‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 252 sur 279 · ÉTATS PONTIFICAUX · texte numérisé non relu

ÉTATS PONTIFICAUX

Gucrr’Antoine Boscarmi, Évêque de San-Angelo-in-Vado et dTrbania, écrivant au Pape, en 1849, déclarait à Sa Sainteté que le clergé et les lidèles de ses deux diocèses désiraient que le Saint-Siège décrétât, par un jugement infaillible , infallibili judicio, comme article de foi, que la Bienheureuse Vierge Marie a été conçue sans péché. Il désirait lui-même ardemment ce décret, comme étant réclamé, disait-il, par l'Univers catholique 11).

Ce même Prélat, étant du nombre des Évêques réunis â Spolèle, en 1850. souscrivit la lettre, par laquelle on priait Sa Sainteté de vouloir bien décréter, comme doctrine catholique, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été entièrement exempte de toute tache du péché originel, lmmunem prorsus ab omni labe Beal.v Marisa Virginie fuisse Conceptam (2).

Quelque temps auparavant , Laurent Parigini, prédécesseur de M. Boscarmi. avait exprimé à Notre Saint-Père le pape Pie IX, tant en son nom qu'au nom de ses deux diocèses, le vif désir que Sa Sainteté, rendant du haut de la Chaire Apostolique un jugement solennel, irréformable et dogmatique, proposât au monde chrétien, comme article de foi, que la Conception de la Mère de Dieu, toujours Vierge, a été Immaculée en tout, exempte de toute tache (3).

DXXVIII. — SAN-SEVERINO (états pontificaux).

François Mazzuoli, Évêque de San-Severino, souscrivit la lettre par laquelle plusieurs Cardinaux, Archevêques et Évêques, réunis à Lorette en 1850, exprimaient le désir que le

(i) Urbaniæ, die 26 novembris 1849 : Pareri, etc., vol. VII, app CXXVIÏI.

% (2) Voyez Fermo.

(3) Pareri, etc., vol. IX, app. I, pag. 88.

Saint-Siège décrétât, comme doctrine catholique de la sainte Église, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été entièrement exemple de toute tache originelle (1).

DXXIX. — SAN-SEVERO ( deex-siciles).

Roch de Gregobio, Évêque de San-Severo, écrivait au Saint- Père, le 1" avril 1849, en réponse à l’Encyclique du 2 février : « J'ai reconnu par les lettres unanimes de tous les cures et par mes propres relations, que tous, ainsi que les peuples confiés à leurs soins, croient fermement et professent que la Bienheureuse Marie, Vierge et Mère, a été Immaculée dès le premier moment de sa Conception. En conséquence, prosternés à vos genoux, avec tous les ecclésiastiques et les fidèles de ce diocèse, nous supplions humblement Votre Sainteté de placer et maintenir au nombre des dogmes de la foi, d’une manière solennelle, celui de la Conception de la Vierge Marie, Immaculée dès le premier instant de son existence. » Il avait commencé sa lettre par un aperçu des maux de l’Eglise; il la terminait par la perspective des heureuses conséquences que devait avoir la proclamation du dogme qu’il s’agissait de définir (2).

Le III des Ides de novembre 1848, M. de Gregorio, prévenant l’Encyclique du 2 février, de concert avec les autres membres de l’Episcopat des Deux-Sicilcs, avait écrit à Sa Sainteté dans le même but et s’était exprimé d'une manière digne tout à la fois de l’ardeur de son désir, et de sa confiance parfaite en l'infaillibilité du successeur de Pierre, parlant ex cathedra (5).

DXXX. — SANDWICH (îles).

Louis Maigret, Évêque d'Aratha, inparlièus, Vicaire Apostolique des îles Sandwich, écrivait eu ces termes au Souverain

(1) Voyez Fermo.

(2) Sancli-Severi, Kalendis npril. 1849 : Pareri. etc., vol. I, pag. 36.

(3) Sancti-Scvcri, III Idus novembris 4848 : Pareri, etc., vol. IX, pag. 205.

