‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 246 sur 279 · SI · texte numérisé non relu

SI

Conception, est la voix de la vérité, disait l’Évéque, M. UnsiNo, dans la lettre qu’il adressait au Saint-Père, en 1849. C’était bien aussi la croyance de ce Prélat, qui, étant Chanoine de l'Église collégiale de Catane, a renouvelé chaque année, pendant environ trente ans, le vœu de défendre, au péril même de la vie, la Conception sans tache de la Sainte Vierge. Non-seulement il adhérait fermement, de toutes ses forces et de toute l'affection de son cœur, à cet ineffable privilège ; mais il désirait, mais il voulait, en faisant à cette fin tout ce qui dépendait de lui, qu’il fût décrété au plus tôt et mis au nombre desarlicles de la foi catholique. Et, en attendant, il demandait à Sa Sainteté qu’il lui fût permis d’ajouter le mot Immaculée au mot Conception de la Préface de la Messe (1 ).

CDLI. — PAV1E ( lomb.vrdie).

En 1849 l’abbé Gacdini, Vicaire capitulaire de Pavie, souscrivit la lettre par laquelle les Évêques de la province de Milan, réunis à Gropcllo, faisaient connaître à Sa Sainteté que le clergé et le peuple de celte province professaient une tendre et sincère dévotion envers l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Ces Prélats, il est vrai, n’osèrent pas, à raison de la difficulté des temps, se prononcer sur l’opportunité d'une définition dogmatique; mais ils déclaraient s’en rapporter entièrement au jugement du Saint-Siège et à la promesse qui lui a été faite par Jésus-Christ d’une assistance spéciale du Saint-Esprit (‘2).

CD LD. — PENNE et ATRI (royaume de naples).

Vincent D’Alfonso, Évêque de Penne et d’Atri, a souscrit la lettre par laquelle les Prélats réunis k Chiéti, en 1849, pour

[1) Totis ergo viribus totoque cordis afTectu huic Virginia amantissiinc ineffabüi privilegio ncdum lirmiter assentior, vcrtim etiain ut quam cilius inter catho~ Hcc fidei articulos defendi et recenseri debere rite deccrnatur vehemenler exopto. ▼olo, satago. Pactit in Sicilia , die 23 maii 18S9 : Pareri, etc.r vol. I, pag. 216.

(2) Voyez Milan.

le sacre de l’Archevêque de Lanciano, priaient le Souverain Pontife de définir que la Vierge Marie a été Immaculée dans sa Conception, même dans le premier instant de son existence (1).

Déjà, en 1848, l’Évêque de Penne avait fait la même demande à Sa Sainteté, en la priant instamment, tant en son nom qu’au nom de son diocèse, de définir, comme dogme de foi, la pieuse et ancienne croyance de l’immaculée Conception de la Vierge Marie, exemple de toute tache dès le premier moment de son animation (2).

CDL1II. — PÉRIGUEUX (france).

En 1845, M. Georges, Évêque de Périgueux, écrivit au Pape Grégoire XVI pour lui exprimer le vœu que la croyance généralement reçue dans l’Église touchant l'immaculée Conception de la Mère de Dieu fût définie comme dogme de foi par le Siège Apostolique; ajoutant que tous applaudiraient à cette définition et s’écrieraient : Pierre a parlé par Grégoire; Peints per Gregorium locutus est (3).

Aussi s’cst-il empressé de répondre à l’Encyclique du 2 février 184'.). Après avoir exprimé toute la joie qu’il avait éprouvée en recevant celte Encyclique et l’espérance qu’il avait conçue que bientôt il sortirait de la Chaire de Pierre une parole infaillible, vocem infallibilem, qui, en se répandant dans toutes les parties du monde, procurerait partout la plus grande gloire de la Bienheureuse Vierge Marie, il déposait humblement aux pieds de Sa Sainteté ses vœux et les vœux de tout son diocèse, attestant que, dans l'Église de Périgueux que le Saint-Siège avait confiée à ses soins, les fidèles croyaient de tout leur cœur que la Bienheureuse Vierge Marie a été conçue

(1) Voyez Chieti.

