DXL1. SÉEZ (FRANCE
Le Rituel publié en 1744, par l'ordre de Louis-François Neel de Chhistot, Évêque de Séez, nous offre une preuve authentique de la croyance de cette Eglise, touchant l'immaculée Conception de la glorieuse Vierge Marie. Nous y lisons, à l’article des annonces que les curés devaient faire au Prône, la formule suivante (tour la fêle de la Conception : « Le 8 du présent mois (de décembre), se célébrera la fête de la Conception de la Très-Sainte Vierge; nous devons en ce jour admirer la grâce spéciale que Dieu a faite à Marie, en la préservant de la tache du péché originel. Il était en effet de l'honneur du Fils de Dieu que la Mère dont il devait naître fut plus sainte qu’aucune des créatures, et qu’elle n’eùt point de part à leur corruption (2). »
DXL1I. — SEGNI (états pontificaux).
La réception de la Lettre Encyclique du 2 février avait souverainement réjoui le cœur de Louis Ricci, Évêque de Segni, parce que, comme il le disait lui-même dans sa lettre au Saint-Père du 2(5 juillet 1849, il en avait conçu l’espoir que l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge serait un jour détinie par l 'oracle du Saint-Siège, qui ne peut ni être trompé ni induire en erreur. « Rien, ajoutait-il, ne pouvait être plus agréable, soit pour moi, qui ai toujours professé le sentiment le plus honorable h la Vierge, soit pour le clergé et le peuple de mon diocèse, qui ont la même croyance profondément gravée dans le cœur, et que personne ne surpasse dans la célébration solennelle de la fête de
(1) Sihcnici in Dalmatia, die 27 novembris anni 1849: Pareri, etc., vol. II, pag. 390.
(2) Rituale Sagicnsc, elc. ; Pansiit, 1744, pag. 406.
celte Conception. Une neuvaine précède ce jour dans toute l'étendue du diocèse ; plusieurs jeûnent la veille au pain et k l’eau; dès le matin, les Eglises se remplissent d’hommes et de femmes: presque tous s’approchent de la Pénitence et de l'Eucharistie, et partout où il y a une image exposée de la Vierge sans tache, chacun témoigne sa dévotion envers elle par des signes et des pratiques extérieures. 11 n’y a donc pas lieu de douter que mon clergé et mon peuple ne participent aux prières publiques que j’ai prescrites conformément à vos ordres, et qu'ils ne s’excitent encore plus vivement au culte de la Mère de Dieu, si Votre Sainteté propose k tous les fidèles de croire k son Immaculée Conception comme a un dogme de foi, chose que non-seulement j’ose espérer, mais que je regarde comme assurée. » Enfin, après avoir rappelé quelques autorités comme déterminantes, ce Prélat concluait en ces termes : « Puisqu’il en est aiusi, je suis bien convaincu de l’exemption de la Bienheureuse Vierge de la tache originelle; je prie et supplie Votre Sainteté de la proclamer par son jugement, que personne ne pourra décliner, et d’en faire un objet de foi pour toute l'Église pi). »
DXLUI. — SÉLEUC1E ( Archevêché in partibus).
Marie-Joseph Mazzetti, Archevêque de Séleucie (in partibus), de l’ordre des Carmes, zélé en tout temps pour l’honneur et le culte de Marie, et ayant toujours été lui-même personnellement animé envers elle d’une grande dévotion, s’empressa de suivre, en 1848, l'exemple de l’Episcopat du royaume de Naples, qui demandait au Souverain Pontife la définition dogmatique de l’immaculée Conception. Il écrivit donc k Sa Sainteté dans ce but, la veille des Ides de no-
(I) Spem cnim dise Littcræ) injcccrunt futurum ut aliquando istius Sedia oraculo, qxue nec falli poiesl rxec fallere, dcliniatur Immaculalus Bealæ Virginia Conceptus. . Ut tandem judicio Tuo, eu* reluclari ntmo pouit, deelarelur et credenda loti Ecclesiæ proponalur, etiam atquc etiam rogo. Signix, 26 julii 1849: Pareju, etc., vol. I, pag. 405.
vembre de la même année, une lettre où il exprimait son voeu en ces termes : « Moi aussi, le plus humble des Évêques, je vous prie et conjure instamment, si vous le jugez utile au bien de l’Église, de déclarer qu’il y a obligation de croire ce que déjà toute l’Église professe au sujet de 1 Immaculée Conception de la Mère de Dieu, conformément à la tradition de nos ancêtres (1). »
DXL1V. — SÈGOV1E (espagne).
