‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 255 sur 279 · DLX1V. — TUY (ESPAGNE · texte numérisé non relu

DLX1V. — TUY (ESPAGNE

Fr. François Garcia Casahhibios-y-Melgaii, de l’Ordre de Liteaux, Évêque de Tuy, écrivit b Pie IX, le 15 mai 1849, en réponse b l'Encyclique du 2 février. Il envoyait en même temps b Sa Sainteté le Mandement qu’il avait publié pour

(1) Paum, elc.,Yol. IX, app. II, pag, 27.

prescrire des prières publiques, suivant ses intentions. Pour rendre compte des sentiments de ses diocésains sur la question de l'immaculée Conception de la Vierge, il entrait dans quelques détails sur les institutions et les pratiques pieuses qui ont signalé la foi et la dévotion des Espagnols envers Marie Immaculée, leur patronne. 11 ajoutait que leur manière de penser et celle de leurs Évêques ne pouvait être l’objet d’aucune incertitude; tous désirant ardemment de voir briller le jour où Sa Sainteté, assistée et dirigée par l’Esprit-Saint, déclarerait comme article de foi catholique que la Vierge Marie a été conçue sans la tache du péché originel ; tous étant impatients d’entendre la voix du Vicaire de Jésus- Christ, du successeur de Pierre, qui annoncerait au monde celte heureuse nouvelle, prêts à répondre tous par ce cri unanime : Pierre a parlé par la bouche de Pie rl).

Dès le commencement du dix-huitième siècle, les Evêques et les rois d’Espagne désiraient une définition domaglique louchant l’immaculée Conception de la Vierge Marie. En 1714, Anselme, Évêque de Tuy, écrivait au Pape Clément XI pour prier Sa Sainteté, l’oracle infaillible de la vérité, infalibile oraculo de la r erdad, de définir ce mystère en déclarant que la Mère de Dieu a été conçue sans péché (2).

Le Chapitre de l’Église cathédrale de Tuy ne pensait pas autrement. Le 27 février de ladite année 1714, les chanoines, écrivant au Pape, lui avaient exprimé les mêmes sentiments et le même désir (3).

DCXV. — L’DINE (îumuME loubaiiiv- vénitien).

Zaccharie Bmcrro, Archevêque d’Udine, écrivait à Pie IX. le 7 juillet 1849, après la réception de l’Encyclique du 2 février : « L’oracle qui sera prononcé par Votre Sainteté remit) Tuy, 15 de mayo 1849 : P*Briti, etc., vol. I, pag. 196 (î) Tuy, y niarso 1 de 1714 : Pabkri, etc., vol. VIII, pag. 496.

(3) Tuy, Ù27 de febrero 1714 : P»rem, etc., vol. YUI, pag. 554

plira d'allégresse le inonde catholique. Quant a mon diocèse, il n'y a pas un homme pieux ou religieux qui n’honore Marie comme Immaculée dès sa Conception ; qui, dans ses prières domestiques, ne salue et n’invoque la Bienheureuse Mère de Dieu conçue sans la tache originelle. Cette pieuse croyance est comme une doctrine dogmatique déposée dans tous les cœurs par la tradition. Pour moi, je dirai que j’ai toujours vénéré Marie Immaculée dans sa Conception; que ce privilège m’a toujours paru nécessaire h la gloire de Dieu, etc. » Ce Prélat eulrait à ce sujet dans des considérations touchantes et persuasives, suivies de l'indication sommaire des preuves et des autorités auxquelles il avait toujours applaudi et acquiescé; puis il concluait par ces paroles : « Très-Saint Père, Maître de la vérité, interprète entre le ciel et la terre, élevez votre voix apostolique, et dites avec la certitude que Dieu vous donne : Marie, saluée par l’Ange comme pleine de grâce, a toujours été pleine de grâce, toujours belle, toujours pure, toujours Immaculée, toujours sainte; sainte d'une sainteté nouvelle, singulière, miraculeuse; d’une sainteté que Dieu lui a départie, qu’il a répandue sur elle comme la rosée, et dont il l’a environnée, pénétrée, remplie, pour rendre sa Mère très-sainte; dites au monde impatient de vous entendre : Voilà ce que Pierre déclare ; voilà la doctrine catholique (I). »

DCXVI. — UGENTO (boyaume de naples).

