‹ La Culture française en RussieChapitre 144 sur 518 · Le P. Pierling, ouvr. cité, pp. 113, 137 et suiv · texte numérisé non relu

Le P. Pierling, ouvr. cité, pp. 113, 137 et suiv

2. J'ai raconté cet épisode dans un discours de rentrée à la Sorbonne (Voir Revue

Les influences irréligieuses qui succèdent à ces tentatives d'action catholique se présentent tout autrement; elles ne se cachent pas, le gouvernement les favorise, et la société les accueille d'autant plus volontiers qu'elle croit se trouver, par cette négation facile, juste au même point que l'Europe qui, elle aussi, semble répudier son passé. A ces circonstances favorables s'en ajoute encore une autre; c'est que l'irréligion, elle, m'a pas besoin de docteurs; elle se propage simplement par l'exemple, par le contraste des mœurs européennes avec la bigoterie moscovite. Alexandre Vorontzof raconte qu'à son arrivée à Paris, il a trouvé chez le Ministre de Russie, Bakhtiéief, un aumônier qui, dans ses sermons, interpellait violemment le Ministre et tous ses amis : « ce prêtre fanatique voulait que tous ces voyageurs et gens du monde vécussent comme des moines1 ». Mais, s'ils l'avaient fait, Paris les aurait trouvés ridicules. Ils dédaignent donc le « fanatique », et les voilà du coup engagés dans l'incrédulité à la mode.

Nos livres arrivent ensuite, pour achever l'ouvrage. Il n'est pas tout à fait exact de dire avec Joseph de Maistre que « les premières leçons de français qu'entendit la Russie furent des leçons de blasphème » 2; elle a entendu, en effet, Fénelon avant Voltaire 3, mais il n'en est pas moins vrai que le moment où elle s'est vraiment mise à notre école a coïncidé avec le règne de Voltaire. C'est lui que nous retrouvons dans toutes les autobio-

internationale de l'enseignement supérieur, 15 novembre 1903), et le P. Pierling a vivement critiqué mon récit dans la Russie et le Saint-Siège, IV, p. 374. Mais je n'ai nullement prétendu, ni que les Capucins fussent « soumis à l'autorité de la Sorhonne », ni que celle-ci, dans son entreprise de conversion, fût « plus avisée que Sully, mieux outillée que Golbert ». J'ai seulement admis que les Sorbonniens avaient, comme tous les esprits cultivés de ce temps, le sentiment .de la valeur européenne de leur entreprise. Le P. Pierling veut qu'ils aient été mus, avant tout, par le désir de faire pièce aux Jésuites. Je n'en ai pas l'impression, mais il est possible que le P. Pierling ait raison, et que les théologiens n'aient que de petits motifs.

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