‹ La croix, l'épée et la charrue ou Les trois symboles du peuple canadien [microforme]Chapitre 5 sur 13 · DR · texte numérisé non relu

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LA CHARRUE. 89 devant les signes maçonniques de l'Allemagne : elle ne se montre insolente que devant des femmes sans autre protection que la grille d'un couvent ! |

Aussi des mains affaiblies du neveu de Bonaparte, l'épée de la France dut s’humilier an point de passer à celles de l'empereur d'Allemagne. Et ce, devant Sédan, une citadelle française !

en présence des légions françaises !

en face des descendants des soldats qui avaient promené les aigles victorieuses du premier Empire, d'un bout de l’Europe à l’autre ! !

Pardon, Messieurs, de mettre cette honte devant vos yeux, quand il ne devrait, en ce beau jour, n’y passer que des gloires. |

Ceper:lant, à côté de cette France impie, lâche, traître et paienne, il y aussi la France noble, sincère, patriotique, chrétienne ; la France de Charette et de ses héros de Patay, de Rameau, de Claudio Jannet, de Charles Perrin, du comte de Foucault, de Chesnelong, de Lucien Brun, d'Emile Keller, du comte de Mun, de Beaudryd’Asson, des Veuillot, du Marquis de

Montcalm et du grand Freppel, etc.

Ne perdons donc pas espérance pour notre mère-patrie ; l'épreuve peut l'épurer, l'exemple de la Belgique doit l’encourager, le parti catholique peut encore la sauver. (Car, si on :

arrache la croix de ses écoles, celle-ci protège encore ses autels ; elle a encore une place dans le cœur du peuple. Or, la croix est le sacrement de la rédemption comme l’énée est celui du rachat des peuples : car en effet, l'épée est le signe de la victoire, de la puissance, de l'honneur et de la conquête ;—c'est aussi, celui de la force, mais de la force du droit qui protège et non de l'injustice qui souille ; de la puissance qui élève et non de la violence qui flétrit.

Quand l’on sacrait les anciens rois de France, ceux-ci prenaient alors l'épée sur l’autel pour attester qu'ils ne tenaient leur suzeraineté que de.

Dieu. Et, en Allemagne, l'épée et la crosse étaient les armoiries des grands dignitaires et justiciers ecclésiasti-

ues. En Normandie, la Haute-Justice possédait le droit de l'épée, consistant en celui de faire exécuter ses arrêts par la force des arines.

Pope es ur

NM Trois grands Ordres militaires se | L sont honorés du titre “ d'Ordres de | l'Epée” La fondation du premier

remonte à Guy de Lusignan ; il eut pour siège l'Île de Chypre achetée dans ce but, de Richard Cœur-de- Lion ; sa fin était la protection du royaume. Aussi, portait-il fièrement sa devise sur laquelle se lisait ‘ Securilas regni”

Albert, évêque de Riga, veut élever une barrière contre les envahissements de l’erreur, il fonde les “ Chevaliers du Christ des deux Epées,” dont le but était de refouler au delà de la Livonie et de la Pologne, la barbarie de l'Orient qui voulait briser les lignes chrétiennes de l'Occident.

L'Eglise de Suède souffre ;—le Luthérianisme fait brèche partout.— C’est encore à la chevalerie que le peuple chrétien va demander aïde et protection ; Gustave Wasa fonde un

| troisième ordre de l’Épée.

Aujourd'hui même, le titre de Che- | valier de l'Épée n'est conféré, en | Suède, qu'à ceux qui se sont illustrés sous les drapeaux. L'Épée de cet ordre porte pour divise—" Pro Patrià,” pour son pays.

Ainsi, si la croix est l’emblême de L. l'amour de Dieu pour les hommes, L l'épée est celui du dévoûment à la : patrie. C'est la sécurité du royaume, c'est la sentinelle du droit, c’est. la protection des drapeaux, c’est l'immolation pour l'intérêt commun, c'est le symbole des armées, c'est l’auxiliaire de la croix.

Et comment la catholique Espagne repoussa-t-elle par delà les colonnes d'Hercule la puissance des Maures sinon par l'épée ?

N'est-ce pas par la valeureuse épée de Grodefroi de Bouillon et de ses héroïques croisés que le monde catholique a pu, en suivant les traces ensanglantées des Chevaliers chrétiens,

aller prier sur le tombeau du Christ, reconquis par.le dévouement et la bravoure, contre le despotisme et la barbarie ?

C'est l’£pëe %e Don Juan d’Autriche et %e Jean Sobieski qui barre à l’issamisme le chemin de l’Europe, — quand partout les armées du croissant, victorieuses, semaient sur leurs pas, l’'épouvante, l'atrocité et la mort.

Nous ne pouvons non plus oublier

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les hécatombes des plaines de Poitiers et la victoire éclatante de Lépante,—toutes au profit du Catholicisme.

Jehovah était encore terrible pour ses ennemis.

Hélas ! comme Israël, faut-il aussi nous demander où est notre Dieu ?

Le sang aurait-il perdu de son efficacité première ?

Non :—la mission de Napoléon 1er, ce lion du désert, —s'affirme ; l'Europe coupable a besoin de châtiment ;— i] l’en abreuve ; de la pointe de son épée il taille et retaille les limites des royaumes, il flagelle les rois, il écrase les peuples jusqu'à ce que lui-même se sente rassasié de sang et de gloire.

Cependant, il a outrepassé ses pouvoirs, il a abusé de ses victoires, il a outragé le représentant du Crucifié, il a méconnu la mission de son épée, Voilà qu'elle sera à jamais brisée en ses maïns : fait qui atteste une fois

de plus, que l'épée est non seulement

un fléau, mais qu'elle est aussi le sacrement de la justice et l’implacable instrument des vengeances célestes.

Si la croix est l’unique espérance du chrétien, l'épée est souvent le

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