‹ La cuisinière poétiqueChapitre 22 sur 44 · LA VIE A LORD DES STEAMERS · texte numérisé non relu

LA VIE A LORD DES STEAMERS

vergent toutes les lignes des paquebots qui desservent le littoral des côtes du golfe du Mexique et de la mer des Antilles, c’est là que se réunissent les voyageurs qui, des différentes parties de l’Amérique, se rendent par la voie des steamers anglais, voie agréable sous le seul rapport de la célérité avec laquelle on fait la traversée.

Un trait caractéristique de nos alliés : — à la nouvelle qu’une Compagnie de paquebots qui allait s’établir en France avait choisi File de Saint-Thomas comme tête de ligne, ils se sont empressés d’acheter ou de louer tous les terrains disponibles dans ce port, afin d’empêcher à tout prix notre installation.

Pendant les premiers jours qui suivent l’embarquement, les passagers se divisent en plusieurs camps, et c’est surtout à table que l’on peut faire cette remarque : les Français se groupent tous sur le même point, les Espagnols et les Américains font de même; très-souvent ces derniers fusionnent avec les Français; les Anglais, jamais! Gourmés dans leur orgueil, ils n’adressent la parole qu’à leurs compatriotes, et savent, sur le pont comme à table, s’isoler et former une colonie à part. A table, ils dévorent; sur le pont, ils ruminent.

La vie à bord est toute matérielle, et, à part quelques heures employées à fumer ou jouer, on passe presque toute la journée à table. En prali-

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