Néoustroief, ouvr. cité, p
4. Journal du ministère de l'Instruction publique, 1901, février, p. 175.
moment de grande vogue ; le Père de famille est traduit deux fois; Tunique traduction du Fils naturel a trois éditions, et le succès à' Eugénie est tel, à la scène, que les tragiques protestent, par l'organe de Soumarokof , contre le goût du public pour cette Thalie larmoyante1. Mais bientôt Beaumarchais fait oublier Diderot; le Barbier de Séville a cinquante représentations à Pétersbourg, si bien que les directeurs de théâtre, alléchés, négocient avec Beaumarchais pour en obtenir, à prix d'or, la primeur du Mariage de Figaro2. Ils n'y réussissent pas ; mais dès que des exemplaires de la pièce arrivent en Russie, les traducteurs se les disputent, et les gazettes tiennent le public au courant de leur travail3. Quand il est fini, il se trouve que le meilleur, c'est celui de Labzine,le futur mystique; on joue son texte., et le succès en est si grand que, comme à Paris, il suscite des parodies4. Il faut mentionner enfin, pour être à peu près complet, des œuvres sans prétention à la moralité qui se retrouvent dans la plupart des bibliothèques, sur les plus hauts rayons et pas au premier rang. Pour les Facéties de Roger Bontemps, on ne les loge si loin que pour ne pas laisser voir où l'on prend son esprit; mais on a plus de raisons de cacher les Confidences réciproques, YEssai sur les maladies des gens du monde, et tel ou tel poème de Piron5. Les importations de ce genre sont nombreuses — elles sont la monnaie en laquelle fut payée la première traduction faite par Fone Vizine 6 — et les oublier serait rendre incompréhensibles des reproches que nous entendrons bientôt adresser à nos écrivains.
De ce déluge de livres français, il résulte, d'abord, l'apparirition d'une pseudo-littérature russe, où toutes les formes et la