‹ La croix présentée aux membres de la Société de tempérance [microforme]Chapitre 6 sur 13 · OO OR, RE PE · texte numérisé non relu

OO OR, RE PE

M ju sise

lestes que lui a adressées la croix ne sortira pas un instant de son esprit.

Bientôt ou la chaleur étouffante d’un soleil brûlant fait tomber de son front des torrents de sueurs qui doivent :

rendre moins ingrate cette terre dont il doit arracher sa subsistance, ou le froid rigoureux vient glacer ses membres fatigués, ou la tempête, la neige et lapoudrerieembarrassent sa marche.

Au milieu de ces peines, je vois Satan, l'esprit de malice, rôder autour du malheureux. Je le vois épier le moment d’une grande fatigue ou d’un grand embarras, et s’approcher de son oreille pour lui inspirer une pensée de colère ou de murmure : ‘* Vois com- “ bien tu es malheureux ! . .. N’est-

ce pas assez de ton travail et des

fatigues qui en sont inséparables,

sans que la pluie, le vent, les ardeurs

du soleil, le froid, la neige, la

poudrerie se liguent contre toi pour

te tourmenter tour à tour?” A cette pensée, le sang du malheureux a bouillonné dans ses veines. Mais bientôt le souvenir de la croix du Dieu -mort sans proférer une plainte vient

calmer cetté tempête, et le généreux ami de cetté croix répond au tentateur :

‘ Rétire-toi, Satan ! Trop souvent,

pat le passé, j’ai écouté ta voix...

C’est pour avoir suivi tes funestes

Conseils, que jai perdu la plus

grande partie de mes peines. En:

core une fois, retire-toi, maudit !

Tu ne gagneras plus rien avec moi.

J’ai déposé, ce matin, toutes mes

peines au pied de la croix de mon

Dieu, et je ne les retirerai pas, par

mes murmures, pour te les don-

ner.”

Ainsi, le cultivateur chrétien remplira sans murmures et sans emportements ses devoirs les plus pénibles : il triomphera de Satan. Du haut du ciel, l’œil de Dieu verra le combat et son cœur se réjouira de la victoire. Sa main paternelle bénira le généreux vainqueur, et il commandera à ses anges d’ajouter une pierre précieuse à la couronne qui l’attend dans le séjour des bienheureux. se

Voilà comme le souvenir de la croix fait passer une journée de misère et de peines pour le cultivateur vrairnent

chrétien. Oh!... Ayez la croix dans vos demeures, bons et honnêtes habitants de nos campagnes; aimez-la, vénérez-la, cette divine croix. Elle sera la paix de vos maisons, la fécondité de vos champs, la vertu de vos épouses et l’innocence de vos enfants.

Placez-la dans l’endroit le plus apparent de votre maison, afin qu’en revenant de vos champs, cette croix bénite soit le premier objet qui frappe vos regards. Avec quelle satisfaction ne reverrez-vous pas chaque soir, en revenant de votre travail, cette divine conseillère au pied de laquelle vous aviez déposé, le matin, votre travail et vos peines de chaque jour! Que votre premier salut soit une inclination respectueuse vers cet instrument divin dont vous vous serez si souvent rappelé la pensée au milieu de vos travaux.

Avant de prendre votre repos, allez dire adieu à votre croix, et dormez en paix, convaincus que votre journée est écrite au livre de vie.

Passons à l’ouvrier, à l’homme con-

damné, comrmne le cultivateur, à gagner son pain à la sueur de son front.

$ VI. La croix et l’ouvrier.

A vous, ouvriers, hommes de métier, journaliers, et à vous tous, hommes condamnés à gagner votre vie et celle de vos familles par un dur et pénible travail, à vous la croix du Sauveur est offerte comme un consolateur que vous chercheriez vainement dans les choses humaines.

C’est sur vous surtout que tombe pesamment cette parole du châtiment prononcée par le souverain Maître contre nos premiers parents : “ Tu gagne- “ ras ton pain à la sueur de ton front, “ jusqu’à ce que tu retournes dans la ‘ terre d’où tu as été tiré.” Ilya ici bas peu de jouissances terrestres pour vous. Aussi, êtes-vous par excellence les enfants et les amis de la croix de celui qui, comme vous, a supporté tout le gr de la sentence portée contre l’homme coupable, en gagnant lui-même sa vie par le travail de ses mains.

C’est à vous surtout qu’il appartient

ner

d’aimer la croix de Jésus, le divin fils du charpentier, et de profiter des exemples de patience et de résignation qu’elle vous donne au milieu des fatigues et souvent des privations qui résultent de votre position sociale.

