‹ La Croissance du Crâne Chez le MoutonChapitre 15 sur 33 · LÀ Ÿ · texte numérisé non relu

LÀ Ÿ

F15, 10. — Mème provenance que la figure 8. Gr. 38 D.

Cette figure montre, dessinée à un plus fort grossissement, un fragment dela paroi du sinus dans la région du fond. Noler la constilution générale de cette paroi el remarquer la présence d’ostéoclastes volumineux et pourvus de nombreux noyaux, surtout au contact des travées osseuses: dans le tissu fibreux sous-jacent à ces travées el à une certaine distance d'elles, au voisinage des

vaisseaux, il existe des cellules de taille plus petite avec un faible nombre de noyaux; ce sont des ostéoclastes jeunes groupés en nids de prolifération.

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Parmi ces cellules, on observe, avec une fréquence plus grande qu'ailleurs, des cellules rondes du tissu conjonctif, reconnaissables à leur protoplasma franchement éosinophile, à leur noyau sphérique gonîlé et volumineux. Les ostéoclastes de petite taille ne se rencontrent pas uniformément dans toutes les parties de la préparation; on les voit habituellement concentrés dans des régions fortement vascularisées, où ils forment de petits amas que nous interprétons comme des centres de prolifération et de

Fic. 11. — Mème provenance que la figure 8. Gr. : 980 D.

Formes d’ostéoclastes à divers stades de leur évolution. Les cellules jeunes se caractérisent par leur taille relativement petite et le faible nombre des noyaux. Parmi les éléments représentés dans cette figure, on en remarquera un, uninucléé à protoplasma vacuolaire et à noyau atrophique. C’est une forme en voie de dégénérescence.

différenciation. Car il n’est pas douteux pour nous que ces formes sont de jeunes ostéoclastes, en voie de croissance, provenant d’une évolution particulière de cellules rondes mobiles du tissu conjonctif.

L'existence de ces centres de germination a pour conséquence première d'augmenter le nombre des ostéoclastes déjà existants et de remplacer ceux qui ont achevé leur carrière. Il n’est pas conlestable, en effet, d’après nos observations, qu'il y a des ostéoclastes en voie de dégénérescence répondant, selon toute

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vraisemblance, à des formes vieillies. De telles cellules s'observent avec une assez grande fréquence au niveau de la zone d'érosion de la paroi sinusienne, mêlées à des ostéoclastes présentant tous les signes d’une parfaite activité. Ces cellules sont immédiatement reconnaissables à l’aspect de leur protoplasma très fortement vacuolaire, faiblement colorable, et à contours irréguliers, parfois eflilochés. Les noyaux y sont plus clairs et semblent subir une fonte lente; quelques-uns d’entre eux, plus rares, ont des aspects franchement pycnotiques.

Nous pensons donc que les ostéoclastes se forment dans les couches profondes du tissu conjonctif, comme nous l'avons indiqué plus haut; progressivement, ils évoluent et en même temps se portent vers les travées osseuses qui doivent disparaitre. Ils atteignent ordinairement le théâtre où s'exercera leur activité, sous la forme de cellules déjà volumineuses, pourvues de nombreux noyaux. Au bout d’un certain temps, ces ostéoclastes dégénèrent et sont remplacés, lorsque le processus doit continuer, par des formes plus jeunes, nées dans les centres de prolifération. La durée de la période d'activité des ostéoclastes paraît assez longue et le mouvement que nous venons d'indiquer semble s'effectuer avec une vitesse modérée, car les formes dégénérées sont beaucoup plus rares que les formes normales ; et, d'autre part, les nids de prolifération sont loin de posséder une activité comparable à celle que l’on peut observer dans les centres germinalifs des autres organes.

L’essaimage des ostéoclastes à partir des nids de prolifération vers les travées osseuses implique la mobilité de ces cellules. A vrai dire, celte propriété n’est pas démontrée; les recherches déjà anciennes de Kôüzzixer sont restées infructueuses sur ce point; peut-être conviendrait-il de les reprendre avec une technique meilleure. Pour le moment, nous pensons que le polymorphisme de ces éléments, l'absence de prolongements anastomotiques les liant au réseau des cellules fixes connectives permettent de conclure à leur mobilité.

La façon dont se fait au sein des ostéoclastes la multiplication des noyaux n'est pas déterminée d’une façon précise. Breni-

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Fre. 19 Fire. 15

Fic. 12, 43, 14, 15. — Même provenance que la figure 8. Gr. : 900 D.

