‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 257 sur 279 · HO · texte numérisé non relu

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Sainteté, avaient fourni au clergé séculier et régulier, ainsi qui» tout son peuple, et en particulier aux autorités politiques, civiles, militaires, et aux nobles chevaliers de la Maes- Iranza, de Valence, l'occasion de montrer pour la question de l'immaculée Conception de la Mère de Dieu le zèle le plus religieux et le plus empressé. 11 avait même été chargé par les chefs militaires et par les chevaliers de faire connaître au Souverain Pontife la disposition où ils étaient de défendre au prix de leur sang cette prérogative de Marie. Le Chapitre, de son côté, lui avait remis un rapport consciencieux et érudit, dans lequel il avait consigné l’expression de ses sentiments et les documents historiques attestant l'antiquité de la pieuse croyance dans tout le royaume d’Aragon. Non content de transmettre au Saint-Père ce rapport autographe, l'Archevêque, recueillant les témoignages de la tradition locale à partir du treizième siècle, citait les paroles de quelques savants théologiens, le dévouement des Frères Prêcheurs de Valence, le serment des Académiciens, les actes de ses Prédécesseurs et les édits des Rois aragonais. Le fait qui donna lieu au serment académique lui avait paru mériter une mention particulière. Le 8 décembre 1Ô30, un prédicateur, du nom de Monér, avait osé avancer et soutenir en chaire le sentiment contraire a la pieuse croyauce. 11 eu résulta un tel scandale, que, pour donner satisfaction aux réclamations du Chapitre, à l’indignation des magistrats, aux mouvements tumultueux de la foule, on fut obligé, ce jour-là même, d’exiler le téméraire orateur, et, le lendemain, de célébrer de nouveau une fêle solennelle de l’immaculée Conception.

Après la Messe pontificale, chantée pour cette seconde fête à la Cathédrale par l'Évêque-Coadjuteur, tous les membres présents des Ordres religieux prêtèrent, avant de se retirer, le serment de défendre de toutes leurs forces, tant en public qu’en particulier, le glorieux privilège de la Mère de Dieu, et il fut statué, avec l'assentiment des Docteurs et des Maîtres en l'Université, qu’il ne serait plus accordé désormais ni chaire ni diplôme à quiconque n’aurait pas préalablement

prêté le même serment entre les mains du Recteur. Le peuple, les Ordres religieux, le clergé séculier, les élèves du sanctuaire, tous se montraient fidèles à la tradition de leurs ancêtres; en sorte que l'Archevêque ne doutait pas que tous les rangs et tous les âges ne fussent unanimes h bénir le nom du Seigneur s’il plaisait au Saint-Esprit et au Chef de l’Eglise de proclamer par une définition apostolique que la Vierge a été complètement h l’abri de ce déluge du péché, dont les eaux fétides et corrompues ont envahi les hauteurs mêmes où sont montés les plus grands saints. De tous les renseignements qu’il venait de donner, il concluait qu'il était facile de comprendre tout ce qu’il y avait dans son diocèse de zèle pour l’accroissement de l’honneur de la Bienheureuse Vierge, et de désir de voir celte affaire glorieusement terminée par le Saint- Siège Apostolique.

L’obéissance seule déterminait son humilité à parler de son propre sentiment, et il commençait par déclarer qu’il était prêt h acquiescer, non-seulement par le silence, mais par une adhésion parfaite d'esprit et de cœur, à ce qui, sur celte question, comme sur toute autre appartenant h la foi ou aux mœurs, serait décidé par Sa Sainteté, qui a la clef de la science, soit avec l'accession des suffrayes des Evêques catholiques , soit seule, et avant le consentement de l’Église universelle (1). Ensuite il exposait son avis, qui était que le sentiment d’après lequel, en vertu de la grâce prévenante du Rédempteur, la très-pure Vierge avait été préservée de toute tache dans sa Conception passive, louchait de près h la foi catholique et pouvait être défini comme tel. Enfin, après avoir prouvé celte thèse par diverses argumentations, il exprimait formellement le vœu de voir avancer parla Providence le moment où le Siège Apostolique déclarerait, par un jugement notifie et irréformable, que cette vérité appartient â la foi; s’estimant heureux. ainsi que ses contemporains, de vivre en un temps où