Fr. François de la Foente, Évêque de Ségovie, de I Ordre des Frères-Prêcheurs écrivit au Saint-Père, le 50 mai 1849, en réponse à l’Encyclique du 2 février. Après s'être bien assuré des sentiments de scs diocésains, tant ecclésiastiques que laïques, il attestait à Sa Sainteté que la croyance à la Conception sans tache de la Mère de Dieu était générale parmi eux, et il n'hésitait pas à adirmer que leurs désirs étaient en harmonie avec ceux de toute l'Eglise, qui soupirait après la déclaration dogmatique de ce mystère. Le Chapitre de sa Cathédrale, en particulier, avait témoigné une joie extraordinaire en apprenant que le moment de cette définition approchait, conformément au vœu qu’il en avait toujours formé depuis des siècles. Ses membres, depuis un temps immémorial, s’engageaient par serment, ainsi que l’Évêque, en prenant possession, à défendre ce privilège de .Marie. Une image antique de l lmmaculée Conception, provenant des restes d’une cathédrale primitive, est placée au-dessus de l’une des portes de l’Église actuelle, appelée la porte du Pardon, avec celte inscription en caractères d’une époque trèsreculée : « Cette Eglise cathédrale a toujours confessé que je suis Vierge conçue sans péché originel. » — «Mon avis et mon sentiment sont les mêmes, ajoutait ce Prélat ; je crois que lame de Marie, lorsqu’elle a été unie à son corps, n’a apporté ni contracté aucune tache, ayant été préservée de la
(1) Datum Ncapoli pridie Id. nov. 1848 . P»ribi, de., Tôt. IX, pag. 216.
plus légère ombre tlu péché originel, par un effet de la grâce dans laquelle elle a été créée. Et comment pourrait-on en douter, puisque l'Église célèbre depuis tant d’années la fête de ce mystère? Le temps opportun est arrivé ; c’est le moment de rendre la définition dogmatique de cet article, qui réunit tout ce qu’il faut pour être déclaré de foi. Pour ma pari, je demande humblement à Votre Béatitude celte consolation pour les fidèles de toute l’Eglise catholique, qui espèrent avec fondement que ce sera pour tous une source de grâces, et pour l’Eglise si affligée de nos jours une cause de prospérité et de paix il).
Déjà, en 1714, l'Évêque de Ségovie avait écrit au pape Clément XI, pour le prier de se montrer favorable aux vœux des royaumes de Castille, d’Aragon et de Valence, en définissant et en déclarant article de foi le mystère de l’immaculée Conception de la Très-Sainte Vierge Marie (2).
Le Chapitre de l’église cathédrale de Ségovie, pensant comme l’Évêque, et désirant ce que désirait l'Évêque, fil la même demande au Souverain Pontife : il le priait de vouloir bien décréter que la Vierge Marie a été conçue sans tache dans le premier moment de son existence (ô).
DXLV. — SÉGOIWE (espagwe).
Fr. Dominique Canubio, Évêque de Ségorve, écrivait au Saint-Père, le 11) mai 1851), que le clergé et le peuple de son diocèse étaient animés, de temps immémorial, d'une ferveur et d’une dévotion particulières envers l’immaculée Conception de la Mère de Dieu ; que celte croyance était aussi bien établie parmi eux que les vérités au sujet desquelles les enfants de l’Église n’avaient jamais éprouvé aucun doute ; et que, de la manière dont le peuple avait accueilli les prières
(1) Segovia, 30 de mayode 1849 : Parfsi, etc., vol. I. pag. 238.
(2) Mojados, y febrero 24 de 1714 : Pamiu, etc., vol. VIII, pag. 491.
(3) Oie 17 februarii ann. 1714: P«uu, etc., vol. VUI, pag. 550.
prescrites conformément aux intentions exprimées dans l’Encyclique, on pouvait bien se faire une idée du désir qu’il aurait de voir Sa Sainteté, inspirée par le Saint-Esprit, ajouter à l’honneur de Marie par une définition dogmatique. Il terminait en suppliant le Saint-Père de proclamer comme dogme de foi que Marie la très-sainte Mère de Dieu et Notre-Dame a été conçue sans la tache du péché originel (I).
DXLVI. — SÉNEZ (France).
En 1457, George, Évêque de Sénez, dont le Siège a été supprimé, a souscrit les actes du Concile d’Avignon qui avait été convoqué par le Cardinal de Foix, Archevêque d’Arles. Or ce Concile a prescrit d’observer inviolablement le décret du Concile de Bâle, qui s’est prononcé formellement en faveur de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie (2).
