‹ La cuisinière poétiqueChapitre 10 sur 44 · A MADEMOISELLE · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE

Le dîner que je veux faire, Avec loi je le ferai,

Sous la treille verte et claire, Un des premiers jours de mai.

Je te sais Parisienne,

Nous n’irons pas loin d’ici :

Nous choisirons Louvecienne, Sèvres ou Montmorency.

A l’auberge où se balance Le lion tout en cheveux,

Ou le cheval qui s’élance,

Nous entrerons, si lu veux.

Nous aurons, ô ma charmante, Alors même qu’elle bout,

La soupe épaisse et fumante, Où la cuiller tient debout;

Puis le jambon de Mayence, Aux magnifiques couleurs,

Sur l’assiette de faïence Peinte de grossières fleurs.

El l’omelette charnue,

Si jaune, qu’en notre erreur Nous la croirons revenue,

Pour nous, de chez le doreur.

Rien ne le paraîtra fade;

Tout ira selon ton gré :

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