‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 247 sur 279 · DE LA SAINTE TIUNITÉ · texte numérisé non relu

DE LA SAINTE TIUNITÉ

Richard-P. Sshth, Évêque in partibus, Vicaire Apostolique du Port-d’Espagne : « Très-Saint Père, je n'ai reçu que tout récemment la lettre que Votre Sainteté a daigné m'adresser, en date de Gaëte, le 2 février dernier, au sujet de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Marie. Lorsque j'en ai fait connaître le consolant objet au clergé et au peuple de ce Vicariat Apostolique, tous ont fait éclater avec moi les sentiments de la plus grande joie et de leur reconnaissance envers le Seigneur, dans l’espoir de voir la croyance des fidèles sur la Conception de la Sainte Vierge, en tantqu'ellea été exempte de toute tache du péché originel, et vraiment immaculée; de voir, dis-je, cette croyance, qui est fondée sur la sainte Écriture et sur la Tradition, recevoir bientôt de Votre Sainteté une sanction solennelle, et devenir ainsi un article de notre foi.

« Et en effet, pour définir comme dogme de notre sainte foi cette pieuse croyance, enracinée depuis tant de siècles dans le cœur des fidèles de toutes les nations et de tous les climats, quel autre temps peut-on attendre, qui soit plus favorable que le moment présent, quand tous les catholiques du monde chrétien se réjouissent et se félicitent, en apprenant qu’enfin, par la puissante intercession de la Très-Sainte Vierge, Dieu a daigné exaucer leurs humbles et ferventes prières, et délivrer la sainte ville de Rome de ces hommes irréligieux et méchants qui ont osé insulter la personne sacrée de Votre Sainteté, fouler aux pieds la religion et commettre toutes sortes d'abominations et d’impiétés (I ) ? »

Quelques années après, Vincent, Evêque d’Arcadiopolis (in partibus ), Délégat Apostolique; Michel Monaghan, Évêque de Rosa (in partibus ), administrateur de Port-d’Espagne ; et

(1) Data a Porto iti Stagna, 5 novembre 1849 ; Parem, elc., roi. U, pag. 337.

Jacques-Eustache Dupeyron, coadjuteur du Vicaire Apostolique de la Jamaïque, écrivirent au Saint-Père, en date de Port-d'Espagne le 2 juillet 1854. Dans un style édifiant et emprunté presqu’en entier aux saintes Écritures, ils rendaient tout d’abord hommage à la croyance unanime des fidèles au sujet de l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, et ils en faisaient ressortir la convenance absolue ; ajoutant qu'elle venait de Dieu qui l'avait lui-même gravée dans les cœurs, et qu’il ne lui manquait plus que d’être confirmée par le jugement dogmatique de Sa Sainteté. Passant ensuite aux sentiments de leurs diocésains, la plupart d'origine espagnole, ils les représentaient comme les héritiers du religieux dévouement de cette nation pour la prérogative de l’immaculée Conception, et comme en ayant donné des preuves particulières, soit en voulant que la cathédrale de Port-d’Espagne fût consacrée sous ce titre, soit en forçant au silence après son premier discours, un prédicant qui voulait en faire un journellement au temple protestant, pendant neuf jours, contre ce privilège de Marie. C'était donc une grande joie pour ces pieux prélats d’avoir l’occasion de rendre témoignage de la tradition de leurs Églises, et d'exprimer leurs vœux en faveur d’une décision solennelle. Devait-on hésiter? Y avait-il quelque chose h craindre ? L’Immaculée Conception était-elle plus incroyable que les autres prérogatives miraculeuses de la Mère de Dieu ? Ne pouvait-elle pas, tout aussi bien que les autres , s'appuyer sur la tradition apostolique et sur l’autorité de l’Église, que le Sauveur Jésus a établie la colonne et le soutien de la vérité? El dans cette Église, disaient-ils, il a voulu qu’il n’y eût qu’un seul Pasteur, comme un seul troupeau; il a prié pour sa foi, afin qu’il affermit ses frères, savoir, les Évêques et tous les fidèles, qui trouveront l’Église, c’est-à-dire la vérité là où est Pierre, suivant le mol de saint Ambroise. Or Pierre vit en vous , Très-Saint Père ; levez-vous donc et glorifiez Marie par votre jugement suprême et irréformablc , de telle sorte qu’elle triomphe, couronnée pour toujours de l’auréole de l’inno-

