DCXX. — URUGAY (AMÉRIQUE MÉRIDIONALE
Laurent-Antoine Fernandez, Vicaire Apostolique de la République de l’Urugay, s’empressa de communiquer h son peuple, par un Mandement, l'Encyclique du 2 février, d’ordonner les prières réclamées par le Souverain Pontife, et de prendre au sein de son clergé l’avis des Ecclésiastiques les plus instruits et les plus recommandables, qui se prononcèrent formellement en faveur de la doctrine de l’immaculée Conception de Marie, et de sa future définition dogmatique. Écrivant ensuite à Sa Sainteté, en date du 20 août 1849, il faisait d’abord mention de ses actes: puis il motivait ses sentiments et ses vœux en exposant les arguments, les preuves, les autorités, invoquées dans le rapport écrit qui lui avait été
(1) Datum Uri« Kalend. novembris 1848: Pahem, etc., toi. IX, pag. 164.
soumis. « Marie est toute mon espérance, concluait-il ; car dans les dangers, dans les angoisses, ainsi que le dit saint Bernard, regardez l’Étoile, invoquez .Marie. C’est cette étoile du matin, lumineuse, resplendissante, dissipant les ténèbres de tous les esprits, qui vous éclairera, Très-Saint Père, en vue de la définition du mystère de son Immaculée Conception comme article de foi. Elle dirigera vos pas dans les voies de la paix. Elle vous délivrera et vous protégera, parce que vous avez connu son nom, c’est-à-dire le moment de définir sa Conception Immaculée, moment fixé d’avance par le Père des lumières (1). »
DCXXI. — VACCIA ( hongkie).
Auguste Roskovanyi, Evêque de Vaccia, écrivait au Cardi- nal Scilowski, Primat de Hongrie, le 29 octobre 1854, qu’il avait toujours cru pieusement que la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, avait été conçue sans la tache originelle, et qu'il avait fait imprimer pour son diocèse l'Oflice spécial de l'immaculée Conception, dont il avait recommandé la récitation ; que divers documents attestaient que son clergé et son peuple avaient aussi la même foi ; et que rien ne pouvait être plus doux, plus agréable pour lui, pour son clergé et pour les fidèles de son diocèse que de voir cette foi si pieuse de l’univers catholique en l’immaculée Conception de la Très-Sainte Vierge Marie, définie et proclamée comme vérité dogmatique par un jugement solenuel de l'Église et du Saint-Siège Apostolique, et d'apprendre ainsi la réalisation du vœu le plus cher h leur cœur (2).
DCXXII. — VAISON (FRANCE).
En 1457, Ponce de Sadon, Évêque de Vaison, dont le Siège a été supprimé, a souscrit les actes du Concile d’Avignon, qui avait été convoqué par le Cardinal de Foix, Archevêque
(1) Montevideo, die 20 augusli 1849 : Parcri, etc., vol. II, pag. 21.
(2) Vacii, die 29 octobris 1850 : Pauew, etc., vol. IX, app II, pag. 78.
d’Arles. Or ce Concile a prescrit d’observer inviolablemenl le décret du Concile de Bâle, qui s'est prononcé formellement et dogmatiquement en faveur de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie (1).
DCXXIII. — VALENCE (frange).
Vers l'an 1845, Pierre Chatrocsse, Évêque de Valence, écrivit au Pape Grégoire XVI pour le prier de définir, comme article de foi, la croyance généralement reçue dans l'Eglise touchant l'immaculée Conception de la Glorieuse Vierge Marie, ajoutant que tous applaudiraient à celte définition, en s’écriant : Pierre a parlé par Grégoire, Petrus per Greyorium locutus est (2).
Il fit la même demande à Notre Saint-Père le Pape Pic IX, dans sa réponse à l’Encyclique du 2 février 1849. Il atteste d’abord que le clergé et le peuple fidèle de son diocèse croyaient d'une foi privée que la Bienheureuse Vierge Marie, Mcre de Dieu, a été exempte de toute tache dans sa Conception ; qu’ils tenaient celte pieuse et ancienne croyance de leurs pères à litre d’héritage, et qu’ils demandaient tous que cette doctrine, transmise par la tradition des siècles, fût définie par un jugement solennel et insérée dans le symbole de la foi catholique. Puis, arrivé à la question qui le concernait personnellement, il répondit qu’il croyait et professait, comme une vérité hors de doute, que la Bienheureuse Marie a toujours été pure, Immaculée et bénie dans sa Conception, comme il croyait qu’elle a toujours été vierge. Et, après avoir indiqué les principales preuves de cette doctrine, il pressait Sa Sainteté de vouloir bien, étant aidée de la lumière du Saint-Esprit et de la protection même de Marie, définir et déclarer du haut de la Chaire, maîtresse très-véridique de l'univers entier, que Marie, Mère de Dieu, n’a point encouru la malédiction commune aux enfants d'Adam, et qu’elle a été
(1) Voyci A r ig ,0a
(2) Yoyei Anus.
