CLXXXIX. — COLOCZA (Hongrie
François de Xadasd, Archevêque de Colocza, répondit, en 1850, à l’Encyclique du 2 février 1849. Après avoir parlé de la piété du clergé et du peuple fidèle de son diocèse envers l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, et rappelé les principales preuves de cette prérogative de la Vierge Marie, il émit le vœu qu’elle fut définie par un jugement solennel. Voici ce que nous lisons h la fin de sa lettre. « Appuyé sur les témoignages exprès des Saints Pères, sur les écrits des Docteurs aussi distingués par leur science que par leur piété, sur la foi tacite de l’Eglise, ayant consulté mon conseil, je crois pouvoir exprimer très-dévotement mon humble suffrage ; savoir, qu’il soit défini, par un jugement solennel de l’Eglise et de Votre Sainteté, que la Conception de la Très-Sainte Vierge Marie a été Immaculée et entièrement exempte de toute tache du péché originel; que cet honneur insigne soit décerné h celte Vierge, qui est la fille élue etbienaimée du Père Éternel, la Mère du Verbe incarné , l’Épouse du Saint-Esprit, le Sanctuaire de la Très-Sainte Trinité, la Souveraine des Anges, la Tutrice des hommes, l'Avocate des pécheurs, l’asile de tous les affligés, la Reine du ciel et de la terre; h celle qui, pleine de grâces et bénie entre toutes les femmes, a changé le nom de la malheureuse Eve et est devenue la Mère des vivants; à celle qui, se levant comme
(1) Dcxter adsii Deus, nt hujus Diceccsis cunclorumque tulelium vota cxpleantur, novaque hac fulgenlissiiiia margarita dulcissimæ Matris coronam donari non renuat. Colle in Tuicia , die 2 julii 4849 : Pareri, etc.; vol. I, pag. 395.
l’aurore, a apporté au monde le soleil de justice pour éclairer ceux qui sodI assis dans les ténèbres et les ombres de la mort ; à celle enfin qui, terrible comme une armée rangée, triomphe des hérésies et des puissances de l’enfer. J’émets ce vœu en priant humblement le Père très-clément des lumières de répandre sur Votre Sainteté la lumière de son Divin Esprit et de la diriger par sa grâce, afin que dans une affaire d’une si grande importance elle prenne le parti qui doit le plus contribuer a la gloire de Dieu, h la louange de Marie et au bien de l’Église militante.
■ Que l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie soit notre sauvegarde et notre protection : Immaculata Beatæ Marix Virginie Conceplio sit nobis præsidium et proteclio (1). »
M. KrriszT, successeur de M. de Nadasd, écrivit lui-mème au Primat de Hongrie, en 1854, pour lui faire connaître ses sentiments et ceux de ses diocésains. Il attestait à i'Éminent Cardinal Scitowski qu’il croyait pieusement à l’immaculée Conception de la Sainte Vierge, se réjouissant de ce que cette croyance n’était plus combattue par aucun catholique. C’était également le sentiment du clergé, qui célébrait religieusement et solennellement avec le peuple, sous le rit de première classe, et avec octave, la fête de l’immaculée Conception, en récitait l’office chaque samedi non empêché, hors le temps de l’Avent et de la Quadragésime. Après avoir indiqué combien étaient nombreux dans son diocèse les associés à l Archiconfrérie du Cœur Immaculé de Marie, les églises et les autels consacrés à la Sainte Vierge, et après avoir donné une idée touchante de la piété des fidèles envers la Mère de Dieu, ce Prélat ajoutait que le peuple était tellement pénétré de la
(1) Humillhnum meum suflragium in eo devotissime depromerc suslineo : ut... SancüssiimeYirgini Mariæex solcmni Ecdesiæ et Sanctitatis Vestræ sapientissirao judicio summus décerna lut’ honor, ejusdem Conccpluni Immaculatum omnino fuisse et ab omni prorsus originalis culpK labe immunem. Coloae in Uungaria , die 22 oc t. 1850: Paberi, etc., vol. Il, pag. 244.
croyance b l’immaculée Conception, qu’on pouvait craindre qu'il ne Tût troublé par la déclaration ou la proclamation solennelle de ce dogme, comme si c’était une sorte d’étrange nouveauté. Au reste, disait-il en terminant, la sagesse du Vicaire de Jésus-Christ sur la terre appréciera ce qui convient à ce propos et ce que conseillent les circonstances présentes dans l’intérêt de l’Eglise universelle. Uni b mon clergé et b mon peuple, j’accepterai son jugement avec toute la déférence qui lui est due (1).