CDXXV. OPP1DO ( ROYAUME DE NAPLES
Le diocèse d’Oppido n'avait pas d'autres sentiments que les autres Églises du royaume de Naples, touchant l'immaculée Conception de la Mère de Dieu. Aussi, en 1848 et 1849, François-Marie Capola, Évêque de cette ville, priait avec instance notre Saint-Père le Pape d'exaucer les vœux de tous les fidèles, en déclarant comme dogme de foi que, par un privilège spécial de Dieu, l’âme de la Bienheureuse Vierge Marie a été préservée de la tache originelle dans le premier instant de sa création. Il avait déjà obtenu du Pape Crégoire XVI la faculté d’honorer publiquement , d’une manière expresse, l'immaculée Conception dans la Préface de la Messe, eld’invoquer Marie, dans les Litanies de Lorette, sous le titre de Reine conçue sans lâche (2).
CDXXVI. — ORANGE (france).
En 1457, Jean Pater, Évêque d’Orange, dont le siège a été supprimé, a souscrit les actes du Concile d’Avignon, qui avait été convoqué par le Cardinal De Foix , Archevêque d'Arles. Or, ce Concile a ordonné qu’on observât inviolablement le décret du Concile de Bâle, qui s’est prononcé formellement en faveur de l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie (3).
CDXXVII. — ORENSE (espagsb).
Pierre Zarandia , Évêque d’Orense, ayant reçu avec la plus
(1) Vicon», die 14 januarü 1850 : Paif-hi, elc., vol. III, pag. 228.
(2) Oppilen., Nonis nov. 1848: Parxhi, elc., vol. IX, pag. 183; et vol. I, pag. 104.
(3) Voyez Avignon.
grande vénération l’Encyclique de notre Saint-Père le Pape, qu'il appelle le Pasteur des pasteurs de l’Église, Pastorum Ecclesix Pastor , rendit à Sa Sainteté le plus beau témoignage des sentiments de son clergé, tant régulier que séculier, et du peuple fidèle envers l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. 11 dit que dans l’Église d’Orensc, dans les paroisses et collégiales de son diocèse, comme dans toute l’Espagne, on ne pouvait obtenir aucun titre, aucune dignité, aucune prébende, ni aucun grade académique dans les universités, sans avoir préalablement fait le serment de défendre le mystère de la Conception sans tache de la Mère de Dieu. Aussi, unissant ses vœux et ses désirs aux vœux et aux désirs du clergé et du peuple confié à ses soins, il demandait instamment que le Souverain Pontife, juge suprême de la doctrine révélée, définit solennellement que la Vierge Marie a été conçue sans la tache du péché originel, dès le commencement de son existence : « Ut summus Pontifcx suit premus revelatæ doctrinæ judex solemniter deliniat Virgi- « nem Mariam fuisse ab initio absque originalis peccati labe « Conceptam (1).»
Ces sentiments de l’Église d’Orense ne sont point nouveaux. En 1714, Marcelin, l’un des prédécesseurs de 51. Zarandia, sollicitait vivement du Saint-Siège une définition dogmatique en faveur de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Après avoir parlé, dans sa lettre au Pape Clément XI, de la très-pieuse et très-affectueuse dévotion des Espagnols envers la très-sainte Conception de la Mère de Dieu, il exprimait le désir ardent de l’exaltation de ce mystère, afin, disait-il, de pouvoir le professer avec les autres articles de la foi ; et, se prosternant aux pieds de Sa Sainteté, il la suppliait de déclarer au peuple chrétien, par une sentence définitive, que la 51ère de Dieu a été vraiment et absolument sainte dans sa Conception; ajoutant que rien ne pouvait retarder celle déclaration, vu que, d’après les
(1) In Civilate Auriensi, die 3 junii 1849 : Pxberi, etc., vol. I, pag. 260.
actes et les constitutions de tant de Souverains Pontifes, on ne pouvait plus douter que ce mystère ne fût dans l’état d’une prochaine définibilité (1).
Le Chapitre de la cathédrale d’Orense écrivit lui-même au Pape, pour le prier de définir l’immaculée Conception de la Mère de Dieu. Sa lettre est du 17 février 1714 (2).
CDXXVI1I . — ORIHUELA ( Espagne ).
Félix Hehero-Valverde , Évêque d’Orihuela, répondant h l’Encyclique du 2 février 1849, attestait à Sa Sainteté que tout le clergé et tout le peuple de son diocèse avaient une trèsgrande dévotion envers la Conception sans tache de la Bienheureuse Vierge .Marie, qu’ils honorent sous le titre même de l’immaculée Conception, comme Patronne du royaume des Espagnes. C’étaient aussi les sentiments de l’Évêque, qui désirait, qui demandait même avec instance h Sa Sainteté, quelle définit, comme dogme de foi, que la Bienheureuse Mère de Dieu a été conçue sans la tache originelle ; affirmant que cette définition serait conforme aux vœux de tous (3).
CDXXIX. — ORISTANO ou ÛlUSTACNl (sahdaigne).
Jean Saba, Archevêque d’Orislano, avait la même croyance que les autres Évêques de Sardaigne, touchant l'immaculée Conception de Marie, et il ne désirait pas moins vivement que cette glorieuse prérogative de la Mère de Dieu fût proclamée comme dogme de foi. Après avoir exprimé h Sa Sainteté toute la joie que lui avait causée l’Encyclique qui lui faisait espérer cette définition, il parle dans sa lettre, qui est du
(1) Auriæ, die 3martii ann. 1714: Pareri, etc., vol. VIII, pag. 497.
(2) Orensc, à 17 fehrero 1714:Parebi, clc., ibid., pag. 547.
(3) lloc unuQi desiderium meum est, hæc (irma expcctatio, et Saoctilatem Vcstram etiam atquc etiam humiliter rogo, ut quamprimum ficri possit Immaculatam Conceptionem ut dograa iidei definias. Oro/ï», 2 juin 1849.
8 septembre 1849, de la croyance du clergé et du peuple (idole de son diocèse, comme tenant de temps immémorial à la Conception sans tache de la Vierge Marie. Il avait reconnu, disait-il, que tous ses diocésains professaient la très-pure Conception de la Très-Sainte Vierge exempte de toute souillure originelle dès le premier instant physique de son existence. Aussi, le désir de tous était que l'Eglise déclarât solennellement, comme article de foi, que la Mère de Dieu a été conçue sans avoir contracté la tache que contractent les autres descendants d'Adam (I).
CDXXX. — ORLÉANS (frjuice).
Félix-Antoine-Philibert üupakloup, Évêque d’Orléans, répondant â l’Encyclique du 2 février 1849, écrivait au Souverain Pontife : i° Que le clergé et le peuple lidèle de son diocèse, d’accord avec toutes les Eglises du monde catholique, tenait lermemenl et professait que la Bienheureuse Vierge Marie a été conçue saus aucune tache du péché originel ; 2° que celte très-pieuse croyance était de notoriété publique, qu’elle se manifestait au grand jour, par la dévotion particulière avec laquelle on célébrait la fête de la Conception de la Vierge Marie; par un grand nombre de confréries érigées sous le titre de l’immaculée Conception ; par les médailles et les images sans nombre que l'on trouvait partout à l'honneur de ilarie conçue sans lâche; par la profession que tous les prêtres faisaient de cette prérogative, depuis que, en vertu d'un Induit Apostolique, ils ajoutaient le mol Immaculata au mot Conceptione dans la Préface de la Messe de la Conception ; 5° que tous les fidèles étaient tellement persuadés que la doctrine qui exempte la Bienheureuse Vierge de toute tache du péché originel était le sentiment commun de l'Eglise universelle,
(I) Ex uno iuiquc codemquc vote, et commune desiderium explebit solctnuis Ecclesiæ deelaralio, qua insacro inystcriorum thesauro sibi concrcdito hoc conlineri pronuntiet certa iidc credendum: beiparam Virgincm Mariant sine macula originali conceptam. Curati , die Steptembris 1840; Pauebi, clC.,vol. II, pag. 78.
que si quelqu’un avait eu la témérité de révoquer en doute ce privilège de Marie, il aurait scandalisé les pieux fidèles et rendu sa foi très-suspecte; 4° que cette persuasion générale touclianl l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie contenait implicitement et éminemment le vœu qu’une chose crue partout, précitée partout comme doctrine catholique, fût décrétée solennellement par l’autorité de l’Église et du Siège Apostolique.
