçka (Monte Maggiore), conséquemment les Croates, en occupant la ville & Albunum et ses environs , ont incontestablement possédé toute l'Istrie intérieure vers le sud, ainsi que l'empereur historien le déclare formellement : « Extenditurque, versus mare, ad Istriae usque confinia. » En effet, pour ôter tout doute , Const. Porphyrogénète nous a transmis le nom de la Zsupanie croate istrienne, Pe?enta, Pasin, située au centre de l'Istrie et de la ville de Pasin, laquelle est seulement à trois lieues de distance des confins de l'Istrie vers l'occident.

i° Que toute l'Istrie a été comprise dans le récit du témoin cou-

1. « Versus mare, versas montana » signifie vers le Sud et vert le Nord; comme nous le verrons dans le chapitre suivant.

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