Pontife, leôjuin 1850: « Très-Saint Père, 0*68151011 tard, mais avec une joie extrême, que j’ai reçu, In et baisé aujourd’hui les Lettres de Votre Sainteté, datées de Gaëte (plût à Dieu que ce fût de Rome !), le 2 février 1849. Nous partageons le très-vif désir de l’Univers catholique, de voir le Saint-Siège définir par un jugement solennel que la très-sainte Mère de Dieu a été conçue sans la tache originelle. Car nous aussi, Très-Saint Père, nous croyons et confessons que cette glorieuse Vierge est toute belle, non partiellement, mais absolument, et qu'elle a toujours été exempte de toute tache de péché, soit mortel, soit véniel, soit originel. » Et après avoir indiqué sommairemeul les chefs de preuves a l’appui de cette vérité, il ajoutait : « Tous les prêtres et autres clercs qui travaillent avec moi dans celte partie de la vigne du Seigneur sont unanimes sur ce point, et je puis rendre le même témoignage de nos néophytes, qui, quoique peu instruits des êhoses de la foi, n’éprouvent aucune difficulté k admettre cette croyance. Plusieurs milliers se sont fait inscrire dans l’archiconfrérie du très-saint et Immaculé Cœur de Marie, établie dans les diverses iles de cet Archipel, pour la conversion des pécheurs. Us récitent fréquemment, chaque jour, en particulier, en public, et partout, celte petite prière: « 0 Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons re- « cours k vous, » et ils s’estiment heureux de porter la médaille de l’immaculée Conception, connue sous le nom de médaille miraculeuse (i). »

DXXXI. — SANTANDER (espacne).

Emmanuel-Raymond Arias-Teigeibo de Castro, Évêque de Santander, rendait compte en ces termes de la foi de son diocèse k l'immaculée Conception, dans sa lettre adressée au Saint-Père, le 12 juillet 1849: « On trouverait difficilement dans ce diocèse quelqu'un qui ne croie et ne professe point

(i) Honolulu, die 0 junii 18:0: Paucti, etc. , vol. HT, p»g. 173.

par ses paroles et par ses actes que la très-sainte Mère de Dieu a été préservée, dès le premier moment de son existence, de toute tache du péché, tant origiuel qu'actuel ou personnel. 11 est d’usage, dans ce pays, que les personnes qui se rencontrent se préviennent réciproquement par celte formule : Je vous salue, Marie très-pure, conçue sans péché. Jamais on ne fait au peuple une pieuse allocution sans que l'orateur et les auditeurs ne se soient mis h genoux pour louer et bénir le Saint-Sacrement et l'immaculée Conception de la Vierge Marie. » ,

Cependant la population du diocèse ne songeait pas à émettre un vœu sur ce point : les théologiens, parce qu’ils n'avaient pas d’adversaires; les simples fidèles, parce qu'ils vivaient avec une telle sécurité dans cette croyance, que l’Encyclique était venue les troubler en quelque sorte, en leur faisant croire que son objet était encore en question. Mais les vœux qui se sont produits à cette occasion s’accordaient à demander que cette vérité fût érigée en dogme, si elle était assez mûre pour cela. L’Évêque s’exprimait ainsi, h cause de quelques personnes qui élevaient des doutes, non sur la croyance , mais sur sa défmibilité, pensant peut-être, disaitil, plus librement qu’il ne convenait. Pour lui personnellement, après avoir indiqué avec des détails intéressants les sentiments et les actes principaux de sa dévotion envers la Sainte Vierge, il ajoutait : « Comblé des dons et des faveurs de la Mère de Dieu, je ne puis m’empêcher de conjurer vivement et de tout mon cœur Votre Sainteté de procéder enfin à la définition d’un dogme si cher à tous les catholiques, étant persuadé que l’unité des fidèles dans cette croyance et les démarches réitérées des Évêques auprès du Saint-Siège en faveur de cette définition, démarches dont Votre Sainteté fait mention dans la Lettre Encyclique à laquelle je réponds, ne procèdent d’aucun caprice de l’esprit humain, mais du Souverain Père des hommes et des lumières. Plaise à Dieu, Très-Saint Père, que, moyennant un prompt retour dans la ville de Rome, vous puissiez mener bientôt à bonne fin cette

affaire, aux applaudissements de tout le monde catholique, et gouverner avec sécurité l’Eglise universelle pendant de longues années dans les voies de la paix (1). »

DXXXn. — SANTORIN (archipel).