Ce Prélat déclarait en outre que la croyance et les sentiments du peuple d'Orléans, sur l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, étaient la croyance et les sentiments de l’Évêque; ajoutant qu’il verrait avec bonheur que, dans les jours mauvais où nous vivons, la gloire de la très-pure Marie et la pieuse dévotion des fidèles reçussent de l’accroissement par un oracle solennel du Siège Apostolique (1).
Les sentiments de M. Dupanloup se trouvent développés dans son Mandement, du 22 juillet 1850, pour la publication de l’Encyclique du 2 février 1849. Après avoir rapporté le texte des Lettres Apostoliques, il s’exprimait en ces termes: «Vous voyez, N. T. C. F., quel est le doux et saint objet qui occupait, dans son exil, et qui occupe aujourd’hui la grande âme du Vicaire de Jésus-Christ. Ce privilège glorieux, unique, incomparable, mais en même temps si naturel et si simple dans la Mère de Dieu ; ce privilège, si conforme aux révélations des saintes Écritures, transmis d’âge en âge par la Tradition, attesté par les fêles et la Liturgie catholique, établi par l’enseignement des Théologiens et des Pasteurs, est de fait, vous le savez, la pieuse et universelle croyance de l’Église ; et une croyance si chère à tous les cœurs, qu’on peut dire avec vérité que. si l’immaculée Conception de Marie n’était pas un dogme de foi, les fidèles en avaient fait depuis longtemps un dogme d’aniour. Eh bien, N. T. C. F. , c’est ce grand et beau privilège de notre Mère qu’il est aujourd’hui question de définir comme doctrine de l'Église ca-
(1) Orléans, 20 juin 1850 ; Paferi, etc., vol. III, pag. 205.
tholique : el notre saint et hien-aimé Pontife Pie IX se demande s’il n'est pas temps enlin de donner aux enfants de Marie la consolation de voir décerner par l’Église et le Saint- Siège Apostolique, à cette Vierge très-sainte, ce titre glorieux que la piété générale des fidèles désire si ardemment entendre attribuer a cette même Vierge, par le jugement solennel de l’Église et du Saint-Siège.
« Nous pourrons, N. T. G. F., rendre au Père commun des fidèles un bon et consolant témoignage sur la dévotion du diocèse d'Orléans envers la Très-Sainte Vierge ; nous pourrons lui attester le pieux et inébranlable attachement de vos esprits et de vos cœurs pour tous les privilèges que le sentiment commun de l’Église reconnaît à cette incomparable Reine du ciel, et spécialement pour le privilège de son Immaculée Conception ; pour cette belle et sainte doctrine, pour celte louchante et glorieuse croyance, que la piété éclairée par la foi admet aussi facilement, aussi heureusement qu'un œil sain donne entrée à la pure lumière du jour.
« Et quant à nous, N. T. C. F. , comment pourrions-nous ne pas saisir cette précieuse occasion, pour consigner dans ces pages et pour faire entendre du haut de toutes les chaires de ce grand diocèse la publique et solennelle protestation de dévotion envers Marie, et la haute profession que nous avons toujours faite et que nous aimons à renouveler ici, de croire du fond de notre âme à toutes les grâces, à tous les dons, à toutes les prérogatives de la Sainte Mère de Dieu, et surtout au privilège incomparable et si cher h son cœur, de sa trèspure et très-immaculée Conception. Nous aussi, N. T. C. F. , s’il nous était permis d’emprunter les paroles de notre Saint- Père le Pape, nous pourrions dire que de bonne heure nous n'avons rien eu plus à cœur que d'Iionorer la Bienheureuse Vierye Marie du dévouement le plus intime de notre cœur.
« Est-il besoin de vous dire après cela, N. T. G. F., que nous croyons de toute la certitude de notre esprit, que nous adhérons du fond de nos entrailles à la doctrine de l'immaculée Conception de la Très-Sainte Vierge? Oui, nous croyons
que Marie a élé conçue sans la lâche du péché originel, et, Dieu aidant noire faiblesse, nous donnerions avec joie notre vie pour allester cette sainte vérité il). »
CDXXXI. — ORVIETO i états pontificaux i.
Joseph-Marie Vespignaki, Évêque d’Orvieto, est un des Prélats qui, étant réunis h Spolète, écrivirent au Pape, sous la date du 21 novembre 1849, pour le prier de décréter dogmatiquement, par un jugement solennel, que la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, a été conçue sans la tache originelle (2).
Un mois après il renouvela cette demande, tant en son nom qu’au nom de tout le clergé et de tout le peuple de son diocèse, qui. comme il l'atteste lui-méme, désirait vivement que la Vierge Marie fût décorée, par le jugement infaillible du Siège Apostolique, du titre insigne d’immaculée dans sa Conception, litre sous lequel elle était déjà saluée et honorée par presque tout l’univers. La dévotion de tous les fidèles envers l’immaculée Conception de la Mère de Dieu avait pris de tels accroissements dans ces derniers temps, qu’il pensait que le Saint-Siège pouvait enfin, sans aucun danger, définir cette pieuse croyance comme doctrine de l'Église catholique. « Qu’il paraisse donc, disait-il en s'adressant au Saint-Père, qu’il paraisse, par un acte de votre volonté, ce jour si désiré où nos vœux seront exaucés; que Dieu me donne, je l’en prie, de voir et de saluer cet heureux jour avec toute l’affection de mon cœur ; alors je serai content, et son serviteur pourra mourir en paix (."). »
(1) PxntRi, etc , vol. VII, pag. 309.
(2) Voyez Spolète.
(3) Lucescat igitur, Bealissime Pater, ac per te lucescat tam jucunda, Unique exoptata (lies ; me, prccor, servet Dcus ad eam videndam, alquc intimo cordis affeclu saluUndam, dein vero servum suum dimitUl in pacc. Urbeveleri, die 22 decembria 1849 : Pareai, etc., vol. II, pag. 579.
CDXXXII. — OSIMO et GINGOLI (états pontificaux).
Le Cardinal Soglia, Evêque d'Osimo el de Cingoli, est du nombre des Cardinaux, Archevêques el Évêques, qui, étant réunis à Loretle, au mois de mars 1850, adressèrent une Lettre collective h notre Saint-Père le Pape, pour lui exprimer le vif désir qu’il fût décrété par Sa Sainteté, comme doctrine catholique de la sainte Église, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été entièrement exempte de toute tache du péché originel ; ajoutant que rien ne pouvait s’opposer à ce décret, qui a son fondement dans l’Écriture, dans la tradition des Pères, et dans la croyance générale el pratique de l’Église (1).
