‹ La croyance à l'immaculée conception de la Sainte Vierge ne peut devenir dogme de foiChapitre 14 sur 35 · CHAPITRE Xî · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xî

DE l'affaire de JEAN DE MONTSON.

1. En quoi ello consiste. — II. Elle ne prouve pas que l'école eût encore adopté cette opinion.

I. Puisque je viens de parler de Jean de Montson , il faut dire un mot de ce religieux de saint Dominique, de peur quon ne croie que j'aie quelque intérêt à n'en pas parler. Ce religieux ayant avancé, entre plusieurs mauvaises propositions sur diverses matières, « qu'il est )) expressément contre la foi de dire que la )) bienheureuse Vierge , Mère de Dieu, n'a pas )) contracté le péché originel , » celte proposition fut condamnée avec les autres par la Sorbonne. L'évéque d'Evreux, qui Tannée d'après voulut adopter la même proposition et parler contre la censure de l'Académie, fut aussi force par elle à se rétracter. Ce fut alors que les Dominicains , ayant refusé de souscrire à la condamnation de leur confrère, sévirent exclus de l'Université; et ils tombèrent par là dans un si grand discrédit que le peuple leur refusa les

aumônes ordinaires et leur donnait un nom de secte (1).

II. Toutefois la condamnation de Jean de Montson n'est pas une raison de penser que l'Ecole eût encore changé sur ce point la doctrine qu'elle avait reçue de ses fondateurs. Ce qui le prouve , c'est d'abord le traité que fit composer dans cette affaire TUaiversité de Paris pour répondre aux Dominicains ;, qui l'accusèrent, devant le Pape, de s'opposer à la doctrine de saint Thomas (2). L'Université prouvait dans cette pièce que son jugement ne nuisait point à la doctrine du saint docteur, quoique les propositions de Montson eussent été bien condananées. Ensuite, ceci se passait plus d'un siècle avant l époque oii diverses Universités adoptèrent l'opinion de l'immaculée conception, et oii cette opinion devint commune,

(1) Fleury,liv. XCVIII, u. 43.

(2) Flcury , t. XIV , Dis,, prélim.f art. 18 et suiv.

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