Gérard, fils de Guy, vicomte de Limoges
3. Linas (Ch. dé). Œuvres de Limoges conservées à l'étranger, Paris, Klincksieck, 4885, in-8», 32 et suiv.
4. Cahier et Martin, Mélanges d archéologie, U I, pi. XXXIII et suivantes.
5. Linas (Ch. de), Lart et l'industrie d^ autrefois dam ta région de la Meuse belge, Paris, Klincksieck, 4882, iii-S».
6. En italien saffera. Il venait de Venise : fondu ^vec du sable et de la potasse, il formait un bleu très inUnjse appelé gmaUum, C. Popelin, LémaU des peintres, Pirris, Lévy, 4876, in-8«», p. 86.
Tartiste nuance habilement de blanc d'étain, de rouge d'or ou de fer, de jaune de tartre et d'antimoine, de quelques traces de bleu lapis. Si nous citons Tabbé Texier, nous connaîtrons quelques nouveaux caractères particuliers à cette école : « Le bleu se subdivise en bleu noir [bleu de saffre], bleu de ciel et bleu clair [bleu d'oxyde d'argent qu'on préparait avec des lames d'argent très minces exposées au dessus de fort vinaigre]; le rouge est purpurin [composé de sel de nitre, d'alun, de sel gemme et de feuille d'or calcinés ensemble à la mouffle], à demi translucide ou vif opaque [oxyde de fer] ; le vert tire sur le bleu [sels de cuivre travaillés dans un mortier rf'ac/er]; d'autre est vert tendre; le gros bleu est coupé et bordé de rouge et de vert, les rosaces sont alternativement tricolore, le vert sépare toujours le bleu du jaune, les tons clairs des draperies vertes sont formés d'émail jaune*, les demi-teintes d'émail vert, franc et cru. »
Trouvons-nous là la technique de la crosse dite de Ragenfroid?
Lisons maintenant M. Darcel'-^ : « Partout où un émail fera montre d'érudition l'on peut être certain que l'on a atfaire à une œuvre de Cologne ou de Verdun.
« Les émailleurs de Limoges enluminent vivement leurs sujets, les émailleurs allemands procèdent par tons rompus et adoptent la tonalité verte. La gamme décroissante des tons juxtaposés dont on se sert pour nuancer les draperies sera, en France, une trace de rouge, de bleu lapis, de bleu clair et de blanc ; en Allemagne, ce sera le bleu lapis, le bleu turquoise, le vert et le jaune. »
Si nous interrogeons Labarte^, il nous dira que les couleurs dont se servaient les émailleurs rhénans était le bleu lapis, un bleu pâle, le gros bleu, le bleu turquoise, le rouge mat, le rouge purpurin d'un très vif éclat, plusieurs sortes de vert, le jaune, le rosé, le blanc pur et le noir; les anciens émaux rhénans, ajoute-t-il, portent gravées en creux des inscriptions remplies d'émail noir, qui accompagnent presque toujours le sujet; dans les émaux limousins, au contraire, les inscriptions sont rares et se bornent à quelques mots.
A laquelle des deux descriptions semble correspondre notre crosse? A la seconde incontestablement.
Ici les fonds sont bleu lapis, absolument pur, le ton vieux bois est inconnu à Limoges, la finesse enfin ne peut se comparer avec celle des pièces sorties des ateliers limousins. Je ne vois pas non plus, dans le vide des entrelacs qui encadrent les scènes du nœud, ces fleurs trilobées et tricolores caractérisques de Limoges*; elles sont remplacées par une palmette d'une tournure toute différente où le cuivre s'épanouit lui-même en demifeuilles d'ache, finement gravées, non pas au burin, mais au ciselet sur la dorure, genre
4 . Du reste c'étaient les deux couleurs que les émailleurs mélangeaient ensemble dans leurs préparations. Ferrand, Lart du feu, Paris, Collombat, 47211, in-12, p. 85.
t. Catalogue des émaux du Louvre, p. 22.