‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 254 sur 279 · DLXII I. — SOPHIA (TURQUIE D’ EUROPE · texte numérisé non relu

DLXII I. — SOPHIA (TURQUIE D’ EUROPE

François-André Casova, de l’Ordre des Mineurs Capucins, Évêque de Croia in partibus, Vicaire Apostolique de Sophia, écrivit à Pie IX, le 21 juin 1849, en réponse h l’Encyclique du 2 février. Il déclarait positivement que, à son avis, le temps marqué par la divine Providence pour la proclamation de la magnifique prérogative de Marie était arrivé. Il s’unissait de tout cœur au sentiment presque général des

(1) E c i vitale Sancti-Michaelis de Culiacan, die i augusti, anno. Dom. 1849 : Pareri, etc., vol. It pag. 474.

Pères, a l’autorité de la Tradition, a la pieuse croyance de l’Église et aux démonstrations émanées de la plume d’écrivains modernes, et il émettait le vœu qu'il fût établi comme dogme de foi que Marie très-sainte a été préservée de tonte tache, et par conséquent que sa Conception a été Immaculée.

C'était aussi le sentiment de ses missionnaires, qui désiraient ardemment la même définition et réclamaient pour leur usage le nouvel Office concédé par Sa Sainteté pour l’immaculée Conception.

Quant aux fidèles de ce Vicarial, ils étaient animés de la plus grande et de la plus fidèle dévotion k la Sainte Vierge; ils exprimaient leur croyance à l’immaculée Conception en la désignant sous les titres de très-pure, Immaculée, conçue sans péché, sans ombre de souillure. On pouvait donc être assuré qu’ils apprendraient avec une extrême joie que le Chef suprême eût défini sa Conception comme très-pure, Immaculée et sans ombre de tache originelle (1).

DLXIV. — SORRENTE (oeüx-siciles).

Léon Ciampa, Archevêque de Sorrenle, ayant rédigé une dissertation apologétique en faveur de l'immaculée Conception de la Sainte Vierge, pendant l’exil de Pie IX, et sans doute avant l'apparition de l'Encyclique du 2 février 1849, bien que nous n’en connaissions pas la date précise, l'envoya h Sa Sainteté. Il y défendait la pieuse croyance par des preuves tirées des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament, des écrits des Saints Pères, des actes des Souverains Pontifes, et de la haute convenance de cette prérogative pour l'honneur du Fils de Dieu et de sa sainte Mère. Pour conclusion, s’adressant directement à Marie, il la louait et la félicitait de ce beau privilège en des termes empruntés à la Bible, et avant d’appeler sa puissante protection sur le Pape, sur le roi des Deux-Siciles et sur ses États, il lui disait : « Faites,

(1) Filippopoli, 21 giugno 1849 : Tareri, elc., vol. ï, pag. 329.

ù tendre Vierge! que ceux qui, de cœur et de bouche, sont unanimes à vous proclamer conçue sans la tache originelle, voient leur vœu se réaliser, et professent cette doctrine comme doctrine catholique (I). »

DLXV. — SOUTHWARK (angleteriie).

En 1850, l'administrateur du diocèse de Southwark, qui était le Cardinal Wiseman, priait noire Saint-Père le Pape, tant au nom des catholiques de ce diocèse qu’en son propre nom, de vouloir déclarer par un décret dogmatique que Marie toujours Vierge a été conçue sans aucune tache du péché originel, et de proposer comme article de foi cet insigne privilège de la Mère de Dieu (2).

M. Chant, Évêque de Southwark, a pris part aux conférences tenues par les Evêques réunis h Rome quelques jours avant la proclamation du dogme de l’immaculée Conception de la glorieuse Vierge Marie.

DLXVI. — SPALATRO et MACARSKA (dalhatie).

Louis-Marie Pini, Évêque de Spalatro et Macarska, écrivant au Souverain Pontife le 18 août 1849, en réponse <t l’Encyclique du 2 février, attribuait a une inspiration particulière de l'Esprit-Saint le projet formé par Sa Sainteté de rendre un décret du haut de la Chaire de Pierre, sur l’immaculée Conception, dans le sens le plus pieux des docteurs. II y voyait l'objet des vœux les plus ardents de l'Eglise. Il reconnaissait le droit du Saint-Père et disait anathème h quiconque le contesterait. Dans le clergé, tant séculier que régulier, de son vaste diocèse, il n’y avait personne peut-être qui ne professât la pieuse croyance. Le peuple en était si pénétré et avait tant de dévotion pour cette prérogative de Marie, qu’il avait fallu user de prudence en prescrivant les

(1) Paberi, elc., vol. III, pag. 401.

(2) Vojci Westminster.

prières publiques selon les vues de l’Encyclique. Pour lui, personnellement, ce qu'il avait de plus cher et de plus consolant, c’était d’honorer la sainte Vierge sous l’invocation de ce mystère. 11 soumettait son sentiment au jugement infaillible du Siège Romain; mais il conjurait Sa Sainteté de ne pas tenir plus longtemps en suspens l’espérance des Anges et des hommes (1).

DLXVII. — SPIRE (baviêre).

Les lidèles du diocèse de Spire, ainsi que le mandait à Sa Sainteté PEvèque de celte ville, Nicolas Weiss, le 15 décembre 1 840, étaient si profondément pénétrés de la croyance a l'immaculée Conception de Marie, qu’ils n’avaient aucun doute à ce sujet, et que ceux qui n’étaient pas initiés aux controverses théologiques la rangeaient au nombre des dogmes; ceux qui y étaient initiés, ecclésiastiques ou laïques, désiraient de tout leur cœur, pour la plupart, qu’un jugement du Saint-Siège vint décerner a Marie le même honneur que lui attribuait la commune piété des lidèles. Quelques théologiens et autres ecclésiastiques pensaient que des raisons de prudence s'opposaient ii cette définition ; mais l’Évêque repoussait et réfutait leur opinion. Inspiré par sa profonde conviction, dont il exposait les motifs raisonnés, il déclarait s’unir à tous ceux qui avaient adressé des suppliques au Siège Apostolique, désirant et demandant qu’il fût défini comme doctrine de l'Église que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été tout h fait Immaculée, et exemple de toute tache du péché originel (2).

DLXVI1I. — SPOLÈTE (états-uomains).

Jean-Baptiste Arnaldi, Archevêque de Spolète; Jean, Archevêque-Évêque de Cilla di Caslello ; Joseph-Marie des

(!) Üatum Spalati die 18 augusli 1849 : Pmni, etc., vol. II, pag. 14.

2) S i : die 15 m. dccemhris 1849 : Parebi, etc., vol. II, pag. 4-41.

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Comtes Vespigkahi, Archevéque-Évêqne d’Orvieto; Joachin Pecci, Archevêque-Évêque de Pérouse; Nicolas Belleto, Évêque de Foligno; Joseph Cardinal Pecci, Évêque de Gubbio, Mariano Buasca Bahtocci, Evêque d’Arnelia; Joseph-Marie SevEitA, Évê(|uc de Cilla délia Pieve; Nicolas Giuspigm, Évêque de Porto Mirteto; Joseph-Marie Galligari, Évêque de Narni; Louis Landi-Vittobi, Evêque d’Assise; LetlerioTuncm, Evêque deNorcia; Gaétan Caiiletti, Evêque de Rieli; Jean-Baptiste Pellei, Evêque d'Acquapcndente; Félix Cantihorri, Évêque de Bagnorea; Nicolas Rossi, Evêque de Todi; François Agostiki, Evêque de Nocera; Antoine Magrim, Evêque de Terni ; Antoine Garzoxi, député de l'Évêque de Cività Castellana, réunis en Concile à Spolèle, adressèrent au Souverain Pontife, en date du 21 novembre 1849, une lettre collective, quoique chacun de ces Prélats lui eût déjà écrit antérieurement en son propre nom, pour presser Sa Sainteté de rendre au plus tôt son décret solennel au sujet de l'immaculée Conception de la Vierge Mère de Dieu, espérant que cette expression commune de leurs vœux aurait plus de poids que les suppliques isolées. Ils obéissaient dans cette démarche au mouvement de leur cœur, aux besoins des temps, à la piété de leurs peuples et de leurs Lévites, et ils ajoutaient que la voix de tout l’univers catholique était d’accord avec leurs humbles prières (1).

DLXIX. — SQUILLACE (deux-siciles).

François-Concezio Pasqmni, Evêque de Squillace, écrivait an Saint-Père le 20 avril 1849 : « J’ai reçu avec bonheur et reconnaissance la lettre vénérable de Votre Sainteté concernant la définition à rendre enfin pour la vérité de l’immaculée Conception de la Vierge Marie. Rien ne pouvait m’être plus agréable, à moi enfant de l’Ordre des Mineurs de Saint- François, défenseur de cette doctrine; rien ne pouvait être

(1) Dabamus Spolcti die 21 novembria 1849 : r*»Eiu, etc., vol. Il, pag. S"0.

plus doux au clergé séculier et régulier, dont Marie est la mère très-aimante; rien de plus cher à mon bien-aimé diocèse, qui désire avec impatience que le nom de la Vierge Immaculée soit exalté par toute la terre. Il a fallu que cette cause fût pendante durant plusieurs siècles, comme saint Augustin l’a dit pour d’autres vérités appartenant à la foi catholique, afin qu’elle fût étudiée plus diligemment, comprise plus clairement, prêchée plus instamment; mais aujourd'hui la piété des fidèles envers la Vierge Immaculée a pris tant d'accroissement, que tous demandent avec ardeur qu’elle soit déclarée vérité dogmatique par le Saint-Siège Apostolique (1). »

Déjà, le 2 novembre 1848, ce Prélat avait adressé à Pie IX la même prière en son propre nom, la motivant par diverses considérations de piété, de confiance, de reconnaissance envers la Sainte Vierge, et de déférence pour les vœux du roi des Deux-Siciles (2).

DLXX. -STRASBOURG (francs).

André Rofjs, Évêque de Strasbourg, répondit en 18-19 à l’Encyclique du 2 février de la même année. On voit par sa lettre que la croyance de l’immaculée Conception de Marie dans ce diocèse remonte à la plus haute antiquité; que le clergé et les fidèles avaient une vive et tendre dévotion envers la Très-Sainte Vierge, qu’ils honoraient comme conçue sans tache; que tant qu'il y eut une Université catholique à Strasbourg, personne ne pouvait être admis aux grades académiques sans avoir promis de défendre le glorieux privilège de la Vierge Immaculée. Puis, après quelques réflexions sur l’origine et le développement progressif de cette croyance dans l’Eglise universelle, il déclarait :

(1) Datuin Scylacii die 20 menais aprilis ann. 1819 : Paaeni, etc., vol. I,. pag. 112.

(2) Halimi Siylacen. die aecunda novcmUrts S 848 : Paneai, etc., vol. IX, pag. 170.