François Coccella, Évêque de Santorin, par une lettre en date du 7 mai 1849, assurait au Saint-Père que la dévotion de ses diocésains était très grande envers Marie, et notamment h l'égard de son Immaculée Conception, qu’ils considéraient comme un article de foi. Dans la réunion du Chapitre et du clergé convoqués par l'Évêque, il y avait eu unanimité sur la pieuse croyance, que tous les membres partageaient; mais des objections avaient été faites contre l'opportunité d'une définition dogmatique, à raison des inconvénients qu’elle pouvait avoir. Le Prélat les discutait dans sa lettre et les réfutait ; il exposait ensuite divers passages des Ecritures en faveur du fait de l'immaculée Conception, et concluait en disant : « Je juge et crois que l’Église Romaine peut et doit prononcer un jugement solennel, qui déclare que la Conception de Marie très-sainte a été Immaculée (‘2). »

DXXXm. — SAPPA (ALBANIE).

Pierre Skverini, Évêque de Sappa, écrivait au Saint-Père le ‘20 août 1849, qu’il croyait fermement que la Conception de Marie avait été Immaculée ; que son désir et sa prière étaient qu’il fût défini au plus tôt, solennellement, par le Saint-Siège, que celte Bienheureuse Vierge a été conçue sans la tache originelle. Son clergé et ses chrétiens albanais étaient animés de la plus grande dévotion envers la Mère de Dieu ; mais tout ce qu’il pouvait assurer, c’est qu’ils étaient désireux de la voir de plus en plus honorée et glorifiée. Ils n’avaient pas de

(1) Santa ndcrii, die 12 julii 1849 : Pareri. elc , vol. I. pag. 42*2. (1) Santorino, 17 mai 1849 : I'arfri, elc., vol. I, pag. 200.

notions sur la question particulière qui faisait l’objet de l'Encyclique du 2 février (1).

«XXXIV. — SARAGOSSE (esfagne).

Au mois de juin 1849, Emmanuel-Marie Gomez-de-las Rivas, Archevêque de Saragosse, avait adressé au clergé et au peuple de son diocèse une lettre pastorale ayant principalement pour objet la question de l’immaculce Conception. Profondément pénétré de la pieuse croyance de l’Église, il avait invoqué en sa faveur l’autorité des Ecritures, des Pères, de la Tradition, des Conciles, des Souverains Pontifes, des Académies les plus célèbres, des monuments historiques, de la saine raison, et des auteurs dont l'érudition avait mis fin h la controverse, en élevant ce sentiment à la sphère d’une démonstration et à un degré voisin de la définibilité dogmatique. Il avait indiqué comme d’heureux présages d’une définition prochaine de la part de l'Église la détermination surnaturelle prise par le Saint-Père de s’en occuper au milieu des circonstances les plus graves, la surabondance des preuves, le sentiment général des Évêques et des Docteurs, la dévotion universelle, l'insistance avec laquelle on sollicitait celle décision de toutes les parties du monde catholique, et la voix solennelle qui s'élevait du sein de la terre, pénétrait les nues et montait jusqu’au ciel. Écrivant plus tard à Sa Sainteté (le jour des Ides d’avril 1850), il s’en référait pour l'expression de ses sentiments personnels à un extrait qu’il lui envoyait de celte lettre pastorale, et il ajoutait, pour ce qui concernait son diocèse : « Le clergé métropolitain et collégial ainsi qu’un très-grand nombre de curés se sont empressés de nous répondre, nous dépeignant comme des faits notoires la piété tendre et universelle des fidèles envers ce mystère, la solennité avec laquelle se célèbre la fêle de la Conception, l’usage partout établi de s’approcher ce jour-là des sacre-

(I) Sappæ in Albanie, die 20 augusli 1849 : Pireiu, etc., toI. Il, pag. 20.

ments, et le désir très-ardent qu’éprouvait le peuple de voir la Conception de Marie solennellement proclamée comme exempte de toute tache. » Et un peu plus loin : « Je considère comme certain et je ne craindrai point d’aflirmer positivement que le clergé et le peuple sont animés d’une dévotion fervente envers l'immaculée Conception, elqu’ils en désirent ardemment la définition dogmatique (1). »

DXXXV. — SASSARI (sardaigne).

