I. De Adm. Imp., c. xxxi
î- De Adm. Imp., c. xxxi.
APPENDICE. 247
était trop religieusement occupée en Orient pour pouvoir échapper aux perfides embûches qu'on lui tendait en Occident, quoiqu'elle se dévouât pour lui depuis des siècles.
Le premier prince allemand qui ait osé porter une main coupable sur les propriétés croates, situées aujourd'hui en Styrie, fut Frédéric. Cet empereur, profitant des grandes calamités qui accablaient l'Europe au xiii* siècle, par suite de l'invasion des Tartares f ne se contenta pas de dépouiller le roi Béla IV, alors fugitif et abandonné, de ses insignes royaux, à la manière des voleurs, puisqu'il envahit en même temps la Croatie, à la manière des brigands, pour s'emparer des contrées limitrophes à son empire.
Mais dès que les Croates en eurent fini avec les Tartares, et qu'ils eurent replacé Béla sur le trône de Hongrie, ils se hâtèrent de revendiquer d'une manière terrible les propriétés qu'on leur avait arrachées à l'heure des désastres; et Frédéric, l'envahisseur, paya de sa vie notre spoliation nationale. Il périt de la main d'un héros croate, Frankopan, au milieu d'une bataille qui devint, pour la nation croate, une glorieuse victoire. Le ban de toute la Croatie, Stiepko Shubiç, vainqueur des Tartares, siégea longtemps à Gratz (Gradac), capitale de la Croatie septentrionale pannonienne, que Frédéric avait prétendu lui arracher.
Vers cette même époque, le roi Béla IV fit d'importantes donations à la famille des Frankopans, nommément au comte Denis Frankopan, qui reçut toute la terre de Metlika (Mœtting , aujourd'hui incorporée illégalement a la Carniolie), à son fils Êtienne, qui obtint Stensçak et I}rezsnik; enfin à un des comtes do Frankopan, qui prit possession de toute la terre ùeLandftrass. Or, nul ne saurait donner que ce qui lui appartient. Dans une foule de documents, conservés dans les archives du royaume de Croatie, les Frankopans sont appelés bans de Metlika.
En 1270, le district de Petema payait encore la dîme à l'évêque d'Agram; et, au xiv e siècle, les couvents des chartreux de Seitz et autres assortaient de la juridiction ecclésiastique et civile de la Croatie, ce qui est établi par des documents qui existent encore.
Nous avons, en outre, bien des actes et sentences judiciaires émanant des tribunaux croates, rendus au nom des Bans et des Bois de Croatie, l'an 4 500 , et prouvant que les villes et districts de Metlika et de Çernovlje t aujourd'hui incorporés à la Carniolie, étaient parties
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l'inviolabilité des traités.
intégrantes de la propriété territoriale croate. La population entière de ces districts et de Koçevje s'appelle uBeli Hrvatin ( les Croates blancs); elle conserve encore les habitudes, les mœurs, l'idiome et la façon de n'habiller de leurs autres frères de l'intérieur de la Croatie.
D autres documents et diverses lettres de donationàe Coloman, duc de toute la Croatie, témoignent que les contrées de Konska et Bohitsch faisaient, en 4232, partie de la Croatie, puisque ledit duc y faisait des donations.
Le roi de Croatie, Mathias 7 er , agissant en vertu des anciens droits de propriété territoriale croate, reconquit la vil e de Çakovec, tout l'ancien comlé croate de Zagorge (presque la moitié de la Styrie croate,) et les cercles de Mellika, Koçevje et Çernovlje, qu'il posséda jusqu'en U66. Une partie de ces possessions croates furent par lui cédées plus lard à l'empereur Frédéric, avec cette stipulation expresse . que celui-ci devait payer annuellement au trésor croate, a titre de possession et non de propriété, une somme de 10,000 florins. Cette convention internationale prouve que non-seulement ces territoires étaient une propriété croate, mais encore que l'empereur d'Allemagne le reconnaissait de la manière la plus formelle.
A l occasion de la paix conclue, en \ 491 , entre Vladislaw II, roi de Croatie, et le mè<r.e empereur Frédéric, on a stipulé, dans une autre convention internationale, a que les villes Optuj (Pettau), Rann, Lichtenwald, Reichenstein et AUTRES non mentionnées, mais appartenant de droit à la Croatie,itde\ aient être réincorporées à la Croatie, quoique tout ce territoire eût été violemment envahi par le capitaine allemand Sekel.
La ville aujourd'hui germanisée de Leibnitz, autrefois Lipnica, perdit tous ses droits de cité, pour avoir participé, en U78, sous le règne de Mathias /•', aux guerres de l'affranchissement contre le joug allemand '.e l'rfmj)ereur Frédéric IV. Celte ville est même située au delà du Sulm.
Faut-il mentionner tout le comté de Ctlli, situé entre la Save et la Dra e de la Styrie, qui appartenait incontestablement au royaume de Slavonis? Le souvenir en est trop récent pour que les Autrichiens puissent l'avoir oublié.
Enfin, c'est avec une grande fierté patriotique que les habitants mêmes de la haute Carniolie se ressouviennent des temps où ils ont tous appartenu à l'ensemble de la nation et de l'État croate, et ils disent,
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en exprimant l'espoir d'une réincorporation future, que « depuis la mère patrie jusqu'à la source bénite (do zsegnanoga zdenca) », tout était Croatie ; cette source se trouve à quatre lieues de Laybach.
Nous pourrions alléguer ici une foule d'autres témoignages, mais nous ne voulons nous appuyer que sur les autorités slaves, notamment sur celle du savant P. J. Shafarik, qui, dans son ouvrage, Les Antiquités slaves, tome V, pages 707 et suivantes et notamment page 715, a tracé les limites des propriétés territoriales croates, *du cité de l'Occident. Suivant lui, non-seulement tous les territoires mentionnés et fatalement incorporés, soit à la Carniolie, soit à la Styrie, étaient parties intégrantes des propriétés croates, mais aussi tout le district de Bistrica, du cercle d'Adelsberg, en Carniolie.
De ce qui précède, nous pouvons conclure avec certitude, que les territoires situés d'une part, entre les fleuves Culpa, Çabranka et Ribnica (les districts de Goltëchee et Ribnica), d'autre part, entre les fleuves la Save, la Culpa et la Krka (Gurk), incorporés aujourd'hui à la Carniolie; et de plus ceux entre la Save, la Mure et le Sulm, incorporés à la Styrie, formaient jadis une propriété territoriale, primitivement et exclusivement croate, et qu'ils sont, à l'heure qu'il est, conservés à la civilisation par la nationalité croate, qui a constamment lutté dans ce noble but, qui n'a jamais consenti à son aliénation, et qui, en choisissant la maison de Hapsbourg pour chef suprême de son État, a positivement lié sa destinée souveraine à la possession des provinces croates noriques, par le fait môme de son élection royale, et en vertu des principes de son droit public.