A côté d’osléoclastes normaux reconnaissables à leur proloplasma finement granuleux, remarquer (/ig. 12, 13 et 14) des formes en voie de dégénérescence caractérisées par leur colorabilité très faible, l’imprécision des contours, l’aspect vacuolaire du protoplasma. Dans la figure 13 on voit des phénomènes de pycnose nucléaire au sein d’un ostéoclaste. Dans la figure 14 et dans la figure 15 remarquer, au niveau de deux ostéoclastes parfaitement normaux, l'existence d'un noyau entouré d’une petite almosphère de protoplasma, el isolé du reste de l'élément par une petite vacuole. Ces images semblent correspondre à un phénomène de caryo-anabiose.

ceux (4), Weoner (2), Kôzuxer (3), Morrison (4) ont soutenu que cette multiplication se fait par amilose; Jackson (5), Jorpan (6) croient, au contraire, que le procédé de la division indirecte est employé. Mes propres observations concordent sur ce pointavec celles de Maximow (7); je n'ai jamais observé au niveau des noyaux de ces cellules de figures de mitose ou d’amitose.

M'e Danrscnarorr, Maximow, admettant que les ostéoclastes résultent de la fusion des cellules fixes du tissu conjonctif embryonnaire, expliquent par ce processus la multiplicité des noyaux de ces cellules.

HoweLz (8), Azry (9), tout en reconnaissant une autre source aux ostéoclastes, adoptent pour leur mode de formation le procédé de la fusion avec les conséquences qu'il entraine dans l'augmentation du nombre des noyaux.

Nous inclinons, au contraire, à faire dériver ces éléments des cellules rondes mobiles du tissu conjonctif. L'absence de figures de milose ou d’amitose est en faveur de l'hypothèse d'une fusion de ces cellules originelles; mais jusqu’à présent il m'a été impossible d'observer des images démontrant la réalité de cette fusion contre laquelle semble plaider aussi la régularité des formes et la petitesse du volume des ostéoclastes pourvus de deux ou trois noyaux seulement. Cependant, je dois signaler la présence

(4) Brenicmi (J.), Ueber die Bedeutung die Riesenzellen, ete... loc. cit., S. 563-564.

(2) Wecxer (G.), Ueber Myeloplaxen und Knochenresorption, S. 531-533, 1872. ,

(3) Küzzirer (A.), Die normale Resorption etc..…., loc. cit., S. 25-26-27,

(4) Morrison (A.), Bone absorption by means of giant cells. £dinburgh Med. Journ., p. 305-311, 1873. Cité par Aer, tn Origin growth and fate of osteoclasts, loc. cit., p. 318.

(5) Jackson (CG. M.), Zur Histologie und Histogenese ete., loc. cit., p. 47-50.

(6) Jorpan (H. E.), A contribution to the problems concerning the origin, structure, genetic relationship and function of the giant cells of hemopoietic and osteolytic foa, Americ. Journ. of Anat., 23, p. 255, 1918.

(7) Maximow (A.), Untersuchungen über Blut und Bindegewebhe, Loc. cit., S. 21,

(8) Howezz (W. H.), Observation upon occurence structure and function of the giant cells of Marrow. Journ. of Morphology, t. 4, p. 117-130, 1890.

(9) Aery (L. B.), The origin growth and fate of osteoclasts, etce., loc. cit., p. 231-328.

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assez fréquente, dans les grands ostéoclastes, de noyaux envacuolés, se distinguant des noyaux propres de l'élément par une densité etune colorabilité plus accusées. Ces images me portent à me demander si, à certaines périodes de leur existence au moins, les ostéoclastes ne multiplient pas leurs noyaux, grâce à des phénomènes de caryoanabiose, bien connus depuis les recherches expérimentales de Gursysse-Pécissrer (1) (fig. 15).

Tout en rejetant les idées d’Agry sur l'existence de deux générations successives d’ostéoclastes de provenance différente, nous sommes conduit à admettre, par les faits observés au niveau de la paroi sinusienne du fœtus du Mouton, que le mode de multiplication des noyaux des ostéoclastes relève probablement de processus différents suivant le degré d'évolution de ces cellules.

