DEUXIEME PARTIE
Toi n’est pas, cependant, l’avis du poète culinaire, bon juge en la matière, qui réplique par cette remarque judicieuse :
On dit : De la pomme nous vient,
Ici-bas, l’existence amère.
Oui, mais que de bons plats l’on tire Du péché de notre grand-mère!
Quoi qu’il en soit, le fruit cher aux Normands a joué dans l’histoire profane et fabuleuse un rôle non moins grand que dans l’histoire sacrée.
C’est une pomme que Paris, fils de Priant, choisi comme juge, et chargé de se prononcer entre Junon, Pallas et Vénus, adjugea à celle-ci comme gage de sa beauté et de sa souveraineté sur ses rivales; et c’est encore une pomme qui engendra le péché originel.
Pour nous, nous voyons surtout dans la pomme un fruit délicieux se prêtant à toutes les combinaisons, à toutes les transformations et à tous les déguisements que peut suggérer l’idée.
Indépendamment de la pomme et des fruits rouges, dont le règne subsiste encore pendant ce mois, Pomone livre tous les trésors du verger : abricots, prunes, poires, raisins et surtout la pêche sont à profusion. C’est le moment le plus propice de l’année pour les gelées et les macédoines de fruits.
Dans ce mois reviennent aussi les diverses variétés de champignons, telles que le cèpe ou bolet, l’agaric, le mousseron et l’oronge, qui, comme leur sœur la morille, ont de fervents amateurs.
Il n’y a, à Paris, nul risque à courir dans l’emploi des champignons livrés par le commerce, puisqu’ils sont placés sous le contrôle de la Salubrité; mais il n’en est pas de même à la campagne, et on ne saurait trop