‹ La Culture française en RussieChapitre 131 sur 518 · Mémoires de la princesse Dachkof, II, p · texte numérisé non relu

Mémoires de la princesse Dachkof, II, p

5. Pypine, Histoire de la littérature russe, IV; A. Vessélovski, ouvr, cité. Antiquité russe, 1895, article de Mme Biélozerskaia.

américains vus à travers nos gazettes. « J'ai vu le prince Chtcherbatof, écrit Gorberon,... nous avons causé sur les Américains et les formes des gouvernements ; il ne veut admettre que celle des républicains, même pour les grands Etats. Cela te paraîtra bien systématique pour un Russe, mais il est de bonne foi *. » D'autres veulent bien ne pas supprimer leur monarque^ mais à condition qu'il ne soit que le premier des citoyens, toujours soumis au jugement de la nation tout entière, et non d'une de ses classes 2. Pourquoi, d'ailleurs, des distinctions de classes? Un simple paysan vaut mieux qu'un seigneur corrompu; Dieu a créé la vertu, mais non la noblesse 3. Il est temps d'en revenir à son plan, et de supprimer aussi les riches, car l'inégalité des fortunes n'est pas un moindre mal que celle des rangs. Ce n'est d'ailleurs pas en de gros volumes que l'on: proclame ces vérités, mais en des œuvres légères que les censeurs ne suspectent pas. C'est, par exemple, dans les vers où la fauvette conte à Soumarokof ce qu'elle a vu par delà les mers :

Là-bas, le paysan n'est jamais opprimé; Là-bas, sa liberté n'est pas jouée aux cartes ; Là-bas, aucun seigneur ne le vend au marché ; Là-bas, nul fainéant, qui du travail s'écarte4...

C'est dans un roman, d'autre part , que Khéraskof discute la légitimité de la propriété. « Tout ce que nous avons de trop a été pris à un autre; chaque bien n'est qu'un dépôt; nous sommes tenus de le rapporter à sa source. » C'est un autre romancier, Tchoulkof, qui fait imposer aux riches, par un brigand, le respect de la nature. « Il leur avait pris la moitié de leurs biens, et, de cette moitié, il avait donné la

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