Alexandre-Dominique Vererino, Archevêque de Sassari, écrivant à Grégoire XVI, le 14 février 1844. lui mandait que l'autorisation accordée h son diocèse de mentionner l’immaculée Conception dans la Liturgie et dans les Litanies de Lorelte avait rempli de joie les fidèles; mais qu’étant engagés par serment, comme tous les habitants de File, h défendre jusqu’à la mort cette prérogative à laquelle ils étaient tout dévoués, ils n'étaient pas entièrement satisfaits par cette concession. Ils témoignaient un pénible étonnement de ce que Sa Sainteté, par son oracle infaillible, iufallibilitate præ- <lito, n'avait pas encore, comme elle le devait peut-être, à leur avis, et comme elle le pouvait, donné le dernier degré de certitude à l'objet de la pieuse croyance, en le plaçant parmi les dogmes de la foi. L'Evêque aussi pensait que rien, du côté de celte doctrine, ne s’opposait h ce que le Saint-Père comblât les vœux des fidèles et couronnât les efforts des serviteurs de Marie, qui luttaient depuis si longtemps en faveur de son Immaculée Conception. Il lui semblait que ceux qui, par le passé, avaient pu, par leur nombre, leur crédit, leur autorité, obtenir du Saint-Siège tant de grâces en vue de ce mystère, devraient maintenant obtenir de Sa Sainteté qu’elle en fit un objet de foi dogmatique. Au nom de tout son clergé et de tout son peuple, aussi bien qu’en son propre nom, il suppliait et conjurait le Chef de l’Église d'user de son droit et

(1) Cœsaraug'istæ dat. Idibus aprilîs anni 1850 : Pansai, etc., vol. III, pag. 102.

de ne point laisser échapper l’occasion de formuler ce dogme précieux pour lequel tout était mieux préparé qu’au tempsde ses Prédécesseurs. 11 lui représentait que son décret infaillible serait glorieux pour sa propre mémoire au sein de l'Église militante ; qu’il serait bien accueilli de l’Église triomphante, dont il lui assurerait les faveurs, et qu’il lui attirerait infailliblement la protection reconnaissante de la Reine des Cieux (1). »

Le 6 juillet 1849, le même Prélat adressa de nouveau cette lettre ou supplique au pape Pie IX, par l’entremise du secrétaire d’État de Sa Sainteté, en réponse h l’Encyclique du 2 février (2).

Il envoyait aussi au Saint-Père, k cette dernière date, le vœu rédigé et souscrit par son clergé en son nom et au nom du peuple, dans le but d'obtenir que Sa Sainteté définit ce mystère au plus têt, par l’oracle infaillible de sa parole, infallibili vocis oracnlo, et qu’après l’avoir défini elle le déclarât vérité obligatoire de la foi (3).

DXXXVI. — SAVONE et NOLI (états sardes).

Alexandrc-Oclavien des Comtes Riccardi-di-Netro, Évêque de Savone et de Noli, mandait au Saint-Père, par une lettre en date du 1" mai 1830, que le clergé et tous les fidèles de ses deux diocèses professaient pour la Vierge Mère de Dieu une dévotion toute spéciale, et que, par reconnaissance pour les heureux fruits de son intercession, ils avaient tous k cœur de se dire enfants de Marie. « En conséquence, ajoutait-il, nous désirons tous et nous demandons instamment et humblement que vous usiez de l'autorité qui vous appartient, et que vous définissiez que la Conception de la Bienheureuse Vierge a été en tout temps exempte de toute tache originelle. » Dans une réunion de théologieus et d’autres hommes

(1) Saccri, die 14 februarii, anno 1844: Parmi, etc., vol. IX, pag. 51.

(*2) Saceri, hac die 2 julii anno 1849 : Pareri, etc., vol. 1, pag. 388.