(2) Bcatissimc Pater, enixis precibus Te rogo obtestorque ut piam vetustamque senlentiam dclmmaculato a primo instanli Virginia Mariæ Conccptu tanquam tictei dognia dclinias. Datum Seapoli , VU Kaltndat januarii 1848 : Pareju, etc., vol. IX, Pag «1.

(3) Voyei Arras,

sans la tache originelle. Il déclarait en même temps que tous avaient reçu avec joie le décret Apostolique qui permettait au diocèse de proclamer publiquement dans la Préface de la Messe la Conception de Marie comme Immaculée, et de l’invoquer dans les Litanies de Lorelte seus le titre de Heine conçue sans tache. « Ainsi donc, concluait-il, pour ce qui nous regarde, nous jugeons que rien ne s’oppose h ce qu’il soit défini comme article de foi que la Conception de la Bienheureuse \ierge Marie a été absolument Immaculée et entièrement exempte de toute tache du péché originel. Cependant, à raison des temps très-difficiles où nous vivons, nous renvoyons au jugement de Votre Sainteté l’opportunité de celle décision , tout en appelant de tous nos vœux le jour où elle doit paraître (1). »

Nous lisons aussi dans le Mandement que ce Prélat adressa à son clergé et aux fidèles de son diocèse, sur le même sujet : a Père saint : les jours sont mauvais, la tempête gronde, les mugissements souterrains, précurseurs de terribles secousses, se font entendre. Après Dieu, qui nous sauvera? Sa Mère Immaculée. Sans doute, nous attendrons toujours avec soumission et respect le moment fixé par la Providence et votre sagesse ; mais qu’il tardera à notre amour pour Marie de pouvoir proclamer comme dogme de notre foi sa Conception exempte de la tache originelle! Le peuple d’Éphèse priait et attendait avec anxiété la décision du Concile ; mais lorsque fut promulgué ce dogme sacré : Marie est Mère de Dieu, alors, ivres de joie, ces pieux fidèles firent éclater leurs transports par les plus vives acclamations.

« Groupés avec respect autour de votre Chaire, Prince des Pasteurs, l’Évêque, le Chapitre, le clergé et les fidèles du diocèse dePérigueux prieront avec ferveur, et, pleins de confiance,

(1) Igitur, Beatissime Pater, quantum ad nos attinet, nihil obstare judicamus, quin de fidc dcfiniatirr B. V. Mariai Cunceplum Immaculatum omnino fuisse atque ab omni prorsus original» culpæ labe immunem. Hujus tamen decision», ditficillimis fais in quitus vivimus lemporibus, opportunitatezn Sanctitatis Vcstræ judicio plane rémittentes, totis volis noslris diem iliam appellamus. Petrocorte , 29 junii 1849 : Pareju, etc., vol. I, pag. 360.

soupireront après le moment où Jésus- Christ parlera par votre bouche. S’il faut attendre encore de longs jours, soumis nous attendrons, nous ne cesserons de prier. Mais, si, comme nous l’espérons, de vos lèvres qui sont dépositaires de toute vérité et qui promulguent d’une manière infaillible les divers points de la Révélation, sort cet oracle sacré : La Conception de Marie fit Immaculée, nous saluerons avec transport le dogme de notre foi, et avec plus de confiance que jamais, nous aimerons à redire pour la prospérité de l'Eglise et le salut de la France : O Maiue! conçue sans pêché, priez pour

NOUS QUI AVONS RECOURS A VOl's(i). »

