‹ La croix d'honneur Georges BellChapitre 10 sur 11 · P-VS · texte numérisé non relu

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— J’en étais sûr, comte d’Arona.

— Maintenant je suis heureux. Car tout ce que vous venez de me dire, je l’avais deviné, et j’avais parlé de vous en termes analogues à tous nos amis qui me demandaient de vos nouvelles.

Albert de Basso-Campo et le comte d’Arona n’étaient pas de ces amis qui ont sans cesse besoin de protestations pour croire l’un à l’autre. Ils se connaissaient depuis leur première jeunesse. Ils s’étaient liés sur les bancs de l’université de Pise ; depuis ce temps, dans la vie accidentée du monde, leur vieille et solide amitié avait été cimentée par maint acte de dévouement mutuel. Heureux de s’être si bien compris, ils se disposèrent à reprendre la route de Milan.

— En chemin, nous causerons, dit le comte d’Arona. Car de mon côté aussi j’ai bien des choses à vous dire, mon cher Albert, et vous ne m’interrogez pas.

— A quoi bon?

— Il est vrai qu’avec vous, il vaut toujours mieux parler ou agir sans préambule.

Pendant qu’ils prenaient un frugal repas, on parvint à trouver aux deux amis des montures dans le village. Car quoique ne les regardant pas directement, l’ordre de ralliement reçu par Jean Pecqueur leur indiquait d’une façon suffisante une

repriseprochaine deshostifités . Pourrien au monde, ils n’auraient voulu être en retard et se faire taxer d’inexactitude. Ils étaient l'un et l’autre de la trempe de cette jeune noblesse qui, pendant toute la campagne, a donné à l’Italie entière les plus beaux exemples de courage et d’abnégation, comme si elle avait voulu par des faits irrécusables prouver au monde qu’elle était digne de tout ce que la France libératrice faisait en ce moment pour la patrie italienne.

— Nous avons des nouvelles, dit le comte d’Arona, quand les deux amis se trouvèrent en selle, de ce qui se passe du côté des lacs. Garibaldi et la majeure partie de nos amis sont par là, et jusqu’à ce jour ils ont fait de la bonne et solide besogne. Ils ont noué des relations avec les principaux patriotes de Venise, et nous sommes attendus impatiemment dans les lagunes.

— Je ne crois pas, dit Albert, qu’avant de posséder la ligne du Mincio, nous puissions rien tenter d’efficace dans la Vénétie. Défions-nous de notre vieil amour-propre national. Sachons nous servir du puissant allié qui nous seconde, et surtout ne laissons pas trop dire autour de nous que l’Italie peut faire seule ses affaires.

— Oui, je le sais, vous avez toujours été l’ennemi du fameux motl 'Italia fara da se.

— C’est de lui que nous sont venus nos maux, en majeure partie, depuis dix ans.

— Je le crois, comme vous. Mais il est bon aussi de ne pas trop se laisser aller et de savoir où nous marchons.

— C’est facile à voir. Nous allons achever d’expulser les Autrichiens de la Lombardie. Mais il est probable qu’ils ne nous abandonneront pas la ligne du Mincio sans coup férir.

— Il n’y a pas à en douter.

— Nous aurons donc par là quelque formidable bataille, dont Turbigo et Magenta n'auront été que le prélude.

— A moins que, se fiant à la force du fameux quadrilatère, ils ne préfèrent nous voir venir, à l’abri derrière les murailles des places fortes qui forment le fameux carré des Othons.

— Oh ! pour le coup, ils auraieht tout à fait perdu le sens commun et nous feraient la partie trop belle. Nous n’aurions qu’à les bloquer et à poursuivre notre marche jusqu’à l’Adriatique. Venise serait bientôt en fête, comme nous avons vu Milan dans ces derniers jours. Mais tout cela est fou et donne le vertige. Il n’y faut pas penser.