CDXXXIII. — OSMA (ESPAGNE)
En 1840, Grégoire Sanchez, Evêque d’Osma, le clergé et le peuple de ce diocèse, animés des mêmes sentiments que la catholique Espagne envers la Vierge Marie, conçue sans tache, désiraient ardemment que la doctrine de l’immaculée Conception fût définie solennellement par le Siège Apostolique comme dogme de foi. Au rapport de l’Évêque, celte croyance était si profondément gravée dans le cœur des simples fidèles, que, si quelqu’un avait eu la témérité d’avancer quelque chose de contraire, ils l’eussent regardé comme un impie (2).
La croyance du diocèse d’Osma, touchant l’immaculée Conception de la Vierge Marie, ne date pas de la publication de l’Encyclique du 2 février 1849. Elle n’était alors ni plus vive ni plus générale que dans les siècles précédents. En 1714, Andres, Evêque d’Osma, s’associant au vœu et au désir de toute la nation espagnole, pour l’exaltation de la glorieuse Mère de Dieu, sollicitait du Saint-Siège la définition dogma-
(1) Voyez Fermo.
(2) Üxamæ, V Kal. julii 1849: Pareri, etc., vol. I, pag. 351.
tique du mystère de son Immaculée Conception. 11 demandait que ce mystère fût déclaré article de foi (1).
Le Chapitre de l'Eglise d'Osma lit la même demande au Pape Clément XI : sa lettre est du 8 mars 1714 (2).
CDXXXIV — OSSORY (irlande ).
L’Évêque d’Ossory, assistant au Concile de Tlimlcs, en 1850, a souscrit la lettre synodale par laquelle les Évêques d’Irlande priaient le Souverain Pontife de définir, par un décret dogmatique et infaillible de la Chaire suprême du Prince des Apôtres, que la bienheureuse Vierge Mère de Dieu a été conçue sans aucune tache du péché originel ; ut doymatico et infallibili decreto Bealissimam Viryinem Dei Genitricem absque ulla peccati oritjinalis labe fuisse Conceptam de fini a s (5).
CDXXXV. — 0ST1E et VELLETRI (états pontificaux).
Le Cardinal Macchi, doyen du Sacré Collège, Évêque d’Ostie et de Velletri, se trouvait auprès de notre Saint-Père, it Gaëte, lorsque Sa Sainteté a publié son Encyclique du 2 février 184d. Il lui exprima d'abord de vive voix ses propres sentiments touchant l'immaculée Conception de la Vierge Marie, et l'opportunité d’une détinition dogmatique sur celte pieuse croyance. De retour à Rome, et sa santé, qui avait beaucoup souffert en exil, étant rétablie, il répondit à l’Encyclique par une lettre du 2i) novembre 1851. S'appuyant sur les saintes Ecritures et l'autorité de la Tradition, sur la Liturgie et les Constitutions des Souverains Pontifes, [sur la croyance et les pratiques de l’Église, il priait Sa Sainteté, de la manière la plus pressante, de définir, aussitôt qu’elle le jugerait ’a propos, comme doctrine de l’Eglise catholique, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été absolu-
(1) Burgo de Osrm, y marso 8 «le 1714 : Pahem, elc., vol. VIII, pag. 501.
(2) Osma, marso 8 de 1714: Parem, etc., ibid., pag. 556.
(3) Voyez Armagh.
ment Immaculée et entièrement exempte de toute tache du péché originel. L'Éminent Cardinal ajoutait que ces sentiments lui étaient communs avec le clergé et tout le troupeau confié à ses soins (I).
CDXXXVI. — OTRANTE (royaume de naples).
L’Église d’Otrante ne pensait pas autrement que les autres Églises du Royaume de Naples, au sujet de l’immaculée Conception de la Vierge Marie. Si l’Archevêque de celle ville, M. Grakde, ne s’est point déclaré formellement pour la définition dogmatique de cette glorieuse prérogative de la Mère de Dieu, c'était uniquement, comme il ledit lui-même dans sa réponse a l'Encyclique, parce qu’elle était admise sans contestation aucune par tous les catholiques, et que la fin principale de cette définition existait déjà, puisque la dévotion envers Marie conçue sans péché était telle dans toutes les parties du monde, qu’elle ne paraissait pas avoir besoin de nouveaux accroissements. Aussi convenait-il que les motifs sur lesquels s’appuie le privilège de l’immaculée Conception de la Sainte Vierge étaient assez graves pour porter tout catholique a le croire comme s’il eût été de foi, ou h reconnaître qu'il pohvait être déclaré comme dogme de foi. II pensait, il est vrai, que, si on jugeait h propos d’en venir à cette déclaration, il eût été plus prudent de s’en tenir a une définition indirecte ; mais parce qu’il se déliait de sa prudence, il ajoutait aussitôt qu’il soumettait humb’ement son sentiment à l'autorité etau jugement infaillible du Vicaire de Jésus-Christ; hxc omnia Beatitudinis Tuæ auctoritali ac infallibili juditio humiliter submitto \2).
(1) Ueatissime Pater, rogabo Te et ego perquam vehementer, ut, cum id opporlumun Tua sapienlia judicaveria, quæstionem tolam dtrimas, atque aucloritat<\ qua divinitus polies, ddinias veluti cnlliol'iuc Kcclcsæ dot (rinum Ueali simæ Virginia Mariæ Conceptum Immaculatum omnino fuisse, atque ab omni proi sus origmalis culpas labe inununem. Rom* , die 29 voo. 1851 : Pareui, etc., vol. VU, app., pag. CXLVll.
l‘2) Naples, le 12 novembre 1849 : I'areri, etc., vol. II, pag. 364.
CDXXXVII. — OVIEDO (espac.se).
Quand l'Encyclique du ‘2 février 1849 parut, le culte de l'immaculée Conception de la Vierge Marie était déjà, depuis * bien longtemps, en honneur dans le diocèse d’Oviedo. Au rapport de M. Diaz-Caneja, Évêque de cette ville, le peuple fidèle rivalisait de zèle avec le clergé pour célébrer la fête de la Conception sans tache de la Mère de Dieu ; tous les fidèles de l'un et l'autre sexe, sansdislinclion d’âge, n’avaient qu’une voix pour louer son Immaculée Conception ; et ils eussent été grandement scandalisés de la manifestation du moindre doute touchant celle insigne prérogative. C’élaieut, disait ce Prélat, les sentiments de toule l’Espagne et du monde catholique. Aussi attendait il une définition du Siège Apostolique, espérant qu’elle serait très-agréable à Dieu (I).
CDXXXV111. — PAÜERBORN (westphalie).
L’Evéque de Paderborn, François Dbepped, répondit à l'Encyclique du 2 février 1849, en assurant Sa Sainteté que le clergé et le peuple de son diocèse étaient attachés de cœur à la croyance qui exempte la Bienheureuse Vierge'Marie de toute tache du péché originel ; qu’ils honoraient son Immaculée Conception, et l’invoquaient sous ce titre avec la plus grande dévotion. Il ajoutait que. s’il plaisait à Sa Sainteté de définir cette pieuse croyance comme doctrine de l’Eglise, la déclaration dogmatique de la Conception sans tache de la Mère de Dieu serait reçue avec allégresse par ses prêtres et ceux de ses diocésains qui pratiquaient sincèrement la religion.
L'Evêque avait la même croyance; et, comme il le dit luimême, il n’avait jamais douté que l’Eglise pût déclarer dogmatiquement que la Très-Sainte Mère de Dieu, l’immaculée Vierge Marie, a été conçue sans la tache originelle.