(1) SanctiUs Vestra, quæ, sivo caüiolicoruni sulTiagiis Autisiiliim a'juncU, sive soin, antequam Ecclcsiæ universæ consensus accédai, babil clavem scientiæ, etc.

il nous serait donné a tous de voir et d'entendre ce que nos ancêtres ont si vivement désiré sans l’obtenir. Il est arrivé, Très-Saint Père, disait il, ce temps, objet de tant de vœux; la volonté de Votre Sainteté montre assez ses dispositions; la justice de la cause apparaît dans le plus grand jour; les fidèles de tout étal vous pressent aujourd'hui parle concertée leurs suppliques réitérées -, le seuliment contraire n’a plus ou presque plus de partisans. Qu’est-ce qui empêcherait Votre Sainteté de rendre l’oracle pontifical? Plaise à Dieu très grand et très-bon que tous les obstacles, s’il y en a encore, s’évanouissent, et qu êtant intérieurement pénétré de l’éclat de la lumière céleste, vous donniez sans aucun retard b cette importante affaire l’heureuse solution qui comblera nos vœux il)!

DCXXV. — VALLADOL1D | Espagne).

Joseph-Antoine Rivadenetra, Evêque de Valladolid, répondit le 14 mai 1849 b l’Encyclique du 2 février, par une lettre adressée b Pie IX. Rappelant brièvement les divers témoignages que la nation espagnole a donnés constamment, et depuis longtemps, de sa foi vive et pieuse b l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, et notamment les démarches renouvelées, il y a quelques années, par ses Evêques, auprès de Grégoire XVI, pour obtenir non-seulement l'insertion du mol Immacuhila dans la Liturgie, mais encore une définition dogmatique de ce mystère, il en concluait d’abord qu'il était plus facile b Sa Sainteté de comprendre, qu’b lui d’exprimer la joie de ses diocésains, b la lecture de l’Encyclique, et ensuite qu’on aurait pu se faire par avance une idée des sentiments dont son clergé et son peuple étaient animés.

Néanmoins, par déférence pour Sa .Sainteté et pour la Chaire de Pierre, il avait réuni son clergé, et fait écrire h ceux de ses membres qui n’avaient pas pu se déplacer, et il

(t) Vvlentûe ÆdcUnorum, Kalendis juliis, anno 1849: Païieiu, etc., vol. I, («g SOS.

avait reçu de toutes parts une réponse unanime, savoir : que tous tenaient a la pieuse croyance de l’immaculée Conception, comme si déj'a elle eût été rangée parmi les dogmes de la loi, et que sa définition solennelle ne leur apporterait désormais que le droit de reconnaître des hérétiques dans ceux qui pourraient s’en écarter. 11 ne craignait donc pas d’assurer qu’un décret du Siège Romain, sous quelque forme qu’il fût rendu, serait accueilli avec -une joie extrême dans son diocèse, soit par les hommes qui se distinguaient dans les sciences, soit par le clergé et par le peuple lidèle. Quant h lui, depuis qu’il avait obtenu du Saint-Siège la faculté de mentionner publiquement l’immaculée Conception de Marie h la Préface de la Messe et dans les Litanies de Lorelte, il avait senti s’affermir dans son cœur la douce espérance de recevoir un jour, avant de mourir, le décret dogmatique de ce mystère, en gage de salut pour lui-mcme et pour son cher troupeau. Rien ne lui paraissait plus désirable et plus opportun que l’apparition de l’Etoile de la mer au milieu des flots tumultueux de notre époque, et il en attendait les plus grands résultats en faveur de l'Eglise et de Sa Sainteté. Il promettait, enfin, de souscrire avec le plus grand empressement à la définition dogmatique de l’immaculée Conception et priait le Souverain Pontife, assisté de l’Esprit divin, de lui procurer, ainsi qu'à son troupeau et h tout le bercail de Jésus-Christ, celte consolation suprême (I).

