‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 240 sur 279 · CCCLXXV. - MENDE (fhakce · texte numérisé non relu

CCCLXXV. - MENDE (fhakce

En 1845, Claude-Jean-Joseph Bmjllet de la Bnumèhe, Évêque de Mende, écrivit au Pape Grégoire XVI, pour prier Sa Sainteté de définir comme dogme dè foi l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, ajoutant que tous applaudiraient a sa décision et s’écrieraient : Pierre a parlé par Grégoire, Petrus per Grerjomm locutus est (2).

Lorsque l’Encyclique du 2 février 184'J parut, le Siège de Mende était vacant. Alors les Vicaires capitulaires, MM. Comandré, Vidal et de Moré de Charaix, adressèrent au clergé et aux fidèles du diocèse un mandement pour prescrire des prières selon l’intention de Sa Sainteté. Or on lit dans ce mandement : « N. T. C. F., réjouissez-vous dans le Seigneur, je vous le dis encore, réjouissez-vous (Philip. 4). Un nouveau triomphe se prépare pour notre Mère, pour la Reine des cieux. À la lecture de l’Encyclique, monument de respect lilial de Pie IX pour la plus pure des Vierges, vos cœurs ont tressailli. Il nous est permis d’espérer que bientôt la conviction religieuse de tous les vrais catholiques, sur la Conception Immaculée de Marie, sera solennellement sanctionnée par la décision dogmatique de l’Église et deviendra un des articles de notre foi.

« Fous êtes toute rayonnante de beauté, et nulle tache n'en a souillé l’éclat (Gant. 4). Telles sont les paroles dictées par l’Espril-Saint , qu’on a toujours appliquées avec bonheur à l’auguste Mère du Fils de Dieu incarné (tour le salut du

(1) Mclpliiæ, poslr Kal. aprilis 1 8-10 : Pakzhi, etc , rot. IV, png. 48.

(2) Voyez Arr«

monde. Elle esl ce lis d’une purelé parfaite qui se montre nu milieu des épines, et qui attire le regard par le charme d’une blancheur inaltérable. Proclamée hautement Mère de Dieu par la voix de l’Église, sans aucune atteinte pour son héroïque et perpétuelle virginité, toujours elle a été regardée par la piété affectueuse des fidèles comme conçue sans péché ; et si quelques docteurs ont formulé des doutes, s’ils ont combattu ce sentiment sous le point de vue de la foi théologique, parce que l’Église ne s’était pas encore prononcée par une décision dogmatique, tous ont respecté cette pieuse croyance et ont reconnu avec effusion de cœur ses prérogatives au-dessus de toutes les autres créatures ( Eccli . 24). Oui, se sont-ils écriés h l'envi, en empruntant le langage de l'auteur sacré : Les filles de Sion ont accouru de toute part pour étaler les richesses dont le Seigneur les a dotées, mais l'éclat de votre grandeur, ô puissante Heine! effuce toute leur magnificence (Prov. 31|...

« Voyez comme dans les derniers temps la croyance sur la Conception Immaculée s’est fortifiée dans les cœurs; comme, de toute part, on a désiré d’être autorisé h reconnaître dans les prières tant particulières que publiques que Marie a été conçue sans aucune tache. Voyez comme Grégoire XVI, comme Tie IX, se sont empressés d’acquiescer aux suppliques qui leur ont été adressées par un grand nombre d’Evèques, organes de l’élan et des vœux qui se sont manifestés dans plusieurs diocèses! Vous le savez, N. T. C. F., au milieu de ce noble enthousiasme pour la Mère du Fils de Dieu, le diocèse de Mende n’a pu rester indifférent. Par la voix du Pontife que nous regrettons et qui nous a dotés de tant de bienfaits, nous avons obtenu l’insigne faveur de reconnaître, en public comme en particulier, sa Conception Immaculée. Qui oserait maintenant lui contester celle glorieuse prérogative ? Qui oserait soutenir que l’auteur de toute sainteté, en se revêtant de la nature humaine |>our expier nos crimes, a pu trouver, dans la lige qui l’a donué h la terre, quelque reste de la poussière produite par la corruption de notre origine ?

« il nous est donc agréable, N. T. C. F., de vous faire entendre aujourd’hui la voix du grand Pontife que l’adversité a pu éprouver, mais dont le courage a toujours été inébranlable. Du lieu de son exil, où il se montre si digne de sa sublime mission par sa sollicitude incessante pour le bien de l'Eglise, il a levé les yeux vers le ciel, il a invoqué celle dont le secours ne manque jamais h ses serviteurs au milieu des dangers. Le jour même où l’Église honore cette profonde humilité qui la conduit dans le temple du Seigneur pour se soumettre à une loi qui ne pouvait obliger son ineffable et originelle pureté, il a vu cette Vierge divine toute belle, toute resplendissante de l'éclat de ses chastes attraits, préparée avant tous les temps, dans les desseins de Dieu, pour écraser la tête du serpent. Alors, dans ses sublimes méditations, il a senti le besoin d'offrir un nouvel hommage à Marie, il a voulu mettre h l’abri de tout doute la pieuse croyance sur la Conception Immaculée de cette Reine bien-aimée. Il a pensé que ce témoignage solennel de son respect, sanctionné par le dogme de la foi, serait pour le monde affligé une source de bénédictions, que cette Étoile de la mer apaiserait les Ilots soulevés et ranimerait notre confiance. Plein de celle idée si digne de sa grande âme et de son éminente piété, il demande le concours des prières de l’univers catholique; car il veut agir avec maturité : il ne se prononcera, comme chef de l’Église, dans cette importante affaire, que lorsque les vœux des fidèles, exprimés avec la vivacité des sentiments de reconnaissance dus aux bienfaits de Marie, seront parvenus au pied de son trône (1 ). »