(1) Ut obedien9 Sertis Apostolicæ filius ejus delinilionem expecto, quant J) eu fore gratissimam spero. die 18 oc/. 1849 : Parmi, etc., roi. Il, png. 228.
Cependant, tu la difficulté des temps et le mauvais esprit des protestants qui sont en grand nombre dans son diocèse, il n’osa pas se déclarer pour l’opportunité d’une définition dogmatique ; il lui semblait même, tout considéré, qu’on devait, non pas renoncer à celte définition, mais la différer jusqu’à ce que l’Allemagne fût plus tranquille, et que l'Église * elle-même pût jouir de sa liberté. Mais, sur cette question comme sur toute autre question de ce genre, il s’en rapportait à la prudence et à la sagesse du Souverain Pontife, déclarant à Sa Sainteté que. si elle jugeait à propos de définir l’immaculée Conception de la Vierge Marie, il recevrait trèsvolontiers et avec respect cette définition quelle qu’elle fût, comme étant l’expression de la parole de Dieu ; lubenlissimo anima debitaque submissione tanquam dei effatum accipiam (i).
Déjà, en 1844, Richard, le prédécesseur de M. Drepper, avait sollicité et obtenu du Pape la faculté d’ajouter le mot lmmaculata au mol Conceptione dans la Préface de la Messe, et d'insérer dans les Litanies de Lorelte l’invocation : Reine conçue sans péché, priez pour nous (2).
Enfin, depuis plusieurs siècles, la fête de l’immaculée Conception se célèbre solennellement dans le diocèse de Paderborn .
Baudouin, Évêque de cette ville, prescrivit, en 1345, qu’on la célébrât sous un rit solennel ; et, à son exemple, sept ans après, Louis. Évêque de Munster, ordonna la même solennité pour la fête de la Vierge conçue sans la tache originelle, festum Virginie sine labe concept » (2).
CDXXXIX. — PADOUE (royaume lombard-vénitien).
Lettre adressée au Saint-Siège, en date du 2 décembre 1849, par Modeste Farina, Évêque de Padoue : « J’ai reçu, le 19 juin dernier, la Lettre Encyclique de Sa Sainteté Pie IX, datée de Gaëte le 2 février de celte année. Je me suis em-
(1) Paderborn, le 12 juillet 1850 : Pareri, etc., vol. III, png. 181 .
(2) Schatenus, Ann. Paderbonen*. ad annutn 1543; Scbannai et Hartzheim, Coticilia Germanise, tom. IV, pag. 314.
pressé d’écrire à ce sujet une circulaire au clergé tant séculier que régulier de mon vaste diocèse. J’ai recueilli avec bonheur tous les suffrages du Chapitre de ma cathédrale, de tous les Vicaires forains, au nombre de trente-deux, des Curés, du monastère des Bénédictins, du couvent des Mineurs- Convcnîuels, des deux couvents des Capucins et de celui des Fate-bene-fraleUi. Tous croient unanimement à l’immaculée Conception de la Vierge Marie et désirent réciter l’Office que le Souverain Pontife vient d’accorder au clergé de Rome. Je considère comme inutile de répéter ce que divers Théologiens ont écrit et publié avec autant de vérité que de science. Je me borne à exprimer le vif désir qui m'est commun avec mon clergé, de voir ce que le Concileœcuménique de Trente a sagement pensé, généralement tenu pourdogme, avec l’assentiment unanime de toute l'Église, avec l’adjonction au Bréviaire de la concession pontificale faite au clergé de Rome (1 ). »
CDXL. — PALENCIA (espaghe).
Charles Laboroa, Évêque de Palencia, s’empressa de répondre à l'Encyclique de Sa Sainteté du 2 février 1849, par une lettre du 20 avril de la même année. Il dit dans cette lettre que la dévotion de son clergé et de son peuple envers l'immaculée Conception de la Vierge Marie était universelle et très-fervente, et que tous ses diocésains désiraient très-vivement que le Saint-Siège décrétât que cette Bienheureuse Vierge a été conçue sans péché ; car, ajoutaitil, la très-sainte Vierge Marie est, sous le litre même de l’immaculée Conception, la Patronne des Espagnes; cette dévotion est proverbiale, perpétuelle et comme innée parmi les Espagnols, ainsi que l’attestait Charles III dans la lettre par laquelle il priait le pape Clément XIII d’approuver que Marie fût honorée comme Patronne du royaume.
L’Évêque de Palencia n'avait pas d’autres sentiments sur
(1) Ptdouc, le 2 décembre 18*9: Pamu, etc., yoI. Il, psg. 407.
la Conception sans tache de la Mère de Dieu. En effet, il exprimait formellement le désir très-ardent que celle vérité, savoir, que la très-sainte Vierge Marie a été conçue sans la lâche du péché originel, fût déclarée dogme de foi par le Siège Apostolique (1).
CDXLI. — PAMIERS (fhamce).
L'Église de Pamiers croyait aussi , comme les autres Églises, que la Vierge Marie a été conçue sans aucune tache du péché originel. Le Bréviaire imprimé h l’usage de ce diocèse, en 1781 , par l’ordre de Henri-Caston de Levis, Évêque de Pamiers, contient, pour l’Office de la Conception, l’oraison suivante, qui est une profession publique de l’immaculée Conception de Marie : « Dieu, qui, pour l'honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, avez préservé sa Bienheureuse et Immaculée Mère la Vierge Marie de toute tache du péché, nous vous prions de nous purifier par votre grâce de toute iniquité, nous qui célébrons sa très-jwre Conception. » L’office tout entier est rédigé dans l’Esprit de l’Église, qui, en honorant la Conception de la Vierge Marie, a toujours honoré la Mère de Dieu comme exempte de la tache du péché originel.
CDXL1I. — PAMPELUNE (espagne).
Dans le diocèse de Pampelune, comme dans les autres diocèses du royaume d'Espagne, on a constamment montré, de temps immémorial, une grande dévotion envers l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Depuis [dus d’un siècle, les rois de cette nation rivalisaient de zèle avec les Évêques, avec le clergé tant séculier que régulier, et avec
(1) Nostra super hac re sententia cet aflïrmativa, nimirum cs&e Sanctissimam Virginem Mariam aine labe original! pcccali fuisse concepts m, nostruniquc desiderium ut a Ycstra Bealitudinc hæc veritas fidei dogma dcclaretur, et universae Ecclesiaa credeuda proponatur, est ardentissimum. Palltnlix, dit 20 aprili» 1849 : fautai, etc., vol. I, pag. 116.
les simples fidèles, pour liouorer Marie conçue sans tache et la faire proclamer par le Siège Apostolique comme ayant été préservée par un privilège unique de toute souillure du péché originel. Par deux fois, Sévère Ahdbiani, Evêque dePampelune, s’est adressé à Notre Saint-Père le pape Pic IX, pour solliciter une définition dogmatique en faveur de l'immaculée Conception de la glorieuse Mère de Dieu 11 appuyait cette demande sur les constitutions et les actes du Saint-Siège, sur le culte public, sur la fête qui se célèbre dans le monde chrétien h l’honneur de la Conception de la Vierge Marie, sur la croyance générale des fidèles qui n’auraient pas permis qu'on émit le moindre doute sur la Conception sans tache de celle qu’on a toujours vénérée comme la plus pure et la plus sainte de toutes les créatures, plus sainte que les anges mêmes qui ont été cependant créés dans la sainteté (1).