Philippe V, roi d’Espagne, ayant sollicité du Saint-Siège la définition dogmatique de l'immaculée Conception de la Bienheureuse \ ierge Marie, l’Evêque de Valladolid écrivit au Pape Clément XI, en 1714, pour le prier de faire usage des clefs de Pierre et de sanctionner de son autorité le mystère de celte Conception. Il mettait en avant les Constitutions des Souverains Pontifes, la croyance générale de l’Église, et. pour ce qui regarde l’Espagne, la demande de la plupart des Evêques

(4) VullUolcli, die 14 maii 1849 : Pareri, de., vol. I, pag. 192.

et le vœu des royaumes de Castille, de Valence et d’Aragon (1).

Le Chapitre de l’Église de Valladolid, animé des mêmes sentiments que l'Évêque, fit la même demande à Clément XI, en le priant de définir que la Vierge Marie a été conçue sans tache; lui rappelant que Sa Sainteté avait été couronnée comme Pape le jour même de la Conception de Marie, il ajoutait que Sa Sainteté devait à son tour couronner la Reine du ciel en décrétant son Immaculée Conception (‘2).

DCXXVI. — VALVE et SULMONA (royaime de napi.es i.

L’Évêque de Valve et de Sulmona, étant du nombre des Évêques réunis à Chieli, en 18W, pour le sacre de l'Archevêque de Lanciano, a souscrit la lettre par laquelle ces Prélats demandaient trcs-instamment au Souverain Pontife de définir que la Vierge Marie, notre Mère bien-aimante, a été Immaculée, même dès le premier moment de sa Conception: ut de fi nias Malrem peramautissimam vel ab ipso sui Conceptu s instant i Immaculatam, ferveutissime instamus (a).

DCXXVII. — VANCOUVER (orégo.V).

Modeste Demers, Évêque de Vancouver, écrivait h Pie IX. le ‘21 janvier 1850, en réponse h l’Encyclique du 2 février, qu’il s’estimait trop heureux de pouvoir correspondre à son zèle pour la Mère de Dieu, par une prompte adhésion à un point de doctrine sur lequel il était réservé à Sa Sainteté de prononcer un jugement solennel et dogmatique, qui devait combler de joie des millions de catholiques, proclamant tout d’une voix la Mère du Sauveur Immaculée. « En adhérant

(1) Quid jam superest, nisi non nihil ultra devint Pétri, quæ ad mnnuin est, rolare, ut sigillatum mancol plane mysterium (Immacululæ Conception» Virginis Mari*}. YaUuoleli , die 26 mmsis februarii ann. 1714: Pareri, etc., vol, VIII, pag. 493.

t (2; Vallisolcti, die 6 februarii ann. 1714 : Pabkri, etc., vol. VIII, pag. 335.

(3) Datum Tbeate die 18 martii 1849 — Voyea Cmm.

