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l'âme1 »; que les compagnons du futur métropolite Eugène Bolkhovitinof, au séminaire, le connaissent; que l'un d'eux ne se sépare jamais de l'une ou l'autre de ses œuvres2; que le métropolite Platon les lit dans son cabinet; que les laïques enfin en font l'évangéliste d'une église nouvelle, et vont en pèlerinage à Ermenonville demander à son ombre « le secret d'apaiser les orages du cœur3 ». Il est curieux, d'ailleurs, de constater que,, même dans la plus grande ferveur du déisme ressuscité par lui, Rousseau doit partager les hommages de ses disciples avec d'autres apôtres qui ne sont pas, eux, suspects d 'anti-civilisation. En 1782, Fone Vizine fait prononcer l'éloge de Fénelon, par le vertueux Starodoum, TAriste du Mineur1". Dans les années suivantes, nous trouvons son éloge sous la plume de Novikof, l'éditeur de toutes les revues plus ou moins mystiques, et sous celle de l'archevêque Féofilacte qu'on a surnommé, dans son diocèse, l'archevêque français, ou simplement « Brienne5 ». Cependant Lopoukhine, jadis voltairien, élève dans son jardin « une urne modeste consacrée à sa mémoire : d'un côté, on y voit MmeGuyon, son amie, et, de l'autre, le philosophe de Genève, dans l'attitude de la méditation6 ». Assemblage bizarre, mais significatif : nous sommes arrivés à l'époque de la sensibilité, et Mme Guyon est là pour témoigner que l'archevêque de Cambrai n'en était pas dépourvu.
Il est enfin des Français moins illustres, mais dont l'action a peut-être été plus considérable. Ce sont les mystiques du dernier tiers du xvme siècle. Le livre de Saint-Martin sur l'erreur et la vérité est traduit dès 1783; on le lisait en français depuis plusieurs années, et c'est lui qui, plus que Rousseau, a ramené;