1° Que l’Église qui lui est coutiée a été constamment dans la pieuse croyance que la Conception de la Bienheureuse Vierge. Marie a été absolument Immaculée et entièrement exempte de toute tache du péché origine) ; 2° que les demandes des diverses Églises adressées au Siège Apostolique en laveur d’une définition dogmatique du privilège de Marie étaient, h son avis, tout à fait conformes h la foi catholique et puisées à la source même de la révélation ; 5° que rien ne s’opposait h ce qu’une doctrine, vénérable par son antiquité, affermie par les âges, dilatée par le temps, exaltée par la piété, confirmée par le culte public, glorifiée par des prodiges, fût définie comme doctrine de l'Eglise catholique. Il terminait sa lettre en soumettant humblement son sentiment au jugement suprême de Sa Sainteté, du successeur de Pierre, chargé de confirmer ses frères dans la foi (1).

Quelques années auparavant, en 1843, M. lloess avait écrit au Pape Grégoire XVI pour le prier de définir, comme dogme de foi, la croyance généralement reçue dans l’Eglise touchant l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, ajoutant que le monde catholique applaudirait h cette définition, en s'écriant dans son enthousiasme : Pierre a parlé par Grégoire, Petnis per Gregorium beutns est (2).

DLXXI. — SUÈDE et NORVÈGE.

Extrait d'une lettre de M. Studach, Vicaire Apostolique de la Suède et de la Norvège : « Quant a la lettre Encyclique de notre Saint-Père, que Votre Éminence a bien voulu m’envoyer. et qui traite l’importante question de l’immaculée Conception , je ne sais comment exprimer ma joie de ce que Dieu a inspiré au Saint-Père de s’en occuper plus que jamais, dans ce temps qui a plus besoin que tout autre de l’intercession et de la protection puissante de la Sainte Vierge.

(1) Argcnlorati, feria II hcbdom.idœ sanclae, anno salut i? 1849 : Pareri, etc., vol. I pag. 64.

(2) Voyez Arras.

Certes, la solution catholique de cette question viendra mettre en rage tout l'enfer, mais sera de même le triomphe complet de la Mère de Dieu sur la terre, et fixera les yeux de l'univers catholique d'une manière spéciale et ranimante sur le Saint-Siège, et même ceux des héréliques-de bonne foi. Le inonde chrétien est attaqué aux entrailles : doue le remède doit aussi tenir aux entrailles ; et c’est ce que fera la définition finale de la doctrine catholique sur l'immaculée Conception. Nos cinq prêtres catholiques dans la Péninsule scandinavique en sont ravis, en prévoyant que la décision de cette importante doctrine par le Saint-Siège tombera comme la foudre du haut du ciel sur le monde incrédule (1). »

DLXXII. — SUT-CHUEN (chine).

Jacques-Léonard Perocheau, Evêque de Maxula in partibus. Vicaire Apostolique de la province de Sul-Chuen, répondant à l’Encyclique de notre Saint-Père le Pape Pie IX. du 2 février 184'.), attestait h Sa Sainteté que son Coadjuteur, les missionnaires européens et les prêtres chinois de son Vicarial, qu'il avait interrogés de vive voix ou par écrit, avaient tous déclaré qu'ils croyaient très- fermement que la Très- Sainte Mère de Dieu, l’immaculée Vierge Marie, a été conçue sans la tache originelle, et qu'ils demandaient ardemment que Sa Sainteté voulût bien le définir comme doctrine de la foi catholique. « Je le crois aussi très-fermement, ajoutait-il, et je fais la même demande. Ainsi donc, prosternés aux pieds de Votre Sainteté, nous lui demandons tous humblement et ardemment de décréter comme dogme de foi que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été Immaculée et entièrement exempte de toute tache du péché originel i2|. »

(1) La Lettre de Mgr Sludach a été écrite en français et adressée au Préfet do la Propagande. Pareui, etc., vol. 111, pag. 309.

(2) Nos proindc omnes Beatitudinis Vestræ pedibus provoluti humillime et ardenlissime cfllagilamus, ut mature a Bcalitudine Vestra ut fidei dogma decernatur

Déjà, en 1845, ce Prélat avait sollicité cette définition du Pape Grégoire XVI, lorsqu’il lui écrivait que le temps approchait pour le Siège Apostolique de déclarer et de définir, par son autorité infaillible, que la doctrine de l’immaculée Conception de la Mère de Dieu est contenue dans la parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition (1).

DLXXIII. — SYDNEY (Australie).

Jean-Bède Poldixg, Archevêque de Sydney : «Très-Saint Père, la doctrine de l’immaculée Conception de la Vierge Marie s’est sensiblement développée dans l’Église de Dieu; de notre temps, elle a fait, par une disposition spéciale de la Providence, de tels progrès et est parvenue h un tel degré de certitude, qu’il y a lieu de croire que le jour approche où il sera déclaré et défini, par un jugement solennel, émané de l’autorité infaillible du Siège Apostolique de Pierre, que celte doctrine est contenue dans la parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition. Qu’il me soit donc permis d’unir mes vœux et mes prières aux vœux et aux prières des autres Évêques, et de solliciter cette déclaration solennelle de l’Église, espérant fermement que Dieu, à raison de cet accroissement d’honneur et de dévotion envers sa Bienheureuse Mère, ouvrira les sources de toutes ses grâces en faveur des enfants de l'Église l‘2). »

DLXX1V. — SYRA i Évêché in parlibtis).

Fr. Louis-Marie Blascis, Délégué Apostolique de Grèce, répondit â l’Encyclique du 2 février 1849, le 5 des Ides de juin de la même année, par une lettre qu’il adressa au Saint-Père.

Itnmaculalum omnino fuisse et al) Omni pror-us originatis culpæ labc inununem Coneeptuni ItcalisMiiiæ Virginia Maria1. Datum »n provin eux Svl-chutn, c/it22augutli ann. 1850 : I’alkr), etc., vol. lit, pag. 517.

(1) Pascri. elc., vol. IX, pag. 78. — Vojei Tomootr.

(2) Voyei Toutoos* et I’aueui, etc., vol. IX, pag. 78.

Les CJèles confiés a sa sollicitude étaient si pénétrés de la croyance à l'immaculée Conception de Marie, que plusieurs avaient témoigné hautement leur surprise lorsqu'il leur avait prescrit des prières publiques au sujet de la définition dogmatique que le Souverain Pontife méditait. Pour lui, membre de l'Ordre séraphique, il avait toujours professé une dévotion particulière pour la Vierge Immaculée, et il parlait ainsi en son nom, au nom de l'Évêque d’Eumène, son coadjuteur, au nom de son clergé et de son peuple : « Prosternés b vos pieds, Très-Saint Père, nous vous prions et conjurons, pour la plus grande gloire de l'Église triomphante, et surtout de la Mère de Dieu, pour la plus grande consolation et le plus grand bien de l’Église militante, de décerner au plus tôt, par un décret, cet honneur a la Bienheureuse Vierge. » Et un peu plus loin : « Hâtez-vous, Très-Saint Père, et, en votre qualité de Docteur du monde entier, du haut de votre Chaire sacrée, rendez cet honneur suprême ù la Vierge Mère de Dieu, par votre décret dogmatique infaillible (1). »

DLXXV. — SYRACUSE (deüx-siciles).

Le IV des Ides de novembre 1848, Michel Manzo, Archevêque de Syracuse, joignit sa voix à celle des autres Évêques du royaume des Deux-Siciles, pour obtenir du Pape Pie IX qu'il voulut bien déclarer dogme de foi la vérité de l'immaculée Conception de Marie, et écrivit dans ce but à Sa Sainteté. H s'était déterminé h faire cette démarche par la considération de la foi vive de tout son archidiocèse à ce mystère, par l’impulsion d'un vif désir personnel, en vue d’un accroissement de gloire pour la Mère de Dieu, et dans 1 espoir de voir les effets de sa puissante protection en faveur de l'Église dans les pénibles circonstances où elle se trouvait placée (2).

Ce Prélat répondit dans le même sens, la veille des Ides du

(1) Syrsc, tertio Idus junias 1849 : I'abf.m, etc., vol. I, pag. 300.

(2) Ncapoli, quarto Idus norenibris *nn. 1848 : Pabbki, etc , rot. IX, pa7. 201 .

mois d'août 1849, à l’Encyclique du 2 février, disant que rien u'était plus agréable et plus consolant pour lui que d’assurer Sa Sainteté qu’il y avait dans tout son archidiocèse une dévotion, un esprit, un vœu unanimes, dont l'objet était que la Conception Immaculée de la Bienheureuse Vierge Marie dès le premier moment de son existence fût proclamée, le plus tôt possible, par la Chaire de Pierre, comme un article de foi de lÉglise catholique. Unissant ses instantes prières nu cri de la piété de tout son troupeau, il suppliait Sa Sainteté de tout son cœur et en toute humilité, de proclamer ce dogme de foi par un oracle du Siège Apostolique (1).

DLXXVI. — TARANT AISE (états saiides).

Jean-François-Marcellin Tlrinaz, Évêque de Tarantaise, adressa au Saint-Père, de concert avec les membres de son Chapitre, en date du 13 novembre 1849, une lettre en réponse h l’Encyclique du 2 février. Il y était dit : « TNous tous soussignés déclarons et certifions que le privilège de la Conception Immaculée de Marie a été enseigné et cru de temps immémorial en ce diocèse, non comme article de foi, mais comme une pieuse croyanre appuyée sur les plus graves motifs ; au point que le seul énoncé de l’opinion contraire serait un sujet d'étonnement, d’afiliction et de scandale pour tous les vrais chrétiens; 2° que les deux Induits Apostoliques du 4 mars 1844, dont l'un nous permet l'addition du mot Immaculée à la préface de la Vierge, et l’autre le verset : Reijina sine lube onijiuali Concept a, à ses Litanies, ont été accueillis avec une joie religieuse et vivement sentie, précisément parce qu’ils autorisaient la profession publique et plus expresse d’un privilège de Marie, qui nous fut toujours cher; 5° qu’ensuite de mûres réilexions, nous embrassons l’opinion des Théologiens qui pensent que le privilège de la Conception Immaculée de Marie est de nature h être défini comme vérité de

(1) Itatum Ncapoli pridic Idus tugusli 1849 : Pireri, etc,, vol. 11, pag. 5.

foi ; 4° que nous désirons très-sincèrement tout ce qui peut contribuer à la gloire de Marie, au hien de l’Église, à l’édification des fidèles, et qu’en ce sens, un décret Apostolique sur l’immaculée Conception serait pleinement conforme à nos vœux; mais que. pour la solution définitive, soit sur le fond de cette importante question, soit sur l'opportunité, nous nous en rapportons entièrement à la haute sagesse et au jugement infaillible du Vicaire de Jésus-Christ, qui a de droit divin la charge de paitre les agneaux et les brebis, et de confirmer ses frères dans la foi (1). »

DLXXVI1. — TARAZONA ( ESPAGNE).

