‹ La cuisinière poétiqueChapitre 35 sur 44 · UN DINER DU NOUVEAU MONDE · texte numérisé non relu

UN DINER DU NOUVEAU MONDE

Pendant mon séjour à Caracas (Venezuela), je fus présenté à un riche propriétaire de l’intérieur ; nos caractères sympathisèrent de telle sorte, que nous nous liâmes assez pour que je pusse, sans crainte d’être indiscret, accepter, pour quelques jours, la gracieuse hospitalité qu’il m’offrit dans l’une de ses haciendas.

Les Mariches, distantes de quelques heures de Caracas, étaient la propriété où résidait d’ordinaire M. F..., mon hôte et nouvel ami, et où nous arrivâmes bientôt.

La maison d’habitation n’était point somptueuse: elle se composait d’un rez-de-chaussée, bâti partie en pierres, partie en pajareque , mélange de mortier et de paille qui résiste aux secousses des tremblements de terre. Ce bâtiment s’élevait sur un monticule à l’ombre de gigantesques bucares , qui y faisaient régner à toute heure du jour une fraîcheur délicieuse.

Le toit de tuiles rouges, dépassant l’assise des murs, venait se reposer sur une colonnade qui s’étendait sur toute la façade et formait une galerie

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