Plus d’un siècle auparavant, Pierre, Evêque de Pampelune, écrivait au pape Clément XI, pour le prier de définir l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. On lit danssa lettre qui est de la veille des Kaleudes de mars 1714 : « Très-Saint Père, animés de la dévotion la plus ardente envers la Vierge Marie, nous prions et supplions très-humblement Votre Sainteté de daigner définir le mystère de la Conception sans tache de la Très-Sainte Mère de Dieu, de sa préservation et exemption delà servitude du péché d’origine, en proposant ce mystère à l’Eglise universelle comme devant être cru d'une foi divine ; pour la plus grande gloire de Dieu, pour l’honneur de sa Très-Sainte Mère, et pour la consolation tant désirée du peuple chrétien, particulièrement du peuple espagnol (‘2).
Le Chapitre de la cathédrale de Pampelune fit la même demande. Les royaumes de Castille, d’Aragon et de Valence ayant résolu dans leurs assemblées générales de s’adresser au
(1) Lctlres ilu 9 août 1849 et du 23 juillet 1848 : Passai, etc., rot. I, pag. 489, et toI. IX, pag. 124.
(2) Dal. Pampilone pridie Kal. mart. ann. l',14 : Pareri. etc., vol. VIII, pag. 498.
Pape pour le prier de définir et de décréter, comme devant être cru d’une foi surnaturelle, que la Très-Sainte Vierge Marie a été exempte de toute tache du péché originel, même dans le premier instant de sa’Conccption, les membres de ce Chapitre, adhérant h un vœu qui répondait si bien h leur piété, supplièrent Sa Sainteté d’accorder a ces royaumes catholiques la consolation qu’ils désiraient, en proclamant le mystère ineffable de l’immaculée Conception de la Mère de Dieu (1).
CDXL1II. — PAMPELUNE ou PAMPLONA (Amérique méridionale).
Joseph-Georges de Torres-v-Estans, Évêque de Pamplona, qu’on appelle aussi Nouvelle-Pampelune, a tressailli de joie en recevant l’Encyclique de Sa Sainteté, sur le projet d’une définition dogmatique touchant l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Il était heureux d'avoir une aussi belle occasion de renouveler la demande qu’il avait déjà faite au pape Grégoire XVI en faveur de cette définition i2t. Après avoir assuré Sa Sainteté qu’il croyait et qu’il avait toujours cru d’une foi ferme, fu ma fide, l’immaculée Conception de la Vierge Marie, et attesté que le Chapitre de la cathédrale, le clergé et le peuple de son diocèse avaient la même croyance, il priait et conjurait le Souverain Pontife de déclarer enfin, comme dogme de foi, que celle qui a été choisie de Dieu pour être la Mère de Noire-Seigneur Jésus-Christ a été conçue sans le péché originel.
Cette lettre est écrite au nom de l’Évêque et du Chapitre de la cathédrale (3).
(1) tn Capitulo Ecclcsiæ Calhcdralis Pampelonensis, XV Kal. marlii 1714 : Pareri, elc., vol. VIII, pag. 543.
(2) Lettre du 1" décembre 1843 : Pareri, etc. , vol. IX, pag. 25.
(3) Lettre du 2 décembre 1849: Pareri, etc., vol. II, pag. 74.
CDXLIV. — PANAMA (Amérique méridionale).
L’Évêque de Panama, Jean-François Manfredo, répondant a l'Encyclique du 2 février 1849, atteste que le clergé et le peuple de son diocèse célébraient très-solennellement le mystère de la Conception de la Très-Sainte Vierge Marie ; que l’Evéque et ses diocésains étaient unanimes à proclamer cette vérité : La divine Marie, Mère de Dieu, a toujours été sans tache ; divina Maria, Mater Dotnini nusquam fuit maculanda. Dieu a dû la remplir de grâce dès le premier instant de sa Conception, afin que l'Ange pût la saluer en toute vérité : Je vous salue, pleine de ijrûce ; ave, gratia pi.ena.
On voit d’ailleurs, par la lettre de ce Prélat, qu’il désirait que la très-pure Conception de Marie fut, conformément aux vœux les plus ardents, proclamée comme dogme catholique, ou au moins comme une conclusion théologique découlant de prémisses révélées comme des rayons qui s'échappent du soleil de sainteté, Jésus-Christ Notre-Seigneur (1).
CDXLV. — PARAGUAY (Amérique méridionale).
Basile Lopez, Évêque du Paraguay, n’ayant reçu l’Encyclique du 2 février 1 849 que le 1 4 du mois de septembre 1 851 , n'a pu y répondre que le 13 novembre suivant. Aussitôt qu’il en eut connu la teneur, il s’est empressé de l’adresser a toutes les paroisses de son diocèse, en prescrivant des prières publiques, afin d’obtenir de celui qui est l'auteur de tout bien et de tout don parfait qu’il daignât inspirer au Siège Apostolique le parti qui devait le plus contribuer h la louange, h la gloire et à l'honneur de l’immaculée Conception de Marie toujours Vierge. Puis, écrivant au Saint-Père, il attestait que le clergé et le peuple fidèle de son vaste diocèse désiraient sincèrement l’accomplissement des desseins énoncés dans
(1) Celle Lettre est du 31 octobre 1849 . Paufki, etc. , vol. II, pag. 2.
ladite Encyclique pour l’accroissement du culte et de la piété dans toute l’Église envers le très-saint mystère de la Conception de la Vierge Marie, Mère de Dieu (I ).
CDXLVI. — PARIS.
Extrait de la lettre de M. Siaoun, Archevêque de Paris, à notre Saint-Père le Pape : a Très-Saint Père, je me suis empressé, h la réception de l’Encyclique de Votre Sainteté du 2 février de l’année dernière (1849), de m’occuper du sujet important sur lequel Elle appelle l’attention la plus sérieuse de tous les Évêques du monde catholique.
« J’ai consulté les hommes les plus graves, les théologiens les plus habiles de mon diocèse. J’ai ensuite examiné moiméme et pesé toutes choses devant Dieu avec le plus grand soin. Il est résulté de tout cela un travail dont les conclusions sont :
« 1“ Que, d’après les principes de la théologie, l’immaculée Conception de la Très-Sainte Vierge n’est pas définissable, comme vérité de foi catholique, et, dans aucun cas, ne peut être imposée comme croyance obligatoire sons peine de damnation étemelle;
« 2° Qu’une définition quelconque, alors même que l’Eglise ou le Saint-Siège croirait pouvoir la porter, ne serait point opportune; car elle n'ajouterait rien a la gloire de la Vierge Immaculée, et elle pourrait être nuisible h la paix de l’Eglise et au bien des âmes, surtout dans mon diocèse...
« Souvent sollicités de terminer par un décret solennel la controverse relative à l’immaculée Conception de la Très- Sainte Vierge, vos illustres prédécesseurs ont constamment refusé de le faire. C’est ce qu’on a vu en particulier sous Paul V et Grégoire XV, au témoignage de Benoît XIV; sous Clément XII, au témoignage du père Perrone, et, beaucoup
(1) Assomption, lo 13 novembre 1851.
plus récemment, sous Grégoire XVI, de sainte et heureuse mémoire.
