Pypine, article cité
Les Capucins seuls paraissent avoir des chances de réussir; leur barbe, en effet, n'est pas moins longue que celle des popes> et leur pauvreté désarme la méfiance \ Ils ont une maison à Astrakhan, où ils sont venus de Tiflis, à la suite d'Arméniens catholiques, une autre en Petite-Russie, une troisième àMoscou, et seuls des étrangers, ils osent y sonner leurs offices2. Mais le fait même qu'ils sont les missionnaires du peuple les prive d'action sur les hautes classes; il faut au catholicisme, pour entamer celles-ci, des représentants plus mondains, et derrière eux, un patron plus imposant que le roi de Pologne. Le rôle de la France et des Français commence.
Depuis longtemps, il y en a qui rêvent à l'union possible du catholicisme et de l'orthodoxie, partie par zèle religieux, partie aussi, semble-t-il, par une sorte de zèle civilisateur. En 1708, un certain abbé Pichon développe à l'envoyé de Pierre, Eonon Zotof, un plan dont le premier point est l'érection, à Pétersbourg, d'une « Académie des arts libéraux et des sciences exactes » ; le second — la régularisation, par le Pape, du mariage de Pierre et de Catherine; il s'ensuivra l'entrée de la Russie dans le giron de l'Église en même temps que dans la culture européenne. Idée téméraire, assurément, mais peut-être moins ridicule que ne l'imagine l'éminent historien des rapports de Rome avec la Russie3; le Concordat, le couronnement de Napoléon et la régularisation du mariage de Joséphine se sont embrouillés de de la même façon.
L'intervention de la Sorbonne a un caractère plus sérieux. On sait comment elle s'est produite. En 1717, Pierre le Grand est à Paris; il arrive à la Sorbonne, sans s'y être fait annoncer, visite la chapelle, puis entre dans la bibliothèque où le corps des professeurs s'est assemblé à la hâte. Haranguer solennel-