‹ La Culture française en RussieChapitre 107 sur 518 · Antiquité russe, XVIII, p · texte numérisé non relu

Antiquité russe, XVIII, p

original, les anecdotes sur lui, vraies ou fausses, se rencontrent un peu partout.

Diderot et d'Alembert ne sont guère, pour leurs contemporains russes, que les éditeurs de cette monumentale Encyclopédie dont on songe, un moment, à finir l'impression à Riga, sous les auspices de la magnanime Catherine. En attendant, de nombreux traducteurs entreprennent d'en faire profiter le public; n'est-elle pas, en effet, la digne .suite des ouvrages importés sur l'ordre de Pierre le Grand, la vraie Somme de la culture occidentale? Nous entendons parler d'un certain Vériovkine qui se prépare à la traduire entière; d'autres, moins ambitieux, s'attaquent, l'historien Boltine, à tout ce qui précède la lettre K, et Kharlamof, à tous les articles de d'Alembert1. Puis des amateurs picorent, çà et là, les passages qui les intéressent; on n'est pas peu surpris de voir un Naryehkine choisir l'article sur Y Economie2.

Pendant une vingtaine d'années, Helvétius a été fort à la mode. Son traité de l'Esprit a nourri la jeunesse de la princesse Dachkof3; Corberon nous le montre, chez « la Nélédinski », voyageant de son ottomane à sa toilette4; l'archevêque Platon le lit dans son cabinet, au dire de Golovkine5. D'autre part, c'est un grand dignitaire, un prince Galitzyne, qui imprime et répand le traité de l'Homme; c'est un autre dignitaire encore qui, revenant de Pétersbourg, révèle aux étudiants russes de Leipzig le De l'esprit, dans lequel, dit Radichtchef, ils apprirent « à penser 6 ». Bref, il est la lecture favorite de quiconque, dans les milieux lettrés, ne veut pas être taxé d'obscurantisme; mais il semble, en revanche, ne pas avoir

1. Antiquité russe, II, p. 605; III, p. 206, etc. — Porphyrief, Littérature russe du XVIIIe siècle, II, pp. 251 et suiv.

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