DXLVII. — SENLIS (france).
L’Église de Sentis, dont le Siège a été supprimé par le Concordat de 1801 , et se trouve aujourd'hui réuni â celui de Beauvais, professait publiquement l’immaculée Conception de lu Mère de Dieu.
Le Rituel à l'usage de ce diocèse, imprimé en 17G4, par l’ordre de Jean-Armand de Rooleeaure, Évêque de celte ville, prescrivait aux curés d'annoncer au Prône la fête de la Conception de la Sainte Vierge, de la manière suivante : « La fête de la Conception de la Très-Sainte Vierge est pour nous, mes Frères, un jour et un signe de joie : parce qu’en nous annonçant la naissance de Marie elle nous annonce le salut qui doit nous être apporté par Jésus-Christ.' Cette Conception de la Mère de Dieu est toute sainte ; et l’on doit, pour l'honneur de son Fils, en écarter toute idée et tout soupçon de péché.
(1) Ségorre, 50 mai 1850 : I'imai, etc., toI. III, pag. 145.
(2) Voyez Avioson.
La sagesse iucréée, en formant Marie, a voulu se préparer une demeure digne d’elle. Pour tirer du fruit de cette fête, travaillons sans relâche k nous purifier; évitons les moindres fautes et tout ce qui pourrait nous porter au mal ; Marie, pleine (le grâce, exempte du péché d'origine, le fut encore de ses tristes suites ; elle n’éprouva point les rébellions de la chair contre l’Esprit (I). »
DXLVI1I. — SENS (francs).
M. Jolly, Archevêque de Sens, est du nombre des cinquante cl un Prélats français qui, en 1843, écrivirent successivement au pape Grégoire XVI, pour le prier de définir comme dogme de foi l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie (2). Il renouvella la même demande h l’occasion de l’Encyclique du 2 février 184!). H écrivit au Souverain Pontife : « Le pasteur, le clergé et le peuple de l'archidiocèse de Sens, animés d’une dévotion particulière envcrsla Bienheureuse Vierge Marie, désirent très-ardemment que le Saint-Siège Apostolique définisse comme doctrine de l’Église Catholique que la Conception de cette Vierge a été entièrement Immaculée (3). »
Enfin M. Jolly et les Évêques de la Province, étant réunis en Concile k Sens, en 1850, portèrent le décret suivant touchant l'immaculée Conception de la Mère de Dieu :
« Nous supplions le Saint-Siège Apostolique, avec l’ardeur la plus vive et d’une voix unanime, de vouloir bien définir comme devant être pour tout le peuple chrétien un objet d’enseignement, de conviction et de foi, le sentiment qui a pris naissance au berceau même du christianisme, touchant
(1) Hilu.ile ad usum Diceccsis Sylvanectensis, etc. ; 1764, pag. 542.
(2) Voyez Arras.
(3) Paslor, Clerus ac populus Archidiœccsis Senoncnsis, mira dcvolionc magnoque gaudio perfusi, verbis ardentisaimis exoptant, ut tanquam Ecclcsiæ Catho- Hcœ doctrinam detinire velit Sancta Sedes liomana Beatissim» Virginia Marin Conceplum omnino fuisse Immaculalum. Senonis , die8aprili* 1849 : Pareri, clc., vol. I, pag. 56.
l'immaculée Conception de Marie, la bienheureuse et trèsglorieuse Vierge Mère, et qui. ayant son principe dans le sens intime de la foi, a été inspiré et transmis, sans interruption à travers les âges, par les pères a leurs enfants ; sentiment cher à l'Eglise, honorable pour Marient pour le Christ lui-même, répandu et dilaté dans toutes les parties du monde chrétien, enté sur la Tradition, recommandé par tant de Souverains Pontifes, et spécialement par Alexandre VII, ratifié et consacré par des l'êtes et des oflices établis h cet effet 11). »
Les Prélats qui ont souscrit ce décret sont : MM. Mellon Jolly, Archevêque de Sens, président du Concile ; Dominique- Augustin Dufêlre , Evêque de Xevers ; Pierre-Louis Cœur , Évêque deTroyes; et Pierre-Simon-Louis-Marie de Dreux- Brézé, Evêque de Moulins.
DXLIX. — SESSA (royaume de xaples).