— Pourtant, vous le savez, mon cher Albert, depuis un an nous l’avons répété sur tous les tons : « Tenons-nous prêts pour toutes les éventualités quelles qu’elles soient. »

— Mais ceci n’est pas une éventualité: c’est de la démence.

— La sagesse antique avait prévu votre mot et la réponse que j’y puis faire.

~ Oui» j e le sais. Les divinités affolent ceux qu’elles veulent perdre. Nous n’en sommes pas là, croyez-moi. Les Autrichiens nous attendront sur le Mincio, et, là encore, il nous faudra vigoureusement livrer bataille.

Ainsi devisant, les deux amis arrivèrent aux premières maisons de la banlieue milanaise en môme temps que la troupe conduite par Jean Pecqueur. Pour celle-ci, cette longue étape n’avait été qu une promenade coupée au milieu par une halte pendant laquelle on avait, couché sous des arbres trouvés en chemin, laissé passer les heures les plus ardentes du jour.

Albert de Basso-Campo et le comte d’Arona miîent aussitôt pied a terre et voulurent faire leur entrée à Milan avec le détachement des zouaves.

La ville était en ce moment dans un état fébrile. Ce n était plus la population qui s’agitait avec enthousiasme, comme après Magenta, lorsque les Autrichiens partis, on s’attendait de minute en minute à voir entrer les armées libératrices. En ce moment, la population était plus triste qu’autre chose. Le mouvement qu’on remarquait dans les rues était tout militaire.

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De toutes parts et dans toutes les directions, on voyait passer des officiers d’état-major portant des ordres, des cavaliers d’ordonnance portant des dépêches. A tout instant on entendait quelque bruit de tambours. Les clairons sonnaient à tous les coins de rue, à tous les carefours. Les soldats se hâtaient de rejoindre leurs régiments, car personne ne voulait manquer à l’appel qui allait précéder le départ. Enfin dans toute la ville régnait cette animation qui signale les heures solennelles. Milan comprenait que le moment était grave. Cestroupesqui partaient déjà, c’étaient celles auxquelles la victoire avait quelques jours auparavant ouvert les portes de la ville, et elles partaient pour aller combattre encore.

Dans plus d’un cœur ces pensées ne laissaient pas que de semer une certaine appréhension triste. On n’est jamais joyeux quand sonne l’h’eure de semblables départs, et les plus braves sont ceux dont le cœur est le plus vivement remué. Mais à Milan le sentiment général de la population avait quelque chose de navrant.

Aussi, dès que les premiers corps se mirent en marche, vit-on se produire des scènes que n’oublieront jamais ceux qui en furent les témoins. Ja-

mais ville ne donna à des soldats de plus vives marques d’affection et de sympathie.

L’armée se dirigeait vers la haute Lombardie orientale, du côté où cette province touche au Mantouan.

Nos amis s’étaient dispersés dès leur arrivée à Milan. Le comte d’Arona était allé reprendre sa place dans les rangs des bersagliersdu roi Victor-Emmanuel; Ben-Ticket avait rejoint les tirailleurs algériens et Gringalet son régiment au titre étranger.

Tous allaient chacun de son côté. Seuls, Albert *

de BassO-Campo, Jean Pecqueur et le père Zou- Zou qui servaient sous le même drapeau marchaient de compagnie, comme de vrais inséparables. On était toujours assuré de les rencontrer ensemble, dans la marche ou au campement, à moins que quelque service de corvée ne réclamât Jean Pecqueur ou le père Zou-Zou.

Les deux armées alliées arrivèrent de cette sorte dans la région dont Brescia est la ville principale . Nulle part, elles n’avaient rencontré les Autrichiens.

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Ils s’étaient retirés précipitamment, abandonnant tout le pays jusqu’au Mincio. Cette manœuvre fit de la marche en avant des armées alliées une vraie promenade militaire pendant laquelle onn’eutguère à échanger quelques coups de fusil en escarmouche qu’aux environs de Brescia.