Des recherches spéciales nous fixeront sans doute plus tard; pour le moment, la conclusion utile qui se dégage est la suivante : les ostéoclastes ne sont nullement des formes dégénérées; rien dans leurs caractères histologiques, leur évolution et leur répartition topographique ne permet de mettre en doute leur vitalité et leur activité.

3° La résorption osseuse sans intervention des ostéoclastes. — Æzposé et critique de faits. — Pour nier ou pour restreindre le rôle des ostéoclastes dans la résorption osseuse on s’est appuyé, d'autre part, sur les faits suivants :

On peut observer, à l’état normal comme à l’état pathologique, des surfaces osseuses en voie d’érosion manifeste où manquent les ostéoclastes [Rusrizxy (2), ZieGuer (3), Buscua (4), Kaurrmanx (5)|.

(4) Guisysse-Pécissier (A.), a) Etude des cellules géantes expérimentales. La caryoanabiose. C. À. Assoc. des Anat., 10° Réunion, Marseille, p. 44-54,

1908 ; — b) Caryoanabiose et greffe nucléaire, Arch. d'Anat. microscop., p. 1-54, v. 13, 1911.

(2) Rusrizry (V. J.), Untersuchungen über Knochenresorption und Riesenzellen. Arch. f. path. Anat. u. Physiol. und Klin. Med., Bd 59, S. 204. u. S. 210-214, 1874.

(3) Ziczer (E.), Ueber Proliferation, Metaplasie und Resorption des Knochengewebes. Arch. f. Path. Anat. u. Physiol. und f. Klin. Med., Bd 73, S. 365-368, 1878.

(4) Busca (F.), Die Knochenbildung und Resorption beim wachsenden und entzündeten Knüchen. Arch. f. Klin. Chir., Bd 21, S. 150-181, 1877.

(5) Kaurrmanx (E.), Lehrbuch der speziellen pathologischen Anatomie, Berlin 1907. Cité d’après Aëry, in Origin growth and fate...….. etc. p. 331.

Dans l'étude de la résorption des greffes osseuses, la présence des ostéoclastes est contingente [Poicarp] (1). Aery (2) émet sur les lacunes de Howsnie où les niches d’érosion l'hypothèse que ces cavités seraient des régions osseuses plus molles ou soumises plus directement à l’action d'agents décalcificateurs humoraux et joueraient, en partie, le rôle attribué aux ostéoclastes.

L'étude de coupes sériées de nombreuses surfaces d’érosion observées à divers stades dans des régions très différentes de la voûte cranienne me permet de penser que cet argument est plus solide en apparence qu'en réalité.

Il est remarquable, en effet, qu'il existe au niveau des surfaces de résorption, un état particulier rendant infiniment plus fragiles que partout ailleurs les liaisons entre le tissu osseux et le tissu conjonctif environnant. Quelles que soient les précautions que l’on prenne, il n’est pas rare d'observer des déhiscences provoquées, libérant, plus ou moins largement, le tissu conjonctif de l’os auquel il adhérait parfaitement.

De semblables accidents, de l’aveu de techniciens entraînés qui ont longuement éludié l'os, s’observent entre les mains les plus habiles et tiennent certainement à la nature même des objets d'étude. Quoi qu'il en soit, il arrive dans ces conditions que des ostéoclastes sont entrainés hors de la place qu'ils occupaient véritablement ; il est possible, parfois, de les retrouver dans le tissu conjonctif déplacé et on peut, par la pensée, les replacer dans leur situation réelle, au contact mème de l'os en résorption; mais celte reconstitution n'est pas toujours possible, en raison même de la gravité des désordres provoqués ; c'est pourquoi nous pensons que, dans un certain nombre de cas, la déshabitation des niches d’érosion observée sur une seule coupe n’est

(4) Pouicarp (A.) et Lericue (R.), Mécanisme et rôle pathogénique de la raréfaction précoce dans la genèse des pseudarthroses. €. ÆÀ. des séances de l’'Acad. des sciences, vol. 167, p. 403, 9 septembre 1918.

PoicarD (A.), Æxposé des litres et travaux scientifiques, p. 70, 4919. Poricarp (A.), Précis d'Histologie physiologique, p. 250, 1922.

(2) Aëry (L.B.), The origin growth and fate of osteoclasts ete. (loc. citat.),

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qu'apparente et résulte d’un artefact assez grossier et assez facile à interpréter.