pleinement et entièrement, disait-il, à la décision que Votre Sainteté prononcera, je ne crains pas de me tromper, parce que le Divin fondateur de la Religion est avec Pierre dans votre personne sacrée ; et en priant que la loi de Pierre ne défaille pas, il a prié pour la vôtre. Je me hâte d'unir nia voix, mes vœux et mes désis à ceux des autres Évêques de la catholicité pour vous conjurer de prononcer, en vertu de la plénitude de ce pouvoir que la Sainte Eglise a constamment reconnu au Vicaire de Jésus-Christ, Marie, Mère de Dieu et toujours Vierge, Immaculée dans sa Conception. Dans le Canada, lieu de ma naissance, nos pères ont transmis cette pieuse croyance h leurs enfants, dont la dévotion envers Marie et son cœur Immaculé a été et est encore aussi ardente que si elle eût été appuyée sur un article de foi divine. Dans l’Orégon, les lidèles ne cèdent pas à leurs frères du Canada en dévotion et en contiance en la Mère de Dieu. Hâtez le moment, Très-Saint Père, où, de retour dans la Ville éternelle et assis de nouveau sur la Chaire de Pierre, vous porterez un décret que toute la catholicité appelle de ses vœux les plus ardents. Devenu grand par vos malheurs, vous le deviendrez encore davantage en vous rendant aux vœux des fidèles, dont la piété envers Marie et la croyance en sa puissante protection ne seront pleinement satisfaites que lorsqu’elles seront appuyées sur un article de foi divine et par conséquent immuable.

a Comme l’Archevêque d’Orégoncity et l'Évêque de Wallavalla ne pourront de sitôt faire parvenir leur réponse h Votre Sainteté, je crois pouvoir d’avance me porter comme l’organe de leurs sentiments, connaissant parfaitement leur dévotion pour Marie et leur désir de la voir exaltée de plus en plus (1). »

DCXXVIII. — VAMES (mange).

Charles-Jean De La Motte-de -Broons-et-de-Vaivert, Évêque

(I) Borne, St janvier 1850 : Parebi. etc., vol. III, pag 221.

de Vannes, est un des Évêques de la province de Tours qui, étant réunis en Concile a Rennes, au mois de novembre 1 849, exprimèrent le vif désir qu’il fût défini par le Siège Apostolique, comme doctrine de l’Eglise catholique, que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été entièrement exemple de toute souillure du péché originel (1).

Dès le mois de juin de la même année, l'Évêque de Vannes avait répondu à l'Encyclique de Sa Sainteté sur l'immaculée Conception de la Mère de Dieu Après avoir exprimé toute la satisfaction qu’il avait éprouvée à la lecture de celte Encyclique, il disait qu’il serait heureux si le Vicaire de Jésus- Christ jugeait à propos, conformément aux vœux de tous, de définir enfin, par un jugement solennel, que la Très-Sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, a été conçue sans la tache originelle ; ajoutant que les membres de son Chapitre avaient été unanimes à déclarer qu’ils croyaient très-fermement celte vérité, et que la déclaration solennelle de l’immaculée Conception de Marie, si elle avait lieu, serait reçue avec la plus grande joie par les Pasteurs et les ouailles de son diocèse (2).

DCXX1X. — VENAFRO (iioyaime de nai>les).

Dans une lettre du 2 avril 184 ), adressée au Souverain Pontife, le Chapitre et le clergé de Venafro, après avoir remercié le Saint-Père de la concession de l'Office propre de l’immaculée Conception, et avoir dit combien cette prérogative de Marie était honorée dans leur ville, placée sous son patronage, ajoutaient : « De la piété commune résulte un vœu commun; c’est qu'enfin il soit défini par Votre Sainteté et ajouté aux articles de foi que Marie toujours Vierge a été

(1) Voyez T ocm.

(2) Quapropler hæc solcmim decioratio de Im macula U Conception e Maiiæ, si futur* rit, nedum sil babilura adversariam incam diœccsim. fuiura est summo gau lio pasloribu» et ovibu*. Venetr, die 1 junii 1819 : Paueri. etc., vol. I. pag. 252.

conçue sans aucune tache dans le sein de sa Bienheureuse Mère. Nous ne nous permettrons point de dogmatiser sur ce privilège en présence de Votre Sainteté, qui est la Chaire éminente et infaillible de la doctrine et de la vérité : mais on a assez discuté la question et constaté l’assentiment des Saints Pères pour que nous ayons l'assurance que ce privilège est contenu dans les Ecritures d'une manière implicite. » Venaient ensuite quelques citations et commentaires à l’appui de celte proposition, et la lettre se terminait par une nouvelle expression du même vœu, qui s’étendait en même temps aux heureuses conséquences qu’on attendait de la définition pontificale (1).