eence. Vous savez que les jours sont mauvais, et qu’il s’est élevé beaucoup d’antechrists et de séducteurs ; vous savez aussi qu’en tout lieu toutes les hérésies ont été dissipées par celle que le Fils de Dieu nous a donnée pour Mère. Accordcznous donc cette ressource dans la tribulation ; car le salut ne nous viendra pas de l'homme; il n’est qu’en Marie. Enfin, après quelquesdéveloppementsou explications de ces pensées, la lettre se terminait par ces paroles : Nous avons la ferme confiance, Très-Saint Père, que si tous les maux nous sont venus par la femme, lorsqu’elle a cédé aux séductions de Satan, de même tous les biens nous arriveront parla femme, quand tous les fidèles, affectueusement prosternés aux pieds de celle qui est revêtue du soleil et dont la tête est couronnée de douze étoiles, s’appuieront sur l’autorité de l’Église, et s’écrieront de cœur, après vous qui en êtes le Chef, la gloire et la force : Marie Immaculée, vous êtes victorieuse (1). »

CDLX1X. — PORT-LOUIS (île mauiuce).

Lettre de M. Alleu-Collier, Évêque de Port-Louis, au Cardinal Fransoni, préfetde la S. Congrégation de la Propagande.

Éminence Révércndissime, ayant vu par les journaux catholiques, que le Saint-Siège désirait de savoir l'opinion des Évêques sur la doctrine de l’immaculée Conception de la Très-Sainte Vierge, je n’ai pas voulu laisser échapper une si belle occasion pour me déclarer entièrement en faveur de l’opinion qui soutient que la Très-Sainte Mère de notre divin Rédempteur a été préservée, par un privilège miraculeux et unique, de toute tache originelle. 11 n’existe pas un catholique dans ce diocèse qui pense autrement, et je suis heureux d’ajouter que tous les fidèles ici ont une tendre dévotion a Marie conçue sans péché. Je n’ai pas reçu de lettre de Votre

(1) Pelrus autem in Te virit, Beatissime Paler; surgc ergo, decerne Mari» gloriam judicio su primo et irrctormahili, ut in perpctuum eoronata triuoiphet incoinquinatorum cerlaminum prœmiutn vinceus. Porlu Ihtptnix, di: 2 julii 1854 : Pakeju, etc., vol. IX, app. II.

Éminence pour m’annoncer qu’EUe cherchait h savoir quelle est mon opinion sur celte question, mais j’ose l’exposer humblement, et c'est un acte de reconnaissance de ma part envers cette Bienheureuse Mère de mon Sauveur, envers Celle qui est appelée à si juste titre. Vint, dulcedo et spes nostra ; et je regretterais toute ma vie de n’avoir pas mêlé ma voix à celle de tous les Princes de l’Église pour constater ses glorieux privilèges, comme je dois la mêler h celle de tous les pécheurs convertis pour proclamer sa miséricorde (1).

CDLXX. — PORT-VICTORIA (Australie).