Mais il est aussi des cas fréquents où l’on constate la présence de niches d’érosion authentiquement déshabitées, sans que l’on puisse invoquer le mécanisme précédent. Ces aspects ne prouvent point, à notre avis, la réalité d'une ostéolyse sans l'intervention des ostéoclastes. Nous pensons qu'il s’agit là de zones où l’érosion est en voie de décroissance ou de disparition momentanée, dans lesquelles les ostéoclastes ont existé antérieurement, mais d'où ils ont disparu pour une période plus ou moins longue pendant laquelle va se faire l’apposition osseuse.

Voici les raisons de cette interprétation :

Tout d’abord elle est parfaitement conforme avec la marche générale des phénomènes d’érosion.

Une région osseuse peut, à un moment donné, être le siège d’une résorption intense, et, un peu plus tard, montrer des signes d’une activité édificatrice marquée : de plus, dans une même région, l’érosion n'apparaît pas dans tous les points en même temps et ne s'épuise pas partout simultanément.

Grâce à la différence de colorabilité de l’os ancien et de l'os nouveau, on voit clairement la nouvelle substance osseuse déposée à la surface d’une zone d’os ancien crénelée où vraisemblablement ont existé antérieurement des ostéoclastes.

D'autres aspects montrent la réapparition d'ostéoblastes à la surface d’une de ces zones festonnées ; on peut surprendre cette réapparition à son début, au moment où le dépôt d'osséine nouvelle n’a pas encore commencé ; et même en certains points, lorsque les éléments édificateurs n'ont pas encore atteint la surface qu'ils doivent tapisser.

Il n’est pas exceptionnel de rencontrer des surfaces festonnées assez vastes, apparemment dépourvues d’ostéoclastes à première vue, et où on voit encore quelques-unes des niches d’érosion occupées par des ostéoclastes attardés qui persistent là comme les témoins d’un processus de résorption qui s’est effectué suivant le procédé classiquement admis.

Enfin, en examinant sur des coupes en série ces surfaces

Lacoste 5

ri d'érosion, partiellement ou totalement déshabitées, nous avons constaté dans les os de la voûte du crâne, spécialement étudiés dans ce travail, que ces plages plus ou moins étendues se raccordent toujours à des zones d’érosion active, richement pourvues d’ostéoclastes typiques.

Une objection plus grave, si elle s’appuyait sur des faits dûment vérifiés, repose sur l'existence, dans l'os en voie d’accroissement et de remaniement, de surfaces lisses et dépouillées d’ostéoblastes pouvant être interprétées comme des zones atteintes par un processus de résorption s’effectuant en dehors de la présence des ostéoclastes.

Je ne songe pas à nier, contre les auteurs qui les ont observées, la réalité de ces images, mais je dois dire que je n’en ai pratiquement jamais rencontré au niveau des os de la voûte du crâne du fœtus du Mouton. De telles surfaces m'ont paru, dans cet objet, dépouillées seulement en apparence ; à leur niveau, J'ai rencontré toujours, plus ou moins nombreuses, des cellules aplaties, semblables à des cellules conjonctives banales. Je serais porté à interpréter ces régions, non point comme des lieux d’ostéolyse mais comme des zones silencieuses, suivant l'expression de Kôzuirer, dans lesquelles il ne se fait pour le moment ni résorption, ni apposition.

En résumé, je crois pouvoir tirer de cet examen critique et de mes propres observations les conclusions suivantes, que je limite volontairement aux objets que j'ai étudiés dans ces recherches, mais qui les dépassent vraisemblablement de beaucoup.

Dans l'impossibilité où nous sommes, pour le moment, de résoudre le problème biologique de la résorption osseuse, autrement que par des données morphologiques, on n’a avancé aucun fait qui prouve que les ostéoclastes sont des éléments en voie de dégénération, ne jouant aucun rôle dans l'érosion de l'os. +

Histologiquement et topographiquement tout plaide en faveur de l'hypothèse que les ostéoclastes sont les agents actifs de cette érosion et qu'ils n’en sont point simplement les témoins passifs,

et en quelque sorte fortuits. Il serait faux et scientifiquement bien présomptueux de nier le rôle probable de ces cellules, sous le prétexte que nous connaissons encore très imparfaitement le mécanisme de leur action.

Sur la question de savoir si, à côté du procédé de résorption osseuse par les ostéoclastes, il en existe un autre dù à des causes humorales et tenant en particulier à l’action d'agents décalcificateurs, lel que CO*, je ne puis me prononcer d’une façon formelle.