La croyance à l’immaculée Conception de la Vierge Maire est ancienne dans l'Église de Périgueux. De temps immémorial celle Église honore Marie conçue sans péché. Entre autres monuments de la dévotion du Périgord envers la très-sainte et très-pure Conception de la Mère de Dieu, nous pouvons citer le Missel imprimé en 1782 par l’autorité d’Emmanuel-Louis De Grossoles de Flammarens, Évêque de Périgueux. En effet, on y lit, dans la Messe propre de la Conception, les deux Oraisons suivantes :« Dieu, qui, pour l’honneur de Noire- Seigneur Jésus-Christ, avez préservé sa Bienheureuse Mère, la Vierge Marie, de toute tache du péché, nous vous prions de nous purifier par votre grâce de toute iniquité, nous qui célébrons sa très-pure Conception (2). — Dieu, qui avez voulu que la Bienheureuse Marie toujours Vierge, la Mère future de votre Fils, fût exempte de la tache originelle, Deus qui Beatam Mariam semper Virginem , Filii tui genitricem fuluram ab originali labe mundam esse voluisti, etc. (5). »

De plus, le Rituel imprimé, en 1763, par l’autorité de Jean- Chrétien de Macheco de Premeaux, contient la formule suivante, que les Curés devaient lire au Prône, pour annoncer la fêle de la Conception : « Nous célébrerons ( tel jour) la

(1) Mandement du 27 mai 1849 : Pareri, etc., roi. VII, pag. 290.

(2) Cette Oraison se trouve aussi dans les Bréviaires de 1781 et 1853 à l'usage du Diocèse de Périgueux.

13) C’est l’Oraison de 1a Post-Communion.

fêle de la Conception de la Très-Sainte Vierge; nous devons en ce jour admirer la grâce spéciale que Dieu a faite à Marie, en la préservant de la tache du péché originel. 11 convenait en effet que celle que Dieu devait choisir pour Mère fût plus sainte qu’aucune des créatures, et qu elle n’eût point de part à leur corruption (1). »

Cette annonce, qui était une profession publique des Évêques de Périgueux et du clergé de tout le diocèse, touchant l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, a été reproduite textuellement dans le Rituel publié en 1827, par M. de Lostanges, Évêque de cette ville (2).

CDL1V. — PÉROUSE od PéRUGIA (états pontificaux).

Joachim Pecci, Archevêque-Évêque de Pérouse, aujourd’hui Cardinal de la sainte Église romaine, faisant partie de la réunion des Évêques assemblés h Spolète, a souscrit la lettre par laquelle ces Prélats priaient Sa Sainteté de définir dogmatiquement l’immaculée Conception de la Mère de Dieu. Celte lettre est du 21 novembre 184!) (3).

Peu de temps auparavant, le 1" novembre de la même année, il avait écrit lui-même au Saint-Père, en réponse h l’Encyclique du 2 février. Il parle d’abord dans celle lettre de la grande dévotion de ses diocésains envers l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie : « Ueur piété était telle, qu’on pouvait croire, disait-il, que, quel que fût le décret du Saint-Siège sur cette pieuse croyance, il serait trèsagréable au clergé et a tout le peuple de son diocèse. »

Quant aux sentiments de l’Éminenl Prélat, ils ne différaient en rien des sentiments des fidèles confiés â ses soins. Seulement, afin d'ôter toute occasion, tout prétexte h de nouvelles dissensions, il aurait aimé qu’on tempérât la rigueur du décret, si toutefois cela fût entré dans les vues de Sa Sain-

(1) Rituel du Diocèse de Périgueux, etc.; Paru, 1763, pag. 372.

(2) Rituel du Diocèse de Périgueux, etc. ; P&igutvtr, 1827, pag. 3'J'J.

(3) Voyei SpoUt*.

télé, au jugement de laquelle il s’en rapporlait entièrement (1).

CDLV.— PERPIGNAN (framce).

L’Église de Perpignan croyait aussi h l’immaculée Conception de la glorieuse Vierge Marie. Jean-François de Saumiao Belcastkl, Evêque de Perpignan, écrivait au Pape, en 1843, pour le prier de définir comme dogme de foi la croyance généralement reçue dans l'Église, touchant l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, ajoutant que tous applaudiraient h celte définition, et s’écrieraient : Pierre a parlé par Grégoire, Petrus per Gregorium locutus est (2).

