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vénérés par les Italiens, et semble, parfois, prêt à s'associer à leur vénération1. A la même époque, à Vienne, un Jésuite note que « le généralissime moscovite, Boris Chérémétief, est manifestement très proche du royaume de Dieu et d'une conversion qui pourrait en faire l'apôtre en Moscovie2 ». Cependant, le Tsar, que son alliance avec les Polonais incite à la tolérance, permet aux missionnaires, même Jésuites, de traverser librement ses États pour se rendre en Orient3, « pourvu qu'ils ne soient pas Français ». Un peu plus tard, il envoie des ambassadeurs à la cour de Rome, pour témoigner de son désir de vivre en bons rapports avec elle4.
Ces dispositions apparentes ou réelles éveillent naturellement des espérances dans le monde catholique. Le Pape songe à profiter des conjonctures favorables pour renouveler les tentatives de ses prédécesseurs. Les Jésuites obtiennent, par l'entremise des Polonais, le droit d'avoir des établissements en Russie; dès 1709, ils y élèvent une cinquantaine de jeunes aristocrates dont plusieurs, par la suite, passeront au catholicisme5. Mais on les voit de mauvais œil « à cause qu'on les accuse de se mêler des affaires de l'État », écrit notre résident à Pétersbourg, Lavie6. Le jour où l'alliance des Polonais n'est plus utile, le sort de leurs protégés ne tient plus qu'à un fil qui se rompt lors du procès du Tsarévitch Alexis; comme il a manifesté, à un moment, l'intention de se réfugier à Rome, on accuse les Jésuites de la lui avoir suggérée, et on les expulse7.
Restent des Dominicains, des Franciscains, des Capucins qui se disputent la succession morale et matérielle des expulsés 8.
1. Pypine, Histoire de la Littérature russe, III, pp. 225 et suiv.
2. Lettre du P. Frédéric Wolf, Bibliothèque russe et polonaise, IV, p. 192.
3. Lettre du P. Ignace Zapolski, Journal du voyage de Chérémétief, p. 20.