Cette grande ville, illustre depuis des siècles dans l’histoire d’Italie, manifesta hautement ses tendances patriotiques dès qu’elle vit les armées alliées dans ses murs. Ni l'accueil fait à Gènes aux soldats français, ni l’accueil fait à Milan ne pouvaient être comparés à ce qui se passa dans Brescia. Hommes, femmes, enfants, toute la population sans distinction d’âge ni de sexe, se mit corps et biens au service des armées libératrices. On vit des femmes et des jeunes filles abandonner leurs maisons aux soldats, et s’en aller dans les hôpitaux où elles élisaient domicile en s’improvisant sœurs de charité.

Le spectacle était touchant, même pour ceux qui avaient assisté au débarquement de Gênes, pour ceux qui avaient vu Milan à la nouvelle du sanglant combat de Melegnano.

L’armée fit halle à Brescia. Il fallait qu’elle se massât afin d’organiser le passage régulier du Mincio. Ce fut sa dernière station avant la grande journée de Solferino.

Albert, qui voyait ses prévisions s’accomplir de point en point et qui craignait toujours, comme peut ciaindre un homme de grand cœur la veille des batailles, profita de ces quelques jours de répit pour compléter autant qu’il était possible ce qu’il avait si généreusement entrepris, l’éducation sommaire de Jean Pecqueur. Brescia, ville antique, a conservé de beaux monuments de toutes les civilisations disparues. Les temps antérieurs aux grandes invasions et barbares, comme le moyen âge, y ont laissé leur trace, et on peut rencontrer à chaque pas de grands débris qui témoignent des splendeurs passées. Les- pierres parlent toujours avec éloquence aux imaginations jeunes. Aussi, la tâche entreprise par Albert de Basso-Campo devenait facile en présence de toutes ces puissantes manifestations encore debout des pensées, des agitations, de la foi passionnée de ceux qui furent les Italiens d’autrefois. Tout monument visité par les deux amis servait au jeune Basso-Campo de thème à quelque leçon substantielle dont profitait avidement Jean Pecqueur.

Car lui aussi sentait que le temps était précieux et que peut-être dans quelques jours il n’aurait plus pour l’instruire cet ami qui essayait de faire de lui un autre homme. La guerre est si fertile en accidents de tous genres, qu’avec elle il ne

faut jamais croire au moindre lendemain, à plus forte raison, lorsqu’on se trouve à la veille de ces batailles qui couchent par terre trente ou quarante mille morts de chaque côté. Tean Pecqueur sentait instinctivement tout cela, et il jouissait de son ami jusqu’à ce que le clairon vint les appeler à reprendre leur marche vers l’ennemi.

Un jour, ils se promenaient sous les arcades de la Piazza Vecchia : le père Zou-Zou venait de les quitter pour suivre quelques anciens camarades, au nombre desquels était Gringalet, plus alerte déjà dans les rues tortueuses de Brescia que sur les boulevards de Paris.

Albert de Basso-Campo expliquait à son ami la constitution et la puissance des vieilles municipalités italiennes, lorsqu’ils virent venir à eux un brillant officier d’ordonnance que Jean Pecqueur eut quelque peine à reconnaître sous son riche uniforme.

C’était le comte d’Arona qu’un décret royal venait d’attacher à la personne de Victor-Emmanuel.

— Trop heureux de vous rencontrer, mes amis, dit le comte en serrant les mains qui lui étaient offertes.

— Eh bien! mon cher comte, dit Albert, vous qui vivez maintenant près du soleil, vous devez

avoir des nouvelles précises à nous donner. Qu’allons-nous faire?

— Ma foi! je pourrais vous adresser la même question, car je n’en sais absolument rien. On est venu me chercher dans mon bataillon de bersagliers pour me faire endosser cet uniforme de parade, et me voilà. Je n’en sais pas davantage.

— C’est peu pour un officier d’état-major-général .