CCCLXXVI. — MER1DA (améhique méridionale).

Jean-Hilaire Boset, Évêque de Mcrida, croyait que l ame de la Bienheureuse Vierge Marie, dès le premier instant de sa création et de son union avec le corps, a été, par une grâce

(ij Mandrmoiil de MM Ica Vicaires Capitulaires de l'Église -Cathédrale de Mende, etc. ; donné à Mende le 8 mai 1840

— lie —

spéciale de Dieu, préservée de la tache du péché originel, en vertu des mérites de Jésus-Christ; et il désirait vivement que Sa Sainteté déclarât celte vérité comme article de foi, pour la gloire du Tout-Puissant, pour l’honneur de la Mère de Dieu et l’utilité de l’Église catholique. C’était aussi le vœu de l'université de Merida, du clergé et de tous les fidèles du diocèse, qui réclamaient avec instance, en faveur de l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, celte définition publique, ce jugement solennel du Siège Apostolique, qui est la pierre et le fondement de l’Église, le centre de la foi catholique, ki vérité infaillible, alin que désormais l'on crût de cœur et que l’on professât comme dogme de foi ce qu’on a cru jusqu’alors d'esprit et par un sentiment de piété.

Du reste, comme le rapporte l’Évêque, l’immaculée Conception de la Vierge Marie est reconnue et vénérée comme patronne de toute l’Amérique ; et dans le diocèse de Merida comme dans les diocèses du royaume des Espagnes, les enfants apprennent de leurs parents a répéter, dans leurs prières du matin et du soir, ce que les prédicateurs de la parole de Dieu répètent eux-mèmes avant de commencer leur sermon; savoir ; « Bénie et louée soit la Très-Sainte Trinité; béni et loué soit le Très-Saint Sacrement de l’autel; bénie et louée soit l’immaculée Conception de la Vierge Marie Notre-Dame,' conçue en grâce dès le premier instant de son existence (1).»

CCGLXXV1I. — METZ (France).

Paul-Georges-Marie Du Pont des Loges, Évêque de Metï, est du nombre des cinquante et un Prélats français qui, en

(1) llinc, Snnclissimc Pater, Clcri, lnijusce Univcrsitalis omniumqtic fidclium vehemens sludium, ul qtunlocius publica decisio solemneque judicium pronunlieiur, quo SancU Sedes Aposlolici, utpote pclni cl fundamcntiim Ecclesise, callmlics fidei unitatis cenlrum infallibilisquc verilas procédai et dcclarcl Bcalissiiium Virgincm Mariain fuisse al> originnli labe præscrvaUm, il» ut deinccps non solutn mcnle et altcclu, aed cl iam corde tredamus et profilcamur hoc opporlunissimunv fidei dograa. Emeiitte, die 13 julii ann. 1830 : P au edi. clc., vol .111, png. 185

1843, écrivirent au Pape Grégoire XVI, pour le prier de définir, comme dogme de foi, la croyance généralement reçue dans lTglise touchant l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Ces Évêques ajoutaient que tout le peuple chrétien applaudirait à cette définition, en s’écriant : Pierre a parlé par Grégoire, Petrus per Greyorium lucutus est (1).

L’Encyclique de notre Saint-Père le Pape Pie IX, du 2 février 1849, ayant paru, ce Prélat, rappelant la lettre qu’il avait adressée à Grégoire XVI, renouvela sa demande en priant Sa Sainteté de déclarer enfin, par un jugement solennel, que la Conception de la glorieuse Vierge Marie a été absolument Immaculée et entièrement exempte de toute tache du péché originel. Il rappelait aussi qu’il avait déjà obtenu du Siège Apostolique la faculté d'ajouter dans la Préface de la Messe le mot Immaculata au mot Conceplione, et d’insérer dans lesLitaniesde Lorette l’invocation Reine conçue sans péché, i iriez pour nous. Puis, après avoir rendu témoignage de la croyance et de la piété de son clergé et du peuple fidèle de son diocèse envers l’immaculée Conception de Marie, s’appuyant sur l’enseignement des Saints Pères et l’autorité des Souverains Pontifes, il finit sa lettre en disant que ses vœux et les vœux les plus ardents de son troupeau tendaient à obtenir du ciel que Sa Sainteté pût achever au plus tôt l’œuvre dont elle s’occupait, à l'applaudissement du monde catholique, depuis le commencement de son laborieux apostolat, et réjouir par un jugement solennel la cité de Dieu, l’Église militante, au milieu des orages et des tempêtes i2).

