UNE CARTE DE VÉRY
Si
A côlé de ces prix, élevés en tout temps, nous voyons des perdreaux rôtis à deux livres, des omelettes aux rognons à dix-huit sous et des fromages à six sous.
Tout cela s’équilibre.
Mais, au moins, nos pères payaient sans doute leur vin moins cher, nous dira-t-on.
Consultons la carte de 1803 :
Chablis, — deux livres.
Grave, — cinq livres.
Ermitage, — six livres.
Beaune, — trois livres dix sous.
Volnay, — quatre livres.
Nuits, — quatre livres.
Richebourg, — cinq livres.
Romanée Saint-Vivant, — six livres.
Bordeaux Laffitte, — sept livres.
Champagne mousseux, — cinq livres dix sous.
Champagne Sillery, — sept livres.
Madère sec, — dix livres.
Pacaret, — seize livres.
Constance, — vingt livres.
Allons, allons, nos pères nous valaient, et, entre cinq et six heures , ils dépensaient sans grands efforts leur pistolc au restaurant de la terrasse des Feuillants !
Qu’on cesse donc de se récrier sur l’exorbitance actuelle des prix du bien-manger dans les maisons
de premier ordre. Relativement, le Véry de 1838 est infiniment moins cher que le Véry de 1803.
Charles Monselet.