— Il est vrai que je n’ai pas encore commencé mon service, auquel, du reste, j’espère être bien vite déclaré impropre.

— Et pourquoi donc? fit Jean Pecqueur.

— Afin qu’on me renvoie promptement dans un régiment où je pourrai me battre en soldat.

— Voilà qui est sagement pensé, dit Albert.

Notre place à tous, soldats volontaires qu’ont im- * provisés les circonstances fortuites et solennelles dans lesquelles nous nous trouvons, est avec le peuple des soldais et dans les rangs des troupes de ligne. A nous seuls, il appartient de prouver aujourd’hui qu’il n’existe plus qu’un seul peuple italien sans distinction de races, de castes et de position de fortune. Nous sommes tous des hommes. Que chacun de nous n’accepte donc et ne réclame dans l’armée nationale que la place d’un homme, et la patrie sera sauvée définitivement.

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— Vous savez, Albert, que telles ont toujours été mes idées.

— Oh! je le sais, mon ami, aussi n’est-ce pas pour vous que je viens de parler de cette façon. Aussi énergiquement que moi, vous auriez dit ce que je viens de dire.

Le comte d’Arona regarda son ami, comme s’il attendait un complément nécessaire à cette dernière phrase.

— C’est pour notre brave ami Jean Pecqueur, dit Albert. Je désire qu’il connaisse à fond les Italiens de ce temps-ci. Nous avons tout à gagner à bien conquérir l’estime réfléchie de bons soldats comme lui.

Après cette phrase, il y eut un moment de silence. Jean Peequeur avait encore conservé toutes les timidités de sa nature de paysan, et jamais avec un éloge ou un compliment on n’aurait fait * sortir une parole de ses lèvres. Albert le savait. Aussi n’avait-il voulu qu’interrompre un entretien dont la direction ne lui convenait pas.

Toujours silencieux les trois amis, en cheminant au hasard à travers les rues, arrivèrent aux dernières maisons de la ville. Quelques pas encore, et ils étaient dans la campagne. Le hasard les avait bien guidés, car il les avait mis sur le chemin du campement que les tirailleurs algériens

occupaient en dehors des antiques fortifications de Brescia. Comme à Gênes, comme à Milan, on avait préféré faire vivre ces natures africaines sous la tente, et réserver les douceurs du casernement régulier dans les maisons de la ville aux troupes venues directement de France et moins familiarisées encore avec la vie de bivouac.

Rien n’était plus pittoresque que le campement de ces turcos.

Bien qu’on fût au mois de juillet et qu’il fît une chaleur torride, de distance en distance on voyait flamber ces feux de bivouac qui signalent au loin une armée en campagne. Le soir venu, les Algériens y jetaient de la poudre et dansaient devant ces feux des bamboulas échevelées. L’Arabe aime toujours à jouer avec ses armes. A cheval, il exécute des fantasias qui lui permettent de déployer toute sa force, toute sa grâce, toute sa dextérité, toute la sûreté de son aplomb. Quand il n’a pas de cheval, il danse en agitant son fusil par dessus sa tête, le faisant passer de l’une à l’autre main, et exécutant les contorsions les plus pittoresques.

Le camp des turcos recevait de nombreuses visites. On y venait de tous les autres corps de l’armée. Les habitants de Brescia y venaient de leur côté et aussi tous ces étrangers, curieux ou nouvellistes qui faisaient la campagne en amateurs, à

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leurs risques et périls. C’était tous les jours fête à ce campement, parce que le spectacle offert par les costumes pittoresques, les ligures étranges et expressives des soldats et leurs allures plus étranges encore était toujours nouveau et attrayant pour les visiteurs.

Quand Albert de Basso-Campo,le comte d’Arona et Jean Pecqueur arrivèrent non loin du premier feu de bivouac qui s’offrit à eux, ils furent tout étonnés de s’entendre saluer par un cri formidable que poussa l’un des danseurs qui gambadaient autour du foyer. Mais leur étonnement cessa lorsque dans ce danseur ils reconnurent Ben-Ticket, l’époux oublieux de la belle Saïda.