Ferdinand Girardi, Evêque de Sessa. qui, le9 octobre 1848, avait écrit au Saint-Père, pour le prier de définir comme dogme de foi l’immaculée Conception de la Vierge Marie (2), répondit le 2 avril 1849, avec les accents de la joie la plus vive, aux questions posées dans la Lettre Encyclique, se félicitant de voir les vœux des fidèles près d’être remplis, et bénissant Dieu pour les démarches faites dans ce but par les Evêques. Eutre tous les enfants dévoués de la Bienheureuse Vierge Marie, répandus dans tout le monde catholique, qui désirent que cette vérité soit ainsi définie, le clergé et le peuple fidèle de mon diocèse, disait-il, ne le cèdent h personne. Sans revenir sur sa lettre de l’année précédente, il s’y référait pour l’expression de son sentiment propre et de ses vœux, et il ajoutait : « Je prie et conjure ardemment Votre Béatitude de définir au plus tôt que, par un privilège spécial de Dieu, notre Mère très-aimante h tous a été conçue sans la tache originelle ; et alors, comme plusieurs autres, je pense
(1) Voye» Appendice 111.
(2) Datum Neapoli die 9 octobiis 1848 : Pareri, elc., vol. IX, png. 145.
que nous recouvrerons tous en Jésus-Christ la paix que le malheur des temps a si profondément altérée (1). »
DL. — SEVILLE (espagne).
En 1845, Jude-Joseph Romo-y-Gamboa, Évêque des Canaries, avait adressé au pape Grégoire XVI une supplique par laquelle il priait instamment Sa Sainteté de permettre pour toute l’Eglise l’addition du mot Immactdala dans la Préface de Conreplione, et de rendre obligatoire dans les Litanies de Lorelte l’invocation Regina sine labe concepta.
Ce Prélat, transféré a l’Archevêché de Séville en 1847, et décoré depuis de la pourpre Romaine, a renouvelé sa démarche auprès de Pie IX, et lui a fait parvenir l’expression des mêmes vœux, par l’entremise de l’Eminent cardinal Lambruschini (2).
On sait d’ailleurs que Séville est toute dévouée k Marie, et que cette antique cité s'est toujours distinguée par une foi vive au mystère de son Immaculée Conception, surtoutdepuis le commencement du dix-septième siècle (5).
DLL — SIAM (asie).
En 1845, Jean-Baptiste Pallegoix, Évêque de Mallo in partibus , Vicaire Apostolique de Siam, s’associant aux vœux des Évêques qui désiraient la définition dogmatique de l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, écrivait au Pape Grégoire XVI, pour le prier de déclarer et de définir, en vertu de son autorité infaillible, infallibili auctoritute, que la doctrine qui exempte la Conception de la Vierge Marie de toute tache originelle, est contenue dans la parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition (4).
(1) Datum Sucssædie 2 nprilis 1849 : Pareri, etc., vol. I, pag. 42.
(2) P are ri, etc., vol. IX, pag. 113.
(3) Pareri, etc., vol. IV, pag. 220.
(4) Voyez Toulocse.
DI.II. — SIENNE (toscane).
Lettre de Joseph Mancini, Archevêque de Sienne, au Préfet de la Congrégation des Évêques et des Réguliers, en date du 4 novembre 1851. « Éminence Révérend issi me , Bien que, dans le Concile provincial de Sienne, tenu au mois de juillet 1850, tous les Évêques qui le composaient, c’est-à-dire l’Archevêque soussigné et ses suffraganls, ainsi que les Évêques d’Arezzo, de Montalcio et Monlepulciano, aient manifesté par une acclamation unanime leur vœu de voir l’immaculée Conception de la Très-Sainte Marie, Mère de Dieu, définie par le Saint-Siège comme dogme de foi, je me crois néanmoins obligé de faire connaître à la Sacrée Congrégation les dispositions de mon diocèse, en particulier, sur ce sujet.
« Ayant donc ordonné, conformément à la vénérable Encyclique de Sa Sainteté, du 2 février 1819, que les prières mêmes qui y étaient indiquées fussent récitées dans toutes les Églises, et ayant en même temps invité les curés, les Chapitres, les monastères, etc. , à exprimer sur ce point leur vœu et celui des peuples confiés à leurs soins, j’ai reçu de toutes parts des réponses uniformes, tant par lettres que de vive voix, constatant que le vœu général soit du clergé, soit du peuple, était que l’exemption de Marie très-sainte du péché originel, dès sa Conception, fût définie comme article de foi par le Chef de l’Église (1). »
DL1II. — SIGUENZA (esfagse).