Vers l’an 1847, Joseph-Marie Benoit, Évêque du Port-Victoria, écrivant au Saint-Père, s’exprimait ainsi : « La doctrine de l’immaculée Conception de la Vierge Marie s’est sensiblement développée dans l’Église de Dieu ; de notre temps, elle a fait, par une disposition spéciale de la Providence, de si grands progrès, elle est parvenue à un tel degré de certitude, qu’il y a lieu de croire que le jour approche où il sera déclaré et défini par un jugement solennel, émané de l’autorité infaillible du Siège Apostolique de Pierre, que celte doctrine est contenue dans la parole de Dieu écrite ou transmise par la Tradition. Qu’il me soit donc permis, Très-Saint Père, d’unir mes vœux et mes prières aux vœux et aux prières des autres Évêques, et de solliciter celte déclaration solennelle de l’Eglise, espérant fermement que Dieu, à raison de cet accroissement d’honneur et de dévotion envers sa Bienheureuse Mère, ouvrira les sources de toutes les grâces en faveur des enfants de l’Église (2). »

CDLXXI. — PORTO, SAINTE-RUFINE et CIV1TA-VECCHIA

(ÊTATS-PONTIFIC A UX) .

L’éminent Cardinal Lambruschini, qui a si bien mérité de la

Port-Louis, le 20 oct. 1849 . Pàeebi, etc., roi. IV, pag. 294.

(2) Voyes Toolocse,

religion et de la sainte Église Romaine, était Évêque de Porto, de Sainte-lUifinc et de Civila-Vecchia. Lorsque parut la lettre Encyclique de Sa Sainteté, datée de Gaéle, le 2 février 1849, ce pi^ux Cardinal tressaillit d’allégresse, en voyant qu’il s’agissait dans cette lettre Apostolique du dessein que notre Très-Saint Père le Pape avait conçu de proclamer comme doctrine de l’Église catholique l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, supérieure en Sainteté aux Chérubins, aux Séraphins, a tous les Anges, a la cour céleste même. Dieu seul excepté. On connaît d’ailleurs les sentiments du pieux et savant Cardinal. Il- ne s’est pas contenté de les exposer d’une manière quelconque ; il a toujours professé ouvertement la croyance de la très-sainte et très-pure Conception de la Mère de Dieu ; il l’a même solidement établie dans sa Dissertation polémiqué sur l’immaculée Conception de Marie (1). Aussi, après avoir indiqué sommairement, dans sa lettre du 25 mars 1849, les preuves qui se trouvent développées dans l'excellent opuscule que nous venons de citer, il termine cette lettre en s’exprimant ainsi : « Il ne nie reste donc. Très Saint Père, qu'a vous prier ardemment et a vous conjurer de vouloir bien déclarer, décréter, définir, par un jugement solennel de Votre autorité Apostolique, comme doctrine de l'Eglise catholique, l’immaculée Conception de Notre Mère bien-aimante il nous tous, et de proposer celte doctrine à croire par tous les peuples catholiques. Tels sont mes vœux très-ardents; ce sont aussi les vœux de mon clergé et de mon peuple, les vœux de tout le monde catholique ; et je suis très-persuadé qu'il résultera de cette décision les plus grands biens pour toute l’Eglise (2).

(1) Celte dissertation est rapportée dans le V volume des Pauebi, etc., pag. 123.

(2) Quæ cum lia sinl, nihil aliud restât nisi ut vehemonter Te orcm et obsecrem, Hcatissime Pater, ut Immaculalam amantissiniæ omnium noslrum Mutris Conccptioneni tanquam Catbolicæ Ecclesiœ doctrinam solemni Tuo judicio cl Aposlolica Auctoritate déclarés, décernas, defini ts, atquc cjustnodi doctrinam ab omnibus catbolicis populis credcndam esse proponas. Datum Caietm, die 25 martii 1840 : Pareiü, etc., vol. I, pig. 25.

CDLXXll. — PORTO (pou tug ai.).