Fr. Vincent Ohtiz, Evêque de Tarazona, répondit en ces termes a l’Encyclique du 2 lévrier, par sa lettre adressée au Saint-Père le 7 avril 1850 ;

« J etais bien convaincu des sentiments d’affection et de dévotion que le clergé et les fidèles de ce diocèse, comme tous ceux de la catholique Espagne, professent pour la Conception Immaculée de Notre-Dame; et d’après les rapports que j’ai reçus du Chapitre de ma cathédrale et des curés, j’ai vu avec le plus grand plaisir, et je puis attester à Votre Sainteté qu’cn effet le clergé et les fidèles de mon diocèse ont toujours considéré ce mystère comme une vérité de foi, l’ayant toujours fêté avec la plus grande pompe et la plus tendre dévotion, et qu’ils appellent de leurs vœux les plus ardents et les plus sincères le jour heureux où il plaira à Votre Sainteté de la proclamer définitivement comme dogme de foi. Ces pensées et ces sentiments sont également gravés dans mon cœur; je les ai précités au peuple bien des fois, établissant la vérité de ce mystère par les considérations et les preuves qui m’ont paru les plus convaincantes et les plus persuasives, et représentant les anciennes discussions comme une cause jugée (2). »

(t) Fait à Moùhera, le 13 novembre 1849 : Panrni, etc., vol. II. pag. 367.

(2j Tara» ni, 7 de nbril de 1850 : Panrai, etc., vol. lit, pag. 99.

DLXXVIII. — TARRES (france).

Bertrand-Sévère Laürekce, Évêque de Tarbes, est du nom bredes Prélats français qui écrivirent au Pape Grégoire XVI, pour le prier de définir, comme dogme de foi, la croyance généralement reçue dans l’Église louchant l’immaculée Conception de la Glorieuse Vierge Marie. Ces Évêques ajoutaient que tous applaudiraient h cette définition, en s’écriant dans leur enthousiasme : Pierre a parlé par Grégoire, Petrus per Greyorium locutus est (I).

Aussitôt que l’Encyclique de notre Saint-Père le Pape Pie IX eut paru, l'Evêque de Tarbes renouvela sa demande, en priant le Saint-Siège de définir, comme vérité de la foi catholique, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été absolument Immaculée et entièrement exempte de toute tache originelle. Il rendait d’ailleurs le plus beau témoignage de la piété de son clergé et du peuple fidèle de son diocèse envers l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie (2).

Enfin le même Prélat, de concert avec l’Archevêque d’Auch, son métropolitain, et l’Évêque d’Aire, écrivait au Saint-Père, en 1853, pour le presser de répondre h l’attente des fidèles, par une décision dogmatique de l’immaculée Conception. « Que la voix, disait-il, que la voix qui doit proclamer, comme dogme de foi, que la Glorieuse Vierge Marie a été conçue sans péché, se fasse donc entendre du haut de la Chaire infaillible de Pierre ! De l’Orient h 1 Occident, la piété des peuples chrétiens réclame celte définition (5). »

Si nous remontons plus haut, nous trouvons une nouvelle preuve de la croyance du diocèse de Tarbes dans le Rituel imprimé, en 1751, par l’ordre de Pierre De la Romagère de

(1) Voycï ÀRHAS.

(2) Tarbœ, (lie 7 maii ann. 1849 : Pareri, de., vol. I, paj. 164.

(3) Voyez Aocb, ,

Itoussecy, Evêque de celte ville. Ce Rituel contient, parmi les annonces que les curés devaient faire au Prône, la formule suivante, concernant la fêle de la Conception : « Le huitième jour du présent mois, se célébrera la fêle de la Conception de la Très-Sainte Vierge. Nous devons en ce jour admirer la grâce spéciale que Dieu a faite à Marie , en la préservant de la tache du péché originel. Il était en effet de l'honneur du Fils de Dieu que la Mère dont il devait naître fût plus sainte qu’aucune des créatures, et qu’elle n'eût point de part h leur corruption (1). »

DLXX1X. — TARENTK (rovaome de naples).

Après avoir reçu la Lettre Encyclique du 2 février 1849, Raphaël Bujkdo, Archevêque de Tarente, écrivit h Pie IX, avec un empressement plein d émolion, le VI des Kalendes d’avril suivant. Son témoignage en faveur de la foi et île la dévotion de tout son diocèse, relativement h ( Immaculée Conception, s’appuyait sur des faits nombreux et touchants. Il mentionnait le dévouement des Confréries établies sous ce titre, et qui ne reculaient devant aucune dépense suggérée par leur dévotion; l'usage de célébrer, chaque année, au mois de février, un Triduo en l'honneur de Marie Immaculée, en mémoire de la cessation subite d'un affreux tremblement de terre en 1743; l’habitude où était la ville épiscopale de recourir h la Vierge Immaculée, avec la plus grande confiance, dans toutes les calamités; la pompe avec laquelle le Chapitre de la cathédrale l’exposait, le VI des Mes de décembre, h la vénération et a la reconnaissance des fidèles; le jeûne au pain et h l’eau, qui se pratiquait dévoiement et fidèlement la veille de cette fête ; le zèle qui éclatait partout pour l’honneur et la glorification de ce beau privilège. «Nous vous prions donc, Très-Saint Père, concluait ce Prélat, par la mémoire de votre divin Pontificat, par la foi que vous possédez

(1) Rituel de la province d'Ancli, à l'usage du Diocèse de Tarbes; farts, 1751 . pag. 523.

au plus haut degré, par cette dévotion qui vous distingue, de vous souvenir de l'honneur et de la dignité de Marie, Mère de Dieu, et de délinir promptement que sa Conception a été Immaculée. Nous vous adressons prière sur prière, pour (pie vous décidiez cette affaire avec l’autorité Apostolique dont vous jouissez : jamais le souvenir de celte définition ne s’effacera, ni dans le présent, ni dans l’avenir (1). »

DLXXX. — TERAMO ( royaume df. naples).

Alexandre, Évêque de Teramo, prévenant les vœux de Pie IX, lui avait écrit la Veille des Ides de novembre 1848. Après avoir fait ressortir la vivacité et l’antiquité, dans le royaume de Naples, de la foi et de la dévotion envers l’immaculée Conception, il concluait ainsi : « Ému et pressé par ces circonstances et ces graves considérations, pour obéir d’ailleurs aux vœux et aux désirs publics, j’ose adresser à Votre Sainteté mes très-humbles prières pour que, en vertu de l’autorité suprême et ineffable dont vous êtes revêtu, pour la plus grande gloire de Dieu, pour l’accroissement du culte de sa Sainte Mère et pour le plus grand bien des fidèles, Elle veuille bien définir et proclamer positivement, comme dogme de foi dans l’Eglise universelle, que la Vierge Mère de Dieu a été exempte et préservée de toute tache originelle dès le premier moment de sa Conception (2). »

DLXXXI. — TERMOLI (royaume de naples).

Domruque, Évêque de Termoli, n’avait point hésité h joindre sa voix h celle des autres Évêques du royaume des Deux- Siciles, qui, en 1848, ont vivement sollicité du Saint-Siège la définition dogmatique de l’immaculée Conception de la

(1) Dalum Tarcnli sexto Kalendns aprüU anni 1849 : Pariu, etc., vol. I,

pag. 27-

(2) Interamniæ Prælulianorum, pridie Idus novembris 1848 : Panest, etc., vol. IX, pag. 223.

— GOO —

Mère de Dieu. Il pensai! que la proclamation solennelle, delà part du Siège Apostolique, de cette prérogative éminente de Marie , formerait entre elle et nous une sorte d’alliance qui la déterminerait à mettre iin aux maux extraordinaires de l’Eglise, et que le plus sûr moyen de mériter sa protection spéciale était de s'unir pour obtenir de l’Eglise celle définition suprême. « Il est de votre intérêt et du nôtre, Très-Saint Père, disait-il. que vous vous occupiez de cet important objet de notre croyance. Prosterné au pied • de votre trône, je m’empresse de vous présenter mes vœux unis à ceux de tout l’Univers, vous conjurant d'accueillir paternellement tant de prières, et de prononcer enfin, en vertu de l’autorité Apostolique, cette définition, si longtemps attendue, du dogme de l'immaculée Couceplion de la Bienheureuse Vierge Marie (I). »

DLXXXIl. — TERNI (états pontificaux).

Antoine Magrini, Évêque de Terni, adressa au Saint-Père, le 2 août 1819, sa réponse a l’Encyclique du 2 février. Il déclarait h Sa Sainteté que l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie était l'objet d’une vénération et d’une piété toutes particulières dans son diocèse, de la part de tout le clergé séculier cl régulier, ainsi que des populations. Les fidèles se rendaient en foule aux exercices de la neuvaine qui précédait chaque année la fête du 8 décembre ; ils jeûnaient rigoureusement la veille de ce jour, et s’approchaient en grand nombre des sacrements ; ils s’acquittaient fidèlement, avec les magistrats de la ville Épiscopale, d'un vœu fait par la municipalité en 1958, et réitéré en 1705, en l'honneur de l’immaculée Conception, renouvelant annuellement pour cela, le jour de sa fête, et devant son autel, des offrandes et des prières publiques. Ils souhaitaient aussi bieu vivement que la pieuse croyance fût érigée en dogme de foi

(t) Uatuin TlieramIU die 25 octobris 1848 : Paaem, etc., vol. IX, pag. 148.

par lejugement du Siège Apostolique, el beaucoupd'ecclésiastiques , beaucoup de tidèles, s’étaient associés spontanément comme pour faire violence au ciel dans ce but par des prières et des bonnes œuvres. Quelques personnes seulement semblaient craindre des inconvénients de la part des hérétiques. Quant à l'Evêque personnellement, il était parfaitement convaincu de la vérité de l’immaculée Conception, el il démontrait qu'elle pouvait être définie par 1 Église, aux mêmes titres que d'autres qui n'étaient pas contenues plus explicitement dans les Écritures, et qui étaient devenues des articles de foi. Il désirait donc et sollicitait ce jugement solennel qu’il avait eu en vue d’obtenir, aussi bien que son clergé et son peuple, dans les prières publiques et particulières qui avaient clé recommandées (1).

Le même Prélat souscrivit, en outre, le 21 novembre 1849, la lettre collective du Concile de Spolète, ayant pour objet d’obtenir au plus tôt la même définition dogmatique (2).

DLXXXII1. — TERRACINE, SEZZE etPIPERNO (états pontificaux ) .

Guillaume Aiuetim-Sillaisi, Évêque de Terracine, Sezze et Piperno, avait écrit au pape Pie IX. le 7 juin 1848, pour le prier de rendre, s’il le croyait agréable à Dieu, un décret définitif en faveur de l'immaculée Conception, se fondant sur celle considération, que si, d’une part, on s’accordait universellement b reconnaître cette prérogative, et si déjà on pouvait en toute sûreté affirmer que c'était un dogme proche de la foi, proximum fulei, de l'autre, un jugement irréfragable du Siège Apostolique, qui le définirait, ajouterait à la gloire de Dieu, de la Sainte Vierge, de l'Eglise tout entière, et réjouirait le peuple chrétien, en même temps qu’il augmenterait sa dévotion envers la Vierge Mère (5).

(1) Intcramniæ die 2 augusti 1849 : Parer), etc., vol. T, pag. 482.

(2) Yoyex Spolète.

(3) Tcrraciniæ, 7 junii 1848 : Parer), etc., vol. IX, pag. 120.