« Le grand et bien-aimé Pie IX, marchant sur les traces de ces glorieux Pontifes, résistera, nous ne pouvons en douter, aux mêmes sollicitations. Cependant, si nos prévisions étaient trompées là-dessus, nous n'en accueillerons /m avec moins de respect et de joie la décision suprême; car nous soumettons ici, comme en toutes choses, nos sentiments cl nos désirs au jugement infaillible du Vicaire de Jésus-Christ (i). »
Celte lettre de M. Sibour, qui est du 26 juillet 1850, peut être considérée comme le résumé de la lettre du 25 août 1840, dans laquelle, d’après le travail de la commission qu’il avait chargée de l’examen de la question dont il s’agit, il a exposé à Sa Sainteté, en XXXVIII articles, les doutes qu’il avait alors, non sur la vérité de l’immaculée Conception de la Vierge Marie, mais sur la définibiàté de cette glorieuse prérogative et l’opportunité d’une décision solennelle quelconque. Aussi terminait-il celte longue Lettre en exprimant ainsi ses sentiments :
«Très-Saint Père, pour répondre aux intentions de Votre Sainteté manifestées dans sa Lettre Encyclique du 2 lévrier, nous avons exposé avec simplicité ce que nous pensons, ce que nous désirons: sur ce point, comme en toute chose, nous soumettons notre opinion et nos vœux uu jugement suprême du Vicaire de Jésus-Christ. Si Votre Sainteté fait de ce pieux sentiment une définition par l'autorité d’un décret solennel, nous réformerons notre jugement personne) sur la définibilité de la question présente; et, unissant notre voix à celle du monde catholique, nous nous écrirons du fond de notre cœur : Piehke a paklé paii Pie IX.
« Quant à la croyance elle-même dont il s'agit, nous sommes heureux, Très-Saint Père, de déclarer que nous n’aurons rien à changer à notre intime conviction. Dès notre âge
(1) Pari», le 20 juillet 1850 : Pabeiu, etc., vol. III, pag. 510.
le plus tendre, nous avons placé la joie suprême de notre cœur et notre plus vive espérance dans l’Éminente Vierge Marie Mère de Dieu, que nous nous faisons gloire de considérer comme conçue sans péché. A peine avons-nous été promu au siège de Digne, malgré notre indiguité, que nous avons sollicité de votre prédécesseur, de sainte et heureuse mémoire, la faculté de l’invoquer solennellement comme Immaculée dans sa Conception. Il nous est presque impossible de dire combien il nous a été doux de joindre à notre nom le nom glorieux de Marie pour faire éclater ce nom vénérable en tête de tous les actes de notre épiscopat, comme un gage non équivoque de notre piété filiale et de notre perpétuel dévouement (1). »
Évidemment, M. l’Archevêque de Paris n’a jamais douté de la Conception sans tache de la glorieuse Vierge Marie. Scs doutes ne portaient que sur la question d’une définition dogmatique. Il n’a jamais douté non plus du pouvoir suprême du successeur de Pierre en ce qui regarde les définitions de foi, puisqu'il soumettait ses doutes au jugement infaillible du Vicaire de Jésus-Christ. D’ailleurs, nous lisons dans sa Lettre Pastorale pour la publication du décret apostolique sur l'immaculée Conception de la Sainte Vierge :
a Rome a parlé, la cause est finie. Si, jusqu’ici, malgré les lueurs de plus en plus resplendissantes qui signalaient la marche de cette vérité, dans le cours des siècles, malgré tous les efforts des Souverains Pontifes pour la défendre et la faire aimer, il était encore permis, sinon de contredire cette douce croyance, au moins de lui refuser l’intime adhésion de son âme; si même, daus des circonstances particulières, la controverse pouvait encore être permise, et le doute, sur le fond et l’opportunité d’une décision, formulé, par un miracle nouveau de ce grand principe d’autorité, qui est la loi fondamentale de l’Eglise, toute incertitude cesse, la foi supplée à la faiblesse de la raison; et, pour être catholique, il
(1) l'arum, die 23 augusti 1849 : I’areki, etc., vol. Il, pag. 20.
faut croire de cœur et professer de bouche, fermement et constamment, que la doctrine qui enseigne que la Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce singulière du Tout-Puissant et par un privilège unique, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée de toute atteinte de la tache originelle, est une doctrine révélée de Dieu.
« Le Vicaire de Jésus-Christ prononce quelques paroles, et les convictions s’établissent, le calme et la paix se font dans les âmes, et les flots des pensées humaines, toujours prêts à s’agiter, sont enchaînés. C’était comme autrefois le divin Maître quand il parlait â la tempête, et qu'à sa voix les vagues obéissaient et le calme renaissait... C'est Jésus-Christ dans Pierre qui gouverne l'Église; c'est Jésus-Christ dans Pierre qui perpétue le vrai culte de Dieu ; c'est Jésus-Christ dans Pierre qui enseigne la sainte doctrine des mœurs.
« Jésus-Christ lance sur l’océan des âges un vaisseau qui porte les élus aux régions éternelles. A travers les Ilots soulevés des passions et des erreurs, il le dirigera d’un bras puissant, invincible; ce bras, c’est celui de Pierre, et le vaisseau ne fera point naufrage.
« Jésus-Christ bâtit à la gloire de son Père, sur les ruines du monde idolâtre, uu temple cimenté par sou sang, dont le faite va toucher le ciel, afin que, dans un doux concert, la voix des hommes puisse se mêler à la voix des Anges. Il faut à l’édifice sacré un fondement inébranlable : ce fondement, Jésus-Christ l a déclaré, c’est la foi de Pierre ; contre elle viendront se briser tous les efforts de l’enfer.
« Jésus-Christ élève, en face du genre humain, une chaire, d’où il veut, s’adressant à toutes les générations, jusqu’à la fin des temps, perpétuer lui même les enseignements de sou Évangile. Mais les hommes ont besoin d’un langage sensible pour les préserver d’illusion. Jésus-Christ parlera par la bouche de Pierre ; et la Chaire de Pierre sera la Chaire indéfectible et infaillible de Jésus-Christ.
« C’est à Jésus-Christ, dans Pierre, qu’est due la primauté
du sacerdoce; c’est à Jésus-Christ, dans Pierre, que revient l’empire des âmes. A Pierre le jugement suprême, parce que le jugement suprême appartient h Jésus-Christ : Pierre absout, c'est Jésus-Christ qui absout ; Pierre ouvre ou ferme le ciel, c’est Jésus-Christ qui l’ouvre ou qui le ferme; Pierre anathématise les erreurs, c’est Jésus-Christ qui lance l'anathème. Si Jésus-Christ arrête les envahissements de l’enfer, c’est par le ministère de Pierre; si Jésus-Christ étend les limites de son empire, c’est par les envoyés de Pierre; Jésus- Christ donne la mission à qui Pierre veut la donner. Pierre ne peut jamais mal gouverner l'Église, parce que Jésus- Christ est la sagesse éternelle ; Pierre ne peut jamais enseigner l’erreur, parce que Jésus-Christ est la vérité divine. Pierre ne peut jamais avoir le dessous dans la lutte, parce que Jésus-Christ est la force du Très-Haut (1). »
Pour ce qui regarde la croyance et la piété de l’Église de Paris envers l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, nous citerons le témoignage de M. de Quélen, l’un des prédécesseurs de M. Sibour. Ayant obtenu du Pape Grégoire XVI un Induit qui lui permettait d'ajouter le mot Immaculata au mot Conceptione dans la Préface de la Messe, et l’invocation de Marie sous le titre de Reine conçue sans péché aux Litanies de Loretle, il annonça cette faveur au clergé et aux lidèles de son diocèse, par un Mandement du 1" janvier 1859, dans lequel il s’exprimait en ces termes :
« Marie a été conçue sans péché. Voila ce que l’Église infaillible, ce que la seule et véritable Eglise de Jésus Christ autorise à enseigner, sans en avoir fait cependant une définition de foi ; ce qu’elle défend de contredire publiquement, ce qu’elle insinue h tous les fidèles lorsque, assemblée en concile général, elle déclare, elle proclame « que, dans le décret « où il s’agit du péché originel, son intention n'a pas été d’y
(1) Lettre Pastorale de Mgr Sibour, Archevêque deP^ris, au retour d’un voyage ad Limina, portant publication du Décret dogmatique sur l'immaculée Conception de la Sainte Vierge.