François Bhuni, Évêque d’Ugento, après avoir reçu l’Encyclique du 2 février 1849, écrivait à Pie IX, le Ü7 mai suivant, qu'il avait adopté et prescrit pour son diocèse le nouvel Office de la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, et que c’était pour tous un grand sujet de joie, par la raison que, là comme partout ailleurs, tout le clergé et tout le peuple honoraient avec une piété particulière la Conception Imma-

(1) Udine, 7 luglio 1849 : etc., vol. I, pag 597

culte de la Mère de Dieu. Tous faisaient des vœux pour que la vérité de ce mystère fût définie par un jugement solennel du Siège Apostolique. Pour lai personnellement, il affirmait et protestait que Marie, dès le premier instant de la conception de son corps et de la création de son âme, avait été préservée du vice originel commun à tous les autres hommes, et qu’elle avait été toujours Immaculée, toujours sainte aux yeux du Seigneur. Il indiquait brièvement les raisons sur lesquelles reposait spécialement sa conviction, et ajoutait : « Ces considérations nous font désirer de toute notre âme, et nous font demander instamment, très-instamment, qu’il soit enfin défini par le Saint-Siège, au moyen d’un décret solennel et dogmatique, que la Bienheureuse Vierge Marie, dès le premier instant de sa Conception, a été préservée de la tache originelle, et a été toujours Immaculée. Il terminait sa lettre en exprimant l’espoir de voir le peuple chrétien recevoir du ciel des grâces nombreuses, cl le deuil de l’Église se changer en joie, aussitôt que toute la catholicité professerait comme dogme de foi la vérité de l’immaculée Conception (1).

Le 1" septembre de l’année précédente le même Prélat, prévenant l’Encyclique, à l’exemple des autres Évêques du royaume des Deux-Siciles, et se fondant sur les mêmes raisons, c’est-à-dire sur la croy ance, la piété, le vœu des fidèles ; sur la gloire qui devait en revenir à Dieu, au Sauveur et à Marie; sur les bienfaits qui devaient en être le fruit pour toute l’Église, avait déjà écrit à Sa Sainteté pour la prier de définir comme un dogme de foi, en vertu de la plénitude de son pouvoir apostolique, et ex cathedra, la Conception Immaculée de la Vierge Marie dès le premier momeut de son existence (2).

(1) Uxcnli, die 22 maii 1849: Pare ni, etc., vol. I, pag. 226.

(2) Noapoli, die 1 seplembris 1848 : Parf.pi, etc., vol. IX, pag. 135.

DCXVII. — URBIN (états pontificaux).

Alexandre Angeloni, Archevêque d’Urbin, invile en 1847 par Louis des Comtes Carsidonj, Évêque de Fano, h se joindre à lui pour solliciter auprès du Saint Siège la déûnition dogmatique de l'immaculée Conception de la Sainte Vierge, avait répondu qu’il désirait souverainement que ce mystère fût l’objet de la foi de tous ; qu’il ne voyait pas qu’il y eut nécessité d’en faire un décret dogmatique, qui pourrait devenir une pierre d’achoppemcnt pour plusieurs; mais qu il n’en était pas moins affermi dans la croyance presque universelle. Après avoir reçu l’Encyclique du 2 février 1849, il lit une étude particulière de cette question sans changer d’avis. Il écrivit donc h Sa Sainteté le 2 février 1850, loi exposant les difficultés, ou pour mieux dire les appréhensions qui s’offraient h son esprit, h raison de la malice des ennemis de l’Eglise et de la faiblesse des simples, accessibles h leurs objections, et lui envoyant la lettre qu’il avait reçue antérieurement de l'Évêque de Fano, ainsi que la réponse où il avait consigné l'expression de scs sentiments. L’élévation de cette pieuse croyance à l’état de dogme serait pour lui, disait-il, le sujet d’une joie extrême, si elle avait lieu ; mais il n’osait en formuler le vœu; d’autant plus que son clergé et son peuple, quoique animés d’une dévotion sans bornes envers la Conception de la Vierge Immaculée, n’avaient pas, du moins à sa connaissance, manifesté le désir de voir intervenir sur ce point une définition du Siège Apostolique ; quelques ecclésiastiques partageaient même ses doutes sur la question d’opportunité. Du reste, en finissant, il soumettait pleinement au Saint-Père ce qu’il avait dit, aussi bien que toute autre chose, déclarant qu’il était disposé h réformer son propre jugement s’il différait de celui de Sa Sainteté (1).

