‹ La Culture française en RussieChapitre 106 sur 518 · Archive russe, 1887. X, pp. 304 et suiv · texte numérisé non relu

Archive russe, 1887. X, pp. 304 et suiv

français que Fone Vizine, lui en avait préparé une traduction interlinéaire1.

Ce qu'on a le plus apprécié, ce sont ces « petits papiers philosophiques » que Diderot supposait moins connus que le reste2. Ils apportaient au lecteur russe, en effet, dans un cadre simple et souvent amusant, des idées neuves que, pour cela seul, il croyait utiles à la rénovation de la Russie. On ne peut dénombrer les innombrables traductions qui en ont été faites, jusqu'au jour où, vers le commencement du xixe siècle, la Russie saturée ne sera plus capable que d'en absorber des « morceaux choisis3 ».

Les autres philosophes sont restés loin de cette popularité. Des Orlof et des Razoumovski ont pu offrir un asile à Rousseau; un Russe a pu élever ses enfants selon Y Emile*; des écrivains enfin pourront s'inspirer, vers 1790, de ses principes démocratiques, il n'a été tout de même ni fort connu ni fort aimé de la Russie du xvme siècle. D'abord, la censure lui faisait la guerre; ensuite, le culte de Voltaire, trop enraciné, excluait le sien; enfin les Russes ne comprenaient pas encore qu'on pût maudire la civilisation et surtout celle de l'Europe occidentale. Néanmoins le Discours sur l'influence corruptrice des lettres et des arts a été traduit par Paul Potemkine, dès 1768; la Nouvelle Héloïse et le Discours sur V origine de V inégalité ont suivi en 1769 et 1770. Dans les petites revues des années suivantes, on trouve fréquemment ses dissertations sur le suicide, la misère, etc.5. Son théâtre aussi — si l'on peut ainsi parler — est connu; en 1778, à Moscou, Coxe voit jouer en russe le Devin du Village6. Enfin, comme on le sait grand

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