Répondant le 15 mai 1849 à l’Encyclique du 2 février, il rappelait h Sa Sainteté sa première démarche, exprimait la joie que lui causait l’espérance de voir ses vœux exaucés, et réitérait sa prière dans les termes les plus pressants. « Je demande et sollicite dans toute l’efltusion de mon cœur, disaitil, que, par uir jugement solennel et irréfragable du Saint- Siège Apostolique, avec le suffrage de tous les Evêques catholiques, que vous avez daigné réclamer, Très-Sainl-Père, il soit défini que la Conception de la Bienheureuse et très-glorieuse Vierge Marie a été parfaitement Immaculée et entièrement préservée de la tache originelle. C'est la foi de tout le clergé et de tout le peuple des Eglises de Terracine, Sezze et Piperno, qui forment la même demande. On ne saurait douter que tous ne soient remplis de joie et d'un pieux transport s’ils apprennent qu’il a été défini qu’on doit croire comme étant de foi que la Bienheureuse Marie toujours Vierge n’a jamais subi la loi du péché originel, de même que le peuple d'Ephèse s’est livré h l’allégresse lorsque les Pères du troisième Concile proclamèrent qu'elle était vraiment Mère de Dieu. » Il terminait sa lettre en soumettant pleinement celte affaire h la sagesse du Saint-Père (1).

DLXXXIV. — TÉRUEL (aragon).

Antoine, Évêque de Téruel, répondit avec empressement à l’Encyclique du 2 février 1849. Par une lettre en date du 21 avril suivant, adressée au Souverain Pontife, il attesta h Sa Sainteté qu’il régnait dans tout son diocèse une grande dévotion envers la Très-Sainte Marie de la Conception, et que le clergé et les fidèles croyaient qu’elle avait été conçue sans aucune tache du péché originel. 11 professait lui-même depuis longtemps celte doctrine; il s'attacha h démontrer qu’elle reposait sur les saintes Écritures, en rapportant et commentant quelques textes de l’Ancien et du Nouveau Testament (2).

(1) Setiæ, 13 maii 1849: Pareiu, clc., vol. I, pag. 183.

(2) Terucl, 21 île avril de 18i9 •* Parer», etc., vol. I, pag. 119.

DLXXXV. — TINA et MICONE (archipel).

François Zaloni, Évêque de Tina et de Micone, administrateur d’Andros, exprimait au Saint-Père, par sa lettre du 7 juillet 1849, la joie et la consolation que l’Encyclique du 2 février lui avait fait éprouver. « Notre immense désir h tous, ajoutait-il, l'attente de nos esprits et de nos cœurs, c’est qu’entin on rende au Tout-Puissant celte gloire, k la Vierge Marie cet honneur, en vertu de la force, de la fixité, de l’autorité du Siège Apostolique. Clergé et peuple de ce diocèse, prosternés aux pieds de Votre Béatitude, nous souhaitons ardemment de voir, et de voir bientôt rempli, confirmé, défini par vous ce qui fait l objet de nos vœux (1). »

DLXXXVI. — T1PASA (Évêché in partibus).

Joseph-Marie Bisavi, Évêque de Tipasa in partibus, coadjuteur du Vicaire Apostolique de Colombo, désirait vivement qu’il fût défini, par un oracle infaillible du Siège Apostolique, et déclaré comme dogme de l’Eglise catholique, que la Bienheureuse Vierge Marie a été préservée et toujours exempte de la tache originelle dès le premier moment de sa Conception (2).

DLXXXV1I. — TIVOLI (états po.ntificaux).

Il y a deux siècles, la ville de Tivoli ayant été préservée, par la protection de la Sainte Vierge, d’une peste qui ravageait ses environs, résolut de perpétuer ce souvenir et l’expression de sa reconnaissance, en faisant le vœu de célébrer avec plus de pompe, chaque année, la fêle de l'immaculée Conception, et elle y a été fidèle. La veille, presque tous ses habitants observent un jeûne rigoureux, et s’approchent des

(1) Tenis, die 7 julii 1S49 : Pareiu, etc., vol. !, pas Ô90.

(S) Voyez Colombo.

sacrements le jour üe la solennité. Tel est le témoignage que lui rendait son Évêque, Charles Gigli, répondant, le 29 mai 1849, k l’Encyclique du 2 février. Ce Prélat ajoutait que ce privilège spécial de la Vierge était honoré tout aussi religieusement dans les autres parties de son diocèse, grâce au zèle du clergé séculier et régulier, k la sollicitude de ses Prédécesseurs, k la foi et a la docilité de son troupeau. Il en concluait qu’une définition solennelle du Saint-Siège en faveur de cette prérogative serait un moyen efficace de donner un nouvel essor k la piété en général, et au culte particulier de la Mère de Dieu. Cette définition de la part du Siège Apostolique était le premier objet des vœux du clergé, qui ne l'avait jamais cédé k personne en zèle pour la manifestation et l’honneur de ce mystère, et qui avait sollicité la faculté d’ajouter le mot Immaculala k la Préface de la Vierge. Le Chapitre s'était empressé d’adopter le nouvel office approuvé par Pie IX, et jamais il ne quittait le choeur sans avoir rendu spécialement son hommage k l’immaculée Conception. Venant ensuite k l’expression de ses sentiments personnels, l’Évêque disait qu’il souhaitait uniquement de voir avant de mourir la parfaite exemption, pour Marie, de toute tache originelle, définie et proclamée ; et il ajoutait en finissant : « Uni k tout mon clergé, je prie, je conjure, je presse Votre Béatitude, autant que je puis, autant qu’il dépend de moi, le plus instamment qu’il est possible, d'émettre promptement et au plus tôt son jugement si désiré, si vivement demandé, au sujet de llmmaculée Conception de la Vierge; car je tiens pour certain que la Très Sainte Mère de Dieu, recevant enfin cet honneur sur la terre, retirera saine et sauve l’Église de son Fils du milieu de tant de calamités et de périls, et que vous recouvrerez par elle la paix et la joie, vous qui êtes le Vicaire de ce même Fils ici-bas et la clef de voûte de cette même Église (I). »

(1) Ncapoli, 29 maii 1819 : P«ncni, etc., vol. I, p«g. 235.

DLXXXVIII. — TODI (états pontificaux).

Par une lettre adressée à Pie IX le XVI des Kalendes de juillet 1848, Nicolas Rossi, Évêque de Todi, avait uni sa voix k celle des autres Évêques des diverses parties du monde catholique qui ont prévenu l’Encyclique du 2 février dans l'expression de leurs vœux. Considérant le poids des autorités et la force des arguments fournis par les saints Pères, par les Théologiens, par les actes des Souverains Pontifes en faveur de la doctrine de l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, il affirmait qu’on pouvait dire, sans danger de se tromper, que c’était une vérité proche de la foi, et il demandait qu'il intervint sur ce sujet un jugement irréfragable du Saint-Siège Apostolique, en vue de l'honneur et de la gloire qui en résulteraient pour le Divin Rédempteur, pour sa Très-Sainte Mère, pour l'Eglise, et des avantages qu’en retirerait le peuple chrétien. « Prosterné, comme un suppliant, aux genoux de Votre Sainteté, je vous prie et conjure de vouloir bien porter sur cet éminent et inelfable privilège de la Mère de Dieu un. décret, une définition ex cathedra, si, dans les lumières du Saint-Esprit, dont vous êtes surabondamment rempli, vous jugez que cela doive être bon et agréable aux yeux de Dieu (1). »

Le 21 novembre de l’année suivante, il souscrivit h Spolète la lettre collective par laquelle le Concile assemblé dans celte ville pressait le Saint-Père de venir promptement en aide à l’Église au milieu de ses épreuves et de combler au plus tôt les vœux universels en rendant ce même décret si opportun et si vivement désiré (2).

DLXXXIX. — TOLÈDE (esfagne).

Le 26 avril 1850, Jean-Joseph Bonel-y-Oubb, Archevêque

(1) Tuderli, XVt Kalend. jul. 1848: Paberi, elc..vol. IX, pag. 1 18.

(2) Voyez Spoléte

de Tolède, Primat des Espagnes, décoré au mois de septembre suivant de la pourpre Romaine, répondit à l’Encyclique du 2 février, par une longue lettre pleine de science et de doctrine sur la question de l'immaculée Conception, et adressée au Souveraiu Pontife. Dès son jeune âge, il avait eu une dévotion particulière envers cette prérogative de la Mère de Dieu ; plusieurs fois, dans le cours de sa vie, il avait eu l'occasion de s’engager par serment b l’enseigner et b la défendre; il soupirail après l'heureux jour où ce mystère serait enfin l'objet d’une définition canonique. Étant Évêque de Cordoue, il avait sollicité et obtenu de Grégoire XVI la faculté, pour ce diocèse, d’ajouter le mot Immaculata b la Préface de la Conception. Après avoir reçu l’Encyclique, il exprima la * joie et la consolation qu'il en éprouvait dans un Mandement qu’il adressa a celte occasion au clergé et aux fidèles de sa juridiction, et il s'efforça de leur faire partager ces mêmes sentiments par des paroles onctueuses et éloquentes (1). Il les retrouva, en effet, dans les réponses des Chapitres, des curés, des membres de l’un et l'autre clergé, qui s’empressèrent de remplir ses intentions et celles du Souverain Pontife, en lui transmettant tous les renseignements désirables ; et il leur rendit celle justice en disant au Saint-Père : « Tous ont répondu très-volontiers et le cœur rempli d allégresse aux questions proposées par Votre Sainteté; mus par leur amour envers leur Père et Pasteur, en même temps que par l'intérêt d’une affaire si fort en harmonie avec l'intime piété qui leur fait vénérer au plus haut degré, comme par une impulsion divine, la Très-Sainte Vierge dans ce mystère, tous ont eu b cœur de faire éclater ces sentiments, invoquant en faveur de leurs témoignages les raisons les plus solides, et manifestant leur ardent désir de voir luire enfin l’heureux jour de la proclamation solennelle de celte prérogative ; dispositions touchantes, et capables de faire couler des larmes de joie, si on considère comment elles aspirent b l’envi au même but ;

(1) Madrid, à 25 de abri) de )849 . Parcri, etc., roi. VIII, pag 227.

ce n’est qu’un seul et même vœu de la part des différentes Eglises, de la part des curés, de la part du clergé et des fidèles; tous n’ont qu’une seule et même croyance à ce mystère, une seule et même impatience non interrompue d’en obtenir la définition dogmatique (I). »

En 165Ô, le Chapitre de Tolède avait consacré par un serment sa pieuse, antique et constante dévotion à ce mystère qu'il célébrait, a l'exemple de saint lldcfonse, dès le temps des rois golhs et des anciens Conciles de cette ville ; il conservait soigneusement dans ses archives les pièces autographes relatives aux démarches faites par dix huit Evêques et vingt-huit Chapitres auprès de Clément XI ; il les invoqua , dans sa réponse comme un précieux document et une preuve incontestable du zèle qui animait spécialement les Espagnols pour cette définition. Non content de mentionner ce fait et d’envoyer à Sa Sainteté la copie des lettres par lesquelles ce Chapitre primatial, sur l’ordre de Philippe V, avait alors sollicité ou reçu de la part des Evêques et des autres Chapitres les renseignements nécessaires et préalables pour les faire ensuite parvenir au roi. le digne Archevêque, faisait l’historique complet et très-détaillé, poureequi regarde l'Espagne, du culte et de l'Office de l'immaculée Conception, et arrivait ’a celte conclusion : que personne ne devait s’étonner si tous les fidèles, et en particulier les Espagnols, touchés des paroles et des exemples des rois catholiques, soutenus par la sollicitude et le zèle pieux des Pasteurs, avaient montré de tout temps une dévotion, une foi bien affermie à ce mystère, un désir semblable b une aspiration irrésistible pour sa définition solennelle. Examinant ensuite la question en ellemême, il faisait remarquer que la prérogative de l'immaculée Conception était en Marie la conséquence obligée cl la couronne de toutes les autres, le principe et la raison des beaux litres sous lesquels l'Eglise i’honore, l'explication naturelle