« comprendre la Bienheureuse el Immaculée Vierge Marie,
« Mère de Dieu (1) ». Voilà ce que permellent de redire les Souverains Pontifes toutes les fois que, pour nourrir la piété ces serviteurs de Marie, qui l’invoquent en lui rappelant le premier de ses privilèges, celui qui la rapproche le plus de la sainteté de Dieu, ils daignent seconder leurs vœux, el s’empressent d’ouvrir le trésor des indulgences dont ils sont les suprêmes dispensateurs, eu faveur d’une dévotion si légitime.
« Marie a été conçue sans péché. Voilà ce que l’Eglise de Paris se fait une gloire de professer el de maintenir; ce que ses docteurs tiennent à honneur d’enseigner et de défendre; ce que ses enfants sont jaloux de conserver comme ce qu’ils ont de plus cher, après les dogmes sacrés de la foi ; ce qu'ils ne craignent pas de regarder même comme une conséquence immédiate de leur foi, ne croyant pas pouvoir séparer dans Marie le titre de Vierge Immaculée de celui de Vierge Mère de Dieu, et ne sachant pas comprendre comment il est possible de refuser le privilège d’une Conception sans tache à celle qui devait recevoir et qui a reçu en effet celui de la maternité divine. Voilà ce que le respect el l’amour pour le Verbe fuit chair inspirent pour le chaste sein que le Très- Haut a sauetilié, parce qu'il devait y descendre, s'y revêtir de notre nature, s'y faire homme par l'opération du Saint Esprit.
« Marie a été conçue sans péché. Voilà ce qui, depuis bien des années, s’est répété mille et mille fois, non-seulement dans cette grande ville, dans ce diocèse, mais encore dans toutes les parties de la France, parmi les étrangers, aux contrées les plus lointaines. Voilà le cri d’espérance que la douleur, le danger, les nécessités publiques ou particulières ont arraché de toutes les bouches accoutumées à bénir Dieu et à célébrer les louanges de sa Très-Sainte Mère : voilà ce qui a été écrit, gravé, déposé religieusement partout où il y avait a demander des faveurs spirituelles ou temporelles, des grâces •
(1) Coucil. sow. V. Decret, de peccato original i.
de protection, de guérison, de conversion; a l’entrée des cités, aux portes des maisons, sur la poitrine des malades, sur le lit des mourants ; voilà ce qui, dans ces derniers temps surtout, a jeté dans tous les coeurs chrétiens des racines si profondes, ce qui a pris un accroissement extraordinaire, ce qui s’est propagé d’une manière si remarquable, ce que semblent justifier d’ailleurs, on ne peut plus se le dissimuler, les grâces nombreuses obtenues par l'invocation de Marie conçue sans péché.
« Marie a été conçue sans péché. Voilà ce que la génération chaste a pris l'heureuse habitude de placer sur son cœur avec le signe de la croix, comme un bouclier impénétrable aux traits enflammés de Satan, sous lequel elle met à couvert son innocence et sa vertu : voilà ce qui la ranime, la fortifie, la rend invincible dans les combats suscités par le démon du Midi ; ce qui l’a fait triompher de toutes les séductions du monde et de toutes les attaques de l’enfer; ce qui l’attire, ce qui l’entrainc à la suite de Marie dans le chemin d’une perfection angélique, et lui fait goûter celte parole céleste qu’il n'est pus donné à tous de comprendre : voilà enfin ce qui, dans tous les états, remplit d’une sainte émulation les âmes solidement chrétiennes, ce qui les encourage à marcher avec constance dans les sentiers de la justice, ce qui leur communique une juste horreur du péché et la plus haute estime pour la grâce sanctifiante dont l’immaculée Vierge Marie leur présente le miroir fidèle et le vénérable sanctuaire.
« Et voilà aussi, N. T. C. F., ce qui nous a engagé, excité, déterminé à regarder comme une consolation, comme un devoir de notre épiscopat, de seconder votre piété à cet égard, en même temps que nous satisferons à notre dévotion envers celle Vierge Immaculée, à laquelle nous nous reconnaissons redevables de bienfaits signalés. Nous avons pensé que ce ne serait pas l’effet d’un zèle téméraire que de supplier noire Saint-Père le Pape de daigner nous confier les moyens d étendre de plus en plus le culte de Marie Immaculée dans sa
Conception, de le rendre plus facile et pour ainsi dire pins populaire
« Le Souverain Pontife a daigné agréer notre humble requête. Le rescrit que nous avons reçu témoigne assez, N. T. C. F., comment nos vœux ont été accueillis, nos prières exaucées, quels sont les fondements sur lesquels reposent les dispositions que nous allons prescrire et les avantages que nous avons lieu d’en espérer. Il nous larde, oui, il tarde à notre vive reconnaissance, a notre tendre amour envers Marie, de faire éclater nos transports, de la saluer solennellement du titre A’ Immaculée dans sa Conception, avant le jour trop éloigné pour notre cœur où il nous sera permis de le proclamer encore avec acclamation devant l'assemblée des fidèles et au milieu de la célébration des saints mystères.
« O Marie! que la sagesse a possédée dès le commencement de vus voies; nuée divinement féconde, toujours en lumière, et jamais dans les ténèbres; nouvelle Eve, qui avez écrasé la tête du serpent infernal; courageuse Judith, gloire de Jérusalem, joie d’Israël, honneur de votre peuple ; aimable Eslher, exemptée de la loi commune qui pèse comme un joug d’outrthème sur tous les enfants d’Adam, pleine de grâce, bénie entre toutes les femmes! 0 Marie! conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous : par votre virginité trèssainte et par votre Immaculée Conception, ô Vierge très-pure! obtenez-nous la pureté du cœur et du corps, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il (1). »
M. de Quélen, ayant fait part du rescrit de Grégoire XVI an Chapitre de la Métropole, les chanoines lui ont manifesté le désir que Sa Grandeur fit connaître au diocèse leur joie unanime, leur reconnaissance envers le Souverain Pontife, leur adhésion pleine et entière à la doctrine de l'Église de
(1) Mandement de Mgr do Quelen, Archevêque de Paris, au sujet de la fête de rimmaculcc Conception de la Très-Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu. Donné à Paris le 1er de l'an 1839.
Paris concernant la croyance de la Conception Immaculée de la Très-Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu (1).
Le Rituel publié en 1839, pour le diocèse de Paris, renferme une autre preuve de la croyance de celte Église touchant l’immaculée Conception de la Vierge Marie. Ce Rituel prescrivait aux curés d’annoncer au Prône la fêle de la Conception, suivant cette formule : « Nous célébrons aujourd'hui la fête de l’immaculée Conception de la Très-Sainte Vierge. Cette fête, mes Frères, doit être pour tous les chrétiens le sujet d’une grande joie, puisque la Conception de Marie est comme l’aurore qui annonce le soleil de justice, Jésus-Christ notre Sauveur. Elle est particulièrement glorieuse a la Mère de Dieu, puisqu’elle rappelle cet insigne privilège, accordé à elle seule, d’être exemptée du péché originel, dans lequel sont conçus tous les enfants d'Adam. Marie, dès le premier instant, fut toute pure et toute sainte aux yeux de son Créateur, qui, l’ayant formée comme le chef-d’œuvre de sa puissance, et l’ayant comblée de tous les dons les plus précieux, trouva dès lors en elle un digne objet de son amour et de ses plus douces complaisances. Marie a été conçue sans péché, voilà ce que l’Église catholique, ce que l’Église infaillible, ce que la seule et véritable Église de Jésus-Christ autorise à enseigner, sans en avoir fait cependant une définition de foi ; ce qu’elle défend de contredire publiquement, ce qu’elle insinue à tous les fidèles lorsque, assemblée en Concile général, elle déclare, elle proclame que, dans le décret où il s’agit du péché originel, son intention n’a pas été d’y comprendre la Bienheureuse et Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu (2). »
Cette formule, qui est une profession publique touchant l'immaculée Conception de la Mère de Dieu, est empruntée, quant au fond, au Rituel publié en 1786 par l’ordre de Le Clerc de Juigné, Archevêque de Paris (3).