En 1714, le Siège Épiscopal vacant, le Chapitre de l'Église de Siguenza, mettant en avant la croyance générale touchant l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, priait le Pape Clément XI de déclarer et de décréter, comme article de foi,
(i)Sicna, 4 nov. 1851 : Pareiu, etc., toi. VU, pag. 140-
que la Très-Sainte Vierge Marie a été conçue sans la tache du péché originel. Il ajoutait que c'était la demande du royaume et de toutes les Églises cathédrales de l'Espagne, la demande de l’Eglise de Siguenza, spécialement dévouée à ce] grand mystère (1).
DLIV. — SINIGAGL1A (états poktificaux ) ,
F. Just De Recanati, Évêque de Tripoli in partibns, Administrateur Apostolique de Sinigaglia, aujourd’hui Cardinal de la Sainte Église Romaine, adressa simultanément au Saint- Père. le 10 septembre i 849, une lettre par laquelle il rendait compte de ce qu'il avait fait pour remplir les vues de l’Encyclique du 2 février, et la réponse directe par laquelle il faisait connaître les dispositions de ses diocésains. Il se félicitait de n’avoir trouvé personne dans ce diocèse qui contestât la vérité de l'ImmaculéeConception, et presque personne qui n'honorât spécialement Marie sous ce litre, ainsi qu’il résultait des documents transmis par tous les curés, et il concluait de ce fait qu’un décret dogmatique, ayant pour objet de proclamer l’Im maculée Conception de la Vierge, dès le tout premier moment de son existence, serait conforme au vœu commun. Ce vœu avait été exprimé formellement par tous les ecclésiastiques, et par ceux des laïques qui connaissaient la question sous son point de vue historique. Les huit Chapitres établis dans le diocèse avaient émis un sentiment unanime et motivé.
Beaucoup de fidèles ignoraient si la question avait été décidée ou non par l’Église et si elle avait besoin de l’être; mais tous manifestaient plus de dévotion pour ce titre de la Sainte Vierge que pour tout autre; tous auraient été extrêmement scandalisés si on avait exprimé même un doute sur ce point.
(1) Ifoc cnim roganl humili ohsequio Sanctilatem Y est ram Ilispaniarum Régna... hoc idem omnes corum Kcclesiro Cathédrales, hoc inter cœteras hæc Seguntioa Ecclesia spécial issime huic mysterio devota suppliciter dcprecatur. De hac nostra cicitale Seguntina , die 17 februarii ann. 1714: Paiieiii, etc., vol. VIII. pag. 548.
L’origine de cette croyance, naturellement la même que celle des vérités de la foi, se perdait dans l’antiquité; elle était immémoriale, notamment dans le diocèse, et avait dû présider à sa fondation. 11 y avait trois siècles, l'Évêque Pierre Ridulphi avait statué que, tous les samedis, une Messe serait chantée à la Cathédrale, en l’honneur de l’immaculée Conception, par les soins des Chanoines. Le Prélat conjurait Sa Sainteté, en Unissant, d’exaucer les prières de ses diocésains, qui étaient aussi les siennes (1).
Quelque temps après, l’Evêque de Tripoli souscrivit la lettre par laquelle les Évêques réunis à Lorelte, en 1 850, priaient Sa Sainteté de décréter, comme doctrine catholique de la Sainte Église, que la Bienheureuse Vierge Marie a été entièrement exempte de la tache du péché originel (2).
Le 8 décembre 1847, Antoine-Marie, Cardinal Cagiano, Evêque de Sinigaglia, prévenant les vœux du Souverain Pontife Pie IX, lui avait écrit de Lorelte, au sujet de l'immaculée Conception, et après avoir retracé l’historique de la question, s’était exprimé en ces termes : « Puisqu’il en est ainsi, Très- Saint Père, tout ce qu’il reste à désirer, c’est que vous, quia\cz été établi de Dieu le Docteur suprême et le Mailre infaillible de la foi, vous ordonniez a l’Église universelle de croire que l’âme de la Bienheureuse Vierge Marie, dès le premier moment de sa création et de son union avec son corps, a été exempte et préservée de la tache du péché originel, par une grâce spéciale et un privilège de Dieu, en vue des mérites de Jésus-Christ son Fils, le Rédempteur du genre humain. Celle définition, qui servirait h l'édification des serviteurs de la Vierge, serait en même temps utile et avantageuse k l'Eglise universelle (5). »
(1) Datum Senogalliæ die 10 sept. 1840 : Pareri, etc., vol. II, png 88.
(2) Voyc t Ffc'RUO.
(3) Laureti apud sacrant Maria: Virginia /Kdem, die Ejusdcm Immacnl ilæ Conceplionis anno cliristiano 1847 : Pauem, etc., vol. IX, pag. 109.
