Id., 1874, IX, p
cœur; à la Cour, Porochine, son professeur, commente Zadig au Grand-duc héritier1. Partout on joue son théâtre; la moindre bagatelle de lui fait d'une soirée théâtrale une solennité civilisatrice; quant à ses tragédies, on les critique à la façon de Soumarokof . « Le premier acte de Mérope est de Sophocle ; le deuxième est beau; le troisième incomparable2. » Enfin, comme il faut que personne ne soit privé de ses œuvres, on les traduit en masse.
Certaines de ces traductions, qui restent manuscrites, ne sont pas les moins répandues3; copiées, recopiées sans cesse, elles pénètrent partout. D'autres sont en quelque sorte des trésors de famille; les Mémoires du xixe siècle parlent souvent de traductions inédites de Candide ou de la Pucelle, retrouvées dans les papiers d'ancêtres qui ont charmé leurs loisirs à traduire Voltaire, comme les nôtres à traduire Horace4. (Juant aux traductions imprimées, rien que pour les années 1780-90, Poltoratski en a compté 140; plusieurs, il est vrai, ne sont que des fragments sans importance5.
Les moins nombreuses, ce sont — pour des raisons que nous connaissons déjà — celles d'ouvrages de critique ou d'histoire; si le Siècle de Louis XIV a retenu l'attention de Voeikof6, Y Histoire de Charles XII et même celle de Pierre le Grand ont été oubliées. Des poèmes, on a traduit surtout le Tremblement de terre de Lisbonne, la Pucelle et les tragédies où l'action pouvait faire oublier la gaucherie du vers russe de ce temps. Fone Yizine a débuté dans les lettres par une traduction à'Alzire, où, par mégarde, il a traduit sabres par sables1. Maïkof a mieux réussi dans Mérope : un ami, plus fort en
1. Porphyrief, Littérature du XVHP siècle..., pp. 249 et suiv,