Paris, Klincksieck, 4883, gr. in-8<», p.' 29. Nous
signalerons aussi, comme pouvant lui être comparé, la lutte de Samson, du reliquaire de Samson de Mauvoisin, archevêque de Reims (H40-H61), publié par Tarbé (Prosper) dans ses Trésors de l'église de Reims ^ Reims, Assy. 4843, p. 454.
pièces émaiUées), Fart de rémaillerie ne se serait pas tellement perdu que nous n'en retrouvions de réelles traces qu'au commencement du xif siècle, nous ne devons pas omettre de signaler la discussion à laquelle tant d'érudits de grand mérite, Labarte, Lasteyrie, de Quast, Tabbé Texier, Verneilh, ont apporté de si intéressants documents; mais il est permis de douter que, même en admettant Thypothése de la continuation ininterrompue de Tart de Témaillerie sur une petite échelle, les artistes limousins aient exécuté une pièce qui rentre si peu dans une technique adoptée, dès le début de la fabrication, technique si caractéristique que, dans les inventaires du Moyen-Age, ïoptLs Lemoviticum devint le terme général qui désigna, même à l'étranger, certains émaux absolument reconnaissables*. Comment croire enfin, si nous prenons Topinioii de Ferdinand de Lasteyrie, qu'avant 940, les Limousins eussent été assez habiles, assez versés dans l'art de l'émaillerie pour produire la pièce la plus artistique, la plus délicate peut-être qui soit sortie de leurs ateliers pendant tout le Moyen-Age, alors que les archéologues osent à peine préciser, bien qu'ils en connaissent la date, le lieu d'origine de la croix émaiUée de Théophanie du trésor d'Essen? Qu'on examine aussi Tanneau *le Géranl*^, évêque de Limoges, mort en 1022, et découvert à Charroux en 1850» et roii pourra juger si l'école, qui a produit un émail aussi primitif pour un évêque, était capable d'exécuter, un siècle plus tôt, la crosse dite de Ragen froid.
M. l'abbé Texier, qui a examiné soigneusement tant d'émaux limousins, n'a pas signalé, dans son symbolisme des couleurs, ce Ion vieux bois si rare, si difficile à obtenir, parce que les calcinations successives de la couperose blanche dont il est composé demandent une série de manipulations des plus délicates. C'est cet émail, dont la réussite les embarrassait sûrement, qu'auront sans aucun doute tenté d'imiter avec un simple vernis brun les artistes qui décorèrent plus tard la châsse d'Ulger^, les couronnes de lumière d'Aix-la-Chapelle et de Cologne S la châsse de saint Servais à Maestricht^; elle ne parait pas s'être rencontrée dans les émaux limousins même postérieurs à celui dont nous nous occupons.
Les émaux limousins à champlevé, des époques les plus reculées, sont presque tous conçus dans le même ordre d'idées : des figures raides se détachent sur un fond bleu foncé de saffre^. Plus rares sont les fonds vert de cuivre, d'œs tcstum, séparés par des lignes droites de cuivre doré dans l'entre-deux desquelles serpentent des rinceaux de cuivre réservé qui finissent par s'épanouir en une fleur généralement trilobée que
1. Labor Lifnogiœ^ Charte, anno 4497. Ughelli, Italia sacra, Venise, Mii, t. VU, col. 942. Dugdale. Monas-
ticum anglicanum Duo coffrée rubee de opère lemo-
vi(.ensi. Inventaire de Saint-Paul, t. HI, p. 4 ; Tharpe, Registrum Roffense, f> 424 . En 4244, Gilbert de Glaoville, évêque de Rochester, possédait des coffres de Limoges.