‹ La Culture française en RussieChapitre 101 sur 518 · Demkof, Histoire de la pédagogie russe, II, p · texte numérisé non relu

Demkof, Histoire de la pédagogie russe, II, p

6. Voyage d'un officier français prisonnier en Russie, pp. 206 et suiv.

Partout, il y a des lecteurs fanatiques : nombre de Mémoires parlent maintenant de livres découverts par hasard, lus, relus, transportés, comme le Télémaque de Bolotof, jusque dans les bivouacs de la guerre de Sept Ans, copiés et recopiés jusqu'au jour où le progrès du siècle en permet la réimpression1.

Or, les livres qu'on lit tant ne sont pas des livres russes; ceux-ci sont toujours rares et d'avance on les déclare moins amusants que les autres. Ce ne sont pas non plus des anglais; on ne les comprendrait pas. Les allemands sont assez répandus, mais ils restent fort en arrière des français, et encore plus de leurs traductions. Dans une liste de celles-ci, en 1750, nous en trouvons huit pour six de l'allemand; en 4763, la proportion est de douze contre sept, de toutes les autres langues; en 1773^ de 11 contre 3; en 1783, de 18 contre 8; en 1795, de 45 contre 23. Si elle est la même pour les livres abordés dans leur langue originale — et tout porte à croire qu'elle est supérieure — trois fois sur quatre, au moins, l'œuvre européenne que lit le Russe est une œuvre française. Les petits journaux s'en indignent; en 1784, le Peintre, se plaignant de la mévente des livres du cru, propose, pour y remédier, de les imprimer en caractères français; ce sera moins fatigant pour tes yeux russes2.

Mais parmi ces livres français eux-mêmes, le lecteur russe fait-il un choix? quel genre, quel temps, quelles idées piquent le plus sa curiosité?

Presque toujours, il ignore ce qui précède les classiques : si Ton trouve, dans la bibliothèque de Catherine II, les Oisivetés de Sully, le Henri IV de Péréfixe — et, par-dessus le marché, les Dames galantes de Brantôme — c'est que Mlle Garde! lui a beaucoup parlé de ce temps-là3. Les classiques eix-mêmes no

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