CCCXLIV. - LUCQUES (toscane
Le chanoine Bertolozzi, Vicaire Capitulaire de l ’Église métropolitaine de Lucques : « Très-Saint Père, le sujet de mes larmes me fournit une occasion propice de répondre il Votre vénérable Encyclique du ‘2 février, relativement a l’immaculée Conception de la Vierge Marie. C’est une consolation pour moi de vous faire savoir comme une bonne nouvelle que tout le peuple de Lucques attend avec un profond sentiment religieux le moment où il apprendra que la Conception de Marie très-sainte sans la tache du péché originel est mise au nombre des dogmes de la foi. Le clergé tout entier a également exprimé sur ce point les plus airdenls désirs. De plus, me trouvant obligé, comme Ordinaire du diocèse, d’exprimer mon avis personnel, j’ai voulu consulter les professeurs de Théologie de cette ville, qui pensent que les arguments tirés de l’Écriture Sainte, du Concile de Trente et des sources communes, sans en excepter l’histoire, prouvent de la manière la plus certaine que la Vierge Marie a été tout à fait exempte de la faute originelle. Ces Théologiens concluent (et je m'unis étroitement à eux) que, de coucert avec le peuple, ils attendent avec une très-vive ardeur l’heureux jour où la Sainte Vierge recevra de la définition Apostolique ce dernier et magnifique ornement qui la distingue essentiellement et l’élève au-dessus de toutes les filles de Sion. J’ajouterai que j’y découvre la raison pour laquelle le Corps Immaculé de la Vierge Mère de Dieu a été transporté nu ciel par la main des Angesv sans avoir été soumis ù la dissolution (I). »
De son côté, le Chapitre métropolitain de la même ville écrivait au Saint-Père, en date du 5 octobre 1849 : « Très- Saint Père, le Chapitre de la Métropole de Lucques, qui s'est toujours fait un devoir d’acquiescer avec obéissance et véné-
(t) l.ucca , G ollobre 1849 : Puni, etc., vul. IV, paj. 37
ration h tous les désirs du Saint-Siège, considérant combien Votre Sainteté a à cœur de connaître les sentiments des catholiques et principalement du clergé, au sujet de la Conception de la Vierge Marie, a cru bien faire eu ne gardant pas le silence sur un point qui honore tant et qui fait paraitre plus belle à la face du monde catholique Celle qui est notre Mère commune et notre plus puissante Avocate.
Le Chapitre, après une exposition pleine de lucidité et de logique des principales preuves sur lesquelles repose la croyance à l’immaculée Conception, conclut en ces termes:
a La force des arguments qui viennent d’être reproduits parait si déterminante aux yeux du Chapitre métropolitain, qu’il se déclare partisan de la pieuse croyance, et qu’il a le ferme espoir, moyennant l’oracle de Votre Sainteté, de pouvoir la vénérer comme un dogme catholique. En adressant scs vœux à l’auteur de tout bien pour que bientôt arrive le jour désiré où le Saint-Siège romain, toujours guidé par les lumières de l’Esprit-Saint, définira solennellement l’importante question de l’immaculée Conception de Marie, le Chapitre susdit, humblement prosterné aux pieds de Votre Sainteté, implore instamment la Bénédiction Apostolique ^1). »