DLY. — SINITE ( Évêché in parlibus).
Eugène Deflêches, Évêque de Sinite in part Unis, coadjuteur du Vicaire Apostolique de Sut-Chuen, écrivit au Souverain Pontife, en 1848. qu’il unissait ses vœux et ses prières aux vœux et aux prières des autres Évêques qui désiraient la définition dogmatique de l’immaculée Conception de lu Mère de Dieu. Cette croyance, disait-il, a pris dans l’Église de tels accroissements, qu'on a lieu de croire que le jour approche, pour le Siège Apostolique, de déclarer et de définir, en vertu de son autorité infaillible, infallibili auctorilate, que cette croyance est contenue dans la parole de Dieu, écrite et transmise par tradition (1).
DLVI. - SION (susse).
Pierre-Joseph De Preix, Évêque de Sion, répondit h l'Encyclique du 2 février 1849, par une lettre détaillée qu’il adressa à Sa Sainteté, le 28 décembre de la même année. Quoiqu’il y eût dans son diosèse, par suite du malheur des temps, des indifférents et des impies peu disposés à se préoccuper de la question de l’immaculée Conception de la Sainte Vierge, leur nombre n’étant pas en proportion de celui des vrais chrétiens qui composaient encore la masse de la population valaisane, il a pu rendre en général au Saint-Père ce témoignage, que les fidèles de son diocèse avaient une vénération filiale envers la Mère de Dieu, autant même et peutêtre plus envers son Immaculée Conception qu’envers ses autres titres. 11 en avait puisé la certitude dans les renseignements que les curés venaient de lui transmettre, dans la manière édifiante dont se célébrait la fête de la Conception, demeurée obligatoire après la suppression de beaucoup d’autres, et dans 1 empressement qu’on mettait à s’enrôler dans
(t) Scribebalur in Yicariatu Sut-cbuonsi apud Sinas. 24 die roaii 1S48 : Paum, etc., vol. III, pag. 41U. — Voyei Toclowe.
les Confréries placées sous le patronage de cette prérogative. Si jusque-là le peuple n’avait émis aucun vœu sur la question d’une délinilion dogmatique, ce n’était pas qu’il pût y être indifférent, mais plutôt parce qu’il jouissait paisiblement de sa pieuse croyance, au point qu'il aurait soupçonné «l’hérésie le moindre doute, et qu’on aurait besoih d’user de précautions en lui annonçant la définition prochainement attendue, pour éviter de causer aux simples de l’étonnement et du trouble. Il aurait donc manifesté un vœu ardent si on lui avait dit prudemment que cela manquait encore à la préroga. ive de Marie, et une immense joie si on avait eu à lui expliquer le décret une fois rendu. Celle piété étant le résultat des exemples et du zèle des Ecclésiastiques, il était facile de se faire une idée des sentiments du clergé. Passant enfin à l’expression de ses propres sentiments, le Prélat démontrait admirablement et successivement la défmibilité canonique et prochaine de la question, l'opportunité d’une définition positive et directe, s’appuyant tour à tour sur les textes de l’Ecriture, l’antiquité de la Tradition, les écrits des Saints Pères, l’assentiment des Théologiens, la pratique de l’Église, les actes du Saint-Siège, les démarches de l’Episcopat, la croyance universelle des fidèles, les raisons de convenance du côté du mystère et du côté des circonstances. Il concluait en demandant que le Saint-Siège, outre la définition dogmatique, s’il jugeait à propos de la donner, indiquât pour la fête un Office propre cl obligatoire dans tout le monde catholique, afin de rehausser le culte public et d’accroître la dévotion du clergé (I ).
DEVIE — SIUNA ( Archevêché in partibns).
Georges Hi iimi z, Archevêque de Siuna in partibns, et Abbé général de la Congrégation des Méchitaristes de Venise, écrivant au Saint-Père, le 17 décembre 1854, se réjouissait de
(t) Seduni in Vallcua, Jic28 dcccmim* 1849 : Paueiu, olc., vol. Il, pag 474,
ce qu’enfin, avec l'aide de Dieu, le dogme de l’immaculée Conception venait d’être proposé à la foi des fidèles, et ajoutait que c'était le sujet d’une grande joie pour sa Congrégation, qui avait toujours favorisé de toutes ses forces cette croyance avant qu’elle fût définie, et qui avait beaucoup prié pour qu’elle ne lût plus un simple objet de dévotion, mais un point de foi unanime (1).
DLVIII. — SMOLENSK ( Russie d’ecrope).
