LORS
H) Critique des travaux de Wolkmann. — C’est encore OLzier (1) qui à fait une critique victorieuse de cette opinion. Il a montré par ses propres observations et par celles de nombreux chirurgiens que les affirmations de Wozxmanx sont en contradiction avec les faits. Dans les fractures juxta-épiphysaires, en effet, le cal s'éloigne toujours plus ou moins de l'articulation, à moins que le cartilage de conjugaison n'ait été désorganisé par le traumalisme, ce qui entraine, suivant la gravité et l'étendue des lésions, un arrêt plus ou moins complet de la croissance de los.
De'même, de nombreuses observations montrent que les exostoses Juxta-épiphysaires de la croissance ne restent pas fixes par rapport à l'articulation, comme l’affirme WoLxkmanx.
Elles s’en écartent dans des proportions variables pendant que l'os s’alionge (2).
1) Recherches de Latarjet. — Il y a quelques années à peine, LararserT (3) entreprit de nouvelles recherches sur le mode d'allongement des os des membres. Les expériences portèrent sur le Lapin, le Chien, le Chat et le Chevreau. La méthode des fiches métalliques, étagées à diverses hauteurs, fut utilisée ; l’auteur s’est préoccupé aussi d'étudier l'influence sur la croissance des os en longueur des résections diaphysaires étagées et de l’ablation des cartilages de conjugaison. LararsET opérait dans ces conditions d’asepsie rigoureuse et il a indiqué un procédé opératoire ingénieux pour déterminer avec précision l’écartement initial de ses repères.
Dans ces expériences, l’auteur a vu des fiches, étagées dans la région bulbo-diaphysaire, s'écarter les unes des autres; il en conclut légitimement à l'existence d’un accroissement interstitiel limité aux parties extrêmes de la diaphyse, sans nier toutefois, que le cartilage de conjugaison joue un rôle dans l'allongement de l’os. Son interprétation tend, en somme, à concilier la
(4) Ocuer (L.), Recherches sur laccroissement..…., p. 22 et 23.
(2) Souuier (P.-H.), Du parallélisme parfait entre le développement du squelette et celui de certaines exostoses. Thèse de méd. Paris n° 21, 1864.
(3) Lararer (A.), Résultats expérimentaux sur l'accroissement des os en longueur. C. À. Associat. des Anat., 14° Réunion, Rennes, p. 72 à 90, 1912.
conception de l'accroissement appositionnel avec la doctrine de la croissance interstitielle ou par expansion ; le cartilage de conjugaison fait de l'accroissement appositionnel, la région du bulbe de la diaphyse est le siège d’une croissancé interstitielle.
J) Expériences de G. Dubreuil. — G. Dugreuiz (1), qui étudiait histologiquement l’os depuis longtemps, fut extrêmement troublé par les résultats de son collègue dont il connaissait la haute probité scientitique. Persuadé que la discordance des résultats obtenus jusqu'alors tenait essentiellement à des imperfections de la technique expérimentale, il fut amené à aborder la question par une voie nouvelle.
Le procédé employé fut la méthode des repères métalliques combinés à la radiographie.
La pose et le choix des repères ne comporte dans ces expériences rien de bien particulier, hormis l’observation rigoureuse des précautions édictées par OLier. Les repères utilisés furent des grains de plomb lorsque l’épaisseur de la coque d'os périostique était suffisante, comme chez le Chevreau, ou des aiguilles métalliques dans le cas des os à paroi mince du Lapin.
Après la pose des repères au niveau des points conveuables, on prend, dans des conditions rigoureusement déterminées, un cliché radiographique du membre. Grâce à la différence de pénétration de l'os et du métal par les rayons on obtient une image très nette dans laquelle l'os et les repères sont simultanément présents ; cette image constitue un document durable qui fixe d'une manière précise l’état initial de l'expérience.
Lorsque le temps fixé pour la fin de l'observation est arrivé, on procède à une nouvelle radiographie du membre en se plaçant dans les mêmes conditions que la première fois : on comprend sans peine que l'observation rigoureuse de cette règle est indispensable.
Dès lors, les radiogrammes obtenus au début et à la fin de l'expérience sont comparables entre eux, et on peut soit par
(1) Dusreuis (G.), Sur le mode d’accroissement des os des Mammifères.
Communication et discussion. €. /Æ?. Assoc. des Anatomist., 15° Réunion, Lausanne, p. 89-99, 1913.