(1) Idem ac unum Rcclesinrum est volum; id m ac unum Parocliorum ; idem ac unum Clcri et Üdelium: una eadcmqnc est in hoc myslerio omnium (ides; et denique una cademquc pro ipsius dogmatisa de fini lion e aviditas perpétua.

des figures et des images bibliques par lesquelles elle la désigne. Il invoquait en sa faveur la croyance et la pratique de l’Église, qui n’aurait pas pu favoriser, consacrer un culte superllu ou superstitieux, les actes des Souverains Pontifes, les Conciles de Bâle et de Trente, plusieurs autorités théologiques, et enfin d'une manière sommaire toutes les sources de preuves qui mettent cette vérité en évidence, et qui, suivant son expression, en rendent la certitude manifeste et plus claire que la lumière en plein midi. « C’est à Votre Sainteté, Bienheureux Père, ajoutait-il, en terminant, qu’était réservée la gloire de cette définition si désirée, de préférence à tant d’illustres de vos Prédécesseurs qui, du fond de leur cœur, appelaient par leurs soupirs ce jour qui n’était pas encore * venu, et qui devait être si doux pour l’Univers catholique. J’élève mes prières avec confiance vers Votre Sainteté en faveur de celle affaire si importante et si agréable, et j’espère qu’elles seront accueillies avec bienveillance. » empruntant les belles paroles d’un pieux Cardinal, il conjurait en effet le Saint-Père de la manière la plus touchante de se faire le héraut et le défenseur de l’immaculée Conception de la Mère et de l'Kponse du Tout-Puissant, et après lui avoir représenté les fidèles attendant sa décision comme autrefois celle du Concile d’Ephèse, et disposés h mourir sans regret, il lut offrait une dernière fois ses vœux, ceux de ses Prédécesseurs, de son clergé et de tous ses fidèles diocésains (1).

DXC. — TONQUIN CENTRAL.

Dominique Marti, de l’Ordre des P’ rères Prêcheurs, Évêque deTricomia iu parlibus, Vicaire Apostolique du Tonquin central, écrivait b Pic IX. en 18*0, que la foi des Annamites était une et simple; qu’ils ignoraient les controverses agitées en Europe, et qu’il avait jugé b propos de ne point publier l’Encyclique du 2 février. Pour lui, nourri dès l’enfance dans la

(1} Matriti, 26 apri lis 1850 : Pareri, etc., vol. III, pag. 114.

croyance à l’immaculée Conception de la Vierge, il y avait toujours persévéré, sans égard pour les allégations de certains théologiens en faveur du sentiment contraire. Il n'osait émettre un avis ni pour ni contre l'opportunité de la définition dogmatique ; mais il disait : « Votre Sainteté peut tenir pour certain que je croirai très-fermement et prêcherai sincèrement ce qu’elle aura défini sur cette question ; car je crois infaillible Votre Béatitude parlant ex cathedra, comme Vicaire Suprême du Christ et comme successeur de saint Pierre (I). »

DXCI. — TONQUIN ORIENTAL.

Jérôme Hermosilla, de l’Ordre des Frères Prêcheurs, Évêque de Miletopolis in partibus, Vicaire Apostolique du Tonquin oriental, répondit au mois de mai 1850 h l’Encyclique du 2 février, par une lettre qu’il adressa au Souverain Pontife. Il admirait la divine Providence qui avait excité dans les cœurs, en ces temps malheureux, un désir si pieux, si doux aux enfants de Marie , et si honorable pour celte sainte Mère de Dieu ; il félicitait Sa Sainteté du zèle qu’elle mettait a lui procurer cette gloire, et il disait qu’il donnerait de tout cœur son suffrage pour la cause de l’immaculée Conception. Sans entrer dans la démonstration de cette vérité, il exposait quelques considérations persuasives et bien senties, desquelles il ressortait, h son avis, que, si on avait pu avoir autrefois des doutes sur ce point, ce ne serait plus permis aujourd’hui. Le clergé et le peuple fidèle de son Vicariat vénéraient pieusement et dévotement la Sainte Vierge Marie exempte de toute tache originelle ; le clergé régulier, qui appartenait au même Ordre que lui, avait canoniquement un office et une messe propres pour l’immaculée Conception ; ses missionnaires européens brûlaient du désir de voir un tel

(1) Scd hoc pro ccrlo sciât V. B. quod firmissimc crelam cl fideliter prædicnbo r|uidquid V. B. ci rca hanc quaestioncm detinîerit; nam ut summum Chrisli Yicarium ac successorcm S. Pétri loquendo ex Cathedra infallibiiem V. B. credo, iui Chu in Tunkino centrait, 28 matï 1850: Paueiu, etc vol. 111, pag. 171.

honneur décerné h la Vierge Mère ; le clergé indigène et le peuple fidèle, qui n'avaient aucune idée des controverses théologiques, n’éprouvaient ni doute ni hésilalion dans leur croyance, et étaient bien persuadés que la Vierge Marie, pour laquelle ils professaient une dévotion extraordinaire, n’avait jamais contracté la tache originelle. Quant à son coadjuteur, Hilaire àlcazar, Évêque de Paplios in parlibus, le Vicaire Apostolique disait que la lecture de l’Encyclique lui avait fait éprouver une grande joie, et qu’il était prêt à donner aussi, s’il le fallait, pieusement et promptement son suffrage, pour que cet honneur de la Bienheureuse Vierge fût au plus tôt proclamé, à la plus grande gloire de Dieu et pour le bien de l’Église (1).

DXC1I. — TON’QÜIN OCCIDENTAL.

Pierre-André Retord, Évêque d'Acante in partibus, Vicaire Apostolique du Tonquin occidental, répondit le 6 avril 1850 à l’Encyclique du 2 février, qu'il avait reçue depuis quelques jours seulement. «Déjà, disait-il au Saint-Père, j’avais éprouvé une grande consolation en déposant aux pieds de Grégoire XVI, d’heureuse mémoire, mes vœux personnels sur ce même objet, ceux de tout le clergé et de tout le peuple fidèle confiés à ma sollicitude (2), et je demande qu'il me soit permis de réitérer ici mes très-humbles prières. Le Saint-Siège m’ayant accordé, ainsi qu'à mon clergé, la faculté de prononcer ouvertement et publiquement le mot Immaculée à la Préface de la Conception de la Sainte Vierge, il ne manque plus qu’une chose pour rendre notre joie parfaite ; c’est que Votre Sainteté veuille bien définir, comme doctrine de l’Église catholique, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été entièrement Immaculée et exempte de toute tache originelle ; c’est aussi ce que je ne cesserai de demander de toute mon âme et de tout mon cœur. » 11 ajou-

(1) In Hegno Tunkini, die 31 maii 1850 : Plaçai, etc., vol. IV, p.ig. 302.

•8) P*rc»i, elc , vol. tX, pag. Ï8.

tait que, comme lui, son clergé, touché des nombreux bienfaits reçus des mains de Marie, faisait des vœux persévérants pour tout ce qui pouvait contribuer h sa plus grande gloire, et surtout pour la définition solennelle de son immaculée Conception ; que la dévotion et la confiance de son peuple fidèle envers la Sainte Vierge allaient toujours croissant; qu’il s’enrôlait h l’envi dans la Confrérie du Très-Saint et Immaculé cœur de Marie, et que son désir n’était point non plus douteux (11.

DXCIII. — TORTONA (piémokt).

Le 28 février 1844, Jean Necm, Évêque de Tortona. écrivit au Pape Grégoire XVI pour solliciter en faveur de son diocèse un Office et une Messe propres de l'immaculée Conception de la Vierge, et la faculté d’ajouter h la Préface le mot Immaculata, comme aux Litanies de Lorctle l’invocation Reine conçue sans tache. A cette occasion, il se montrait heureux d’entrevoir que, moyennant le secours de Dieu, et h la grande satisfaction du jicuple chrétien, l’objet le plus cher des vœux des enfants de Marie, des travaux des Docteurs et des Théologiens du siècle dernier, des décrets de plusieurs Souverains Pontifes, allait se réaliser de nos jours. Il considérait comme un adoucissement au malheur des temps la diffusion du culte de l’immaculée Conception, non-seulement en Italie, dans les Gaules et dans les Espagncs, mais encore dans les contrées de l’Orient et dans presque tout l’univers. Il félicitait Sa Sainteté de ce que, après tant d’actes importants déjà accomplis sous son glorieux Pontificat, il lui était réservé de pouvoir, sans danger de scandales ni de schismes, ajouter pour le plus grand bien des fidèles l’autorité infaillible de son jugement à la foi pieuse de l'immaculée Conception. 11 la conjurait d’étendre h toute l’Église les concessions qu’il demandait pour son diocèse, de les

(1) In Tongkino occidental), die 16 aprilis, anno 1850 : Parem, etc., vol. 111, pag. 96.

transformer en prescriptions, de faire briller d’une vive lumière par sa définition cet éclatant privilège de Marie aux yeux du monde entier. Il terminait enfin en s'en rapportant à la sagesse du Chef de l'Église (1).

DXCIV.— TORTOSE (espagne),

Damien Gordo-y-Saez, Évêque de Torlose, écrivit h Pie IX, le 22 juillet 1849, en réponse à l’Encyclique du 2 février. Considérant que le patronage et la protection de la Sainte Vierge, qui a dompté toutes les hérésies, étaient le plus ferme appui du peuple chrétien contre l’impiété et la fausse philosophie, dont le venin circulait partout, il disait que c’était à bon droit que les Espagnols avaient toujours manifesté une grande dévotion envers Marie, et surtout dans le mystère de son Immaculée Conception. Il entrait dans quelques détails sur ces dispositions de la nation, et il ajoutait : « Tous les vœux tendent de concert à l’accroissement de celte dévotion, et je n’hésite point b déclarer que mon sentiment et celui de mon clergé et de mon peuple ne s’écartent point du sentiment universel. Je suis assuré que si le Dieu Tout-Puissant, qui fait succéder l’allégresse a la douleur et aux larmes, exauce nos prières, et s'il nous est donné de voir le jour désiré où la Conception Immaculée de la Vierge viendra se joindre aux autres dogmes de notre sainte religion, la déclaration en sera agréable au peuple chrétien, et très-agréable au peuple espagnol (2). »

DXCV.— TOULON (France).

L’Église de Toulon dont le diocèse, supprimé par le concordat de 1801, se trouve aujourd’hui réuni à celui de Fréjus, professait l'immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge

(1) Dabam Ucrtlionæ 28 febr. 1844: Parent, clc., vol. IX, pag. Gl.