Au commencement du seizième siècle, le diocèse de Smolensk célébrait la fête de la Conception de la Vierge Marie, suivant l’Ollice rédigé par Léonard deNogaroles, et approuvé par le Pape Sixte IV : ainsi l’avait ordonné pour toute la province le Concile de (inesne qui se tint vers l’an lôlO. Or, cet Office exprime, de la manière la plus formelle, V Immaculée Conception de la Mère de Dieu, son exemption entière et absolue de la tache du péché originel (2).
DL1X. — SMYRNE (anatolie).
Antoine Missabini , Archevêque de Smyrne, écrivait au Souverain Pontife, le 10 avril 1849 : «J’ai reçu les Lettres Apostoliques de Votre Sainteté avec une très-grande joie. La dévotion et les vœux du diocèse de Smyrne h l’egard de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie sont parfaitement établis et incontestables. Dès le début de mon épiscopal, j’ai choisi pour Patronne la Mère de Dieu sous le titre de l’immaculée Conception, dont tous nos fidèles ont toujours célébré la fête avec une piété marquée. Toutes les communautés religieuses, dans ces contrées, honorent et professent celte même prérogative. L’assentiment, la foi, la piété, sont donc unanimes et universels dans ce diocèse.
(1) Venise, île de Saint-Lazare, le 17 décembre 1854: Pareri, etc., vol. IX, app. II.
(2) Voyez Gresne.
Quant à moi, je prie Dieu instamment chaque jour pour qu'il soit procédé au plus tôt à la définition Apostolique de ce dogme (1). »
DLX. — SOANA et PIT1GLIANO itoscake).
François Baiizellotti, Evêque de Soana et Pitigliano, écrivit au Saint-Père, le XI des kalendes du mois d’août 1849. Après avoir indiqué d’abord à Sa Sainteté, dans un style abondant et animé, la prière qu'il allait lui adresser, conformément h l'esprit de la Lettre Encyclique et aux suppliques antérieures dont il y était fait mention, il énumérait rapidement les divers genres de preuves sur lesquelles reposait la croyance à l’immaculée Conception, et terminait ainsi sa lettre : « Cela étant, Très-Saint Père, qui tenez sur la terre la place de Jésus-Christ dans la personne de Pierre, qui seul avez reçu de Dieu le pouvoir d’interpréter le sens et les oracles des divines Écritures, et qui tenez d’une promesse d'en haut l’assurance de ne défaillir jamais dans la foi, il ne me reste qu’à me prosterner aux pieds de Votre Sainteté, la priant et conjurant d’accéder, avec l'aide de la lumière céleste, au désir et au vœu unanime de l'Église universelle, eu décidant et terminant cette question; en rendant un décret du haut de la Chaire de Pierre, avec l’autorité qui vous appartient, et en définissant positivement que l'Église catholique croira à jamais a la Bienheureuse Vierge, la très-digne Mère du Fils de Dieu, conçue sans aucune tache originelle, etlhonorera comme telle par son culte et par ses prières publiques (2). »
DLXI. — S01SS0NS (frasce).
En 1845, Jules-François De Simo.ny, Évêque de Soissons, écrivit au Pape Grégoire XVI, pour le prier de définir, comme dogme de foi, la croyance généralement reçue dans l’Eglise
(1) Smyrnis, 10 aprilis 1849 : Paueri, clc., vol. I, pag. 74.
(2) Petiliani, XI Kalendas augusti anni 1849 : Pareri, etc., vol. I, pag 450.
Toiiclianl l’immaculée Conception de la Vierge Marie. Il ajoutait que le peuple chrétien applaudirait à celte définition, en s'écriant . Pierre a parlé par Grégoire, Petnis per Gregorium locutus est (1).