DCXXX. — VENISE ( royaume i.ombard-yémtikn ).

Le Cardinal Momuo, Patriarche de Venise, écrivit le 28 janvier 1850 h Sa Sainteté Pie IX, en réponse h l’Encyclique du 2 février. D’après les rapports qu’il avait reçus des Chapitres, des professeurs de son Séminaire, des curés et des supérieurs des Ordres Heligieux, tous déclaraient avoir constaté que les Ecclésiastiques et les laïques ne formaient qu’un seul et même vœu, pour qu’il fût défini que la Bienheureuse Vierge 3 été préservée de toute tache originelle au premier moment même de sa Conception, et que l'objet de cette croyance fût mis au rang des vérités catholiques par l'oracle infaillible du Saint- Siège. Déjà précédemment, son Éminence avait acquis la certitude que tel était le vœu de son peuple; et, entre autres faits qui motivaient sa conviction, elle prenait à témoin la joie sensible manifestée par les fidèles quand il fut permis de mentionner l’immaculée Conception de Marie dans la Liturgie, en vertu d'une concession de Grégoire XVI, et le ton tout à la fois plus élevé et plus animé avec lequel la multitude prononçait ces paroles dans les Litanies : « Reine conçue sans tache, priez pour nous. » Pour ce qui le concernait, l'émi-

(1) Venafri, postr. Id. aprilis 1849 : Parehi, etc., vol. IV, pag 43.

nent Prélat disait qu’il adhérait au sentiment des Évêques qui avaient demandé au Siège Apostolique la définition dogmatique de ce mystère, et qu’il la demanderait, du reste, spontanément, lors même qu'il n’aurait point été prévenu par leur exemple, parce qu’il aurait trouvé pour cela des motifs bien suffisants dans son propre cœur, dans les démonstrations qui mettaient cette vérité hors de doute et dans les besoins particuliers de notre époque. 11 insistait sur celte dernière considération et sur la perspective des bienfaits qu’il y avait lieu d’attendre de la Vierge Immaculée en faveur de la société, de l’Église universelle et de Sa Sainteté (1).

DCXXXI. — VENOSA (royaume de naples).

Antoine-Michel Vaglio. Évêque de Venosa, répondant h l’Encyclique du 2 février, adressa au Saint-Père, en date du 21 mai 1841), une supplique pressante en vue d'obtenir la définition dogmatique de l'immaculée Conception. Le temps marqué pour ce décret dans les desseins de Dieu était arrivé : c’était la volonté du Seigneur que l’on rendit désormais à ce mystère une gloire plus grande et perpétuelle. Celte volonté éclatait par divers témoignages, et entre autres par le pieux et unanime assentiment de tous les chrétiens. La prédilection des rois, des princes, des peuples, des universités, des Ecclésiastiques, des Théologiens, des Docteurs, des Conciles et des Souverains Pontifes, l’amour vif et constant de tout l’univers catholique, en faveur de cet objet de pieuse et sublime croyance, n’avait cessé de se développer et de s’accroître depuis plus de sept cents ans, et il n’y avait maintenant de toutes parts qu'une même pensée, un même désir, un vœu fervent, une prière impatiente, attendant des lèvres de Sa Sainteté cette parole qui réjouirait le ciel et la terre : Vierge conçue Immaculée, « Unissons donc nos vœux, disait ce Prélat, aux religieuses supplications de notre clergé et des

(1) Yenetiifi, IV Kalend, febr. 1850 : Paruii, etc., vol. III, pag. 55.

