‹ La Culture française en RussieChapitre 108 sur 518 · Perey, Mémoires de Golovkine · texte numérisé non relu

Perey, Mémoires de Golovkine

6. Vie d'Ouchakof. — Cf. Tourneux, Diderot et Catherine II, p. 67.

pénétré fort avant dans les milieux qui ont besoin de traductions : nous n'en connaissons qu'une, celle de Y Origine des passions, de la princesse Dachkof.

Dans les années qui précèdent immédiatement 1789, nos écrivains les plus en vue, en Russie comme en France, ce sont des abbés. Le plus lu, c'est Barthélémy, dont le Voyage d'Ânacharsis, qui suggère aux Russes tant de rapprochements utiles, est aussitôt traduit que paru. Il n'a pourtant l'influence, ni de Raynal, ni de Mably. C'est dans les observations sur YHistoire de la Grèce de ce dernier, que Radichtchef, à Leipzig, apprend l'histoire, après avoir appris la philosophie dans Helvétius1. V Histoire dès établissements des Européens dans les Deux Indes, de Raynal, dont Grimm avait dénoncé « le venin » à Catherine II2, aussitôt après son apparition, ne sera connue de Radichtchef qu'au moment où, directeur des douanes, à Kronstadt, il est chargé d'examiner des livres crus relatifs au commerce3. Ce qu'il en a retenu et transporté dans un cadre russe, nous le verrons dans son Voyage de Pétersbourg à Moscou,

A côté de ces œuvres, il en arrive d'autres, petite poésie, petite morale, petits romans, dont on est tenté de se demander d'abord comment elles ont pu devenir matière à exportation. Pourtant elles n'ont été ni moins recherchées, ni peut-être moins influentes que les autres; leurs anecdotes, leurs complications romanesques, leurs tableaux parfois trop vifs, ont donné le goût de la lecture, et, du même coup, l'esprit du siècle, à des gens qui, sans eux, en seraient restés au calendrier de leurs ancêtres.

Des petits poètes, le plus apprécié est Florian. Ses fables

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