‹ La Culture française en RussieChapitre 100 sur 518 · Archive Vorontzof, V, p · texte numérisé non relu

Archive Vorontzof, V, p

5. Mémoires de Catherine II, pp. 75-97. — Société historique, VII. — Antiquité russe, 1874, IX, pp. 48, 49, 50.

trousseau complet, — à tout favori nouvellement promu, pour éviter peut-être qu'il ne fasse comme Korsakof, qui, chez le libraire, en a demandé « des petits pour en bas, et des gros pour en haut, comme chez l'Impératrice 1 » . Cependant, ceux de ses sujets qui n'ont pas, comme elle, d'agents à Paris, profitent de leurs voyages pour s'y approvisionner. Alexis Kourakine, pendant ses années d'études, collectionne les classiques latins et français, les philosophes contemporains et d'autres ouvrages moins austères qui témoignent que rien d'humain ne lui est étranger2. Enfin, le commerce des libraires se développe; on en voit, après 1770, faire la navette entre Pétersbourg et Paris3. En 1785, à Moscou, ils sont trois, et cinq ans plus tard, quinze qui font par an, dit-on, 200 000 roubles d'affaires. En province, on commence à recevoir des livres et des journaux, par la poste ou par les colporteurs. Karamzine assure, à la fin du siècle, qu'ils transportent dans leurs balles4, non seulement des rubans et des étoffes, mais encore des livres, et le ton dont il en parle fait penser à Rabelais célébrant « les librairies très amples qu'on voit partout maintenant ».

Ces librairies très amples, s'en sert-on? Il arrive assurément que telle d'entre elles, à la ville, n'existe que pour ôter à son propriétaire l'air d'un illettré; mais s'il n'ouvre pas ëes livres, ses amis et les amis de ses amis le font pour lui. Puis, que cet illettré s'en aille à la campagne, il voudra y avoir aussi de quoi surprendre les voisins qui lisent encore la Vie des Saints dans des manuscrits centenaires3; jusqu'au fond du gouvernement d'Oufa, en 1812, nos prisonniers retrouvent donc des compatriotes dont l'aspect témoigne qu'on les a beaucoup feuilletés 6

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