fidèles confiés à nos soins, aux demandes et aux instances de nos collègues dans l’Episcopat, en vue de cet auguste privilège; Nous souhaitons de tout notre cœur et avec la disposition de sacrifier pour cela notre vie, qu’on rende pleinement sur la terre à la Glorieuse Vierge tout l'honneur possible: nous ne cessons de multiplier nos prières devant l’auguste Sacrement de l’Eucharistie, pour que Votre Sainteté éclairée de la lumière d en haut définisse, comme doctrine catholique, que la Conception de la Vierge Mère a été sainte et Immaculée (1). »

Quelques jours auparavant le Chanoine Joseph-Marie Piceco, Provicaire général du même diocèse, avait écrit au Saint-Père dans le même but et dans le même esprit, rendant témoignage du désir universel de la part du clergé et des laïques, des savants et des ignorants, d’honorer et glorifier l’immaculée Conception de Marie, en vertu d’unjugemenlsolennel de l’Eglise, de l'autorité du Siège Apostolique, qui est la Chaire de vérité. Après avoir prié pour que Sa Sainteté définit, comme dogme de notre foi, l’objet de la pieuse croyance, il avait ajouté: «Telle est la dévotion de tous, la religieuse attente de notre diocèse cl la sollicitude de toutes les Eglises (2). »

DCXXXII. — VENTIMIGLIA (états sardes).

Laurent-Jean-Baptiste Biale, Évêque de Venlimiglia, écrivit au Pape Pie IX une lettre dont nous ignorons la date précise, mais qui est postérieure h l’Encyclique du 2 lévrier 1849. Après avoir rappelé la tradition constante et universelle de l’Eglise, qui réserve le jugement des causes les plus difficiles de la foi au Siège sacré de Pierre qui ne peut défaillir, il entrait dans la pensée de Sa Sainteté, qui était de repousser victorieusement et d’un seul coup le choc de toutes les erreurs, en s’assurant la puissante intervention de la Mère

(1) N<:;> poli, die maii 1849: Pantin, etc., vol.I, pag.205.

(2) Venusii, die 1 maii 1849: Pantin, ete., vol. IV, png. 40.

de Dieu, par la définition de sa Conception sans tache. « Ceci, ajoutait-il. était depuis longtemps dans les vœux de tous ceux qui professent pour cette divine Mère une dévotion filiale, et en particulier, du clergé et du peuple de l'Église de Veutimiglia, qui déjà, dans la Liturgie, l’invoquent comme très-pure, Immaculée et conçue sans la tache d’origine, et qui désirent, à l’exemple de saint Augustin, quelle soit mise hors de cause toutes les fois qu’il s’agit du péché. » Il déclarait ensuite qu’il joignait scs vœux a ceux de ses ouailles, demandant ardemment que cette gloire de Marie, cette croyance commune des chrétiens, fût transformée en dogme catholique. Le décret devait-il être formulé de manière h rejeter hors de l’Église les contradicteurs et à les ranger parmi les païens et les publicains? Il réservait la solution de celte question 'a Sa Sainteté, préposée par l’autorité de Jésus-Christ pour instruire et confirmer ses frères dans la foi ; et il terminait en disant que le jugemeut du Saint-Père ne pouvait plus être retardé et qu’il était prêt à l’accepter religieusement (1).

DCXXXlll. — VÉRAPOLIS (ikdes orientales).

En 1849, lîernardin de Sainte-Agrès, Évêque de Tane in partibus, coadjuteur du Vicaire Apostolique de Vérapolis, écrivit au Pape, de concert avec l’Archevêque de Cyr et l’Évêque d’Héraclée, pour lui demander instamment que le Saint-Siège définit, par un jugement solennel et irréformable, que la Très-Sainte Vierge Marie a été conçue sans la tache originelle (2).

DCXXXIV. — VERCEIL (états saiides).

Alexandre d’ARGENNEs, Archevêque de Verceil, répondit à l’Encyclique du ‘2 février par une lettre adressée au Saint- Père, en date du 5 décembre 1849. Après avoir recueilli les

(!) Parrfi, etc., vol. 111, pig. 375.

(2) Yoyex Muaiur

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