(2) Dattnn Dcrlhusæ die 22 julii, nnno Dont i ni 1849: Pareri, etc., vol. I, pag. 453.

Marie. Le Rituel préparé par Louis-Albert Joly de Choin, Évêque de Toulon, et imprimé après sa mort en 1778. par l’ordre de l’Évêque de Mâcon, contient, parmi les annonces que les curés devaient faire au Prône, la formule suivante pour ce qui regarde la fête de la Conception : « Nous célébrons (tel jour) la fêle de la Conception de la Sainte Vierge. C'est un jour de joie pour nous, parce qu’il nous annonce le salut qui doit nous être apporté par Jésus-Christ, en nous annonçant la Conception de celle qui doit le mettre au monde. Cette Conception de la Mère de Dieu est toute pure, et l’on doit, pour l’honneur de son Fils, en éloigner toute idée, tout soupçon de péché. Celle que l’Église lient avoir reçu de Dieu une grâce particulière, qui l’a préservée de toute faute, même vénielle, pendant tout le temps de sa vie, a bien pu aussi être préservée de la tache originelle par un privilège spécial. C’est le sentiment le plus autorisé dans l’Église, sentiment qui est celui du Concile de Trente : quoique ce ne soit pas un article de foi, les fidèles doivent l’embrasser avec joie, comme celui qui semble honorer davantage la Mère et le Fils, et ne point douter que Dieu ait rendu Marie toute pure et toute sainte, au moment et de la manière les plus convenables à l’exécution de ses desseins (1). »

DXCVL— TOULOUSE (fbahceI.

Vers l’an 1847, M. D’Astros, Archevêque de Toulouse, depuis décoré de la pourpre Romaine, écrivit k notre Saint- Père le Pape : « Cette doctrine (de l’immaculée Conception de la Vierge Marie), qui s’est sensiblement développée de jour en jour, a fait de notre temps, sous l’action providentielle de Dieu, de tels progrès et est parvenue à un tel degré de certitude, qu’on est fondé à croire que le jour approche où il sera déclaré et défini par un jugement solennel, émané de l’autorité infaillible du Siège Apostolique de Pierre, que

(I) Instruction» sur le Rituel, par feu Mgr Louis-Albert Joly de Choin, Évêque de Toulon ; Lyon, 1778.

cette doctrine est contenue dans la parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition. Qu’il me soit donc permis, Très- Saint Père, d’unir mes vœux et mes prières aux vœux et aux prières des autres Évêques, et de solliciter cette déclaration solennelle de l’Église dans l'espérance que Dieu, à raison de cet accroissement d’honneur et de dévotion envers sa Très- Sainte Mère, ouvrira les sources de toutes ses grâces en faveur des enfants de l’Église II). »

On remarquera que le pieux et éminent Cardinal d’Astros, parlant de l’autorité du Pape, n’a point été retenu par la déclaration de 1682, qui était plutôt un acte de la cour de Louis XIV que de l’épiscopat français.

On sait d’ailleurs que M. Miolan, son successeur sur le siège de Toulouse, avait la même croyance et les mêmes sentiments touchant l’immaculée Conception de la glorieuse Vierge Marie (2).

DXCV1I. —TOURNA Y (Belgique).

Gaspard-Joseph Labis, Évêque de Tourna}', écrivait au Cardinal Fornari, en date du 1" février 1853, qu’il ne pouvait décider jusqu’à quel point les diverses preuves de l’immaculée Conception de la Sainte Vierge pouvaient servir de base à une définition dogmatique, mais qu'il avait la confiance que cette diflicullé serait bientôt levée par les travaux et la perspicacité des membres de la commission nommée par le Saint- Père. Du reste, n’ayant jamais eu le moindre doute sur la vérité de ce privilège de Marie, il en avait toujours désiré et en désirait ardemment la proclamation, qui devait, disait-il, combler ses vœux, aussi bien que ceux du clergé et du

(1) Hæc doctrina, que in Fcclcsia l)ci majora in dics incrcmenla sumpsit, nostris hiscc tcmporilms, Uco ita disponente, hue usque crevit, cl iirmata est, ut non immento crcdatur diem ilium immincre, quo a Sancta Apostolica Pétri Sedc solenmc de c-a judicium proforatur, illanique in verbo Dci aut scripto aut Iradito coulineri tnfallibili auctoritate declaretur aedefiniatur. Parlai , etc., vol. IX, pag. 90. — Voyez Bourges.

(2) Voyez Amiens.

— 6iii —

peuple de son diocèse. Il priait l'Ëminent Cardinal de déposer l’expression de ces mêmes vœux, de son amour, de sa vénération et de son obéissance, aux pieds du Souverain Ponlife (1).

DXCVIII. — TOURS (frange).

M. Morlot, Archevêque de Tours, aujourd’hui Cardinal de la sainte Église Romaine, tint h Rennes, au mois de novembre 1849, le Concile de la Province, auquel assistèrent MM. Bouvier, Évêque du Mans; Graveran, Évêque de Quimper; LeMéc, Évêque de Saint-Brieuc ; Saint-Marc, Évêque de Rennes; Angebault, Évêque d’Angers, et Jacquemet, Évêque de- Nantes. Ur, parmi les décrets de ce Concile, on remarque le suivant, touchant l’immaculée Conception de la Vierge Marie :

« Dans le but de se conformer avec empressement et déférence à la Lettre de notre Très-Saint Père le Pape Pie IX, en date de Gaëte, le 2 février dernier, et pour favoriser autant qu’il est en eux tout ce qui peut contribuer a la plus grande gloire et au culte de la Bienheureuse Marie, les Pères du Concile de Rennes formulent et publient leur entière et ferme conviction, qui, du reste, leur est commune avec le clergé et le peuple de toute la province, touchant l’immaculée Conception de la Vierge Mère de Dieu.

« Ils croient et professent que Marie, la sainte Mère de Dieu, par l’effet d’uue grâce singulière du ciel, prévenante et agissante, n’a jamais contracté de fait le péché originel, mais qu’elle a été absolument préservée de la tache d’origine; considérant cette doctrine comme très-pieuse et telle meut en harmonie avec la sainte Écriture, la tradition, le culte catholique et la droite raison, qu’il semble n’y plus manquer qu'un jugement du Siège Apostolique qui en confirme la certitude. Or ils désirent souverainement que, pour

ii) P a régi, etc., vol. IX, app. 11, pag. 40.

rendre enfin à la sainte Vierge ce juste hommage, il soit défini comme doctrine de l'Eglise catholique que sa Conception a été entièrement exempte de toute tache du péché originel (1). »

Le Rituel du diocèse de Tours, imprimé en 1785, par l'ordre de Joachim-Mamerl-François de Couzié, Archevêque de celte ville, contient, parmi les annonces que les curés devaient faire au Prône, la formule suivante pour la fête de la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie : « Cette fête, M. F., doit être pour tous les chrétiens le sujet d'une grande joie, puisque la Conception de Marie est comme l’aurore qui nous annonce le soleil de justice, Jésus-Christ notre Sauveur... Admirons les prodiges que le Seigneur a opérés dans celte auguste Vierge. Elle a été enrichie des trésors de la grâce et ornée de tous les dons de l'Espril-Saint, au moment où les autres hommes sont enveloppés dans lu masse corrompue du péché. Destinée a mettre au monde le Saint des saints, ne devait-elle pas être la plus pure des créatures? Kl votre piété ne vous porte-t-elle pas â penser qu’il eût été indigne de Jésus • Christ que l’arche vivante dans laquelle il devait reposer eût été infectée par le péché ? Marie, dit saint Ambroise, ou un autre auteur ancien, est une plante mystérieuse, qui n’a ni le nœud du péché originel, ni l’écorce du péché actuel. Saint Augustin veut qu’on ne parle en aucune façon de la sainte Vierge, quand il s’agit du péché, à cause de l'honneur qu’on doit à son Fils, Noire-Seigneur Jésus-Christ (2); et le saint Concile de Trente (5) déclare que son intention n’est point de comprendre la Bienheureuse et Immaculée Vierge, Marie Mère de Dieu, dans son décret sur le péché originel (4). »

Cette formule est une profession de foi publique de l'Ê—

(t) Voyci Aitcudici IV.

(2) De Kit. et Gr»t., c. XXXVI.

(3) Scia. V.

(4) Rituale Turonenae, etc.; Turomlmt, 1783, pag. 629

glisede Tours touchant l'immaculée Conception de la Vierge Marie.

DXCIX. — TRANI et NAZARETH (hotaume i>e naples).

Joseph De Bianciii-Dottvla, Archevêque de Tram et de Nazareth, et administrateur perpétuel de Risceglia, répondit en 1849 à l’Encyclique du 2 février de la même année. Le mystère de l’immaculée Conception de l’auguste Mère de Dieu lui paraissait si bien établi par les discussions des écoles et des universités catholiques, par les suffrages des Papes et des Conciles, par le culte des Églises et la croyance générale du monde chrétien, qu’il ne doutait point qu’il pût être proposé comme un dogme de la religion. Aussi lermine-lil sa lettre en sollicitant une définition dogmatique en faveur de l’insigne privilège de la Vierge Marie. « Prosternés devant le trône de Pierre et baisant vos pieds sacrés, nous vous prions avec instance, Très-Saint Père, nous vous conjurons, au nom de l’Église métropolitaine deTrani, des Églises de Nazareth et de Bisceglia, de mettre le comble h la gloire et à la louange de la Mère de Dieu, de favoriser et d’étendre la dévotion envers la très-sainte Vierge Marie, de répondre et de satisfaire h l’attente des Églises, surtout de celles qui sont aux extrémités de l’Ausonie, en définissant solennellement, avec la plénitude du pouvoir apostolique dont vous jouissez, le mystère qui exempte la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie de la tache du péché originel dès le premier moment de sa vie, et en mettant cette prérogative au nombre des dogmes de la foi et des principales vérités de la Religion qu’on ne peut révoquer en doute sans tomber dans l’hérésie (1). »

(1) Neapoli, IX Non. manii 1848. Pariki, elc., vol. I, png. 9.

DC. — TRANSYLVANIE ou WEISSEMBOURG | Hongrie).

I.ouis Haynald, Évêque de Transylvanie, écrivait au Cardinal Scilowski,- Primat de Hongrie, le 12 octobre 1854, qu'ayant une parfaite connaissance des sentiments de son clergé et de tout son peuple, au sujet de l’immaculée Con ceplion de la Bienheureuse Vierge Mère de Dieu, par les prières et les cantiques en usage dans ce pays, et ayant luimême personnellement prescrit à son clergé l’Office spécial destiné à honorer celte prérogative, il suppliait Son Éminence de demander, au nom de l’Eglise de Transylvanie, que la foi h ce mystère fût érigée en dogme par Sa Sainteté, de concert avec les Évêques rassemblés des diverses parties de l’Église et appelés à la représenter (1).

DC1. — TRAPAN1 (novAü.uE de naples).