(3) Parmi, etc., vol. IV, pag. 112.

pieux el instruits, convoqués parce Prélat , plusieurs, qui pourtant partageaient ce même désir, avaient été d’avis que la délinilion fût un peu différée, par ménagement pour les ennemis de l’Église; mais il ne s’était point approprié celte opinion. Tout ce que lui permettait l’ardeur de son vœu, c’était de s’en rapporter pleinement à Sa Sainteté sur celte question d’opportunité, en déclarant par avance qu'il applaudirait à tout ce qu’elle déciderait (1).

DXXXVII. — SCIO (archipel).

Ignace Gilstimam, Évêque de Scio, écrivait au Saint-Père le 5 mai 1849, en réponse k la Lettre Encyclique : « J’ai le bonheur de pouvoir dire que le clergé et le peuple de mon diocèse sont animés d’une dévotion particulière envers l'immaculée Conception de Notre-Dame. Le peuple serait offensé s'il entendait quelqu’un élever des doutes contre cette croyance. Le clergé apprendra avec plaisir que Votre Sainteté aura défini comme vérité de foi que la Mère de Dieu a été conçue Immaculée. » Parlant ensuite de scs propres sentiments, il disait : « Si je savais que ma vie pût apporter quelque retard au décret de la sainte Eglise ayant pour objet de déclarer comme article de foi que Notre-Dame a été conçue Immaculée, je consentirais volontiers k la perdre. » Enlin il proposait k Sa Sainteté d’insérer le mot Immaculata dans une partie de la liturgie, où il ne pût jamais être omis; par exemple, dans l’oraison Libéra nos, qui vient après le Pater, et dans le canon de la Messe (2).

DXXXVIII. — SCOPI ou SCOPIA (servie).

Lettre d’Urbain Bogdanovich, Évêque m partibus, administrateur apostolique de l’archidiocèse de Scopi, adressée au Souverain Pontife le 15 juillet 1849 : « Très-Saint Père,

(1) Datum Savons, Kal. maii 1850: Pauet.i, elc., vol. III, psg. 139.

(2) Scio, le 3 mai 1849 : Par fri, etc., vol. I, pag. 153.

ayant reçu le 28 juin dernier la vénérée Lettre Encyclique de Votre Sainteté, et m'étant bien pénétré de vos intentions, j'ai écrit aussitôt au respectable clergé de cet archidiocèse, en lui prescrivant les prières publiques qui m'ont paru les plus appropriées au but indiqué.

« Sur la question relative a la dévotion dont le clergé et les fidèles qui lui sont confiés peuvent être animés envers l’immaculée Conception de la très-sainte Vierge Marie, je suis heureux de faire savoir à Votre Sainteté que ce meme clergé, et eu particulier les RR. PP. missionnaires de l'Ordre excellent des franciscains, qui en forment la majeure partie, professe une extrême dévotion envers la Bienheureuse Vierge conçue sans la tache du péché originel, et qu'il désire vivement que cet hommage soit rendu à l’auguste Mère de Dieu, par Votre Sainteté, au moyen de son jugement infaillible, infallibile giudizio. Les fidèles de cet archidiocèse, et surtout les femmes, s’approchent en grand nombre des sacrements, le jour où l’Eglise célèbre la fête de la Conception de la Bienheureuse Vierge. Ils manifestent ainsi suffisamment leur dévotion sur le sujet dont il s’agit, et font voir que leurs désirs ne s’écartent point de ceux de leurs pasteurs. Pour moi enfin, je suis très-convaincu que la Bienheureuse Vierge n’a point été souillée de la tache du péché originel dans sa Conception, soit parce que j’ai été nourri de cette doctrine dès les premiers jours de mon entrée dans l’Ordre des franciscains, soit parce que je crois fermement qu’une telle prérogative intéresse souverainement la gloire et le culte de cette Vierge très-sainte. C’est pourquoi je désire vivement et demande instamment à Votre Sainteté qu’elle définisse, comme un point de doctrine de l’Église universelle, que la Conception delà Bienheureuse Vierge Marie a été entièrement Immaculée et absolument exempte de toute tache du péché originel (I). »

(1) Vies mente desidero, e caldamcnle prego la Sanlilà Vestra onde si degni deGnirc essere dotlrina delta ebiesa universale Bttummx Virginit Marm Concep-

DXXXIX. — SCUTARI (tuhquif d'eohope).