Ben-Ticket, avec cet œil infaillible qui distingue les races primitives, les avait aperçus de loin, et, sans interrompre sa danse qui paraissait l’amuser vivement, ainsi que les compatr iotes dont il était entouré, il avait voulu donner la bienvenue à ses amis. Aussi vint-il les rejoindre dès qu’il eut terminé son exercice et leur témoigna-t-il bruyamment le plaisir qu’il avait à les revoir. Il leur demanda des nouvelles du père Zou-Zou et parut regretter que le vieux troupier ne fut pas venu au camp avec eux.

Lecomte d’Arona n’avait jamais vu de près les turcos. Il s’intéressa vivement atout ce qui frappait ses

regards et demanda plusieurs explications à Ben- Ticket. Celui-ci, fier d’être interrogé de la sorte par un brillant officier, n’eut garde de laisser échapper cette occasion de prouver que les Arabes étaient beaux diseurs par excellence, et il parla tant et si bien que le comte ne comprit rien à tout ce que le brave sergent de tirailleurs algériens voulait bien lui dire. Il ne cessa de parler que lorsque, la retraite ayant sonné, tous les étrangers durent sortir du camp.

Quand les trois amis se trouvèrent en rase campagne, ils s’estimèrent tout heureux de respirer en paix loin de ce brouhaha qui avait quelque chose d’étourdissant. Un nouveau tumulte les attendait à Brescia, la ville paraissait en révolution. Plusieurs régiments avaient reçu l’ordre de se porter en avant. Les grandes évolutions pour le passage du Mincio commençaient. Au delà du ' fleuve allaient être portés les coups décisifs.

Arrivons rapidement à la bataille de Solférino.

va -

Personne n’ignore aujourd’hui comment fut livrée cette bataille gigantesque sur un terrain qui servait habituellement de champ de manœuvre • pour les études de l’année autrichienne. Personne également n’ignore combien la lutte fut longue et acharnée, puisqu’il fallut débusquer et déloger les Autrichiens d’uné série de mamelons qu’ils occupaient avec des forces imposantes et une nombreuse artillerie, et comment enfin, malgré un orage épouvantable, la victoire resta définitivement à l’armée française.

Ce que nous avons dit ailleurs, nous le répétons ici. Nons n’empiétons pas sur le domaine des historiens graves. Leur affaire n’est point la nôtre, et nous n’écrivons pas une histoire de la campagne d’Italie.

Il y a cependant tel épisode de la bataille de Solférino qui nous revient de droit, et de

celui-là nous nous emparons avec empressement.

Au moment où les voltigeurs de la garde, ayant à leur tête l’héroïque général Camou que n’arrêtent ni son âge, ni ses longs états de service, attestés par la médaille de Sainte-Hélène, dont on voit le bronze sur sa poitrine au milieu de vingt autres décorations, au moment où ces vétérans intrépides enlevaient à la baïonnette avec une ardeur irrésistible les positions formidables qui servaient de clef à toutes les lignes des Autrichiens, dans .un coin isolé de cet immense tableau se passait un fait de détail où nos amis jouaient le principal rôle.

Jean Pecqueur, à la tête de quelques enfants perdus, s’était jeté en avant pour éclairer un mouvement que devait opérer le maréchal duc de Magenta.

Il y avait une douzaine d’hommes tout au plus sous les ordres du brave sergent de zouaves, jaloux dans cette journée d’échanger ses galons contre une épaulette. Mais dans le nombre, à côté du père Zou-Zou, d’Albert de Basso-Campo, il y avait Gringalet et quelques autres soldats déterminés, ramassés un peu de tous côtés, appartenant à tous les corps, mais brûlant tous du désir de se faire remarquer de leurs chefs.

Cette petite troupe marchant avec une circons-

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