Vincent-Marie Mabolda, de la Congrégation du Saint Rédempteur, Évêque de Trapani, écrivit de Naples à Sa Sainteté le VI des Ides d’avril 1849, heureux d’avoir reçu l'Encyclique du 2 février, et n’aspirant plus qu’après la définition dogmatique de l'immaculée Conception de la Mère de Dieu pour faire volontiers ses adieux h la terre. Dès le temps où il étudiait la science sacrée, il avait été convaincu que la vérité de ce mystère était très-certainement contenue dans la Sainte Écriture, quoique d’une manière en quelque sorte voilée, et c’était en lui le résultat de ses mûres et calmes réllexions sur la valeur des arguments produits en faveur des deux sentiments opposés. Il rappelait et commentait les passages qui lui paraissaient les plus concluants et ne craignait pas d’affirmer en conséquence qu’il était loisible à l’Eglise, si elle le jugeait à propos, de fixer sur ce point la foi des fidèles. Déjà tous n’avaient plus, au sujet de celle prérogative de Marie,

(1) Pareri, etc , vol. IX, app. II, pag. 71.

qu’nn même sentiment, une même persuasion inébranlable. Dans son diocèse, en particulier, le clergé, le peuple, tout le peuple, ne prononçait jamais le nom de Marie sans y joindre le titre dimmaculée : on se préparait, pendant douze samedis à l’avance, h la fêle annuelle du 8 décembre; on s’obligeait, par vœu, à jeûner la veille; on célébrait ensuite cette fêle à l’église et au dehors avec la plus grande solennité; toute discussion sur ce sujet aurait produit plus de scandale que le doute sur d’autres vérités importantes appartenant à la foi. Enfin ce Prélat soumettait son sentiment au jugement du Saint-Père, au jugement infaillible de l'Eglise et pressait Sa Sainteté, par des considérations touchantes, de s’assurer pour elle-même et pour l’Église la protection puissante de Marie (I).

DCII. — TRÊVES (prusse).

Guillaume Arsoldi, Évêque de Trêves, répondant à l’Encyclique du 2 février, écrivait au Saint-Père, le 1" mars 1852 : « Conformément aux vœux de Votre Sainteté, aussitôt que j’ai eu reçu vos Lettres, j’ai eu soin de prescrire dans tout le diocèse des prières publiques, qui ont été faites avec la plus grande joie et la plus grande dévotion. Car il règne dans le clergé et dans le peuple de Trêves une antique et religieuse piété envers la Bienheureuse Mère de Dieu, conçue sans péché, comme on peut en juger par le fait de la Confrérie du Très-Saint et Immaculé cœur de Marie établie dans des centaines de paroisses de ce diosèse. Comme c’est déjà la pieuse croyance de tous, je suis persuadé que le clergé et le peuple de Trêves accueilleront avec une extrême joie le jugement solennel du Siège Apostolique, qui définirait que la Très-Sainte Vierge Marie a été conçue sans la tache originelle. » Ce Prélat avouait qu’il avait un peu douté, avec quelques ecclésiastiques, de l’opportunité de cette définition actuelle, a cause du

(1) Neapoli, sexto ldus aprilis H. S. 1849 : Pàreri, etc., vol. I, pag. 45.

mauvais vouloir des Prolcslauts, mais qu'un plus mûr examen avait fait disparaître toute hésitation, cl qu'il était même convaincu que l’immaculée Conception, une fois définie comme doctrine de l'Église, contribuerait souverainement à confondre les ennemis de la foi (1).

DCI1I — TRÉVISE (rot.ume lombard-vénitien )

Sébastien Soldati, Évêque de Trévise. adressa le 27 septembre 1849, à Sa Sainteté Pie IX, en réponse à l’Encyclique du ‘2 février, une longue et savante lettre, où il exprimait les sentiments de son diocèse et les siens au sujet de l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, démontrait la réalité de cette éminente prérogative et pressait le Souverain Pontife de la mettre au nombre des vérités révélées. Loin de penser qu’il pût y avoir de la précipitation b décider maintenant cette affaire, il eût déploré qu’en en prolongeant les délais, on laissât se compléter dix-neuf siècles avant d’avoir décerné à Marie cette couronne d’honneur qui semblait lui être due dès l’origine des temps et dès la fondation de l'Église. Parmi son peuple, il ne connaissait personne qui ne fût rempli d’allégresse et disposé à se réjouir en vue de l’accroissement de gloire que les Lettres Apostoliques faisaient présager prochainement en faveur de la Vierge. Les faits de l’Histoire Ecclésiastique, accomplis dans des circonstances analogues, étaient à scs veux des motifs irrésistibles pour affirmer que celte puissante Patronne viendrait manifestement en aide à l'Eglise et au Siège Apostolique lorsque le titre d’immaculée lui aurait élé décerné. Après avoir exposé l’état de la question et fait ressortir tous les genres de preuves qui rendaient sa conviction inébranlable, il ajoutait : « Ce que le monde catholique attend de Vous depuis que Vous êtes monté au trône Pontifical. au milieu des applaudissements universels; ce qu'il se promet de Vous, c’est qu’avec cette piété, celle prudence,

(1) Treviris, Ralenti. ruartii 1852 : Pareri, elc., toI. VII, pag. CLVI.

celte science qui Vous distingue éminemment, Vous prononciez solennellement, dans la Basilique Vaticane, ce jugement si longtemps attendu, savoir : que l’immaculée Conception de la Mère de Dieu mérite d’être placée au nombre des vérités révélées pour être crue dans l’acquiescement parfait de l’esprit et du cœur. Je Vous prie, je Vous supplie, je Vous conjure de déposer toute hésitation, de supprimer tout autre délai, et de prononcer enfin l'Oracle Apostolique qui doit être si agréable à Dieu, si glorieux pour la Vierge, et plus utile à toute l’Eglise que la parole ne pourrait l’exprimer. Qui sait si ce n’est point pour cela que Vous avez été appelé à régner, et si le ciel ne Vous a pas spécialement destiné a juger celte cause (Eather, ch. iv)?. .. Ceignez le front de la Vierge d’une précieuse couronne, tout éclatante de. pierreries, déjà préparée par les nombreux siècles écoulés, et comptez que Vous retirerez de cet acte de piété les fruits les plus abondants. » Hulin, empruntant h saint Bernard des paroles admirabks de simplicité et de dépendance, il déclarait soumettre tout ce qu’il avait dit à qui en savait plus que lui et particulièrement à l’autorité de l'Église Domaine (1).

Jean-Antoine Farina , successeur de Sébastien Soldati, mandait au Souverain Pontife, le 14 novembre 1854, qu’il faisait donner des Missions dans sa cathédrale et dans son diocèse pour préparer les tidèles b la fête de l'immaculée Conception, à laquelle il s’agissait de donner pour cette fois une pompe extraordinaire. Toute la ville devait y prendre part, et solenniser publiquement ce beau jour, de concert avec les magistrats civils, désireux, de leur côté, de voir l’important décret partir du Vatican. «Père saint, disait-il, ouvrez le sanctuaire des oracles; parlez, prononcez le grand dogme; ma ville Épiscopale et mon diocèse attendent impatiemment votre décision (2). »

(1) Data da Trcvigi nelll Provincie Vende, il Je 27 seltembrc 1 849 : Paftau, de., vol. V, pag. 101 .

(2) Paüeri, etc., vol. IX, app. II, pa£. lco.

DCIV. — TRICARICO (royavmf.de naples).

Camille Letizia, Évêque de T ricarico, ne voulut point rester étranger à la démarche que fit, en 1818, auprès du Pape Pie IX, l’Épiscopat du royaum e des Deux-Siciles, à l’effet d’obtenir la définition dogmatique de l'immaculée Conception de Marie. Il écrivit h Sa Sainteté, le 8 septembre de cette même année, se glorifiant dans le Seigneur de son amour pour la Reine des Apôtres, et du zèle qui le portait b désirer l’accroissement de sa gloire. Il considérait cette définition comme une perle h ajouter au diadème de l’Église, et il ne s’étonnait point qu’elle fût l’objet des vœux des fidèles, parce qu’il est naturel que les enfants se préoccupent de la dignité d’une mère, et que la dignité d'une mère rehausse celle de ses enfants. Ces vœux des siècles passés devaient être plus ardents b notre époque, où la protection de Marie était d'une nécessité bien évidente, et on devait tout attendre de sa puissante intervention, lorsque sa Conception Immaculée dès le premier instant aurait été proclamée du haut de la Chaire infaillible ( 1).

DCV. — TRIESTE et CAPO DTSTRIA (états actrichiens).

Barthélemy Légat, Évêque de Trieste et de Capo-dTstria, répondit le 13 juillet 184!), b l’Encyclique du ‘2 février, par une lettre adressée au Souverain Pontife. Telle était, dans ses deux diocèses réunis, la dévotion des fidèles b l'égard de l’immaculée Conception de la Vierge Marie, que le plus léger doute émis sur ce point les aurait troublés b l’excès, et aurait pu amener intempestivement des controverses théologiques entre les laïques. Quelques ecclésiastiques lui paraissaient plus obéissants que convaincus sur la question de cette pieuse croyance. Pour ménager tous les esprits, il ordonna les prières

(I) Ditura Tricirici die 8 sept. 1848 ; Pareki, otc., vol. IX, pog. 138.

publiques demandées par Sa Sainteté, mais il prit le parti de ne point parler ouvertement du vœu h émettre au sujet d’une définition solennelle. Personnellement, il pensait qu’il était très-désirable que l'intention du Concile de Trente, qui n’avait pas voulu comprendre la Sainte Vierge dans le décret sur le péché originel, fût mise dans un plus grand jour, et que la doctrine de l’Église, par rapport à l’immaculée Conception, fût clairement définie. Cependant, d’après les conseils de plusieurs de ses collègues, il aurait préféré que la définition directe fût encore différée, h raison des circonstances du temps, et que l’on se contentât d’une définition tacite qui eût seulement consacré la sainteté du rite par lequel l’Église honorait alors la Conception de Marie. Au reste, il protestait que. sur ce point comme sur tout autre enseignement ou jugement de l’Eglise, il suivrait toujours la direction du Siège Apostolique comme l’unique règle d’enseigner et d’agir (1).

DCVI. — TRIVENTO (iioïaujie de .naples).

Benoit Terenzio, Évêque de Trivento, répondit le 10 avril 1849 h l’Encyclique du 2 février. Il déclarait au Saint-Père que nul diocèse, h son avis, ne surpassait le sien en dévotion k l’égard de l'immaculée Conception de la Vierge Marie. Lk, non-seulement le clergé, les maisons religieuses, les familles fidèles, observaient le jeûne la veille de la fêle du 8 décembre, mais on réitérait cette pratique dans le cours de l’année, aux jours désignés par des billets appelés billets de la Conception; on portait sur soi un scapulaire dit de l’immaculée Conception ; on faisait chaque semaine des exercices de piété, des prières et des neuvaines en l’honneur de ce mystère. Tous désiraient ardemment et demandaient avec instance que le Prince suprême de l’Eglise déclarât, par un jugement dogmatique, la sainte Mère de Dieu entièrement Immaculée. Animé

(1) Tergejti, die 13 julii 1849 : Parïm, etc., vol. I, pag. 435.

des mêmes sentiments, l’Evêque priait Sa Sainteté de ne pas retarder plus longtemps ce décret, qui devait remplir les vœux de tous et les siens, et faire cesser toute hésitation, toute fluctuation au sujet de celte vérité. « Parlez donc, Très- Saint Père, disait-il ensuite, parlez; parce que nous qui sommes vos serviteurs, nous écoutons, nous sommes prêts à recueillir ce jugement dogmatique favorable, sans doute, à la Conception de Marie, et par lit même source d’avantages précieux pour les enfants de la Vierge et de joie pour l’Eglise universelle. » Il terminait en remerciant Sa Sainteté pour la concession de l'Oflice particulier récemment rédigé à Home, pour la fête du 8 décembre, et en disant qu’il réservait des actions de grâces plus marquées pour l’époque où le jugement si longtemps désiré serait enfin rendu (1).