(1) Urbini, die 2 februarii 1850 : P*nem, etc., vol. III, pag. 42.

DCXVIIl. — URGEL (espac.ne).

Fr. Simon de Gahdiola, de la Congrégation des Bénédictins du Mont-Cassin, Évêque d’Urgel, répondant, le 19 décembre 1819, k l’Encyclique du 2 février, par une lettre adressée a Pie IX, disait qu’il régnait dans son diocèse une grande dévotion envers le mystère de l’Iinmaculée Conception ; qu’on y célébrait sous le rit de première classe la fêle du 8 décembre, avec un grand concours de fidèles, qui en prenaient occasion de s’approcher des sacrements; que le nombre des églises et des autels consacrés sous ce titre y était considérable; qu’il était facile de juger k quel point le clergé et les fidèles étaient persuadés que Marie avait été Immaculée dans sa Conception, et combien il leur serait agréable que ce mystère fût compté parmi les vérités de la foi, en vertu d’un jugement infaillible du Siège Apostolique. Ne voulant point entrer dans une démonstration lliéologique, ce Prélat se bornait k faire ressortir de quel poids étaient aujourd'hui en faveur de la pieuse croyance la persuasion générale et le culte universel de l lnunaculée Conception, aussi bien que les actes récents du Saint-Siège, et il en concluait que le moment de la définition dogmatique approchait. Songeant k son âge avancé, il ajoutait: «Plaise k Dieu qu’avant de fermer les yeux k la lumière, je voie ce jour où un décret infaillible du Pontife romain statuera que la Bienheureuse Vierge Marie a été exempte de tout péché et de toute tache originelle dans le premier moment de sa Conception ! Le clergé et le peuple fidèle applaudiront k ce décret dont il dépend, peutêtre, que nos jours de tribulations et d’angoisse soient abrégés. Un cri de joie et de salut retentira dans toute la terre. Les fidèles béniront Dieu qui leur a donné une telle patronne, une telle Mère. Ils béniront aussi le Pontife qui aura entouré en sa faveur un si beau titre d’honneur d’une entière certitude (1). »

(1) Ex ætlikus Palatii Episcopalis Urgcllcnsis, die 19 deccmbris, »nno 1849 ■ Pareri, etc., vol. Il, pag. 454.

DCXIX. — URITANA or ORIA (royaume de naples).

Jean-Dominique, Évêque d'Uritana, écrivail b Sa Sainlelé Pie IX, en 1X48 : «La fervente et perpétuelle dévotion du peuple chrétien envers la Très-Sainte Mère de Dieu, conçue sans la tache originelle ; le patronage eflicace et spécial de cette puissante Reine en faveur de toutes les villes et de la Métropole de ce royaume des Dcux-Siciles. surtout dans les circonstances présentes, m’ont déterminé, aussi bien que tous mes frères dans l’Épiscopat, h vous adresser celle pieuse et juste prière : que la Conception de la Sainte et très-aimante Vierge Marie, Immaculée dès le premier instant, soit définie comme dogme de foi par le Siège Apostolique. Je m’estimerai heureux, en union avec mes frères, si Votre Sainteté, comme elle a coutume de le faire sur d’autres points, accueille favorablement cette expression de nos vœux et l’hommage de notre soumission, en m'accordant d’ailleurs sa bienveillance et sa Bénédiction Apostolique (i). »

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