CXC. — COLOGNE (province rhénane
L’Église de Cologne a toujours cru b l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. On lit dans le Mandement du Cardinal Geissel, pour le carême de 1855 : « Nous aussi, nous partageons cette croyance, nous aussi, nous saluons cette définition (de l’immaculée Conception) avec l'adhésion la plus entière et la joie la plus vive. Notre chère Église de Cologne a un droit tout particulier de témoigner son allégresse. La croyance b l’immaculée Conception n’est pas pour elle une croyance nouvelle, mais un héritage venu des ancêtres. Dès les temps les plus reculés elle était l’objet de leur amour, et b toutes les époques ils la confessèrent avec prédilection. De temps immémorial, Cologne a célébré d’une manière spéciale la première apparition de l'Étoile du matin ; car, de temps immémorial, la fête de l'immaculée Conception est la fête patronale de tout le diocèse. L’Église de Cologne est donc tout spécialement sous la protection de la Vierge Immaculée. Aussi l’ancienne université de Cologne, si célèbre par son zèle pour la science divine, avait-elle décidé que tous ceux qu’elle recevrait en qualité de docteurs ou de maîtres en théologie devraient faire profession de foi au privilège de la Bienheureuse Vierge, et s’engager par serment a la défendre fidèlement jusqu’au dernier soupir (‘2). C’était
(1) Colocæ, die 11 oelobris 1851 : l'aurai, etc., vol. IX, app. Il, pag. 37.
(2) Statut de l’an 1409.
dans les mêmes sentiments que les membres du Chapitre métropolitain portaient autour de YÉtoile qui décorait leur poitrine l'image de la Vierge Immaculée avec cette légende : Virgo sine tube concepta (Vierge conçue sans tache) ; et nos vénérables frères, les membres du Chapitre de Cologne, qui portent encore aujourd’hui cette décoration, ont aussi dans le cœur la foi quelle exprime. Tout atteste donc de la façon la plus éclatante que notre diocèse a toujours conservé vivante la foi à la prérogative de la Sainte Vierge, qu’il n’a jamais cessé de la professer, qu’il la garde comme un précieux héritage, et qu’en ce point l’Église de Cologne se montre et s’est toujours montrée la fille fidèle de l’Église Mère et maîtresse, l'Église de Rome. »
L’Éminent Cardinal avait fait connaître au Saint-Père, par une lettre du 20 décembre 1853, l’empressement qu’il a mis h s’entendre avec ses suffragants pour la prescription des prières publiques h faire dans leurs diocèses respectifs, et que lui-méme a fait réciter dans son archidiocèse, h l’effet d'obtenir pour le Chef de l'Église les lumières de l’Esprit- Saint. Passant ensuite à l’exposé des sentiments de son clergé, il en indiquait et expliquait la divergence qui s’était produite, principalement sur l’opportunité d’une définition dogmatique relativement h l'immaculée Conception de la Saiule Vierge, ajoutant que tous les prêtres de son diocèse, qui se distinguent par leur piété et leur régularité, étaient animés envers l’immaculée Vierge, Mère de Dieu, d’une tendre dévotion qui leur faisait désirer religieusement de voir celte question décidée par le Saint-Siège Apostolique.
Quant au peuple, l'Ëminenl Prélat le représentait connue plein de foi et de vénération envers l’immaculée Conception, en faisant observer que cette croyance était ancienne daus son Église. En effet, de l’an 1492 à 1499, l’Académie de Cologne a exigé à plusieurs reprises, de ses membres, la croyance h l'immaculée Conception, sous peine d’exclusion ; et, en 1501 , elle lu professait publiquement et avec serment. La fête de la Conception est depuis des siècles la principale
fête patronale de cet archidiocèse, qui la célèbre sous le rit de première classe, avec octave. L’étoile d’or que les chanoines du Chapitre métropolitain portent, de temps immémorial sur leur poitrine, offre au revers l’image de Marie avec cette légende : Virgo sine labe concepta.
Le Cardinal terminait sa lettre en exprimant ainsi ses propres sentiments : « La piété qui convient a un tïls envers une Mère très-aimante et la fidélité avec laquelle je pense qu'il faut suivre les traces de nos ancêtres de Cologne me font un devoir de désirer vivement de voir défendu et affermi par l’autorité souveraine de l’Église ce même sentiment que j’ai eu dès mon enfance, que j'ai toujours conservé, h l’exclusion de tout autre, et que je liens pour vrai ; car il est impossible que cela ne contribue pas notablement à accroître la gloire de Dieu, le culte de la Bienheureuse Vierge Marie, la dévotion des fidèles, et à procurer le salut des âmes (1). »