Le 8 juin de l’année précédente, s'associant a la démarche de l'Épiscopat des Deux-Siciles, le même Prélat avait prévenu les vœux de l’Encyclique et avait écrit à Pie IX, pour le prier de déclarer que l'immaculée Conception était désormais un article de foi. Il se fondait principalement sur la pieuse croyance qui était parfaitement établie partout. « Nous pouvons affirmer hautement, avait-il dit, que, maintenant, toutes les générations proclament Immaculée la Conception de Marie; tous les royaumes, toutes les Universités, les Académies, les Conciles, tous les Ordres religieux, toutes les Églises et en particulier celle de Rome, toutes les Confréries, presque tous les Docteurs, les Saint Pères des premiers et des derniers temps, enseignent, professent, prêchent, honorent, soutiennent et vénèrent ce mystère; des révélations approuvées par l’Eglise et des prodiges nombreux ont lait du pieux senti, ment qui était le plus probable une vérité très-certaine. » I invoquait aussi l’autorité de Grégoire XVI, qui avait, en quelque manière, jugé cette cause, en lui accordant, ainsi qu'à beaucoup d'autres Évêques, la faculté de prononcer dans la Liturgie les mots de Conception Immaculée. « Tels sont, ajou-

ta Triicnli, die 10 «prilis IS49 : Pidbiu, elc., vol. J, pog. 72.

tait-il encore, les vœux de tous les fidèles et les soupirs de tous les Ecclésiastiques (1). »

DCVII. — TROADE [Évêché in partibus).

Florence Dagcin, Évêque de Troade in partibus, Coadjuteur du Mongol, et les Missionnaires ses collaborateurs, ayant appris la nouvelle de la Révolution qui avait triomphé dans les États Pontificaux, et dont Pie IX était la victime, s'empressèrent d'écrire à Sa Sainteté une lettre collective, le 19 décembre 1849. Ils lui exprimaient, dans leur douleur, la confiance que la Bienheureuse et Très-Immaculée Vierge Marie était intervenue en sa faveur auprès du Dieu tout-puissant, et que déjà la tempête avait fait place a un grand calme. Tous les chrétiens de leurs Missions récitaient chaque jour le chapelet pour obtenir, par l’intercession de celte Bienheureuse et Très-Immaculée Mère, le retour de la paix pour l’Église »t la conservation de son Chef suprême. Tous les prêtres de leur Congrégation, répandus dans ces contrées, non contents d’avoir célébré un grand nombre d’autres Messes pour le même objet, avaient offert le Saint Sacrifice dans cette intention, tous les jours de l’Octave de la Très-Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie (2).

DCV1I1. — TROPEA et NICOTERA (royaume renâcles).

Michel-Ange Francium, Évêque de Tropea et de Nieolera, n'avait jos attendu l’Encyclique du 2 février pour solliciter auprès du Saint-Siège la définition dogmatique de l’immaculée Conception de la Vierge. A l’exemple de ses collègues du royaume des Deux-Sieiles, il avait écrit dans ce but à Pie IX, le 10 novembre 1848, prenant pour point de départ les suppliques déjà faites antérieurement par leurs prédéces-

(1) Üatum Trivenli die 8 novemhris 1848 : Pareri, elc., vol. IX, pag. 163.

(2) Datum Sy-vvan in Mongolie die 19 deccmbris 1819. Pareri, elc., vol. lï, pag. 458.

scurs el les siens, el disant qu’il venait ainsi en aide aux vœux, aux prières, aux besoins d’un peuple nombreux et du troupeau qui lui était confié, en même temps qu'il obéissait à sa propre dévotion pour ce mystère qu’il avait honoré dès ses plus tendres années. Il énumérait ensuite el faisait ressortir les preuves qui mettaient hors de doute cette éminente prérogative, et il ajoutait : « Puisqu’il en est ainsi, Très-Saint Père, que manque-t-il, sinon que Vous rendiez ex cathedra une décision dogmatique au sujet de la vérité de l'immaculée Conception de la Très-Sainte Vierge dès le premier moment de son existence? » Et il pressait Sa Sainteté par la considération des malheurs des temps, auxquels il fallait chercher un remède, par le souvenir des fidèles qui devaient trouver en Marie la tour de David, et du royaume des Deux-Siciles dont elle serait désormais la colonne lumineuse et la nuée protectrice. « En attendant, disait-il en Unissant, que Marie Immaculée protège votre Chaire, qu’elle soutienne votre trône, quelle soit la sagesse même de votre gouvernement el qu’elle vous prèle son assistance, h vous que nous vénérons comme couronné du diadème de l’univers entier (1 1. »

DCIX. — TUOYES (france).

En 1850, M. Cœcr, Evêque de Troves, assistant au Concile provincial de Sens, a souscrit le décret par lequel les Pères de ce Concile exprimaient le vœu très-ardent que le Saint-Siège définît, comme devant être un objet de foi pour le peuple chrétien, la croyance de l’immaculée Conception de la glorieuse Vierge Marie (2).

Le 16 juin 1845, M. Seguin-des-Hons, Evêque de Troyes, avait souscrit, avec cinquante autres Prélats français, une lettre par laquelle on émettait le vœu que la croyance, reçue dans presque toute l’Eglise touchant l'immaculée Conception

(1) Dalum Tropien Jic 10 hujtucc mensis novcinlnis 1848 : Pansu, de., ▼ol. IX, pag. ‘208.

(2) Voyez Sncs.

de la Bienheureuse Vierge Marie, fut définie par le Saint- Siège comme article de foi. Ces Evêques ajoutaient que si le Pape se prononçait, tous applaudiraient à celte définition en s’écriant : Pierre a parlé par Grégoire, Peints per Greyorium locultts est (il.

En remontant un peu plus haut, nous trouvons une nouvelle preuve de la croyance de l’Église de Troyes, touchant l’immaculée Conception de la Vierge Marie, dans le Rituel publié en 1768 par l'autorité de Claude-Mallhias-Joseph de Barrai, Évêque de cette ville. En effet, on lit dans ce Rituel, parmi les annonces que les curés devaient faire au Prône, la formule suivante pour la fête de la Conception : « Le huitième jour du présent mois (de décembre), se célébrera la fête de la Conception de la Très-Sainte Vierge. Nous admirons en ce jour la grâce spéciale que nous croyons que Dieu a faite à Marie, en la préservant du péché originel. Il était de l'honneur du Fils de Dieu que la Mère dont il devait naître fût plus sainte qu’aucune des créatures et qu’elle n’eût point de part â leur corruption (2). »

DCX. — TU AM (Irlande).

L’Archevêque de Tuam, se trouvant au Concile plénier tenu par les Évêques d’Irlande h Thurlcs en 1850, souscrivit la lettre synodale par laquelle les Pères de ce Concile priaient notre Saint-Père le Pape de définir, par un décret dogmatique et infaillible de la Chaire suprême du Prince des Apôtres, que la Bienheureuse Vierge Mère de Dieu a clé conçue sans aucune tache du péché originel : Ut doymutico et infallibili decreto Beatissimam Virginem Uei Genitricem absque alla peccati originalis labe fuisse conceptam defmias (3).

(1) Voyez Auras.

(2) Rituel du Diocèse de Troyes, etc.; Troye#, 1768, pag. 524.

(3) Voyez Armagh.

DCXI — TULLE (France).

M. Behteaüd, Évêque de Tulle, est du nombre des Prélats français qui, vers 1843, écrivirent au Pape Grégoire XVI pour lui exprimer le vœu que la croyance reçue dans presque toute l'Église, touchant l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, fût définie par le Saint-Siège comme article de foi. Ces Évêques ajoutaient qu'aussitôt que le Pape se serait prononcé, tous applaudiraient à cette définition en s'écriant: Pierre a parlé par Grégoire, Peints per Gregorimn locutus est (1).

DCXII. — TUNIS (AFRIQUE).

Fr. Fidèle Suter, de l’Ordre des Mineurs capucins, Évêque de Rosalie in parlibtts, Vicaire Apostolique de Tunis, écrivit à Sa Sainteté le 0 septembre 1849, en réponse a l’Encyclique du 2 février ■ « Le désir et la prière que je vous soumets humblement, de concert avec les Ecclésiastiques séculiers et réguliers, disait-il, sont parfaitement conformes à la supplique tant de fois adressée au Saint-Siège; c’est que la pieuse croyance des fidèles, et le religieux sentiment des écoles catholiques, qui représentent Marie comme conçue sans faute, sans tache, sans ombre de péché, soient déclarés doctrine de notre sainte Eglise catholique, apostolique, romaine. Dans cette Régence de Tunis, malgré les vicissitudes des invasions, des incendies, des pestes, et le mélange de nations diverses, la pieuse croyance de l'immaculée Conception de Marie s’est toujours conservée, et la fête en a toujours été célébrée le 8 décembre avec pompe, solennité et dévotion, comme une des plus grandes fêtes de l’Eglise (2). »

(1) Voyex Arras.

(2) Tuuist, li «J seltcmbre 18-49 : Paheri, etc., vol. II, pag. 87.

DCX11I. — TURIN (piémont).

Louis Fransoni, Archevêque de Turin, éloigné de son diocèse par suite de sa fermeté a remplir son devoir pastoral dans la défense des droits de l’Église, et retiré h Lyon, écrivait de cette dernière ville au Saint-Père, le 6 octobre 1854, pour lui faire connaître qu’il avait rempli les intentions de la Lettre Encyclique par l'intermédiaire de son Vicaire général, et pour lui rendre compte de la disposition des esprits sur la question de l’immaculée Conception de la sainte Vierge. En général, les curés et le clergé, tant séculier que régulier, croyaient à la Conception Immaculée de Marie, et presque tons exprimaient plus ou moins vivement le désir de la voir définie dogmatiquement. Quant au peuple, le digne Prélat attestait que la masse de la population considérait comme une chose positive que la Très-Sainte Vierge avait été conçue sans tache, et qu’on ne s’y doutait même pas que ce point de doctrine ne fût pas défini. Venant enfin à l’expression de ses propres sentiments, il disait qu'il avait toujours adhéré a cette croyance comme h la doctrine de l’Eglise, bien qu’elle n’eût pas été définie; et il terminait par ces paroles : « Je conclurai en déclarant que, s'il plaît à Votre Sainteté de proclamer dogmatiquement l’affirmative, j’en recevrai la décision avec une vénération pleine de joie, et que je croirai dès lors comme un dogme ce que par le passé j’ai toujours cru comme une vérité (1). »

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