Porphyrief, Littérature russe au XVIIP siècle, p
par une heureuse rencontre, les reproduisent intégralement S mais sans en avoir plus d'effet.
La réaction la plus efficace vient des laïques eux-mêmes, et d'abord pour des motifs qui ne sont pas toujours d'ordre religieux. Ce qui a attiré Fone Vizine dans l'incrédulité, c'est la liberté de mœurs qu'elle autorise ; il en a profité, s'en^trouve mal, et c'est alors seulement que le livre de Clarke sur les preuves de l'existence de Dieu le ramène, non pas à la foi des ancêtres — on n'y revient guère — du moins à des principes qui permettent de la respecter2. Téplof, lui, a publié des opuscules très antireligieux ; il apprend que l'Impératrice les désapprouve : à demimort d'épouvante, il demande pardon à Dieu et aux hommes, et surtout à l'Impératrice, de tout le mal qu'il a pu faire3.
Le voltairianisme, qui gagne si facilement du terrain, ne le perd donc pas moins facilement. Il est pourtant des cas où il a créé des convictions qui ne peuvent être ébranlées que par des raisonnements. Or, justement, voilà que de nouvelles doctrines arrivent d'Occident : si les encyclopédistes y continuent, en l'accentuant, l'œuvre de Voltaire, Rousseau la combat, précisément avec ces arguments de sentiment et de logique oratoire qui peuvent le mieux mordre sur le scepticisme illettré des Russes. A la vérité, leurs progrès sont lents : la censure arrête les livres de Rousseau alors que ceux de nos autres philosophes passent librement4; la société, qui ne veut plus marcher à quatre pattes, est tout entière contre lui. Si, parmi les Russes qui vivent à l'étranger, il y en a, de bonne heure, qui tiennent pour « ses sophismes les plus sauvages », en Russie, il faut aller jusqu'aux années « soixante-dix » ou « quatre-vingts » pour constater que le prêtre Protopopof le traduit «parce qu'il sait toucher
1. Voyage d'un officier français prisonnier..., p. 185. — Cf. Porphyrief, pp. 297, 407.