‹ La Culture française en RussieChapitre 125 sur 518 · Fone Vizine, le Brigadier, acte III, scène I · texte numérisé non relu

Fone Vizine, le Brigadier, acte III, scène I

Russie, de Leclerc, qui suscite la vocation historique d'un Boltine 4 ; il arrive aussi que nos outchitels eux-mêmes réagissent contre les inconvénients d'une éducation trop exotique. « Votre premier soin doit être, écrit Romme à Popo Stroganof, que vous vous montriez tout de suite l'ami de votre patrie, et que vous vous y naturalisiez, pour ainsi dire, autant que possible.... Ne vous occupez du reste du monde que dans ses rapports avec la Russie 2. »

Le mal est qu'à cette Russie nous n'avons guère de bons exemples à offrir; c'est déjà le cri de l'Europe, au xvme siècle, que notre gouvernement est au-dessous de tout. Restent nos écrivains, et d'abord ce Voltaire qui semble aux Russes résumer notre littérature; mais sa spécialité n'est pas précisément la politique; le seul progrès dont il rêve, c'est l'avènement de souverains « éclairés » qui écraseront « l'infâme » . Les Russes qui ont tendance à politiquer ne s'attardent donc pas dans sa lecture ; quand ils ont appris de lui à « confondre la hideuse hypocrisie3 », ils se tournent vers d'autres, et tout d'abord vers Montesquieu.

C'est VEsprit des Lois que citent à tout propos, dans la deuxième partie du siècle, la douzaine de Russes, qui, de la princesse Dachkof au prince Chtcherbatof, en passant par la souveraine elle-même, s'occupent à reconstruire les États sur le papier; il est, suivant l'expression de Catherine, « leur bréviaire, pour peu qu'ils aient le sens commun4 ». Elle avoue, d'ailleurs, à d'Alembert, qu'elle ne le comprend pas toujours, mais cela ne l'empêche pas de cribler de notes indignées les pages où l'auteur anonyme des Lettres russiennes critique son dieu5, et de faire de ses maximes le fond de ses instructions

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