préservée daus sa Conception de la tache originelle. Il ajoutait : « Les peuples chrétiens de toute la terre, se livrant aux transports de la joie, recevront celle déclaration solennelle comme une voix venue du ciel, comme une vérité révélée de Dieu, comme un dogme de la foi catholique; ils loueront Votre Béatitude et lui rendront d'éternelles actions de grâces. Partout, dans les assemblées des enfants de Dieu, on s’écriera : Pierre a parlé par Pie, la cause est finie ; Peints per Pium locuius est, causa fmita est (1|. »
Dans hi Lettre qu'il a adressée à son clergé, sous la date du 8 avril 1849, M. Chatrousse n’est pas moins exprès, soit pour ce qui regarde l’immaculée Conception de Marie, soit pour ce qui concerne la suprématie du Souverain Pontife en matière de définitions dogmatiques. Après avoir rapporté l’Encyclique dont nous avons parlé, il s’exprime en ces termes : « Ainsi donc, messieurs, celui qui tient dans sa main le gouvernement de l'Église, celui qui est chargé île confirmer ses frères dans la foi, et d’en conserver religieusement le dépôt sacré; l’oracle visible et infaillible de la vérité éternelle va bientôt prononcer sur celte pieuse croyance, si chère à tout cœur catholique : La Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été entièrement Immaculée, et absolument exemple de toute souillure de la faute originelle.
« 11 nous sera bien facile de faire connaître h notre vénéré et suprême Pontife la dévotion dont notre clergé et le peuple fidèle de notre diocèse sont animés envers la Conception de la Vierge Immaculée, et quel est leur désir de voir le Siège Apostolique porter un décret sur celte matière. Tant de pieuses et ferventes Congrégations érigées en l’honneur de Marie, dans notre diocèse, tant de témoignages publics et particuliers rendus avec la plus intime conviction et la dévotion la plus tendre au privilège glorieux de sa Conception Immaculée, la piété si vive et si vraie dont le cœur de nos chers diocésains est animé envers la Mère de Dieu, tout nous prouve
(t) Valeniiœ ad Rhodanuin, 8 sept. 1849 : I'aiiebi, etc., col. Il, pag. 82.
avec évidence que leur désir le plus ardent est qu’il soit enlin déclaré comme dogme de notre foi, comme vérité divinement révélée, que l ame de la Bienheureuse Vierge Marie, au moment de sa création et de son union avec le corps, a été douée île la grâce du Saint-Esprit et préservée du péché originel. Tels sont, messieurs, les vœux unanimes que nous déposerons bientôt aux pieds de celui qui occupe avec tant de gloire la Chaire de l’éternelle vérité. Nous lui dirons avec l’ardeur de notre foi et les sentiments d’une vive confiance: Prononcez enlin, Très-Saint Père, sur une question d’un si haut intérêt pour votre famille catholique: que votre voix suprême retentisse jusqu’aux extrémités de l’univers; tous les enfants de Marie s’apprêtent â l'écouler avec une religieuse attention, â la recevoir avec une respectueuse et entière docilité. O Père ! proclamez la vérité divine, la croyance de l’Église; marquez du sceau de l infaillibilité celle parole si glorieuse pour la Mère de Jésus et pour Jésus lui-même : Marie a été conçue sans la moindre souillure de la tache originelle: parlez, et tous les cœurs catholiques s’écrieront d’une voix unanime et dans un sublime concert : nuis le cnovoxs, c’est notre roi (1). »
Enlin, l'Evêque de Valence, assistant au Concile provincial d’Avignon de l’an 1849, a souscrit le décret par lequel ce Concile exprimait le vœu qu'il fût défini, par le Saint-Siège, comme doclrine de l’Eglise, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été Immaculée et absolument exemple de toute souillure du péché originel $).
DCXXIV. — VALENCE (espagne).
Paul Garcia- Abeli.\, de la Congrégation de l’Oratoire, Archevêque de Valence, écrivit au Saint-Père le 1" juillet 1849, en réponse à l’Encyclique du ‘2 février. Les prières publiques qu’il avait prescrites, conformément aux intentions de Sa
(1) Lctlre circulaire de Mgr l’Évêque de Valence, etc. ; Valence, 1849.
[2) Voyez Annan.