‹ La croix de Malte drame en trois actesChapitre 45 sur 52 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

DON BALTHAZAR , seul.

Oni , qu'ils soient unis, et qu’ils s'éloignent à jamais!.. Juana a voulu être heureuse malgré son père , qu'elle le soit loin de lui ! Le fils de l'honunc qui a déshonoré ma sceur vient aujourd'hui flétrir ma tille ; je neveux plus supporter sa vue, qui réveillerait eu ntoi deux haines !.. Mais, du moins, comme son père, lui, il n'a pas refusé à sa victime la réparation qu’il pouvait lui donner. (On trappe trots coups A la porte.) Quel est ce bruit?., qui osesc permettre... dansnion palais?., (on frappe de nouveau.) Graud Dieu!., on dirait le sigual de l'inquisition !.. (Il court A la porte, l'ouvre, et voit uu parchemin doué avec un poiguard.) Je ne me trompais pas... l’Inquisition !.. Que me veut ce pouvoir sinistre dont les ordres sont des arrêts?., (il lit.) « fat très «Sainte-Inquisition informe don Baltbazar d’Aya- » monte, gouverneur de la ville, qu'un chevalier «de Malte, au mépris de ses va-ux, s'est échappé «du Prieuré de Païenne, et s’est, dit-on, réfu- •giéà Naples, où il se tient caché. LatrèsSainte- «Jnquisilion ordonne au gouverneur de joindre »Bes recherches à celles du Saint-Oflice , et de «lui livrer le coupable, s'il le découvre; ce

• chevalier apostat appartenant désormais à la «juridiction du saint Tribunal. Le nom du eou- « pable est don Léon de Cabrera. » Don Léon de Cabrera !.. oh ! j'ai mai lu , ou ma tête s’égare !.. J’ai mal lu... (Lisant.) « Don Léon de

• Cabrera!.. • Infamie! oh! j'aurais dû le de-

IlON BALTHAZAR.

Vous ici!., vous, à Naples !..

LE PRIEUR

Moi-même!., trop tard pour empêcher les fautes de Léon... assez tût pour obtenir de vous sa grâce. nos n.v lthaza r.

Sa grâce!., la grâce de celui qui a perdu ma fille, déshonoré mes cheveux blancs!., lui pardonner... le sauver!.. Ah ! dût l’univers se soulever contre ma colère. Dieu dût-il me foudroyer, je jure que je me vengerai.

le prieur. •

Vous le sauverez, vous dis-je!., car il n’est pas seul coupable, et ceux qui ont fait à Léon une destinée si funeste...

DON B1I.TIIAZAR.

Quels sont-ils? parlez!..

le pntEun.

Vous, d’abord, vous, don Baltbazar!.. et puis, un antre... un autre tpii se repent depuis vingt ans. noN BAt.THAZAn.

Moi!., moi... dites-vous?

LE PRIKUn.

Vous-même !... Ilappelez-vons dona Elvirc, votre sœur... coupable, comme doua Juana, elle vous demanda grâce aussi; vous fûtes impitoyable!.. UON BALTHAZAR.

Quoi!., vous savez...

LEPRIEUR.

Je sais tout, Monseigneur. Plutût que de consentir au mariage que vous lui imposiez, dona Elvire vous avait offert de passer pour morte, d’aller vivre pauvre, isolée, mendiante, avec son enfant, de l’élever dans l’obscurité qui convenait à son malheur... vous n'avez répondu à scs larmes et à ses prières qu’en mettant la main à votre poignard. Elvirc allait être mère, elle n’aurait pas succombé seule... pour sauver ta vie de son enfant, elle consentit à tromper un honnête homme. Don Baltbazar, qui a jeté, malgré sa mère, cet infortuné dans le monde?., qui lui a donné un nom, une fortune?... qui lui a permis de lever ses regards jusque sur sa noble parente?., qui lui a donné le droit de

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