Je dois faire remarquer cependant, d’une façon très générale, que cette hypothèse, pour séduisante qu'elle soit, n’est encore qu'une hypothèse qui ne s'appuie sur aucune preuve histo-chimique positive; el pour ce qui concerne spécialement la résorption des os du crâne du Mouton en voie de développement, je déclare qu'aucune image histologique ne me permet d’apporter la moindre preuve, même indirecte, en faveur d’une ostéolyse s’effectuant sans l'intervention des ostéoclastes.

4° Les arguments histologiques invoqués en faveur de la croissance interstitielles du tissu osseux.

a) L’ARGUMENT DE RUGE. — Les seuls faits histologiques qu’on à pu invoquer en faveur de la conception de la croissance interstitielle du tissu osseux sont dus à Ruce (1). Cet auteur a constaté que, d’une manière générale, les cellules osseuses sont plus nombreuses dans l'os jeune que dans l'os complètement édifié; il en a conclu que cette discordance s'explique par un écartement de cellules osseuses par le dépôt de particules d’osséine nouvelles entre les particules déjà déposées.

L'argument de RuGe repose sur un fait d'observalion exact et il a élé utilisé par tous les défenseurs de la croissance interslilielle. Récemment encore RetrTerer (2) lui accordait une valeur décisive.

(4) Ruce (C.), Uber cellulares und intercellulares (interstitielles) Knochen wachstum. Arch. f. path. Anat. u. Physol. und Klin. Med., Ba 59, 237-251,

(2) Rerrerer, €. À. Assoc. des Anat. Discussion communication LATARIET. 14° Réunion, Rennes, p. 90, 1912.

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b) CRITIQUE DE L'ARGUMENT DE RUGE. — Cette preuve histologique est plus solide en apparence qu'en réalité; si le fait est exact, les conséquences qu’on a prétendu en tirer le sont beaucoup moins.

Pour être certain que la distance qui sépare deux ou plusieurs cellules osseuses a augmenté au cours de la croissance, il faudrait être sûr que les cellules qui ont apparu dans l'os jeune sont restées les mêmes dans l'os achevé. Or, cela n’est pas; l’os pendant toute sa croissance, et même durant toute son existence, est soumis à des remaniements constants, constituant ce que Rexaur (1) a appelé la variation modelante du tissu osseux. Les cellules qu'on observe à un moment donné sont autres que celles qui existaient plusieurs mois auparavant; l'os qui les contenait a été remanié, détruit, totalement ou partiellement, et remplacé par l’os de nouvelle formation. Les résultats de Ruce ne peuvent donc pas démontrer, même indirectement, que la raréfaction des cellules osseuse de l'os adulte tient à leur écartement par accroissement de la substance intercellulaire.

5° Conclusions. — En somme, il résulte des constatations qui précèdent :

1° Que les os, quel que soit leur mode d'origine, utilisent pour leur édification et leur accroissement deux processus histologiques très généraux : l’apposition de substance osseuse nouvelle s’ajoutant aux parties déjà édifiées ; la résorption qui fait disparaître les parties inutiles, soit d'une façon définitive, soit d’une façon transitoire, lorsque celles-ci doivent être remplacées par d’autres de forme et de structure diflérentes.

2° Ces processus sont sous la dépendance d'actions cellulaires. Les agents de l'édification sont les ostéoblastes qui agissent en sécrétant l'osséine ; l’origine de cette substance par transformation du protoplasma des ostéoblastes ne nous paraît pas démontrée.

L'érosion osseuse nous a paru être sous la dépendance des ostéoclastes.

(1) Renaur (J.), Enseignement oral d’après G, DuBreuiL.

L'origine, la cytologie, l'évolution et la répartition de ces cellules doivent les faire considérer comme des éléments parfaitement actifs et ne permet pas de leur attribuer la signification de formes dégénérées sans valeur fonctionnelle.

Sans nier la possibilité de la résorption osseuse, en dehors de l'intervention des ostéoclastes, nous pensons que ce procédé est exceptionnel, si lant est qu'il existe au niveau des os de la voûte du crâne, spécialement étudiés à cet égard.

3° Les arguments histologiques invoqués en faveur de la conception de la croissance interstitielle du tissu osseux sont de valeur nulle.

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