Le même Prélat, répondant h l’Encyclique du 2 février 1849, exprima d’abord au Saint-Père toute la joie qu’il avait éprouvée en voyant que bientôt il serait décrété par un jugement solennel du Siège Apostolique, suivant la très-commune croyance des Docteurs et de toutes les Églises, que la Très- Sainte Mère de Dieu, notre Mère bien-aimante, l’immaculée Vierge Marie, a été conçue sans la tache originelle. Puis il ajoutait que le clergé et tout le peuple du diocèse, s’unissant h l’Évêque, déposaient humblement ce très-pieux désir, aux pieds de Sa Sainteté, avec la conliance qu’ils seraient exaucés (3).

De plus, on lit dans le Mandement que M. de Saunhac a publié en 1 849 sur le même sujet : « N’est-ce pas un admirable et louchant spectacle de voir l’auguste proscrit de Gaéte dater de son exil celte invitation pressante à ses vénérés frères dans l'épiscopat, qu'ils aient à ordonner au plus tôt des prières générales pour obtenir qu’il plaise à l’Esprit Saint d'indiquer au Vicaire de Jésus-Christ, en terre, la décision h prendre dans la grave question de la Conception hnmaculee de Marie ?

(1) Perusite. Kal. uov. 1849 : Parmi, etc., vol. II, pag. 289.

(2) Voyez Arras.

(3) Perpignan», die 8 aprilis 1849 : Parmi, elc., vol. I, pag. 55.

« Comme ii est facile de pressentir le jugement solennel qui s’apprête, nous ne vous tairons pas. N. T. C. F., combien cette invitation du Souverain Pontife nous a transporté ; aussi éprouverons-nous le besoin de vous épancher notre cœur. Élève de celte antique Sorbonne, qui n’a jamais permis qu'aucun de ses docteurs osât contester h la Mère de Dieu le glorieux privilège de sa Conception Immaculée , nous l’estimions presque un article de foi, et nous soupirions après le moment où l'Église universelle, par la bouche de Pierre, s’entendrait pour lui conférer une sanction délinitive.

« Dans l’impatience de voir nos vœux s’accomplir, nous avions sollicité pour notre cher diocèse, k l'exemple des plus illustres Prélats, la faveur insigne de féliciter hautement et publiquement Notre-Seigneur Jésus-Christ d’avoir pour Mère une Vierge conçue sans péché. Sa Sainteté daigna accéder à notre humble requête le 22 janvier 1847; et, depuis deux ans, soit h la Préface de la fête de la Conception, soit aux Litanies usitées en son honneur, nous qualifions Marie Immaculée.

«Encore quelques jours, et du Midi au Septentrion, du couchant k l’aurore, partout où s’élève un sanctuaire catholique, partout où se réunit une peuplade tant soit peu civilisée, cette glorieuse dénomination lui sera officiellement décernée. Pourrait-il en être autrement après ces paroles si concluantes du dernier Concile général déclarant n’aeoir pas eu l'intention, dans le décret concernant le péché originel, d’g comprendre la Bienheureuse et Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu ?

« Ah ! n’en douiez pas, N. J. C. F., toutes les Églises de la chrétienté vont s’unir aux Pères assemblés k Trente, et supplier celui qui, assis sur la Chaire indéfectible, préside au dépôt de la foi, de vouloir bien définir, comme un point de la doctrine catholique, que Marie a été conçue sans péché, et entièrement exempte de la tache originelle (1). »

(1) il«ndement du 8 avril 1849 : Pareri, etc., vol. VII, pag. 305.