F. Jean Topich, Évêque d’Alexi et administrateur apostolique de Scutari, s’empressa de répondre à l'Encyclique par une lettre qu’il adressa h Sa Sainteté, en date du 6 mai 1849. Exposant d’abord les sentiments des tidèles de ses deux diocèses, il disait que leur dévotion envers la Sainte Vierge lui paraissait être sans bornes; qu’ils seraient remplis d’une extrême joie si la Chaire suprême rendait à la Bienheureuse Vierge l’honneur de proclamer sa Conception Immaculée, et qu’ils le désiraient ardemment. Passant ensuite à l’expression de ses dispositions personnelles, il déclarait tenir pour certain que la vérité de limmacnlée Conception de Marie était contenue implicitement dans l’Ecriture et la Tradition, h la manière de plusieurs autres qui, dans la succession des temps, avaient été déclarées dogmes de foi, et qu’il la considérait, par conséquent, comme pouvant être l’objet d’un décret dogmatique. Il appuyait ce sentiment par l’indication sommaire des preuves et des monuments qui pouvaient servir de point de départ à celle détinition, et il ajoutait : « Je conjure Votre Béatitude de porter, pour la plus grande gloire de Dieu et du Christ Rédempteur, pour l’houueur de la Bienheureuse Vierge Marie et la joie de l’Eglise, votre jugement décrélorial suprême, proclamant que la Bienheureuse Vierge Marie a été entièremept préservée de toute tache originelle (1). »

Le 6 mars 1850, Louis Guglielsii, Évêque de Scutari, écrivit à Son Éminence le Cardinal Fransoui, pour le prier de transmettre au Saint-Père le sentiment profond et le vœu ardent de son cœur qui le portaient à demander que la

fum Immaculatum omntno fuitte aique ab omni promu originalû culpte labt immunem. Prisevcndi, le 15 juillet 1849 : Pantin, etc , roi. I, pag. 441.

(1) Dnlum Scodræ iuEpirodiefi auii non. Hedemptionis 1849: Pantin, etc., rot. 1, pag. 159.

croyance déjà universelle en faveur de l’immaculée Conception de Marie fût érige'e en dogme par sa décision suprême. Ce Prélat avait enseigné la doctrine de l’immaculée Conception lorsqu'il professait la théologie. Prenant l'initiative sur les Evêques de ces contrées, il avait obtenu, dès l'année 1840, la faculté de faire ajouter le mol lmmaculata à la Préface de la Conception et le verset Virgo Immaculala aux Litanies de la sainte Vierge. Il invitait les âmes pieuses à prier pour hâter l’heureux jour de cette définition Apostolique d'un dogme qui devait être pour l’Eglise et pour les pécheurs la source de grandes miséricordes et de précieuses consolations (l).

DXL. — SEBEN1CO (dalmatie).

Jean Bercich, Évêque de Sebenico, rendait témoignage au Saint-Père des dispositions de son diocèse relativement à l’immaculée Conception par sa lettre du 27 novembre 1849. « Les prêtres et les fidèles, disait-il, n’ont qu’une pensée, qu’un désir, c’est qu’il soit défini comme doctrine de foi, par l’autorité et le jugement indéfectible du Saint-Siège, que la Conception de la Bienheureuse Marie Vierge a été Immaculée et exempte de toute tache du péché originel. Aussitôt que ce titre si désiré aura été attribué à la Bienheureuse Vierge par le jugement infaillible du Saint-Siège, per infallibilesanctæ sedis judicium, il sera pour tous un grand sujet de joie; car tous les fidèles de ce diocèse ont un culte trèsaffectueux envers cette miséricordieuse Mère de tous les hommes. Quant à ce qui me concerne, ajoutait-il, prosterné aux pieds de Votre Sainteté dans l’allégresse de mon coeur et la plus profonde soumission, je crois et professe, pour la plus grande gloire de Dieu et de la Vierge, la Conception Immaculée de la Bienheureuse Mère de Dieu : car il a fallu

(1) Zara, le 6 mars 1850: Paberi, etc., vol. III, pag.250.

que la Mère de Dieu, la Reine des Anges et des hommes, fût conçue en toute pureté (1). »

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