‹ La croix de Marie opera comique en trois actes paroles de MM. Lockroy et DenneryChapitre 6 sur 79 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MARIE, pim LE MARQUIS.

marie, à la cantonade.

Ah! mon père! à peine de retour, vous le prenez pour vous tout seul, ce n’est pas bien. Je suis fâchée, entendez-vous? Je suis fâchée... {Après un silence.) Cette chambre de Nantes est donc bien impitoyable pour que tout le monde... (Apercevant le Marquis.) Ah!...

LE MARQUIS

Vous vous troublez à ma vue ?

MARIE

Moi, monsieur?

LE MARQUIS

Vous vous troublez, et pourquoi?

MARIE

Mon père me quitte... je lui parlais, et votre apparition subite... votre présence ici...

LE MARQUIS

Est-elle donc si étrange, si inattendue, quelle doive vous causer une telle surprise ?

MARIE

J’avoue que je n’y étais pas préparée... aujourd’hui surtout, que la foule se presse à Kermo. Je me trompais, je le vois, dans mes conjectures... Tant mieux, que vous n’ayez pas à vous cacher, j’avais si grand peur de ce tribunal... (Ne reprenant.) Parce que, on m’avait dit... on s’était imaginé... c’est la vieille Madeleine!

On vous avait dit?...

MARIE

Elle avait pensé, d’après le soin que vous sembliez prendre de ne pas sortir de votre asile, que vous ne pouviez le faire sans danger : et, en effet, depuis un mois que, regagnant sa demeure avant l’aube, Madeleine vous trouva évanoui, près de votre cheval, daus le sentier profond qui coupe la lande élevée de Glesneven, vous n’avez pas quitté la cabane isolée où elle vous avait recueilli... c’est, du moins, ce qu’elle m’a raconté.

LE MARQUIS

Oui, ma retraite m’était chère, et jamais je ne m’en fusse

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