Vous vous tromperiez cruellement, si jamais vous cherchiez ailleurs que dans la croix ce courage chrétien, cette force d’âme qui fait trouver le pins, ou du moins la résignation et e calme de l'esprit et du cœur qui rendent une vie pénible si précieuse aux yeux de Dieu.

C’est vous surtout, ouvriers canadiens, que les mauvaises passions du malheureux siècle où nous vivons cherchent à soulever contre l’ordre social. On voudrait vous faire maudire votre sort et vous pousser à tout bouleverser pour le rendre moins pénible. Défiez-vous. Ceux qui vous parlent ainsi ne sont pas vos amis. Ils vous trompent, comme leurs sem blables ont trompé les ouvriers des autres pays. Croyez-moi, ce n’est pas votre bien-être qu’ils ont en vue, mais bien plutôt leur mi avantage.

N'oubliez jamais que qui sème du vent receuille des tempêtes. Ecoutez les enseignements salutaires de la croix de votre Sauveur : ceux-ci ne sauraient vous tromper.

En contemplant la croix, le sort de ceux qui sont placés au-dessus de vous et qui vivent dans l’abondance sans presque travailler, ne sera jamais pour vous un sujet d’envie, parcequ’alors votre sort vous paraîtra préférable au leur. Vous éloignerez votre pensée des vains désirs que le bonheur extérieur dont ils semblent jouir pourrait exciter en vous. Pour cela, il suffira de vous rappeler les leçons du Dieu qui, comme vous, a vécu du travail de ses mains, après avoir dit par le saint roi David : ‘“ Ils vous est avanta- ‘ geux, C’est un bonheur pour vous ‘“ de vous nourrir du fruit du travail ‘ de vos mains.”

Ecoutez la croix, le lit de douleur et l’autel sanglant où souffrit et mourut celui qui n’eut pas sur cette terre, formée de ses mains, un lieu où reposer sa tête. Encore une fois, écoutez le langage de la croix qu’on vous a don-

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née en témoignage et comme récom-

vent pense du beau et généreux sacrifice ; les que vous avez fait à Dieu, à votre re- TOIX ligion, à votre patrie et à vos familles : ent ‘“ Prends courage, mon ami, vous “ dit la croix. Souviens-toi que celui rt de ‘ que j’ai tenu entre mes bras a sanctivous ‘“ fié ce travail, devenu le moyen de sans ‘€ gagner ta vie de la terre et celle du pour “ ciel. En t’inspirant de mes leçons, alors ‘ me crains pas pour le sort de ta fa- > au mille. Aie confiance et travaille nsee ‘“ en vrai chrétien. Celui qui nourrit r EX- ‘ les oiseaux du ciel et couvre des Trait “ plus riches couleurs le lis des fra ‘ champs, aura pitié de toi et de tes Dieu ‘ enfants. Il vous aime plus que le vail ‘ liset les oiseaux. S'il a donné sa ar le “ vie pour vous conduire au ciel, nta- ‘“ vous refusera-t-il les moyens de | ous ‘{ passer cette vie qui y .conduit. | vail ‘ Pauvre ouvrier, soit résigné seule- | ‘ ment, patient et content. Car la | leur ‘ mauvaise humeur, les plaintes, l’im- | rut ‘ patience te feraient perdre ici-bas | for- ‘“ ton repos, et après cette vie la ré- | ser ‘ compense éternelle. Oui, Dieu rele “ cueille ici-bas les sueurs qui tom-

bent de ton front; elles formeront ‘ ta couronne dans l’immortalité des ‘ joies de l’autre vie. Travaille donc ‘“ consciencieusement, honnêtement, ‘ constamment, et tes jours auront leur paix et ton sommeil ne sera ‘ jamais troublé par les remords.” O croix sainte ! que tes enseignements sont puissants! Quel état, quelle condition de cette misérable vie n’y trouverait pas une lumière, un SAppor, une suprême consolation ?

$ VII. La croix et la mère de famille.

Si les travaux et les fatigues du cultivateur et de louvrier sont durs et pénibles, les soins et les misères de la mère de famille ne le sont pas moins.

Souvent elle se voit triplement chargée et des soins d’une nombreuse famille en bas âge, et de tous les travaux intérieurs de la‘maison et d’une partie des travaux de son mari. N’ai-je pas vu bien souvent la mère canadienne emmener sa petite famille dans les champs, et déposer sur une javelle le jeune enfant qu’elle nourrissait encore, pour prendre la faucille et couper

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