(t) Mandement de Mgr deQuelen.
(2) Rituale Parisien», etc. ; Lutetù s Parùiorum, 1839, pag. 162.
(3) Pastorale Parisien», etc. j Parmi», 1786, tom. III, pag. 543.
Le clergé üe Paris professait encore l'immaculée Conception de la Vierge Marie en récitant l'Oflicc de la Conception dans le Bréviaire du diocèse; car cet Ofticc contient l’Oraison suivante : « Dieu qui, pour l’honneur de Noire-Seigneur Jésus-Christ, avez préservé sa Bienheureuse Mère la Vierge Marie de toute tache du péché , nous vous prions de nous purifier par votre grâce de toute iniquité, nous qui célébrons sa très-pure Conception (1). »
Enfin, si on remonte plus haut, on voit que la sacrée Faculté de théologie de l'université de Paris exigeait, en vertu d'un statut de l’an 1496, que ceux qui se présentaient pour les grades académiques prissent l’engagement, sous la foi du serment, d’enseigner et de défendre l’immaculée Conception de la Vierge Marie (2).
CDXLVII. — PASSAU (baviêre).
Henri Hofstaetteii, Évêque de Passau, écrivait au Saint- Père le 2ô avril 1849, e:i réponse h l’Encyclique du 2 février de la même année, qu'il a toujours tenu du fond du cœur au sentiment qui professait que la Très-Sainte Mère de Dieu, l'immaculée Vierge Marie, a été conçue sans la tache originelle, et qu’il a toujours désiré très-ardemment que cette vérité fut décrétée par un jugement solennel du Saint- Siège Apostolique. Il déclarait en même temps que le clergé et le peuple de son diocèse étaient animés des mêmes sentiments, et qu’ils ne désiraient pas moins ardemment qu’il ne le désirait lui-même, que l'honneur de l’immaculée Conception fût décerné à la Très-Sainte Vierge Marie par l’Église et par le Siège Apostolique Puis il ajoutait : « Ce décret définitif, je l’attends avec une pieuse impatience, et s’il parait enfin, je m’empresserai de le publier, veillant k ce qu’il soit religieusement observé (3). »
(1) Breriarium Parisiense, etc., ann. 1832 et 183C.
(2) Voyex Appendice IV.
(3) Dccretum huju<modi definilivum derolissimo cum desidorio expecto, istud-
CDXLVIJI. — PATARA i ÉVÊC HÉ IX PAKTIBUS i .
En 1847, François-Joseph Novella, Evêque de Palara in partibus, coadjuteur du Vicaire Apostolique de Hu-Quang, demandait h Sa Sainteté, instamment , plus instamment et trèsinstamment, que l'immaculée Conception de la Vierge Marie fût décrétée par une définition irréformable du Siège Apostolique. Il reconnaissait, comme il est généralement reconnu dans l'Église, que le Saint-Siège n’a pas besoin de l’assentiment des Evêques pour déclarer qu’une vérité appartient à la foi. 11 rapporte d’ailleurs dans sa lettre que le Vicariat de Hu-Quang avait déjà reçu précédemment la faculté d’ajouter le mot Immaculata au mot Conceptione dans la Préface de la Messe (1).
Quelque temps après le même Prélat écrivit au Cardinal Fransoni, Préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, à l'occasion de l’Encyclique du 2 février 1849; voici comment il s’exprime : « Éminentissime et Ilévérendissime Prince, je supplie Votre Éminence de vouloir bien présenter au Saint- Père, de ma part, celle lettre qui exprime la persuasion où je suis que Marie très-sainte a été réellement conçue sans la tache originelle; et le désir que j'ai, que cette vérité, qui est fondée sur les divines Écritures, sur la Tradition, et sur la croyance universelle de l'Eglise (spécialement l’Eglise romaine qui est infaillible), soit définie au plus tôt comme article de foi, pour la plus grande gloire de Dien, pour l’honneur de la Bienheureuse Vierge et l’utilité de l’Église militante (2).
que, siquidem latum aliquando paratissimo cum obsequio promulgabo nique venerari studebo. Passavi.v , die 25 aprilis 1849 : Parebi, etc., vol. I, pag. 127.
(1) Immaculatæ Conceptionis irreformabilem delinitionem a Snnctitate Vestrn instanter, instant ius, atquc inslantissime petit... humillimus Oralor... quamvis Sancla Sedes ad declarandnm aliquam veritatem de fide, certo certius non indigeat Episcoporum adjulorio et assensu, etc. U-cham fu , die 12 oct. 1847 : 1*a— reri, etc., vol. IX, png. 106.
(2) Hu-Quang, 11 juin 1850 : Pareri, etc , vol. III, pag. 176.
CDXLIX. — PATNA or PATNAH ( indes orientales).
Anaslase Hartmann, de l’Ordre de Saint-François, Évêque de Derbé in parti bus, et Vicaire Apostolique de Patna, croyait à l’immaculée Conception de la Vierge Marie; il l’a enseignée dans ses leçons de Théologie, et l’a constamment prêchée dans ses sermons, comme il le dit lui-méme dans la lettre qu’il écrivit au Pape le 2ô novembre 1849. Le clergé de son vicariat avait la même croyance, et il mettait le même zèle b la défendre et b l’inculquer aux autres. C’est pourquoi presque tous les fidèles montraient une grande dévotion envers l’immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Mère de Dieu. On ne sera donc pas étonné si ce Prélat désirait trèsardemment avec tout son clergé que l’immaculée Conception de la Sainte Vierge Marie fût décrétée comme article de foi par un oracle apostolique, pour la plus grande gloire de Dieu, pour l’insigne honneur de Marie, pour l'exaltation de l'Église catholique, et la joie de tous les fidèles dévoués b Jésus- Christ et b sa Sainte Mère ’i).
CDÉ. — PATTI (sicile).
Il en est de l'Église de Patti comme des autres Églises de la Sicile et de tout le royaume de Naples; elle a toujours admis et professé le mystère de l’immaculée Conception de la Vierge Marie. Les prêtres, les religieux, les laïques, les magistrats et les simples citoyens, tous les fidèles de l’un et de l’autre sexe, sans distinction d’âge ni de condition, honorent et invoquent publiquement, de temps immémorial, la Mère de Dieu comme conçue sans la moindre tache originelle. Ce consentement de tous, cet accord unanime sur l’immaculée
(1) Egoi|uoque ardcnliasime cirai tolo Clcro desidero, et ad pedea Sanclitalis Wstrse, Uc itissimc l’ater, prorolulus, bumiliter prccor, ut B. V. Marie Imniaculata Conccplio Bdci articulus aposlolico oraculo deccrnatur. Polna, 23 nov. 1849 : Fa- *ehi, etc., vol. Il, pag. 384.