La croyance de l’immaculée Conception dans le diocèse de Perpignan ne date pas de l’Encyclique de 1849. Écoutez ce que M. Geiuiet, Évêque de cette ville, disait tout récemment a ses diocésains : « Vous savez que le dogme dont nous allons célébrer la promulgation complète tout ce que nous pouvons connaître sur la (erre des incomparables privilèges de la Reine des cieux ; cette vérité achève sa gloire. Ce n’est pas pour vous qu’il pourrrait être nécessaire de prouver que le décret du Vicaire de Jésus-Christ, qui a déclaré à cet égard la foi de l'Église, n'a été, n'a pu être qu’une sanction définitive de l’antique tradition ; que dans cet acte nouveau tout est ancien, excepté l’acte lui-même. La croyance it la pureté sans tache, à la splendeur sans ombre de la Sainte Vierge, dès le premier instant de son existence, est si chère, depuis une époque immémoriale, h toutes les Églises de ce pays ; elle y est depuis bien longtemps si enracinée, si vivante dans la dévotion individuelle et dans le culte public, qu’en apprenant la définition de ce dogme, une foule d 'âmes se sont demandé pourquoi cette définition était nécessaire ; elles eussent été exposées, si je puis parler ainsi, k l’heureuse tentation de la croire inutile, si elles ne savaient que l'inutilité serait une espèce d’erreur publique, qui ne saurait pas plus qu’une erreur dogmatique trouver place dans les actes où l’éternelle sagesse nous parle par la voix de l’Église... Ce diocèse se trouve être un des pays où l’avénement de cette solennité (de la publication des Lettres Apostoliques) a été le mieux préparé depuis plusieurs siècles. En la célébrant avec pompe, vous ne ferez que couronner, par une démonstration plus éclatante, une longue suite de fêtes que chaque année ramenait pour chaque église de cette province. On a trouvé k cet égard un document remarquable dans les vieilles archives du pays. C’est un édit de Marie, reine d'Aragon, duchesse d’Athènes, comtesse de Roussillon et de Cerdague, qui fut publié au son de trompe, le 7 décembre 1446, dans tous les quartiers de Perpignan. Cet édit recommandait aux personnages constitués en dignités ou exerçant des fonctions

publiques, de concourir, dans chaque localité, à la célébration solennelle de la fête de l'immaculée Conception, afin que nous méritions, ajoutait cette princesse, d 'être exaucés avec bonté devant le trône du Dieu Très-Haut par l’intercession de la Sainte Viei'ge qui accueille cette dévotion comme lui étant très-agréable 11).»

CDLVI. — PESARO (états pontificaux).

Lorsque l'Encyclique de notre Saint-Père le Pape, datée de Gaëte le 2 février 1849, a paru, la croyance de l’immaculée Conception de la Mère de Dieu n’était ni moins vive ni moins générale dans l’Église de Pesaro que dans les autres Églises d’Italie, comme on peut en juger par la lettre que Jean- Charles Gentili, Évêque de cette ville, écrivit h Sa Sainteté le 18 septembre de la même année. Au rapport de ce Prélat, on invoquait dans tout le diocèse la Vierge Marie sous le titre de Reine conçue sans tache , et on l’honorait publiquement sous celui d 'Immaculée Conception dans la Préface de la Messe de Conceptione. Aussi, en vertu de la permission générale accordée par Sa Sainteté, le clergé tout entier s’est-il empressé d’adopter le nouvel Office de l’immaculée Conception, dont le clergé de Rome faisait usage, et qui est, d’un bout à l’autre, une profession publique et formelle du mystère de la Conception sans tache de la gloriense Mère de Dieu. C’est pourquoi M. Gentili pensait qu’il ne pouvait rien arriver de plus opportun, rien de plus agréable que le décret en vertu duquel on serait obligé de croire, d’une foi catholique, que la Conception de la Mère de Dieu, toujours Vierge, a été absolument Immaculée et entièrement exemple de toute tache du péché originel (2).

(1) Mandement de Mgr l’Éveque de Perpignan pour la publication des Lettres Apostoliques, etc. : Perpignan , an. 1855.

(2) Nihil opporlunius. jucundius nihil modo obvcnlurum cxislimo. quam quod s’ipientissime proposuisli dccretum, vil cujus sit catholicn fidc crcdendum Üeiparæ Virginia Conceptum Immaculalum omnino fuisse, atquc ab omni prorsus origina-

D’ailleurs l’Évêque de Pesaro esl du nombre des Prélats qui, étant réunis à Lorelte au mois de mars 18ù0, exprimèrent au Saint-Père le vif désir que l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie fût décrétée comme doctrine catholique de l’Église; ajoutant que rien ne pouvait s’opposer à ce décret, qui a son fondement dans l’Écriture et la Tradition, dans la croyance et les pratiques de l’Eglise universelle (1).