L’Église de Porto a toujours montré le glus grand zèle pour le culte de I Immaculée Conception de la Mère de Dieu. Dans ce diocèse, comme dans tous les autres diocèses du Portugal, on invoque, depuis longtemps, la Bienheureuse Vierge Marie, sous le titre même de sa Conception, comme patronne de toutle royaume. Aussi M. de Costa Rkbello, Évêque de Porto, répondant h l'Encyclique de Sa Sainteté, le 25 septembre 1849, n’hésita point h exprimer le vif désir d’une définition solennelle de l'immaculée Conception : « Rien, disait-il, ne sera plus agréable pour moi, pour mon clergé et tout mon peuple, que la très-heureuse nouvelle du décret dogmatique, par lequel le Siège Apostolique aura défini que la Conception de la Vierge Marie a été sans tache (I ). »

CDLXX1II. — PORTO-RICO (ahéiuoue méridionale).

Gilles Estere ou Esterd, Évêque de Porto-Rico, répondit à l’Encyclique, en 1849, attestant à Sa Sainteté que le Chapitre et tout le clergé de son diocèse croyaient unanimement que la Mère de Dieu a été conçue sans la tache originelle. Il ajoutait que c’était aussi la croyance de tout le peuple fidèle, au point qu’on eut regardé comme hétérodoxe quiconque eût osé soutenir le sentiment contraire. L’Evèquene pensait pas autrement que ses diocésains ; il demandait avec instance et toute l’effusion de sou cœur que le Saint-Père déclarât et définît comme dogme de foi le mystère de l’immaculée Conception de la Vierge Marie (2).

(1) Nihil jucun lins, nihil acceplius milii, Clero, universoque populo meo erit, quant faustissimum dogmalici Decreli nuncium, in quo a Sedc Apostoliia decer natur Immaculatum Virginia Mariai Conccptum fuisse. Portucali, die 25 septe/n bris 1*49: Pareri, etc., vol. II, pag. ICI.

(•2) Immaculatæ Virginia Conceplionis myslerium fidei dogma declarari et deliniri, supplici fide et Iota cordis effusionc a Vcstra Bealitudiue exposlulamus. A Puerlo-Rico, IV Idus julii 1849: Pareri, elc., vol. I, pag. 421.

CDLXXIV. — POSNAXIE (Pologne).

Jean, Évêque dePosnanie, a pris part aux actes du Concile provincial de Gnesne, de 1510, qui a ordonné qu’on célébrât, dans toute la province, la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, suivant l’Office propre rédigé par Léonard de Nogarolles, et approuvé parle Pape Sixte IV. Or cet Office exprime de la manière la plus formelle l 'Immaculée Conception de la Mère de Dieu, son exemption entière et absolue de tout péché, soit originel, soit actuel. « Célébrons, y est-il dit, V Immaculée Conception de la Vierge. — Dieu, qui par V Immaculée Conception de la Vierge Marie avez préparé une demeure digne à votre Fils, etc. (1).»

CÜLXXV. — PRATO (toscane).

Dans une lettre au Saint-Père, sous la date du 15 juin ( vraisemblablement de l'année 1849), le Chanoine Baldanzi, Vicaire capitulaire de Pralo ( dont le siège a été réuni k celui de Pistoie), parle de la croyance de l’immaculée Conception de la Vierge Marie comme étant très-ancienne dans ce diocèse. D’ailleurs, depuis un certain temps, le clergé et les fidèles invoquaient la Mère de Dieu sous le titre de Reine conçue sans tache , et on honorait son Immaculée Conception dans la Préface de la Messe de Conceptione B. Virginis; ce qui prouve la piété des Ecclésiastiques et des simples fidèles envers le mystère de la très-pure Conception de Marie. D'après cela, ajoute l’abbé Baldanzi, il parait assez manifeste que rien ne pouvait arriver de plus désirable et de plus agréable pour le clergé et le peuple du diocèse de Prato, que de voir décerner h la Très- Sainte Vierge, par un jugement solennel de l’Eglise et du Siège Apostolique, cet honneur, ce titre qui était si vivement désiré et réclamé par la piété des fidèles (2).

(!) Voye* Gkrsne.

(2) Prali, die 15 junii (1849) : Parer j, clc ,vol. IV, pag. 07.

CDLXXVI. — PUEBLA DE LOS ANGELOS ou TLASCÀLA

Page 1