Son successeur, Paul-Armand-Ignace-Anaclel De Garsigmies, répondant a l’Encyclique du 2 février 184!», écrivait à notre Saint-Père le Pape Pie IX qu’ayant reçu les Lettres Apostoliques de Sa Sainteté, il les a aussitôt adressées aux curés de son diocèse avec une Instruction Pastorale et un Mandement qui prescrivait des prières publiques à l’intention de Sa Sainteté; que. ces Lettres ayant été lues dans toutes les Eglises, les fidèles ont éprouvé la même consolation que (’Êvéque, en apprenant quel en était l’objet. Car, comme il le rapporte, les fidèles croyaient pieusement que l'immaculée Mère de Dieu, par dérogation k l'étal de nature tombée, a été conçue sans le péché originel. Rien donc, ajoutait-il, pour ce qui regarde mon diocèse, ne parait s’opposer h ce que le Saint- Siège se prononce en faveur de l’immaculée Conception de Marie; bien plus, les membres du Chapitre de la cathédrale, les directeurs des séminaires, les professeurs de Théologie, les autres prêtres exerçant le ministère sacré, et les fidèles qui pratiquent la piété, n’ayant pas d’autres sentiments que le Pasteur du diocèse, s’unissent h lui et demandent instamment avec lui que Votre Sainteté veuille bien définir solennellement, comme doctrine de l’Eglise catholique, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été entièrement immaculée et exempte de toute tache du péché originel : « de manière, cependant, que la très-pieuse croyance de l’immaculée Conception de la Mère de Dieu ne soit point assimilée a un article de foi formel ou exprès, de craiule que les faibles n'en soient peut-être offensés. »
Mais l’Évêque de Soissons s’en rapportait au jugement irréfragable du Siège Apostolique; il ajoutait aussitôt : « Néanmoins, Très-Saint Père, quel que soit le décret qu'il plaira
(t) V'ovei Abris.
à Votre Sainteté de porter sur cette question, nous le recevrons comme devant être la vraie règle, la règle invariable de notre foi et de notre conduite; car nous confessons avec les Pères du Concile de Florence et toute l'antiquité chrétienne que le Pontife Romain est le successeur du Bienheureux Pierre, Prince des Apôtres, le vrai Vicaire de Jésus-Christ, le Chef de toute l’Eglise, le Père et le Docteur de tous les chrétiens, et qu'il a reçu de Jésus-Christ, dans lu personne du Bienheureux Pierre, le pouvoir suprême de paître (d'enseigner) l'Église universelle (1). »
Le même Prélat, assistant au Concile provincial de Reims, qui s'est ouvert dans la cathédrale de Soissons le 1" octobre 1841), a souscrit le décret dans lequel les Evêques de la province, renouvelant In demande qu'ils avaient faite individuellement, priaient le Siège Apostolique de définir, comme doctrine de l'Eglise catholique, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été absolument Immaculée et entièrement exemple de toute tache du péché originel (2).
Nous ajouterons : Le Manuel du diocèse de Soissons imprimé, en 1778, par l'ordre de H.-J.-Claude de Bourdeilles, Evêque de celle ville, contient, à l'article des annonces à faire au Prône, la formule suivante, qui est une profession publique de l’immaculée Conception de la Vierge Marie: « Nous célébrerons (le 8 décembre ) la fêle de la Conception de la Très-Sainte Vierge. Nous devons en ce jour admirer la grâce spéciale que Dieu a faite a Marie en la préservant de la tache du péché originel; il était en effet de l’honneur du Fils de Dieu que la Mère dont il devait naître fût plus sainte qu’aucune des créatures et qu’elle n’eût point de part 'a leur corruption. »
(1) Nihilominus, Bcalissime Pater, quidquid ea de rc dcfmirc Sanctitali Vcstræ placucrit, dccrctum Scdis Apostolicse ut vernm et firntiter tenendam crcdendi agendique régulait) accipieinus. Suetsiotie, die 27 mar/i) 1850 : Par» ni, etc,, vol. III, pag. 289.
(2) Voyez Appendice III.
DLXII. — SONORA (Mexique).
Lazare, Évêque de Sonora, écrivit au Saint-Père en réponse a l’Encyclique du 2 février, le 1" août 1849 : « L’affaire en elle-même, disait ce Prélat, est assurément de la plus haute importance; il n’est pas moins certain qu’elle est déjà décidée par la dévotion et la piété des peuples; et ce qui est bien conforme à vos vœux, c’est, comme je le crois, qu’il n’y a point d’Évêque qui ne la favorise volontiers, et même qui ne l'appuie par un jugement bien arrêté. Proposer au peuple cet article de foi comme étant encore h définir, ce serait chose étrange h ses yeux. Ignorant les décrets des Souverains Pontifes h ce sujet, il traiterait d’împie et de blasphémateur quiconque avancerait une assertion en sens contraire. On pourrait dire que la piété des fidèles a triomphé des cœurs et de la doctrine des dissidents, et qu’elle a rendu aux sages en les ramenant h elle la foi qu’ils avaient reniée. Tous aujourd’hui n’ont qu’un cœur et qu’une âme. » Pour lui, il avait toujours cru, enseigné, prêché la doctrine de l’immaculée Conception de Marie, et, lidèle h tout son passé, il priait Sa Sainteté de déclarer que celte croyance devrait être désormais professée par tous comme un dogme de la foi (11.