CDLV1I. — PHILADELPHIE (États-Unis).

M. François- Patrice Kenrick, Évêque de Philadelphie aux États-Unis, étant au Concile de Baltimore de l’an 1849, a souscrit le décret par lequel les Pères de ce Concile déclaraient qu’il leur serait agréable que le Souverain Pontife définit comme doctrine de l’Église catholique, s'il le jugeait à propos, que la Conception de la Sainte Vierge a été Immaculée et entièrement exempte de toute tache du péché originel (2).

CDLV1II. — P1NHEL (Portugal).

On lit dans la lettre que Joseph Freire-Falcao, Vicaire général, administrateur du diocèse de Pinhel, écrivit a notre Saint-Père le Pape, le 14 novembre 1849 :

« La thèse si savamment développée par le R. P. Perrone, par l’Éminent Cardinal Lambruschini et par beaucoup d’autres plumes habiles, ne laisse rien b désirer pour faire définir comme dogme de foi dans tout le monde catholique l’immaculée Conception de la Sainte Vierge; car les preuves sont si claires et si convaincantes, que derrière la pieuse croyance il est facile d’apercevoir la conclusion qui ressort

lis cul pa' labe immunem. Piiaun, dit 1 H tepl. 1849: Pantin, etc , vol. Il, pag. 148.

(1) Voye* Feruo.

(2) Voyez Baltimore.

de ces sublimes considérations. Je crois donc et j’espère que ce point sera érigé en dogme, et je le désire vivement. Tels sont aussi les sentiments et les vœux de tout le clergé de ce diocèse, de tous les fidèles qui composent ce petit troupeau, et qui sont les enfants très-soumis de Votre Sainteté. Je les trouve bien pénétrés de cette pieuse croyance, et de la dévotion la plus vive envers l’immaculée Conception de la Vierge Marie.

Plaise à Dieu que le divin Père des lumières veuille bien éclairer les esprits, de telle sorte qu’un jour cet important objet soit défini, et que celte décision tourne à la gloire de Dieu, augmente le culte de la Sainte Vierge et procure à toute la chrétienté la prospérité et le bonheur ! J’en ai l’espoir, et ce sera le but de tous mes efforts ; car je me fais un devoir d’être un zélateur dévoué de l’honneur et de la gloire de la Mère de Dieu (1). »

CDL1X. — PISE (toscane).

C’était aussi le vœu de Jean-Baptiste Parretti, Archevêque de Pise. Dans sa réponse h l'Encyclique, il disait au Saint- Père : « 11 ne peut rien y avoir de plus doux, rien de plus agréable pour moi et pour le peuple confié a mes soins, que de voir l’immaculée Conception de la Mère de Dieu mise au nombre des articles dogmatiques de la foi par un acte de Votre Sainteté. » Ce Prélat avait toujours professé que la Vierge Marie, pleine de grâces et bénie entre toutes les femmes , a été conçue sans péché. Il s’appuyait sur la doctrine des Saints Pères, sur les constitutions de Sixte IV et d’Alexandre VII, sur les décrets des Conciles, notamment du Concile de Trente et sur l’ancienne croyance des fidèles. On voit d’ailleurs par sa lettre que le clergé et le peuple du diocèse de Pise pensaient comme leur Pasteur; ils honoraient 17mmaculée Conception de Marie dans la Préface de la Messe, et

(1) Pinhel, 14 nov. 1849 : Paieri, etc., vol. IV, pag. 94, 9G

ils l’invoquaient sous le litre de Reine conçue sans tache dans les Litanies de Lorelle. Presque tous les ecclésiastiques récitaient le nouvel üflice de Vlmmactilée Conception de la Vierge Marie (1).

