De Adm. Imp., cap. xxx
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ronné, et non telle ou telle partie quelconque ; puisqu'il termine sa description des frontières croates vers le nord de l'Istrie, « versus Montana », en disant : « versus montana aliquatenus etiam supra Istrue thema excurrit. » Il est évident que non-seulement toute l'Istrie, mais aussi tout le territoire au-dessus de l'Istrie était une propriété croate; et comme l'historien dit que les propriétés croates s'étendaient non-seulement sur une partie de l'Istrie, mais sur toute l'Istrie c supra Istriœ thema », et non « supra partem Istriae thematis », il est donc historique et logique de dire que les Croates, qui ont occupé plus que l'Istrie, ont dû primitivement et avant tout occuper et s'approprier toute l'Istrie.
5° De plus, au xiv* siècle, quand on eut décrété la révision des frontières communales par toute l'Istrie, les communes produisirent des documents du xi e siècle (1026) pour justifier leurs propriétés communales; nonseulement ces documents étaient écrits en langue croate {jezikom harvatskim); mais, de plus, les communes, aujourd'hui italianisées, se firent expédier, en langue croate, les documents relatifs à cette revision: preuve évidente de la propriété territoriale croate même sur les côtes occidentales de l'Istrie 1 .
La Gorica, depuis l'embouchure de Ylsonso et tout le long de ce fleuve jusqu'en Carinthie, faisait également partie intégrante de Y ouest croate ; car, suivant le témoignage cité « versus montana aliquatenus $tiam supra Istriœ thema excurrit », il suffit de jeter un coup d'œil sur la carte pour se convaincre que le territoire « supra Istriœ thema » est Y étroite contrée située entre le Frioul et* la Carniolie, allant jusqu'à la Carinthie tout le long de Ylsonzo et séparant la nationalité croate de la nationalité italienne. Des témoignages historiques cités plus loin dissiperont tout doute à cet égard.
Quant à ceux de l'empereur sus-nommé, ils établissent clairement que la nation croate a eu la possession incontestée de toute Ylstrie et de la Gorica, depuis l'anéantissement des Avares jusqu'au x* siècle, époque où Const. Porphyrogénète écrivait. La nation croate a donc justement et pleinement possédé cette propriété nationale , qui prit le nom « Croatie » , Chrobatia, à l'exclusion de tout prétendant. Ce monument historique est confirmé dans toute son étendue , tant
I. Arkiv za jugoslav. potjestnicu. Knj. I. « Razrod medjah istrijantkih. >
l'inviolabilité des traités.
par les documents antérieurs que par les monuments postérieurs.
Sous le règne de Charlemagne, la Croatie allait partager le sort de la plus grande partie de l'Europe , en subissant le joug allemand , et la volonté divine voulut que ce triste événement servit lui-même de témoignage en faveur des propriétés territoriales croates. En effet, il résulte des preuves authentiques produites par les Allemands, non-seulement que le monument historique de Const. Porphyrogénète est digne de foi, mais aussi qu'avant Charlemagne l'empire occidental ou germanique n'avait aucun droit sur les territoires en question; de plus, l'acte de subjugation de ces propriétés croates lui-même démontre que ces territoires étaient tributaires et qu'ils n'étaient pas incorporés au corps politique allemand.
6* Einhard (Egin ha rd ) , Vita Caroli, expose, ainsi qu'il suit, l'occupation des territoires croates par Charlemagne : « Ipse (Karolus) utramque Pannoniam... Histriam quoque et Liburniam atque Dalmatiam.... ita perdomuitui eas tributarias efficeret. 1 » Charlemagne fut donc \e premier prince qui rendit les Croates tributaires, ce qui prouve que leur indépendance et leur propriété territoriale étaient antérieures à ce fait historique ; de plus, il ne les incorpora pas au corps politique allemand, puisqu'il se contenta de les rendre tributaires. Les Croates ont bientôt , et les premiers , secoué l'infâme joug allemand ; c'est ainsi qu'au X e siècle, la Croatie f libre et indépendante, s'étendait de Zentxna jusqu'à la Carinthie de sud-ouest, l'empire allemand n'ayant aucun droit de propriété sur l'istrie et la Gorica, parce que la rapine et l'envahissement de Charlemagne n'étaient et ne pouvaient être d'aucune durée politique.
7* Ce même chroniqueur allemand reconnaît tacitement que tout le territoire dit aujourd'hui le cercle de Gorica fut indépendant, non-seulement du territoire allemand du Frioul, mais aussi des provinces soumises à l'empire germanique; par conséquent, le témoignage de Const. Porphyr.au sujetdes frontières de la Croatie est parfaitement digne de foi : « Versus montana, aliquatenus etiam supra istrijE thema excurrit. »
Eginhard, ad ann. 820, Vita Hludov Imper., mentionnant la défection des Croates noriques de Carnhlie et Carinthie de la cause nationale, s'exprime en ces termes :