‹ La croyance: sa nature, son mécanisme, son éducationChapitre 20 sur 28 · FOI RKLIGIEUSE, CROYANCE VOLONTAIRE · texte numérisé non relu

FOI RKLIGIEUSE, CROYANCE VOLONTAIRE

dubitet, infidelis semper habet unde credat, ut fiaeli deiur joro fideliiate prœmium et infideli pro infldelitate supplicium.

En effet, la foi se distingue de la crédulité, en ce que la crédulité est passive, inerte, paresseuse^ tandis que la foi est essentiellement active ; c'est Tâme qui s'approprie la vérité, qui se l'incorpore, qui s'en imprègne tout entière , et qui en accepte d'avance toutes les conséquences. Or, les con^ séquences de la foi sont très dures pour nous» puisqu'elle fait violence à tous nos sentiments i

égoïstes, puisqu'elle ordonne la lutte contre ''^

l'orgueil, contre l'irascibilité, contre la sensualité^ /^

qui sont , avec la paresse , la racine de tous les ^

maux individuels et sociaux. Aussi la religion %

propose -t -elle un idéal admirable de pureté, do >

maîtrise de soi, de bonté, d'humilité et d'abnégar -^

tion, et impose-t-elle l'obligation rigoureuse de '^

travailler à se conformer au modèle qu'elle pro- .|

pose. Il n'y a pas de foi sans cq sentiment d'obli^ |

gation : « La foi... c'est une conviction permanente de certaines doctrines, accompagnée de l'idée que les croire vraies est un devoir et que les mettre en ' .^

doute est une pensée coupables » H

secondaire de rintelligence dans la croyance? On reconnaît, en effet, que le dogme à croire est « partiellement obscur », qu'on y trouve toujours des motifs de douter — mais aussi qu'on y trouve de nouvelles raisons de croire. Il y a de quoi largement légitimer l'incrédulité et de quoi largement légitimer la foi.

Qu'est-^ce à dire, sinon que nous devrons, comme Brennus, jeter notre épée dans la balance pour la faire pencher d'un côté ? Et de fait, notre choix est toujours dicté par des sentiments; quand nous croyons que notre conversion ou notre rupture avec la religion est déterminée par des motifs intellectuels, il n'y a là que Tillusion commune que nous avons signalée fortement et qui nous fait intervertir l'ordre des phénomènes ; en réalité, les motifs sont d'importation postérieure, et ils sont venus légitimer après coup la détermination.

Ce fait d'observation, nous pouvons d'ailleurs le déduire d'une loi générale de notre nature psychologique, et, d'autre part, il est confirmé, et par la concordance sur ce sujet de tous les directeurs de conscience religieux, et par les aveux de ceux qui se sont convertis après avoir longtemps vécu dans l'indifférence religieuse.

D'abord ce n'est point parce que nous aimons une chose que nous la désirons, mais c'est pa

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