CDLX. - P1STOIE (toscane).

Le Chapitre de la cathédrale de Pistoie, le siège vacant, écrivit au Saint-Père, en réponse à l'Encyclique du 2 février 1849. Après avoir cité quelques faits qui prouvent l’ancienneté de la croyance de l’immaculée Conception de la Vierge Marie dans ce diocèse, les membres de ce Chapitre, au nombre de vingt-deux, parlaient de la grande dévotion du clergé et du peuple envers la Conception sans tache de la Mère de Dieu; et assuraient que, si Sa Sainteté jugeait a propos de se prononcer sur cette question, on recevrait son décret comme un oracle avec des sentiments mêlés de respect et de reconnaissance (2).

CDLXI. — PLACENCIA (espagne).

En 1714, le Chapitre de la cathédrale de Placencia fit comme la plupart des Chapitres des Églises d'Espagne; il écrivit à Clément XI pour le prier de définir comme article de foi l’immaculée Conception de la Très-Sainte Vierge Marie (3).

CDLXJL— PITTSBOURG (états-unis).

Le docteur O’CoNNon, Évêque de Piltsbourg, ville des États- Cnis, assistant au Concile de Baltimore de l’an 1849, a sou-

(1) Quare tum niihi, tum populo meæcuræ commisso nihil suavius atque jucundius un quant esse potest, quam ut per Te, Bcalissime Pater, Immaculatus Dcipa ne Concept us dogniaticis fi-lci arliculis adnumcrctur. Pu»», IV Idu « jitfii 1849 : Paueiii, etc., vol. I, pag. 41G.

(2) Pistorii, pridie X Kalendas sept. 1849 : Pareki, etc., vol. IV, pag. 34.

(3) Placencia, le 17 février 1743 : Pareiii, etc., vol. VIII, pag 540.

scrit le décret par lequel les Pères de ce Concile déclaraient qn’il leur serait agréable que le Souverain Pontife définit comme doctrine de l’Église catholique, s’il le jugeait b propos, que la Conception de la Vierge Marie a été Immaculée et entièrement exempte de toute tache du péché originel (1 1.

CDLX1II. — PLOCK (polocxe).

L’Évêque de Plock était représenté par un délégué au Concile provincial de Gnesne de l’an 151U, qui a prescrit que la Conception de la Bienheureuse Mère de Dieu fut célébrée dans toute la province, suivant l'office de Léonard de Nogaroles, approuvé par le Pape Sixte IV. Or, dans cet office, on invoque et on honore, de la manière la plus expresse, Y Immaculée Conception de la Vierge Marie (2).

CDLXIV. — POGGIO-M1RTETO (itaue).

M. Nicolas Gbispigm, Évêque de Poggio-Mi rleto, est un des Prélats qui, étant réunis h Spolète, écrivirent au Souverain Pontife, le 21 novembre 1849, pour le prier de définir, par un jugement solennel, l’immaculée Conception de la Mère de Dieu (3).

Déjà, quelques mois auparavant, ce Prélat, répondant à l’Encyclique du 2 février, avait fait les plus vives instances pour obtenir de Sa Sainteté qu’elle définit du haut de la Chaire apostolique, par un décret solennel, que la Mère de Dieu a été conçue sans contracter la tache originelle ; de sorte que, d’après la définition infaillible de l'Église, personne ne pût douter, même intérieurement, de ce privilège insigne de la Bienheureuse Vierge Marie. 11 demandait cette définition, non-seulement en son nom, mais encore au nom du clergé et de tout le peuple de son diocèse ; car, comme il le dit luimême, tous en général et en particulier désiraient vivement

[i) Yoyez Baltimore. — (2) Voyez Greskf.. — (3) Voyez Spolète.

une définition du Saint-Siège en faveur de l'immaculée Conception. Il rendait d'ailleurs le plus beau témoignage de la piété de ses diocésains envers la Vierge Marie, qu’ils invoquaient sous le litre de Reine conçue sans péché, et dont le clergé honorait publiquement l 'Immaculée Conception dans la Préface de la Messe de Conceplione (1).

