‹ La cuisinière poétiqueChapitre 11 sur 44 · SIX ANS · texte numérisé non relu

SIX ANS

Nous avons sous les yeux une carte imprimée en 1803; c’est celle de l’établissement de « Véry, restaurateur, glacier et limonadier, au jardin des Tuileries. » Ce restaurant, qui était situé terrasse des Feuillants, avait conquis la vogue du premier coup.

11 nous a paru intéressant de donner quelquesuns des prix de celle carte, et de montrer ce que dépensaient nos pères à leur dîner. Eh bien , nos

pères dépensaient autant que nous , et même davantage.

Et la preuve,

Dans celle carie je la treuve;

comme dit le Garo de la Fontaine.

Passons sur les potages, qui sont tous à douze sous, excepté le potage à la Conti et le riz à la Turque, qui montent jusqu’à quinze sous.

Les huîtres d’Étraitas (sic), — douze sous. Cela va encore.

Le filet de bœuf sauté dans sa glace, le bifteck aux pommes de terre, le rosbif, l’entre-côtes aux cornichons ou à la maître d’hôtel, — vingt-cinq sous. Au taux où était l’argent alors, ces prix sont plus élevés que ceux d’aujourd’hui.

Deux côtelettes panées, — seize sous. C’est plus doux.

Mais voici où la cherté revient :

Ris de veau à l’oseille, — deux livres.

Tête de veau en tortue, — deux livres.

Salade de volaille, — deux livres dix sous.

Pigeon en crapaudine, — deux livres dix sous.

Saumon, sauce aux câpres ou à l’huile, — deux livres.

Raie au beurre noir, — une livre dix sous.

Sole frite, — deux livres.

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