CCCLXXV1II. — MEXICO (Amérique).

Joseph-Marie Baiibiehtos, Vicaire capitulaire de l'Eglise métropolitaine de Mexico, écrivait au Souverain Pontife, au sujet de l’Encyclique du 2 février 1849, que l’immaculée

(t) Voyez A«ius.

12) Métis, die 8 «prilis 2849 : Pjrciii, etc., vol. I, pag. Gl.

Conception de la Vierge Mère de Dieu était en honneur et en grande vénération dans tout le diocèse; que l’université, le séminaire, les Ordres religieux, le clergé tout entier, professaient que la Bienheureuse Vierge Marie a été entièrement exemple de toute tache du péché origiuel dès le premier moment de sa Conception; que personne ne pouvait être admis, ni aux grades académiques, ni à l’enseignement dans le séminaire, qu’il n’eût promis par serment de professer et de défendre la très-pure Conception de l'Auguste Mère de Dieu. Quant h ce qui regarde le peuple Mexicain, il attestait qu’il eiU été très-difficile de trouver quelque peuple qui put surpasser et même égaler les fidèles du Mexique en piété et en ferveur envers la Conception sans tache de la Vierge Marie. «Aussi, ajoutait-il, je ne doute nullement que ce peuple ne désire souverainement et n’appelle de tous ses vœux une décision qui élève la très-pieuse croyance de l’immaculée Conception de la Vierge trois fois sainte au rang des dogmes de la foi. » C’est ce que demandait lui-même le Vicaire capitulaire de Mexico (i).

CCCLXXIX. — MILAN ( LOMBARDIE ).

BarlhélemyRoMiLi.i, Archevêquedc Milan, et les Évêques de la province, étant réunis à Gropello, en 1849, écrivirent au Pape, en réponse a l'Encyclique du 2 février de la même année, attestant que le clergé et le peuple de cette province montraient une tendre et sincère dévotion envers l'immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie. Ces Prélats, il est vrai, n’osèrent, h raison de la difficulté des temps, se prononcer sur l’opportunité d'une défini lion dogmatique; mais ils déclaraient aussitôt s’en rapporter entièrement au jugement du Saint-Siège et à la promesse qui lui a été faite par Jésus-Christ d’une assistance spéciale du Saint-Esprit ^2).

Quelques jours après, comme il nous l’apprend lui-même,

(1) Datum i! ci ici, IV Idtisjulii 1849: Pauem, etc., vol. IV, pag. 51.

(2) Gropello, pris de Milan, le 24 mai 1849 : Paiiebi, clc., vol. I, pag. 222.

tailla» nom des Évêques de la province qu’en son propre nom, M. Romilli écrivit au Saint-Père une autre lettre, dans laquelle il se déclarait plus ouvertement pour l’opportunité d’une définition dogmatique, touchant l'immaculée Conception de la Vierge Marie. Arrivé h Rome pour la solennité de la proclamation de celte glorieuse prérogative de la Mère de Dieu, voyant que la seconde lettre ne se trouvait point dans le Recueil des Pareri ilell' Episcopalo caltolico, il en adressa une troisième h Sa Sainteté, pour la prier de définir, par un oracle infaillible, que la Conception de la Très-Glorieuse Vierge Marie a été, par une exception toute particulière, absolument exempte de la tache originelle, et de mettre celte vérité au nombre des dogmes de la foi catholique. Il ajoutait qu'il était h sa connaissance que tous les Evêques de la province de Milan pensaient comme lui, et qu’ils désiraient tous ardemment, comme il le désirait lui-même, que l'immaculée Conception de Marie fût définie comme article de foi, pour la plus grande gloire de Dieu et de la très-sainte Mère de Dieu, pour l'accroissement de la foi et de la piété chrétiennes, pour le bien de toute l’Eglise. Enfin, au rapport de ce Prélat, dont le lémoigage a été confirmé par celui de l’Évêque de Lodi, qui a signé la lettre de son métropolitain, tous les Évêques de la province de Milan étaient pleinement d’accord, tant pour la définibilité de la Conception sans tache de la Très- Sainte Vierge que pour l’opportunité d’une définition dogmatique (1).

.Nous ferons remarquer que la Liturgie ambrosienne contient un témoignage formel de la croyance de l'Église de Milan, touchant l’immaculée Conception de la Mère de Dieu. On lit dans le Missel de celle Eglise, des années 1692 et 1712, à l’Introït de la Messe: «Réjouissons-nous tous « dans le Seigneur, en célébrant celte fête h l'honneur de la « Bienheureuse Vierge Marie; les Anges se réjouissent de « son Immaculée Conception, et en louent le Fils de Dieu (2). »

^1) Romæ, die 8 nov. 1854 : Pareri, etc., vol. IX, app. II.

(2) Lætemur omnes in Domino, dicm festuin célébrantes ob honorem ticatæ Ma-

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