CDLXV. — POITIERS (frange).

En 1843, M. Guitton, Évêque de Poitiers, écrivit au Pape Grégoire XVI pour lui exprimer le vœu que la croyance généralement reçue dans l’Eglise, louchant l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, fût définie par le Saint-Siège comme article de foi ; ajoutant que tous applaudiraient à sa définition et s’écrieraient : Pierre a parlé par Grégoire, Petrus per Greijorium locutns est (2).

On voit d'ailleurs par le Rituel du diocèse de Poitiers, de l’an I76G, que les Evêques et le clergé de cette Église professaient publiquement la croyance de l’immaculée Conception de Marie et l’enseignaient au peuple. Ce Rituel, publié par l'autorité de Martial-Louis de Beaupoil de Saint-Aulaire, contient, parmi les annonces que les curés devaient faire au prône la formule suivante pour ce qui regarde la fêle de la Conception : « Le 8 de ce mois (de décembre) se célébrera la fêle de la Conception de la Très-Sainte Vierge. Nous devons en ce jour admirer la grâce spéciale que Dieu a faite h Marie en la préservant de la tache du péché originel. Il était en effet digne du Fils de Dieu que la Mère dont il devait naître fût plus sainte qu’aucune des créatures, et qu’elle n’eût point de part â leur corruption (3). »

(1) Itcrum, iltrumque enixe humiliterque obsecro obt es torque ut Immaculatum De» Gcnitricis Conccplum soiemni ex Cathedra decreto definins. Ifartdel *•, l’ai, sept. 1849 : Pari ri, etc., vol. 11, pag. 70.

(9) Voye* Armas.

(3) Ritu l du Diocèse de Poitiers, etc., Poifirra, 17G6, part. I, pag. 256.

CDLXVI. — POLICASTRO (royaume de xaples).

En 1849, l'Evêque de Policaslro. Nicolas Marie Laüdisio, demandait instamment qu’il fût défini dogmatiquement par l'Eglise Romaine, la Mère et la Maîtresse de toutes les Eglises, que la Bienheureuse Vierge Marie a été conçue sans tache dès le premier instant de son animation. C’était aussi le vœu, comme l’atteste ce Prélat, des archiprêtrcs, des curés et autres ecclésiastiques, du peuple même de tout le diocèse (1).

L’Évèque de Policastro avait déjà fait la même demande au Saint-Siège le 14 novembre 1848 (2).

CDLXVI1. — POPAYAN (Amérique méridionale).

On voit par la lettre de l’Évêque de Popayan, datée de cette ville le 51 octobre 1849, que ce diocèse avait, de temps immérial, la même croyance, la même dévotion, les mêmes pratiques de piété envers l'immaculée Conception de Marie, que les autres diocèses de l’Amérique Méridionale et du royaume des Espagnes. Aussi, h l’exemple des autres Prélats, l’Évêque de Popayan. renouvelant la demande qu’il avait déjà faite à Grégoire XVI, en 1844, priait et pressait Notre Saint- Père le pape Pie IX de faire accélérer l’heureux moment où il lui serait donné de pouvoir dire avec tout le peuple chrétien transporté de joie: Je crois que Marie toujours Vierge, et très-digne Mère de Dieu, a été conçue sans la tache originelle. Et il attendait cette définition de l'oracle infaillible du Siège Apostolique, de l’Église Romaine, la Mère et la Maîtresse de toutes les Églises: ab infallibili Roman» Ecclesise omnium Ecclesiarum Matris et Magistræ oraculo (3).

(1) Laureæ, die 18 sept. 1849 : Pareri, etc., vol. 11, pag. 150.

(2) Pareri, etc., vol. IX, pa". 256.

(3) Popaiani, die 31 oct. 1849 : Pareri, clc., vol. II, pag. 2t>l.

CDLXVIII. — PORT-D’ESPAGNE (dans l’ile

Page 1